Urteilskopf
118 III 40
13. Extrait de l'arręt de la IIe Cour civile du 3 juin 1992 dans la cause G. contre Banque X. (recours de droit public)
Regeste
Art. 204 Abs. 1 und Art. 207 Abs. 1 SchKG; Art. 63 KOV. Wirkung der Konkurseröffnung auf einen hängigen Aberkennungsprozess. 1. Tragweite des Konkursbeschlags (E. 4). 2. Der bei Konkurseröffnung hängige Aberkennungsprozess ist nach Massgabe von Art. 207 Abs. 1 SchKG zunächst einzustellen und alsdann gemäss dem in Art. 63 KOV vorgesehenen Verfahren abzuschliessen (Bestätigung der Rechtsprechung; E. 5).
Sachverhalt ab Seite 40
BGE 118 III 40 S. 40
A.- Le 7 mars 1989, la Banque X. a fait notifier ŕ G. un commandement de payer la somme de 57'853'034 fr. 25 avec intéręts, que le poursuivi a frappé d'opposition. Aprčs la mainlevée provisoire accordée par le Tribunal de premičre instance de Genčve, G. a déposé le 7 décembre 1989 une demande en libération de dette.Aprčs une mise en demeure, le Président du Tribunal de premičre instance de Genčve a avisé G., par lettre du 5 mars 1990, qu'ŕ défaut de s'ętre acquitté des frais d'introduction de la cause, celle-ci ne serait pas portée au rôle du tribunal.G. a fait appel de cette décision. Par arręt du 22 juin 1990, la Cour de justice a considéré que la décision déférée n'avait pas valeur de jugement et que la cause n'avait dčs lors pas été réguličrement rayée du rôle; partant, elle a déclaré l'appel "irrecevable".A la suite de cet arręt, le Président du Tribunal de premičre instance a rendu le 5 juillet 1990 une nouvelle décision rayant du rôle la cause en libération de dette. G. a fait derechef appel de ce jugement.BGE 118 III 40 S. 41
B.- A la requęte de la Banque Y., le Tribunal de premičre instance de Genčve a prononcé le 15 avril 1991 la faillite sans poursuite préalable de G. Par arręts des 6 juin et 25 novembre 1991, la Cour de justice puis la IIe Cour civile du Tribunal fédéral ont rejeté l'appel, respectivement le recours de droit public, du failli.Vu l'ouverture de la faillite, la Cour de justice a, par arręt du 13 décembre 1991, déclaré sans objet l'appel contre le jugement du 5 juillet 1990 et rayé la cause du rôle.
C.- G. exerce un recours de droit public au Tribunal fédéral contre la décision de la Cour de justice du 13 décembre 1991. Il demande son annulation et le renvoi de la cause ŕ la cour cantonale pour ętre réinscrite au rôle et suspendue conformément ŕ l'art. 207 LP.Le Tribunal fédéral a admis le recours et annulé la décision attaquée.
Erwägungen
Extrait des considérants:
4. Dans sa réponse au recours, l'intimée prétend que le recourant n'aurait plus qualité pour recourir vu son dessaisissement.Cette opinion n'est pas fondée. La suspension des procčs civils prévue ŕ l'art. 207 al. 1 LP est l'une des conséquences du dessaisissement consécutif ŕ la faillite du débiteur (art. 204 al. 1 LP; ATF 54 I 264). Ce dessaisissement s'étend aux procčs qui, par leur objet, peuvent avoir une influence sur la masse. Tel est le cas en l'espčce. Mais le recourant demande simplement que le procčs en libération de dette soit suspendu, pour donner la possibilité ŕ la masse ou aux créanciers (art. 63 al. 2 et 3 OOF) de contester la créance qui en fait l'objet. Il n'y a lŕ aucun acte de disposition sur le droit litigieux. Au demeurant, l'arręt attaqué est dirigé contre le recourant personnellement, non contre la masse, alors męme que la Cour de justice connaissait l'ouverture de la faillite.
5. La Cour de justice a considéré que "compte tenu de la faillite de G. devenue définitive, il appert que le présent appel d'une décision, qui avait déclaré irrecevable une action en libération de dette ouverte par le débiteur, n'a maintenant plus d'objet (art. 206 LP)".Le recourant prétend au contraire que les art. 207 LP et 63 OOF auraient dű ętre appliqués.a) Aprčs avoir laissé la question indécise (ATF 40 III 91), le Tribunal fédéral a jugé que l'action en libération de dette (art. 83 al. 2 BGE 118 III 40 S. 42LP) ne constitue pas un simple incident de l'exécution forcée qui tomberait lors de l'ouverture de la faillite (art. 206 LP), comme le soutenaient certains auteurs (JAEGER, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, vol. II, Lausanne 1920, n. 2 ad art. 207 LP; SANDOZ, De l'effet de la faillite sur les procčs du débiteur, thčse Lausanne 1938, p. 38); elle est au contraire une action de droit matériel qui tend ŕ la constatation de l'inexistence de la créance invoquée par le poursuivant. Le procčs en libération de dette doit dčs lors ętre suspendu en vertu de l'art. 207 al. 1 LP et traité comme un procčs dont l'objet est une créance contre le failli, ŕ savoir selon la procédure prévue ŕ l'art. 63 OOF (ATF 83 III 75 ss, ATF 71 III 92 ss). Cette jurisprudence est approuvée par la doctrine unanime (BRAND, FJS No 1002 p. 2; FRITZSCHE, Schuldbetreibung und Konkurs nach schweizerischem Recht, vol. II, 2e éd., Zurich 1968, p. 50; GILLIÉRON, Poursuite pour dettes, faillite et concordat, 2e éd., Lausanne 1988, p. 291 in fine; HINDERLING, in RDS 83/1964 p. 127; LEUCH, Die Zivilprozessordnung für den Kanton Bern, 3e éd., Berne 1956, n. 2 ad art. 203 ZPO; STRÄULI/MESSMER, Kommentar zur Zürcherischen Zivilprozessordnung, 2e éd., Zurich 1982, n. 4 ad § 16 et n. 6b ad § 49 ZPO; STAEHELIN, Die betreibungsrechtlichen Streitigkeiten, in Festschrift 100 Jahre SchKG, Zurich 1989, p. 72 in fine; FURRER, Die Kollokationsklagen nach schweizerischem Recht, thčse Zurich 1979, p. 95/96; SYZ, Aberkennungsklage und Aberkennungsprozess gemäss Art. 83 Abs. 2 SchKG, thčse Zurich 1972, p. 115 ss, spéc. 120 ss).Les motifs de l'arręt attaqué, dans leur bričveté, ne sont pas trčs clairs. Certes, c'est moins l'action comme telle, que l'appel, qui est déclaré sans objet. Il n'en demeure pas moins que la cause elle-męme est rayée du rôle, pour un motif manifestement erroné, ŕ savoir l'ouverture de la faillite qui entraînerait l'application de l'art. 206 LP.b) La suspension selon l'art. 207 al. 1 LP intervient de par la loi (ATF 116 V 288 let. e, ATF 100 Ia 301 consid. 1) dčs l'ouverture de la faillite (art. 175 LP), et non seulement dčs sa publication (ATF 54 III 265; SJ 1969 p. 351). Elle ne vise toutefois que les procčs qui sont déjŕ pendants lors du jugement déclaratif. En l'espčce, toute la question est de savoir si tel est le cas de l'action en libération de dette introduite par le recourant le 7 décembre 1989. Pour la résoudre, il faut rechercher si cette action a été valablement rayée du rôle, avant l'ouverture de la faillite, par la décision rendue le 5 juillet 1990 par le Président du Tribunal de premičre instance. Or, le recourant a fait BGE 118 III 40 S. 43précisément appel de cette décision. De deux choses l'une: soit la cause a été valablement rayée du rôle en premičre instance le 5 juillet 1990 et le procčs n'était donc plus pendant ŕ l'ouverture de la faillite; soit elle ne l'a pas été et le procčs devait alors ętre suspendu conformément ŕ l'art. 207 al. 1 LP (cf. supra let. a). Il semble d'ailleurs que la décision déférée n'était pas définitive, vu l'effet suspensif attribué ŕ cet appel (art. 291 et 302 LPC gen.), lorsque la cour cantonale l'a déclaré sans objet. Il n'est donc pas possible de savoir avec certitude si l'action était encore pendante ŕ l'ouverture de la faillite, prononcée le 15 avril 1991. Il appartient dčs lors ŕ la Cour de justice d'examiner cette question.