Bundesgericht Tribunal fédéral Tribunale federale Tribunal federal {T 0/2} 1C_113/2016 Arręt du 10 mars 2016 Ire Cour de droit public Composition MM. les Juges fédéraux Fonjallaz, Président, Merkli et Eusebio. Greffier : M. Kurz. Participants ŕ la procédure A.________ Ltd, représentée par Mes Maurice Harari et Laurent Baeriswyl, avocats, recourante, contre Ministčre public de la Confédération, Taubenstrasse 16, 3003 Berne. Objet Entraide judiciaire internationale en matičre pénale ŕ l'Algérie; remise de moyens de preuve, recours contre l'arręt du Tribunal pénal fédéral, Cour des plaintes, du 24 février 2016. Faits : A. Par décision du 13 novembre 2015, le Ministčre public de la Confédération a ordonné la remise, ŕ un juge d'instruction d'Alger, de la documentation relative ŕ un compte bancaire détenu par A.________ Ltd auprčs de la banque B.________. Cette transmission intervient en exécution d'une demande d'entraide judiciaire formée le 15 mai 2015 dans le cadre d'une enquęte pour corruption en rapport avec la construction de centrales électriques en Algérie par les sociétés C.________ et D.________. B. Par arręt du 24 février 2016, la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral a rejeté le recours formé par A.________ Ltd. L'ayant droit économique de la recourante figurait dans la demande d'entraide en lien avec l'un des projets litigieux, comme associé dans une société ŕ laquelle C.________ avait sous-traité des travaux; la recourante elle-męme avait été choisie par C.________ pour la représenter afin d'obtenir le contrat; les renseignements recueillis ŕ son sujet intéressaient donc l'autorité requérante, męme si elle n'était pas citée dans la demande d'entraide. Les documents ayant trait ŕ un projet d'aluminerie devaient également ętre transmis, puisque l'ayant droit de la recourante et plusieurs sociétés mentionnées dans la demande étaient concernés par l'opération en question. La transmission de l'intégralité de la documentation bancaire se justifiait par conséquent. C. Par acte du 7 mars 2016, A.________ Ltd forme un recours en matičre de droit public par lequel elle demande l'annulation de l'arręt de la Cour des plaintes et de l'ordonnance de clôture et le refus de transmettre la documentation bancaire, ŕ tout le moins les pičces qui se rapportent au projet d'aluminerie. Subsidiairement, elle demande le renvoi de la cause ŕ la Cour des plaintes pour nouvelle décision au sens des considérants. Il n'a pas été demandé de réponse au recours. Considérant en droit : 1. Selon l'art. 109 al. 1 LTF, la cour sičge ŕ trois juges lorsqu'elle refuse d'entrer en matičre sur un recours soumis ŕ l'exigence de l'art. 84 LTF. 1.1. A teneur de cette disposition, le recours est recevable ŕ l'encontre d'un arręt du TPF en matičre d'entraide judiciaire internationale si celui-ci a pour objet la transmission de renseignements concernant le domaine secret. Il doit toutefois s'agir d'un cas particuličrement important (al. 1). Un cas est particuličrement important notamment lorsqu'il y a des raisons de supposer que la procédure ŕ l'étranger viole des principes fondamentaux ou comporte d'autres vices graves (al. 2). Ces motifs d'entrée en matičre ne sont toutefois pas exhaustifs et le Tribunal fédéral peut ętre appelé ŕ intervenir lorsqu'il s'agit de trancher une question juridique de principe ou lorsque l'instance précédente s'est écartée de la jurisprudence suivie jusque-lŕ (ATF 133 IV 215 consid. 1.2 p. 218). En vertu de l'art. 42 al. 2 LTF, il incombe aux recourants de démontrer que les conditions d'entrée en matičre posées ŕ l'art. 84 LTF sont réunies (ATF 133 IV 131 consid. 3 p. 132). 1.2. La présente espčce porte sur la transmission de renseignements touchant le domaine secret. Toutefois, compte tenu de la nature de la transmission envisagée (la documentation portant sur un compte bancaire déterminé) et de l'objet de la procédure étrangčre (des infractions de droit commun, sans connotation fiscale ou politique), le cas ne revęt en soi aucune importance particuličre. 1.3. La recourante tente de démontrer le contraire en prétendant que la Cour des plaintes se serait écartée de la jurisprudence selon laquelle il n'y a pas lieu de transmettre les renseignements que l'autorité étrangčre connaît et qu'elle a expressément renoncé ŕ demander (arręt 1A.228/2006 du 11 septembre 2006). L'arręt attaqué rappelle la portée du principe de la proportionnalité dont découle celui de l'utilité potentielle. Il considčre que l'ayant droit de la recourante, expressément cité dans la demande d'entraide, est associé dans une société apparue dans plusieurs affaires de corruption. Ainsi, si l'autorité requérante a déclaré disposer des renseignements relatifs ŕ cette personne, elle n'a pas expressément déclaré qu'elle renonçait ŕ tous renseignements supplémentaires ŕ son sujet, lesquels pourraient notamment révéler une implication qu'elle ne connaît pas encore. L'arręt attaqué est sur ce point conforme ŕ la pratique constante, et il ne se pose aucune question de principe. 2. Sur le vu de ce qui précčde, le recours est irrecevable. Conformément ŕ l'art. 66 al. 1 LTF, les frais judiciaires sont mis ŕ la charge de la recourante qui succombe. Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce : 1. Le recours est irrecevable. 2. Les frais judiciaires, arrętés ŕ 1'000 fr., sont mis ŕ la charge de la recourante. 3. Le présent arręt est communiqué aux mandataires de la recourante, au Ministčre public de la Confédération, au Tribunal pénal fédéral, Cour des plaintes, et ŕ l'Office fédéral de la justice, Unité Entraide judiciaire. Lausanne, le 10 mars 2016 Au nom de la Ire Cour de droit public du Tribunal fédéral suisse Le Président : Fonjallaz Le Greffier : Kurz