Urteilskopf
136 III 74
9. Extrait de l'arręt de la Ire Cour de droit civil dans la cause X. SA contre époux Y. (recours en matičre civile)4A_412/2009 du 15 décembre 2009
Regeste
Miete; quartierübliche Mietzinse (Art. 269a lit. a OR und Art. 11 Abs. 1 VMWG). Definition des Quartiers im Sinne von Art. 269a lit. a OR. Die Umgrenzung des Territoriums, das als Quartier zu betrachten ist, hängt in erster Linie von den tatsächlichen und historischen Verhältnissen des Ortes ab. Es obliegt den kantonalen Behörden, bei Vorliegen besonderer Umstände das Quartier unabhängig von den Kriterien gemäss Art. 11 Abs. 1 VMWG zu umreissen. Das Bundesgericht greift dabei nur zurückhaltend ein (E. 2). Mit der Mietsache vergleichbare Wohnräume im Sinne von Art. 11 Abs. 1 VMWG. Bei einem Abstand der Baujahre von mehr als 20 Jahren sind Liegenschaften nicht mehr als in die gleiche Bauperiode fallend zu betrachten. Das Kriterium der Anzahl der Zimmer ist nicht notwendigerweise ausschlaggebend, wenn grosse Wohnungen zum Vergleich stehen. Erfordernis eines konkreten Vergleichs gestützt auf die genaue Angabe der angewendeten Kriterien (E. 3).
Sachverhalt ab Seite 75
BGE 136 III 74 S. 75
A. En 1974, X. SA a donné en location aux époux Y. un appartement de six pičces d'une surface de 174 m2 situé au deuxičme étage de l'immeuble sis ŕ la rue Charles-Sturm xxx, ŕ Genčve. Depuis le 1er juillet 1994, le loyer, sans les charges, s'élčve ŕ 15'948 fr. par an, soit 1'329 fr. par mois, avec un taux hypothécaire de référence de 5,5 %.L'immeuble abritant l'appartement a été construit en 1893 et rénové en 1979; selon les locataires, la rénovation n'a concerné que la façade. Il est équipé du téléréseau collectif, d'un interphone, du chauffage central et d'un ascenseur. Le bâtiment, dont l'état général est bon, est situé en bordure du boulevard des Tranchées, artčre enregistrant un trafic automobile intense. Il se trouve ŕ proximité de commerces, de restaurants, des transports publics, d'écoles et de jardins publics. L'appartement comprend un hall d'entrée, des fenętres ŕ double vitrage, des installations électriques anciennes et des dépendances; la cuisine n'est ni agencée, ni équipée; le logement ne bénéficie pas d'un parking.Par avis officiel du 2 mars 2007, X. SA a résilié le bail pour le 30 juin 2007. Le congé a été signifié pour des motifs économiques, afin de relouer l'appartement ŕ un tiers pour un loyer supérieur.
B. Les époux Y. ont saisi la Commission de conciliation d'une requęte en annulation de congé.Non conciliée, l'affaire a été portée devant le Tribunal des baux et loyers du canton de Genčve. Par jugement du 17 septembre 2008 rendu aprčs instruction écrite, sans audition des parties et sans les enquętes sollicitées par la bailleresse, le tribunal a annulé le congé. En substance, il a retenu qu'aucun des trente objets comparatifs présentés par la bailleresse n'était comparable ŕ l'appartement dont le bail avait été résilié et, partant, que X. SA n'avait pas démontré qu'elle pourrait relouer l'appartement ŕ un tiers pour un loyer non abusif supérieur au loyer payé par les locataires actuels.Saisie par la bailleresse, la Chambre d'appel en matičre de baux et loyers du canton de Genčve a confirmé ce jugement par arręt du 19 juin 2009. Sur les trente appartements présentés ŕ titre d'objets comparatifs, la cour cantonale n'en a examiné que neuf, situés ŕ BGE 136 III 74 S. 76proximité immédiate de rues comportant un trafic automobile important et dans un périmčtre délimité par le boulevard des Tranchées, la rue de l'Athénée, la rue de Contamines et la rue Michel-Chauvet. Elle a d'emblée écarté les éléments de comparaison sis en dehors de ce périmčtre au motif qu'ils se trouvaient dans un tissu urbain différent, comprenant des constructions plus récentes et offrant un caractčre plus résidentiel. Pour le surplus, la Chambre d'appel est arrivée ŕ la conclusion, pour des motifs divers, qu'aucun des neuf objets sis dans le périmčtre défini n'était comparable avec l'appartement occupé par les époux Y.
C. X. SA a interjeté un recours en matičre civile. Elle concluait principalement ŕ ce qu'il fűt constaté que le bail avait été valablement résilié avec effet au 30 juin 2007 et ŕ ce qu'aucune prolongation de bail ne fűt accordée aux locataires; ŕ titre subsidiaire, elle demandait le renvoi de la cause ŕ la cour cantonale.Les époux Y. ont proposé principalement le rejet du recours; ŕ titre subsidiaire, ils demandaient le renvoi de la cause pour instruction complémentaire et, plus subsidiairement, une prolongation de bail de quatre ans.La cour de céans a délibéré sur le recours en séance publique. Elle a admis partiellement le recours, annulé l'arręt attaqué et renvoyé l'affaire ŕ la Chambre d'appel pour nouvelle décision.
Erwägungen
Extrait des considérants:
2. En premier lieu, la recourante invoque une violation de l'art. 269a let. a CO. Cette disposition précise qu'un loyer n'est en principe pas abusif s'il se situe dans les limites des loyers usuels dans la localité ou dans le quartier.
2.1 Un congé motivé, comme en l'espčce, exclusivement par la volonté du bailleur d'obtenir d'un nouveau locataire un loyer plus élevé que le loyer payé par le locataire dont le bail est résilié ne contrevient en principe pas aux rčgles de la bonne foi (cf. art. 271 al. 1 CO). Pour ętre valable, une résiliation dictée par des considérations d'ordre économique ne doit toutefois pas servir de prétexte ŕ la poursuite d'un but illicite. Il faut donc que le bailleur soit en mesure d'exiger du nouveau locataire un loyer supérieur au loyer payé jusque-lŕ par le preneur congédié. En d'autres termes, le congé est annulable si l'application de la méthode de calcul absolue permet d'exclure BGE 136 III 74 S. 77l'hypothčse que le bailleur puisse majorer légalement le loyer, notamment parce que celui-ci est déjŕ conforme aux loyers usuels dans le quartier (art. 269a let. a CO) (cf. ATF 120 II 105 consid. 3b/bb p. 110; plus récemment, arręt 4A_472/2007 du 11 mars 2008 consid. 2.1 et 2.2). En l'occurrence, il s'agit de déterminer si une augmentation du loyer est possible en application de la méthode absolue. Ce point n'est pas contesté.
2.2 Le grief de la recourante se rapporte ŕ la détermination des loyers usuels dans le quartier. La bailleresse reproche ŕ la Chambre d'appel d'avoir défini de maničre trop restrictive la notion de "quartier" figurant ŕ l'art. 269a let. a CO et reprise ŕ l'art. 11 al. 1 de l'ordonnance du 9 mai 1990 sur le bail ŕ loyer et le bail ŕ ferme d'habitations et de locaux commerciaux (OBLF; RS 221.213.11), en retenant un périmčtre extręmement réduit d'environ six hectares, qui correspond ŕ 0,35 % de la surface de la ville de Genčve, et en ne tenant aucun compte du découpage administratif de la ville en seize quartiers.
2.2.1 Il convient de déterminer ce que la loi entend par quartier, notion qui relčve du droit.La référence au quartier mentionné ŕ l'art. 269a let. a CO a été reprise de l'art. 15 al. 1 let. a AMSL (RO 1972 II 1531). Le terme de quartier figure également dans la version allemande de l'art. 269a let. a CO ("quartierüblichen Mietzinse"). Aucune définition ne ressort des textes légaux ni des travaux législatifs. Le Tribunal fédéral n'a gučre eu ŕ se pencher sur cette notion. Il a précisé toutefois que des immeubles pouvaient faire partie du męme quartier bien qu'ils soient situés dans des secteurs de la ville ayant des codes postaux différents (ATF 123 III 317 consid. 4b/ee p. 322).Le terme quartier, désignant la quatričme partie d'un tout, a été transposée sur les villes romaines planifiées, qui étaient partagées en quatre parties par deux routes perpendiculaires se croisant en leur milieu( Viertel en allemand). Dans son acception actuelle, le quartier désigne la division administrative d'une ville ou la partie d'une ville, qui a sa physionomie propre et une certaine unité (cf. Le Grand Robert de la langue française). S'il forme un ensemble sur les plans historique, géographique, sociologique ou administratif, un quartier suppose également une certaine étendue et ne peut gučre se limiter ŕ quelques immeubles ou pâtés de maisons.Aucun motif ne justifie de retenir ŕ l'art. 269a let. a CO une notion plus restreinte du quartier. En particulier, celui-ci ne se réduit pas ŕ BGE 136 III 74 S. 78un complexe architectural homogčne. A cet égard, l'art. 11 al. 1 OBLF, qui précise comment calculer les loyers usuels du quartier, prescrit de prendre en compte notamment l'emplacement et l'année de construction des objets présentés ŕ la comparaison; cela atteste que, pour faire partie d'un męme quartier au sens du droit du bail, les immeubles n'ont pas nécessairement ŕ bénéficier d'une situation semblable, ni ŕ dater de la męme période de construction. L'idée est bien plutôt que le quartier couvre une certaine surface et qu'il peut ętre hétérogčne (dans ce sens: PETER HIGI, Zürcher Kommentar, 4e éd. 1998, n° 34 ad art. 269a CO). Il est ŕ relever par ailleurs que l'art. 269a let. a CO met sur le męme plan "localité" et "quartier". Or, par localité, on entend un village ou une petite ville, soit précisément une entité pouvant avoir une certaine étendue et comporter différents types de bâtiments.Le découpage administratif de la ville ou la division en quartiers historiques sera souvent déterminant. Mais des exceptions ŕ cette rčgle sont envisageables, par exemple lorsque l'objet dont le loyer doit ętre examiné est situé ŕ la limite de deux quartiers (cf. RAYMOND BISANG ET AL., Das schweizerische Mietrecht, Kommentar, 3e éd. 2008, n° 11 ad art. 269a CO, p. 554; HIGI, op. cit., nos 33 et 35 ad art. 269a CO). Il n'est ainsi gučre possible de poser une rčgle générale ŕ ce sujet; par rapport ŕ un objet donné, la délimitation de la portion de territoire ŕ prendre en compte ŕ titre de quartier dépendra essentiellement de la situation de fait et de l'histoire des lieux.Pour ces motifs, l'autorité cantonale est, de par sa connaissance des circonstances locales, la mieux ŕ męme de cerner le quartier dans un cas particulier. Le Tribunal fédéral n'interviendra qu'avec retenue, lorsqu'il ressort de la décision cantonale que l'autorité précédente a méconnu la notion de quartier ou n'en a pas tenu compte, qu'elle s'est fondée sur des faits qui ne devaient jouer aucun rôle ou, au contraire, qu'elle n'a pas pris en considération des faits pertinents, ou encore qu'elle a abouti ŕ un résultat manifestement erroné (cf. ATF 132 III 758 consid. 3.3. i.f. p. 762).
2.2.2 En l'espčce, la Chambre d'appel a examiné uniquement neuf objets comparatifs situés dans le périmčtre précité, dont ne fait du reste pas partie la rue Charles-Sturm oů se trouve l'appartement occupé par les intimés; ce dernier est en bordure du boulevard des Tranchées, lequel délimite le périmčtre en question. La cour cantonale a exclu deux appartements situés dans le périmčtre retenu, au BGE 136 III 74 S. 79motif qu'ils ne se trouvaient pas ŕ proximité immédiate de rues comportant un trafic automobile important. Elle a considéré au surplus que les autres objets présentés ne relevaient pas du męme quartier au sens de l'art. 269a let. a CO et pouvaient d'emblée ętre éliminés de la comparaison.Le périmčtre défini par la Chambre d'appel a la forme d'un quadrilatčre irrégulier d'environ 200 mčtres sur 400 mčtres. Il ne correspond ni ŕ un quartier historique, ni ŕ une entité administrative. Sa superficie est nettement plus restreinte que celle du quartier Centre-Plainpalais-Acacias ou des quartiers adjacents des Eaux-Vives et de Champel. Les secteurs hors de ce périmčtre n'ont pas été pris en compte au seul motif qu'ils présentent un tissu urbain différent, comprenant des constructions plus récentes et offrant un caractčre plus résidentiel. Ce faisant, la Chambre d'appel a apparemment exclu ces secteurs de la ville sur la base d'une appréciation globale, parce qu'ils semblent moins susceptibles de receler des appartements comparables ŕ celui occupé par les intimés. Il ne s'agit pas lŕ d'un critčre définissant le quartier au sens de l'art. 269a let. a CO. Un tel mode de procéder revient ŕ déclarer d'emblée non comparables tous les objets sis dans ces secteurs, sans avoir ŕ examiner concrčtement s'ils le sont au regard des critčres de l'art. 11 al. 1 OBLF. La Chambre d'appel ne pouvait pas restreindre de la sorte les possibilités de la recourante de présenter des objets comparatifs. Il lui appartenait de définir d'abord le quartier indépendamment des critčres de comparaison fixés ŕ l'art. 11 al. 1 OBLF, puis d'examiner, sur la base de ces critčres, les objets comparatifs présentés par la recourante qui sont situés dans le quartier tel que précédemment défini. Le grief tiré de la violation de l'art. 269a let. a CO est fondé.
3. La recourante reproche également ŕ la Chambre d'appel d'avoir violé l'art. 11 al. 1 OBLF et l'art. 274d al. 3 CO lors de l'examen des neuf objets comparatifs pris en considération. Le moyen n'est pas devenu sans objet. En effet, le Tribunal fédéral peut éventuellement éviter un renvoi et statuer lui-męme au fond s'il arrive ŕ la conclusion que cinq de ces neuf objets sont effectivement comparables ŕ l'appartement occupé par les intimés (cf. consid. 3.1 infra).
3.1 Selon l'art. 11 OBLF, les loyers déterminants pour la constatation des loyers usuels, dans la localité ou le quartier, sont ceux des logements comparables ŕ la chose louée, quant ŕ leur emplacement, dimension, équipement, état et année de construction (al. 1), ŕ BGE 136 III 74 S. 80l'exclusion des loyers résultant de ce qu'un bailleur ou un groupe de bailleurs domine le marché (al. 3). En rčgle générale, le juge doit disposer de cinq éléments de comparaison au moins. Il lui appartient de procéder ŕ des comparaisons concrčtes. L'autorité cantonale de derničre instance indiquera exactement les critčres sur lesquels elle s'est fondée. Sur cette base, le Tribunal fédéral contrôle librement si les loyers usuels sont établis conformément au droit fédéral (ATF 123 III 317 consid. 4a p. 319; arręt 4C.265/2000 du 16 janvier 2001 consid. 4, in SJ 2001 I p. 247). Les loyers de référence doivent eux- męmes ne pas ętre abusifs; il est donc nécessaire, en principe, de les adapter aux baisses du taux hypothécaire survenues depuis le moment oů ils ont été fixés (ATF 127 III 411 consid. 5a p. 412 ss).Aux termes de l'art. 274d al. 3 CO, le juge établit d'office les faits et les parties sont tenues de lui soumettre toutes les pičces nécessaires. Selon la jurisprudence relative ŕ cette disposition, le juge n'a pas ŕ instruire d'office le litige lorsqu'un plaideur renonce ŕ expliquer sa position, mais il doit interroger les parties et les informer de leur devoir de collaborer ŕ l'instruction et de fournir des preuves. Si des motifs objectifs le conduisent ŕ soupçonner que les allégations et offres de preuves d'une partie sont lacunaires, il doit inviter cette partie ŕ compléter ses moyens (ATF 125 III 231 consid. 4a p. 238 s.).
3.2 Les neuf éléments de comparaison pris en compte par la cour cantonale doivent ętre examinés ŕ l'aune de ces principes.
3.2.1 La Chambre d'appel a écarté six objets parce qu'ils ne répondaient pas au critčre de l'année de construction. Cinq appartements sont situés dans des immeubles construits en 1921 et le bâtiment abritant le sixičme logement date de 1931; l'immeuble oů logent les intimés ayant été construit en 1893, l'écart avec les exemples présentés est de vingt-huit, respectivement trente-huit ans.Selon la jurisprudence, des immeubles datant des deux premičres décennies du vingtičme sičcle sont comparables sous l'angle de l'année de construction (ATF 123 III 317 consid. 4b/aa p. 320). Par la suite, le Tribunal fédéral a précisé qu'une différence de plus de vingt ans ne permettait en tout cas pas de ranger deux bâtiments dans la męme période de construction (arręt 4C.40/2001 du 15 juin 2001 consid. 5c/bb). Un assouplissement de la rčgle des vingt ans ne se justifie pas. En effet, un certain schématisme s'impose dans ce domaine, afin d'assurer la prévisibilité du droit et l'égalité de traitement. BGE 136 III 74 S. 81 C'est dčs lors ŕ bon droit que la cour cantonale a éliminé de la comparaison les six exemples précités.
3.2.2 Il reste trois objets - désignés sous les nos 11, 21 et 23 des pičces déposées par la bailleresse -, ce qui, en tout état de cause, est insuffisant pour démontrer que le loyer payé par les intimés est inférieur aux loyers usuels du quartier. Cela étant, les trois éléments de comparaison précités appellent les observations suivantes.La Chambre d'appel a écarté l'appartement de 180 m2 situé dans l'immeuble sis ŕ la route de Florissant yyy (objet n° 11) notamment parce qu'il comporte sept pičces alors que le logement occupé par les intimés n'en a que six. Or, si le nombre de pičces est déterminant lorsqu'il s'agit de comparer des appartements plutôt petits, ce critčre l'est beaucoup moins lorsque la comparaison porte sur des appartements de grande dimension. Ainsi, le Tribunal fédéral a jugé que des appartements de 160 m2 et 171 m2, voire de 142 m2 étaient comparables selon le critčre de la dimension, męme si les uns comportaient sept pičces et les autres comprenaient six pičces ou six pičces et demie (ATF 123 III 317 consid. 4b/cc p. 321). En l'espčce, l'objet n° 11, d'une surface de 180 m2, ne saurait ętre exclu de la comparaison avec l'appartement de 174 m2 loué par les intimés parce qu'il comprend une pičce de plus.La Chambre d'appel a invoqué deux autres motifs pour écarter l'objet n° 11: "différence entre l'état général de l'immeuble (excellent/bon)" et "différence dans l'état de la cuisine (agencée/non agencée)". Faute de description plus précise de l'état réel des immeubles en cause, la présentation sommaire figurant dans l'arręt attaqué ne répond pas ŕ l'exigence jurisprudentielle d'une comparaison concrčte, fondée sur l'indication exacte des critčres utilisés. En ce qui concerne la cuisine, les précisions manquent également. Un agencement - dont on ignore s'il est récent ou non - garnissant une cuisine non équipée d'appareils ménagers ne constitue pas une différence notable excluant ŕ elle seule toute comparaison avec un appartement dépourvu de cuisine agencée. Il s'ensuit que la cour de céans n'est pas en mesure de juger si l'objet n° 11 est comparable ŕ l'appartement occupé par les intimés.Les juges genevois ont éliminé de la comparaison l'appartement de six pičces et demie, d'une surface de 144 m2, situé dans l'immeuble sis ŕ la rue du Mont-de-Sion zzz (objet n° 21) en raison de BGE 136 III 74 S. 82l'absence de référence au taux hypothécaire sur la base duquel le loyer avait été fixé. Bien qu'elle n'ait pas relevé d'autre motif excluant une comparaison, la cour cantonale n'a pas invité la recourante ŕ compléter ses allégations avant de fonder sa décision sur cette seule omission. Ce faisant, elle a violé la maxime d'office. La Chambre d'appel a dčs lors méconnu le droit fédéral en refusant de prendre en considération l'objet n° 21 pour le motif invoqué.La cour cantonale a écarté l'appartement de six pičces situé ŕ la męme adresse que l'objet n° 21 notamment parce que sa surface (136 m2) était environ 20 % inférieure ŕ celle de l'appartement occupé par les intimés (174 m2). Cette conclusion est conforme ŕ la jurisprudence, qui a déjŕ exclu la comparaison entre un appartement de 171 m2 et un appartement de 130 m2 (ATF 123 III 317 consid. 4b/cc p. 321).