Urteilskopf
110 IV 99
31. Arręt de la Cour de cassation pénale du 26 octobre 1984 dans la cause S. contre Ministčre public du canton du Valais (pourvoi en nullité)
Regeste
Verkauf und Konsum von Betäubungsmitteln, Art. 19 und 19a BetmG. Der Täter, der Drogen verkauft und selber konsumiert hat, ist sowohl nach Art. 19 als auch gemäss Art. 19a BetmG zu verurteilen. Beim Entscheid darüber, ob Ziff. 1 oder Ziff. 2 (schwerer Fall) von Art. 19 BetmG anwendbar ist, darf nur die vom Täter verkaufte, nicht auch die von ihm selber konsumierte Betäubungsmittelmenge berücksichtigt werden.
Erwägungen ab Seite 99
BGE 110 IV 99 S. 99 Considérant en droit:
1. S. a été condamné le 25 octobre 1983 par le Tribunal du IIIe arrondissement pour le district d'Entremont ŕ 24 mois d'emprisonnement sous déduction de 30 jours de détention préventive pour infraction ŕ la LStup - acquisition d'héroďne (20 g environ) et de cocaďne (37-38 g) ainsi que vente de cocaďne (entre 13 et 14 g). Contestant l'application de l'art. 19 ch. 2 LStup, BGE 110 IV 99 S. 100S. a fait appel auprčs du Tribunal cantonal valaisan qui l'a débouté pour l'essentiel le 22 mars 1984. Il se pourvoit en nullité ŕ la Cour de cassation du Tribunal fédéral en demandant ŕ n'ętre reconnu coupable que d'infraction aux art. 19 ch. 1 et 19a LStup et ŕ n'ętre condamné qu'ŕ une peine réduite assortie du sursis.
2. Selon la derničre jurisprudence (ATF 109 IV 143), les 13 ŕ 14 g de cocaďne vendus par le recourant n'étaient ŕ eux seuls pas de nature ŕ mettre en danger la santé d'un grand nombre de personnes. Si les autorités cantonales de premičre et de seconde instance ont fait application de l'art. 19 ch. 2 LStup, c'est qu'elles ont pris en considération les quantités acquises par le recourant pour sa propre consommation. Selon l'autorité cantonale, qui se réfčre ŕ l'arręt publié aux ATF 102 IV 126, on ne saurait déduire de l'art. 19a LStup que cette disposition s'applique ŕ l'exclusion de l'art. 19 LStup aux infractions définies aux al. 1-7 du ch. 1 de cette derničre disposition du seul fait qu'elles ont été commises par un consommateur pour ses besoins personnels; il faudrait de surcroît que ces infractions n'aient d'autre but que d'assurer la consommation de l'auteur. Tel ne serait pas le cas ici puisque le recourant s'est procuré la drogue en cause tant pour son usage personnel que pour la revendre ŕ des tiers et que rien dans le texte légal ne permet de faire une distinction entre la drogue revendue et celle qui est consommée pour établir la quantité sur laquelle porte l'infraction (cf. ATF 105 IV 74).
3. Une telle argumentation ne résiste pas ŕ l'examen, car elle repose sur une interprétation extensive, que rien ne justifie, de la jurisprudence citée. En effet, le premier des précédents cités (ATF 102 IV 126) précise seulement que le bénéfice de l'art. 19a LStup est réservé ŕ celui qui assure exclusivement sa propre consommation mais il n'écarte nullement l'application de cette disposition aux actes qui ont effectivement servi ŕ la consommation personnelle de l'auteur męme si celui-ci est condamné concurremment en application de l'art. 19 LStup. Quant au second précédent, s'il commande d'additionner l'ensemble des quantités de drogue sur lesquelles ont porté l'ensemble des infractions commises par l'auteur dans le cadre de l'art. 19 LStup, il ne prescrit pas qu'il faille prendre en compte les stupéfiants qu'il a consommés lui-męme.En réalité, s'il est vrai que diverses violations de l'art. 19 LStup sont réprimées en dehors des rčgles sur le concours comme une seule infraction, jugée en application du chiffre premier ou second de la LStup, selon que la quantité globale de drogue en cause est BGE 110 IV 99 S. 101ou non de nature ŕ mettre en danger la santé de nombreuses personnes, on ne saurait procéder de męme s'agissant de la consommation personnelle de l'auteur, que le législateur a expressément voulu réprimer moins sévčrement, comme un délit sui generis (cf. Message du 9 avril 1951, FF 1951 I, p. 870 ch. 4 dernier alinéa; ATF 95 IV 179 et Message du 9 mai 1973, FF 1973 I, p. 1321). En effet, le législateur a précisément voulu revenir sur la jurisprudence du Tribunal fédéral selon laquelle "un jeune homme qui accepte de fumer une cigarette de marihuana préparée par un camarade doit ętre puni pour acquisition sans droit d'un stupéfiant". Cette volonté, qui doit ętre respectée, implique l'obligation de considérer les infractions réprimées aux art. 19 et 19a LStup comme des infractions bien distinctes qui, lorsqu'elles sont commises par la męme personne, justifient l'application des rčgles sur le concours. Juger autrement conduirait, au mépris de la volonté du législateur, ŕ condamner le consommateur, qui a cédé ŕ un ami une part minime de la grande - au sens de la jurisprudence - quantité de drogue acquise pour son usage personnel, ŕ une peine aggravée conformément ŕ l'art. 19 ch. 2 LStup, au lieu de lui infliger la peine contraventionnelle qui est justifiée au regard des art. 19a et b LStup.Dčs lors que les infractions réprimées aux art. 19 et 19a LStup sont distinctes et qu'elles appellent l'application de l'art. 68 CP, lorsqu'elles sont commises par la męme personne, les quantités de stupéfiants sur lesquelles a porté la consommation personnelle de l'auteur ne sauraient ętre prises en considération pour qualifier au regard des chiffres premier et second de l'art. 19 LStup l'infraction commise en vendant de la drogue ŕ des tiers.Le pourvoi doit en conséquence ętre admis et la cause renvoyée ŕ l'autorité cantonale pour qu'elle statue ŕ nouveau en application des art. 19 ch. 1 et 19a LStup en concours.