Urteilskopf
133 IV 142
23. Extrait de l'arręt de la Cour de droit pénal dans la cause A. contre Ministčre public du canton du Valais (demande de révision)6F_1/2007 du 9 mai 2007
Regeste
Revisionsbegehren; Art. 121 ff. BGG. Begriff der Anträge im Sinne von Art. 121 lit. c BGG. Antrag auf Gewährung der unentgeltlichen Rechtspflege (E. 2).
Sachverhalt ab Seite 142
BGE 133 IV 142 S. 142 Par arręt du 29 décembre 2006, la cour de céans a rejeté, dans la mesure oů il était recevable, le recours de droit public et admis partiellement en application de l'art. 277 PPF le pourvoi en nullité formés tous deux par A. contre un arręt du 21 juin 2006 émanant de la Cour pénale II du Tribunal cantonal valaisan. En ce qui concerne les frais de procédure, un émolument judiciaire de 2000 francs a été mis ŕ la charge du recourant pour le recours de droit public, cependant qu'il n'a pas été perçu de frais, ni alloué d'indemnité pour le pourvoi en nullité.A. forme une demande de révision de cet arręt en application de l'art. 136 let. c OJ, invoquant qu'il n'a pas été statué sur sa conclusion tendant ŕ l'octroi de l'assistance judiciaire. Il conclut ŕ la modification de l'arręt entrepris en ce sens que la demande d'assistance judiciaire jointe aux deux recours précités soit admise, que Me B., avocat, soit désigné en qualité de conseil d'office, qu'une indemnité soit allouée ŕ ce dernier ŕ titre d'honoraires pour chacun des deux recours et qu'il ne soit pas perçu de frais. Il sollicite par ailleurs ŕ nouveau l'assistance judiciaire pour la procédure de révision.Il n'a pas été ordonné d'échange d'écritures.Le Tribunal fédéral a admis la demande de révision.
Erwägungen
Extrait des considérants:
2. Le recourant invoque le motif de révision tiré de l'art. 136 let. c OJ (RO 3 p. 521), aux termes duquel la demande de révision d'un BGE 133 IV 142 S. 143arręt du Tribunal fédéral est recevable lorsqu'il n'a pas été statué sur certaines conclusions. Ce motif de révision a été repris sans changement par l'art. 121 let. c de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF; RS 173.110).
2.1 Selon une jurisprudence déjŕ ancienne, le fait que le Tribunal fédéral n'a pas statué sur une conclusion ne constitue un motif de révision qu'en ce qui concerne les conclusions de fond, ŕ l'exclusion, notamment de celles tendant ŕ l'octroi de l'assistance judiciaire (ATF 101 Ib 220 consid. 2 p. 222 s.), parce qu'il peut ętre statué implicitement sur ces conclusions, comme sur celles de procédure.
2.2 En doctrine, la plupart des auteurs énoncent ce principe en se référant ŕ l'arręt publié précité sans plus amples commentaires (ŕ propos de l'art. 136 let. c OJ: URSINA BEERLI-BONORAND, Die ausserordentlichen Rechtsmittel in der Verwaltungsrechtspflege des Bundes und der Kantone, thčse Zurich 1985, p. 135; JEAN-FRANÇOIS Poudret, Commentaire de la loi fédérale d'organisation judiciaire, Berne 1992, vol. V, art. 136 OJ, n. 4; KARL SPÜHLER/DOMINIK VOCK, Rechtsmittel in Zivilsachen im Kanton Zürich und im Bund, Zurich 1999, p. 159; en relation avec le nouvel art. 121 let. c LTF: KARL SPÜHLER/ ANNETTE DOLGE/DOMINIK VOCK, Kurzkommentar zum Bundesgerichtsgesetz [BGG], Zurich/St-Gall 2006, art. 121 LTF, n. 3; moins affirmatif cependant en ce qui concerne les conclusions de procédure en général: NICOLAS VON WERDT, in Bundesgerichtsgesetz [BGG], Berne 2007, art. 121 LTF, n. 23).
2.3 La justification de l'arręt publié aux ATF 101 Ib 220 repose exclusivement sur le fait qu'il peut ętre statué implicitement sur les conclusions de procédure et celles tendant ŕ l'octroi de l'assistance judiciaire. Dans sa formulation absolue, le principe ŕ la base de cet arręt suppose l'existence d'une présomption irréfragable que le silence du tribunal exprime un jugement implicite des conclusions de procédure ou tendant ŕ l'octroi de l'assistance judiciaire. Comme l'a jugé le Tribunal fédéral dans l'arręt publié aux ATF 114 Ia 332, consid. 2b p. 334, cette présomption n'est pourtant pas absolue, męme en matičre de dépens, si bien que la motivation de l'arręt publié aux ATF 101 Ib 220 n'explique pas ce qui justifierait le rejet de la demande de révision lorsqu'il y a des raisons sérieuses d'admettre que le tribunal a effectivement omis de statuer sur une conclusion de procédure ou tendant ŕ l'octroi de l'assistance judiciaire. Par ailleurs, l'allocation ou le refus de dépens visés par l' ATF 114 Ia 332 sont BGE 133 IV 142 S. 144étroitement liés au sort de la cause au fond. Souvent, on peut ainsi déduire du dispositif sur les points principaux quel sort a implicitement été donné ŕ la question des dépens. Il n'en va, en revanche, pas de męme de l'assistance judiciaire, dont l'octroi ou le refus ne dépend pas exclusivement du sort de la cause au fond, mais procčde d'une appréciation plus complexe d'autres facteurs, dont la situation économique de la partie requérante (qui ne ressort pas nécessairement des considérants de l'arręt), la difficulté des questions soulevées (pour la désignation d'un conseil d'office) et surtout le pronostic sur les chances de succčs (art. 152 OJ; art. 64 LTF), qui ne peut, en rčgle générale, pas ętre non plus déduit du seul dispositif de l'arręt sur les points principaux. Il se justifie ainsi moins encore pour les conclusions tendant ŕ l'octroi de l'assistance judiciaire que pour celles tendant ŕ l'octroi de dépens de présumer de maničre absolue que le silence du dispositif de l'arręt exprime un jugement implicite. Une telle présomption ne peut donc fonder, ŕ elle seule et de prime abord, le rejet de la demande de révision motivée par l'absence de décision sur une conclusion tendant ŕ l'octroi de l'assistance judiciaire.
2.4 Il y a ainsi lieu d'examiner, au préalable, s'il existe des raisons sérieuses d'admettre que le tribunal a effectivement omis de statuer sur les conclusions tendant ŕ l'octroi de l'assistance judiciaire.
2.5 A cet égard, il convient de relever que l'arręt du 29 décembre 2006 ne mentionne les conclusions du recourant tendant ŕ l'octroi de l'assistance judiciaire ni dans ses considérants en fait, ni dans ses considérants en droit. Il s'agit d'un premier indice permettant de penser que ces conclusions ont purement et simplement été omises. Cet arręt n'a, par ailleurs, pas été rendu dans la procédure de l'art. 36a OJ, si bien que la procédure suivie ne permet pas non plus, ŕ elle seule, de retenir que le recours était manifestement irrecevable ou infondé et donc d'emblée privé de chances de succčs. La motivation de l'arręt ne fournit non plus aucune indication que la situation financičre du recourant était telle qu'elle aurait de toute évidence justifié le refus de l'assistance judiciaire. Dans ces conditions, le seul fait que des frais ont été mis ŕ la charge du recourant pour le recours de droit public et qu'il a été statué sans frais ni dépens pour le pourvoi en nullité admis partiellement, ne permet pas d'interpréter le silence du dispositif sur la question de l'assistance judiciaire comme un refus implicite de cette derničre. Il convient dčs lors de trancher la question du droit du demandeur en révision ŕ l'assistance judiciaire pour la procédure précédente.