Urteilskopf
138 I 97
7. Extrait de l'arręt de la Cour de droit pénal dans la cause X. contre Ministčre public du canton de Vaud et consorts (recours en matičre pénale )6B_118/2009 / 6B_12/2011 du 20 décembre 2011
Regeste
Art. 6 Ziff. 1 und 3 EMRK; Art. 6 Ziff. 3 lit. c EMRK; Art. 5 Abs. 3 BV; Anspruch auf einen Verteidiger; Schweigerecht und Anspruch auf Belehrung über das Schweigerecht; Grundsatz von Treu und Glauben. Tragweite des durch Art. 6 Ziff. 3 lit. c EMRK gewährleisteten Anspruchs auf einen Verteidiger, namentlich bei den ersten polizeilichen Einvernahmen; Anwendung des Grundsatzes von Treu und Glauben gemäss Art. 5 Abs. 3 BV bei der Berufung auf diesen Anspruch; Fall, in dem eine Verletzung des Anspruchs auf einen Verteidiger zu einer Aufhebung der Verurteilung führen kann; Pflicht zur Begründung eines Antrags auf Aufhebung (E. 4.1); Anwendung des Grundsatzes von Treu und Glauben bei der Berufung auf eine Verletzung des Schweigerechts; Fall, in dem eine solche Verletzung zur Aufhebung der Verurteilung führen kann (E. 4.2).
Sachverhalt ab Seite 98
BGE 138 I 97 S. 98
A. Par jugement du 27 juin 2008, le Tribunal criminel de l'arrondissement de l'Est vaudois a notamment condamné X. pour meurtre et assassinat ŕ la peine privative de liberté ŕ vie sous déduction de la détention préventive effectuée. Le recours interjeté contre ce jugement a été rejeté par arręt de la Cour de cassation pénale du canton de Vaud du 29 octobre 2008. X. a formé un recours en matičre pénale contre cet arręt auprčs du Tribunal fédéral. Il conclut ŕ l'annulation de cet arręt, subsidiairement ŕ son acquittement et au rejet des conclusions civiles prises ŕ son encontre.
B. Avant que ce dernier recours n'ait été tranché, une premičre demande de révision de la part du condamné a toutefois été admise et la cause renvoyée au Tribunal criminel de l'arrondissement de Lausanne pour nouvelle instruction et nouveau jugement.Suite ŕ une nouvelle instruction complčte de la cause, cette autorité a, par jugement du 18 mars 2010, maintenu la condamnation pénale prononcée le 27 juin 2008. Le recours formé contre cette décision a été rejeté par arręt de la Cour de cassation pénale du canton de Vaud du 4 octobre 2010. En bref, cette autorité a estimé que les preuves finalement retenues ŕ charge de X. étaient adéquates et pertinentes et constituaient un faisceau d'indices convergents permettant de considérer qu'il ne subsistait aucun doute, considérable et irréductible, quant au fait qu'il avait tué le 24 décembre 2005 sa mčre B. et C., en les frappant de maničre répétée avec une violence extręme, ainsi que sa soeur A.X. a formé un recours en matičre pénale contre le jugement du 18 mars 2010 et l'arręt du 4 octobre suivant. Il conclut ŕ l'annulation de ces décisions, ŕ son acquittement et au déboutement des autres opposants. Subsidiairement, il requiert l'annulation de ces décisions, le BGE 138 I 97 S. 99renvoi de la cause ŕ l'autorité cantonale pour nouvelle décision et le déboutement des autres opposants. (résumé)
Erwägungen
Extrait des considérants:
4. Le recourant soulčve le grief de violation du droit ŕ un procčs équitable au sens des art. 6 et 13 CEDH.
4.1 Concrčtement, il invoque dans un premier moyen que la Cour de cassation aurait appliqué arbitrairement l'art. 411 al. 1 let. g du Code de procédure pénale vaudois du 12 septembre 1967 (CPP/VD), dans sa teneur en vigueur jusqu'au 31 décembre 2010, et violé l'art. 6 par. 3 let. c CEDH en déclarant irrecevable son grief de violation de cette derničre disposition. Subsidiairement, ŕ supposer que la Cour de cassation n'ait pas été compétente pour connaître de cette violation, le recourant estime que celle-ci, invoquée ŕ l'encontre du jugement du 18 mars 2010, doit conduire ŕ l'annulation de cette derničre décision.
4.1.1 En vertu de l'art. 6 par. 3 let. c CEDH, tout accusé a droit de se défendre lui-męme ou d'avoir l'assistance d'un défenseur de son choix. Cette garantie constitue un aspect particulier du droit au procčs équitable au sens de l'art. 6 par. 1 CEDH. L'art. 6 par. 3 let. c CEDH confčre ŕ l'accusé le droit de bénéficier de l'assistance d'un avocat dčs les premiers stades des interrogatoires de police, sauf ŕ démontrer, ŕ la lumičre des circonstances particuličres de l'espčce, qu'il existe des raisons impérieuses de restreindre ce droit. Męme dans ce dernier cas, pareille restriction ne doit pas indűment porter atteinte aux droits de l'accusé découlant de l'art. 6 CEDH. Il est en principe porté une atteinte irrémédiable aux droits de la défense lorsque des déclarations incriminantes, faites lors d'un interrogatoire de police subi sans assistance possible d'un avocat, sont utilisées pour fonder une condamnation (arręts de la CourEDH Salduz contre Turquie du 27 novembre 2008 § 50 ss; Lopata contre Russie du 13 juillet 2010 § 130).
4.1.2 Le Code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007 (CPP; RS 312.0), entré en vigueur le 1er janvier 2011, consacre le droit ŕ un "avocat de la premičre heure" ŕ son art. 158. Tel n'était toutefois pas le cas avant cette date dans le canton de Vaud, sa législation n'autorisant pas ŕ l'époque, sauf exceptions non réalisées en l'espčce, le défenseur ŕ assister le prévenu lors des interrogatoires menés par le juge d'instruction et la police (art. 191 al. 2 CPP/VD, également applicable aux auditions faites par la police en vertu du renvoi prévu par l'art. 171 al. 1 CPP/VD). BGE 138 I 97 S. 100 Que ce soit dans son recours cantonal ou dans son recours en matičre pénale, le recourant ne conclut pas ŕ la constatation de la violation de l'art. 6 par. 3 let. c CEDH, mais uniquement ŕ l'annulation des décisions entreprises. Dans la mesure oů cette conclusion ne peut ętre admise pour les motifs qui suivent, la question de savoir si le fait pour le recourant d'avoir été entendu par la police et par le juge d'instruction en l'absence d'un défenseur est compatible avec l'art. 6 par. 3 let. c CEDH peut rester ouverte.
4.1.3 La Cour de cassation a déclaré le grief de violation de l'art. 6 par. 3 let. c CEDH irrecevable, d'une part parce qu'il s'agissait d'une irrégularité de procédure antérieure ŕ l'arręt de renvoi, pour laquelle le recours en nullité n'était pas ouvert (art. 411 al. 1 CPP/VD), d'autre part car le fait de soulever un tel grief au stade du recours cantonal seulement était contraire au principe de la bonne foi. Elle a en outre ajouté que le recourant n'avait pas été privé d'un procčs équitable, dans la mesure oů il avait été condamné sur la base de plusieurs éléments de preuve concordants et non pas exclusivement sur ses déclarations alors qu'il n'était pas accompagné d'un avocat.
4.1.4 La décision de la Cour de cassation est fondée sur une triple motivation. Les deux premičres, principales, conduisent ŕ l'irrecevabilité du grief. La derničre, subsidiaire, conduit ŕ son rejet sur le fond.Dans un tel cas, lorsque la décision attaquée comporte plusieurs motivations indépendantes, alternatives ou subsidiaires, toutes suffisantes pour sceller le sort de la cause, la partie recourante doit, sous peine d'irrecevabilité, démontrer que chacune d'elles est contraire au droit (ATF 136 III 534 consid. 2 p. 535; ATF 133 IV 119 consid. 6.3 p. 120 s.).En l'espčce, le recourant, qui n'invoque pas la violation de l'art. 5 al. 3 Cst. consacrant le principe de la bonne foi, n'établit pas conformément aux exigences posées par l'art. 106 al. 2 LTF (cf. consid. 3.1 non publié) que la Cour de cassation aurait méconnu ce principe. Sa déclaration selon laquelle "cela étant, le principe de la bonne foi, certes applicable en procédure également, ne saurait faire obstacle ŕ la recevabilité du grief, étant souligné que le recourant a été condamné ŕ la prison ŕ perpétuité" est ŕ cet égard insuffisante. Pour cette raison déjŕ, le grief soulevé contre la décision d'irrecevabilité rendue par la Cour de cassation est lui-męme irrecevable. Dans ces circonstances, la question de savoir si la Cour de cassation a appliqué arbitrairement l'art. 411 al. 1 let. g CPP/VD peut rester ouverte.
4.1.5 Pour le surplus, l'art. 5 al. 3 Cst. impose aux parties au procčs pénal de se comporter conformément aux rčgles de la bonne foi. Ces BGE 138 I 97 S. 101rčgles s'appliquent notamment aux droits procéduraux des parties découlant de la CEDH (cf. arręts 1C_461/2010 du 31 janvier 2011 consid. 3.2; 6B_9/2011 du 10 janvier 2011 consid. 2). Ainsi, la partie qui s'aperçoit qu'une rčgle de procédure est violée ŕ son détriment ne saurait laisser la procédure suivre son cours sans réagir, dans le but, par exemple, de se réserver un moyen de nullité pour le cas oů le jugement ŕ intervenir ne la satisferait pas. Les manoeuvres dilatoires de cette sorte sont inadmissibles. Aussi la partie qui renonce sciemment ŕ faire valoir la violation d'une rčgle de procédure devant un juge qui serait en mesure d'en réparer les conséquences est en principe déchue du droit de se prévaloir de cette violation devant le Tribunal fédéral (cf. ATF 135 III 334 consid. 2.2 p. 336 et les références citées; plus récemment arręts 1C_461/2010 du 31 janvier 2011 consid. 3.2; 6B_61/2010 du 27 juillet 2010 consid. 1.2).
4.1.5.1 A de multiples reprises entre le 5 janvier 2006 et le 27 juillet 2007, le recourant a été entendu par la police et le juge d'instruction sans l'assistance d'un défenseur.Le recourant a consulté un avocat dčs le 12 janvier 2006. Il aurait pu, s'il souhaitait invoquer la violation durant l'instruction de son droit ŕ l'assistance d'un avocat, recourir contre l'arręt de renvoi du 29 janvier 2008 (art. 294 let. f CPP/VD). Il ne l'a pas fait. Il lui appartenait, s'il estimait que des procčs-verbaux établis en l'absence de son avocat pouvaient lui porter préjudice dans l'examen de sa culpabilité, de requérir du Tribunal d'arrondissement de l'Est vaudois qu'il retire ces pičces du dossier (cf. arręt 1B_77/2010 du 19 avril 2010 consid. 4.2). Conformément aux art. 361 ss CPP/VD, il devait pour ce faire agir par la voie incidente et formuler ses conclusions par écrit. Il ne l'a pas fait.Le jugement rendu par cette autorité le 27 juin 2008 cite diverses déclarations faites par le recourant en cours d'enquęte et en tire plusieurs réflexions. Ces éléments ont été repris quasiment ŕ l'identique par le Tribunal d'arrondissement de Lausanne dans son jugement du 18 mars 2010. Le recourant le reconnaît. Dčs lors, s'il estimait que la prise en compte de ces éléments par une autorité de jugement violait l'art. 6 par. 3 let. c CEDH, le recourant devait invoquer ce grief non pas seulement dans son recours cantonal contre le jugement du 18 mars 2010, mais déjŕ dans son recours contre le jugement du 27 juin 2008. Il ne l'a pas fait. Il n'a pas non plus soulevé ce moyen ŕ l'appui de son recours contre l'arręt de la Cour de cassation du 29 octobre 2008. BGE 138 I 97 S. 102 En réalité, ce n'est que suite ŕ l'admission de sa premičre demande de révision que le recourant a soulevé, en deuxičme instance au cours de son deuxičme procčs, ce grief. Or, le principe de la révision n'a été admis que sur la base d'un seul fait nouveau, ŕ savoir le témoignage de P. qui déclarait avoir vu B. et A. en vie le 24 décembre 2005, en fin d'aprčs-midi. Le fait que le recourant n'ait pas été assisté durant certaines auditions menées durant l'enquęte était en revanche connu bien avant le début męme du premier procčs et n'était pas l'objet de la demande en révision. Dans ces circonstances, le recourant ne saurait détourner l'institution de la révision et exploiter la phase du rescisoire afin de soulever un grief soumis au principe d'allégation (art. 106 al. 2 LTF), qu'il connaissait déjŕ avant la clôture de l'enquęte, mais qu'il n'a invoqué ni lors de son premier jugement, ni dans les recours formés ŕ l'issue de celui-ci. Son comportement viole le principe de la bonne foi.
4.1.5.2 Par ailleurs, lors du deuxičme procčs devant le Tribunal d'arrondissement de Lausanne, le Ministčre public a demandé que le jugement du 27 juin 2008 soit porté ŕ la connaissance du Tribunal. Le recourant ne s'y est pas opposé. Il n'a pas non plus requis de l'autorité de premičre instance que les procčs-verbaux litigieux soient retranchés, tout au moins pas dans les formes requises par le droit cantonal. On ne saurait ŕ cet égard retenir qu'il aurait, comme il l'invoque sans plus de précision, pris une telle conclusion lors des plaidoiries. En effet, le procčs-verbal du jugement du 18 mars 2010 indique uniquement qu'ŕ ce stade le premier conseil du recourant a conclu ŕ son acquittement et au rejet des conclusions civiles et que son deuxičme conseil a pris les męmes conclusions. Le fait qu'il n'ait pas demandé au cours des débats, dans les formes requises, le retranchement de pičces qu'il estime aujourd'hui contraires ŕ l'art. 6 par. 3 let. c CEDH est d'autant plus frappant qu'il a procédé par cette voie durant l'audience de jugement du 2 mars 2010 afin d'obtenir le retranchement d'un rapport et de ses annexes, ce qui lui a été accordé. Cette démarche était donc possible, le recourant la connaissait et ne l'a pas utilisée. Ce n'est ainsi en définitive que devant l'autorité de recours cantonale qu'il s'est plaint, dans les formes requises, de ne pas avoir été assisté d'un avocat lors des auditions menées durant l'enquęte.Au vu de l'ensemble de ces éléments, la Cour de cassation a ŕ juste titre considéré que le recourant avait soulevé de maničre tardive et partant irrecevable le grief de violation de l'art. 6 par. 3 let. c CEDH (cf. arręts 6B_61/2010 du 27 juillet 2010 consid. 1.2; 6B_967/2008 BGE 138 I 97 S. 103du 6 juillet 2008 consid. 1.4 et 1.5). Ce moyen, invoqué dans le recours en matičre pénale dirigé contre le jugement du 18 mars 2010, est également, pour ce męme motif, irrecevable. La question de savoir si cette décision pouvait encore ętre attaquée peut rester ouverte.
4.1.5.3 Le recourant soutient également que son droit d'ętre entendu a été violé, la Cour de cassation ne s'étant pas déterminée sur la question de savoir si la défense avait effectivement plaidé la question de la validité des moyens de preuve collectés en violation de l'art. 6 CEDH, question pertinente selon le recourant pour juger de sa bonne foi.Il résulte de ce qui précčde (cf. supra consid. 4.1.5.1 s.) que le fait de savoir si le recourant avait ou non formulé un tel grief dans le cadre de sa plaidoirie, lors du deuxičme procčs, n'est pas de nature ŕ influer sur le sort de la cause, ce qui exclut toute violation du droit d'ętre entendu du recourant (sur ce droit, cf. consid. 6.1 non publié).
4.1.6 Eűt-il été recevable, le grief de violation de l'art. 6 par. 3 let. c CEDH n'aurait de toute façon pas justifié l'annulation des décisions entreprises.
4.1.6.1 A l'instar du droit de se taire et du droit ŕ ętre informé de ce droit, également au coeur de la notion de procčs équitable (arręts de la CourEDH Bykov contre Russie du 10 mars 2009 § 92; Murray contre Royaume-Uni du 8 février 1996 § 45), le non-respect du droit ŕ l'assistance d'un avocat n'entraîne pas nécessairement l'annulation de la condamnation pénale. L'accusé peut avoir validé, alors qu'il était assisté d'un avocat, les déclarations faites sans ce dernier. Dans ce cas, il ne semble pas inéquitable de lui opposer ces déclarations (cf. arręts 6B_188/2010 du 4 octobre 2010 consid. 2.2; 6P.67/2003 du 14 aoűt 2003 consid. 3.1.2). L'annulation d'un jugement rendu suite ŕ une procédure au cours de laquelle l'accusé a été entendu sans pouvoir ętre assisté d'un avocat ne se justifie pas non plus, si les faits retenus ne sont pas établis seulement par ces déclarations mais aussi, de maničre suffisante, par d'autres moyens de preuve (cf. arręt 6B_61/2010 du 27 juillet 2010 consid. 1.2; également arręts 6B_993/2010 du 10 février 2011 consid. 1.2; 6B_188/2010 du 4 octobre 2010 consid. 2.2). Dans ce cas, le renvoi de la cause ŕ l'autorité précédente en raison de cette seule circonstance n'aurait pas de sens et conduirait seulement ŕ prolonger la procédure (cf. ATF 137 I 195 consid. 2.3.2 p. 197 et 198; ATF 136 V 117 consid. 4.2.2.2 p. 126 et les arręts cités). BGE 138 I 97 S. 104 Une telle appréciation est conforme ŕ la volonté du législateur. Celui-ci a en effet expressément subordonné la possibilité d'obtenir la révision d'un arręt du Tribunal fédéral pour violation de la CEDH, constatée par un arręt définitif de la Cour européenne des droits de l'homme, ŕ la condition qu'une telle révision soit nécessaire pour remédier aux effets de la violation (art. 122 let. c LTF, ayant remplacé au 1er janvier 2007 l'art. 139a al. 1 et 2 OJ).Le recourant, qui conclut ŕ l'annulation de sa condamnation en arguant d'une violation de l'art. 6 par. 3 let. c CEDH, doit donc, sous peine d'irrecevabilité, démontrer que la décision a été viciée du fait męme de l'irrégularité qu'il invoque (cf. arręts 4A_66/2007 du 13 juillet 2007 consid. 2.3; 2P.20/2005 du 13 avril 2005 consid. 3.2; 4P.189/2002 du 9 décembre 2002 consid. 3.2.2 et les références citées).
4.1.6.2 En l'occurrence, le recourant, qui n'a jamais avoué les faits, n'indique pas quelle déclaration précise, faite sans l'assistance d'un avocat, aurait eu une influence sur son droit ŕ un procčs équitable et, au final, sur sa condamnation. Pour ce motif encore, sa conclusion en annulation des décisions entreprises, fondée sur une prétendue violation de l'art. 6 par. 3 let. c CEDH, ne peut qu'ętre écartée.
4.1.6.3 Au demeurant, le jugement du 18 mars 2010, auquel se réfčre l'arręt du 4 octobre 2010, reprend certes longuement les déclarations du recourant faites durant l'enquęte sans ses conseils puis en présence de ces derniers. Il termine toutefois l'exposé de ces allégations en concluant non pas que celles faites sans avocat et non confirmées par la suite en présence des conseils du recourant constituent une preuve ŕ charge de ce dernier, mais, seulement, que celui-ci a menti et que le drame peut ętre considéré comme ayant eu lieu le 24 décembre 2005 sur la base d'autres éléments. La lecture de cette premičre décision permet en effet de constater que le Tribunal d'arrondissement de Lausanne s'est déclaré convaincu de la culpabilité du recourant sur la base d'autres preuves, en particulier les témoignages recueillis, dont ceux de l'avocate Q., de R. et du banquier S., les écrits collectés par les enquęteurs et enfin les traces de l'ADN du recourant retrouvées sur le col de la chemise de nuit portée par sa mčre le jour du drame et sur la lame des ciseaux retrouvés sous son corps sans vie.En outre, le recourant passe sous silence le fait qu'il a confirmé, en détail et alors qu'il était assisté de ses conseils, les deux versions - contradictoires - fournies ŕ la police et au juge d'instruction. Il a en BGE 138 I 97 S. 105particulier affirmé lors de la reconstitution, en présence de ses deux avocats, s'ętre rendu au domicile de sa mčre et de sa soeur le 24 décembre 2005, vers 13 h ou 14 h et avoir vu sa soeur, sa mčre et C., ces derničres étant toutes deux déjŕ mortes. Durant cette reconstitution, il a également indiqué que sa soeur, le 24 décembre 2005, saignait et qu'elle s'était ŕ cette occasion agrippée ŕ son t-shirt, un transfert de sang ayant pu se faire ŕ ce moment-lŕ. Rien n'aurait empęché les autorités cantonales de retenir ŕ charge du recourant ses déclarations, ce alors męme qu'elles confirmaient celles faites sans l'assistance d'un avocat. Les autorités précédentes étaient également fondées ŕ retenir que le recourant avait varié dans ses déclarations.Dčs lors, si les déclarations faites par le recourant sans l'assistance d'un avocat ont été largement citées dans les décisions entreprises, force est de constater, d'une part, que les faits retenus ŕ sa charge reposent sur d'autres moyens de preuve, et, d'autre part, que les autorités cantonales pouvaient s'y référer dans la mesure oů le recourant les a répétées, en détail, alors qu'il était assisté de ses conseils. Dans ces circonstances, il ne se justifie pas d'annuler les décisions entreprises au seul motif que le recourant n'était pas accompagné d'un défenseur lors d'auditions menées durant l'enquęte.
4.1.6.4 Le recourant invoque l'arręt de la CourEDH Salduz contre Turquie du 27 novembre 2008. Dans cette affaire, le prévenu, encore mineur, avait été arręté par la police et toute l'instruction s'était faite ŕ charge lors de sa détention sans qu'il ait eu la moindre possibilité de consulter un avocat. La Cour européenne des droits de l'homme a jugé dans ce cas que les droits de la défense avaient été irrémédiablement restreints, car l'Etat avait fait de l'aveu de l'intéressé devant la police la preuve essentielle justifiant sa condamnation, les déclarations faites par ses coaccusés ŕ sa charge n'ayant pas été maintenues au procčs. Le recourant ne peut manifestement rien déduire de cet arręt, dans la mesure oů d'une part il n'a jamais avoué les faits, d'autre part il a confirmé, en présence de ses défenseurs, les déclarations faites par devant la police et le juge d'instruction et enfin, et surtout, sa condamnation repose sur d'autres preuves que ses déclarations.
4.2 Le recourant invoque également qu'il n'aurait pas été informé de son droit de se taire lors de son audition du 5 janvier 2006. Il estime que la Cour de cassation aurait violé les art. 411 al. 1 let. g CPP/VD, 6 par. 1 et 13 CEDH en déclarant ce grief irrecevable. Subsidiairement, s'en prenant au jugement du 18 mars 2010, il soutient que la BGE 138 I 97 S. 106violation répétée de son droit de se taire doit conduire ŕ l'annulation des décisions entreprises.
4.2.1 La notion et la portée du droit de se taire ont été rappelées récemment par la jurisprudence (arręt 6B_188/2010 du 4 octobre 2010 consid. 2), ŕ laquelle on peut se référer.
4.2.2 La Cour de cassation a déclaré ce grief irrecevable, d'une part, parce qu'en tant que moyen relatif au déroulement de l'enquęte, elle n'était pas, aux termes de l'art. 411 al. 1 let. g CPP/VD, compétente pour en connaître et, d'autre part, car le fait de soulever un tel grief au stade du recours cantonal seulement était contraire au principe de la bonne foi.
4.2.3 Faute pour le recourant de démontrer que la Cour de cassation aurait méconnu l'art. 5 al. 3 Cst., sa critique est irrecevable (cf. supra consid. 4.1.4).
4.2.4 Au demeurant, le recourant expose avoir dénoncé la violation, lors de l'audition du 5 janvier 2006, de son droit de garder le silence dans son recours, déposé le 22 avril 2010 seulement. Il n'indique pas avoir soulevé ce grief avant cette date. La Cour de cassation pouvait dčs lors considérer, dans les circonstances d'espčce, que ce moyen était tardif et partant irrecevable (cf. supra consid. 4.1.5). Par surabondance, ce grief n'était pas propre, eűt-il été recevable, ŕ conduire ŕ l'annulation de l'arręt du 4 octobre 2010, dans la mesure oů la culpabilité du recourant se fonde sur d'autres éléments de preuve que l'audition du 5 janvier 2006, au cours de laquelle - le recourant l'omet - il n'a jamais admis les faits, męme pas sa présence dans la villa le 24 décembre 2005 (cf. supra consid. 4.1.6.3).Il en va de męme concernant le grief de violation du droit de garder le silence soulevé contre le jugement du 18 mars 2010, le recourant ne démontrant notamment pas que l'une ou l'autre des déclarations faites durant l'une des auditions citées aurait été utilisée pour fonder sa condamnation (cf. supra consid. 4.1.6.2).
4.3 Pour le surplus, faute de motivation répondant aux exigences posées par l'art. 106 al. 2 LTF (cf. consid. 3.1 non publié), les griefs de violation des art. 31 al. 2 Cst. et 13 CEDH sont irrecevables.