Bundesgericht Tribunal fédéral Tribunale federale Tribunal federal {T 0/2} 4A_601/2015 Arręt du 19 avril 2016 Ire Cour de droit civil Composition Mmes et M. les Juges fédéraux Kiss, présidente, Kolly et Hohl. Greffier : M. Ramelet. Participants ŕ la procédure 1. A.X.________, 2. B.X.________, tous deux représentés par Me Gaspard Couchepin, recourants, contre Z.________ SNC, intimée. Objet contrat d'enseignement, recours contre l'arręt du Tribunal cantonal du canton de Vaud, Chambre des recours civile, du 3 juillet 2015. Faits : A. A.a. Au printemps 2013, les époux A.X.________ et B.X.________ (ci-aprčs: les conjoints ou les défendeurs), ressortissants ukrainiens domiciliés ŕ... (GE) ayant tous deux une formation de juriste, ont pris contact avec V.________, responsable pédagogique et enseignante de la société en nom collectif Z.________ SNC (ci-aprčs: la demanderesse), ŕ... (VD), qui exploite une école pratiquant la pédagogie Z.________. Ils souhaitaient obtenir des renseignements sur l'école en vue d'y inscrire pour l'année scolaire 2013-2014 leur fils C.X.________, né le 4 juillet 2007, qui avait été scolarisé dans une autre école pratiquant cette pédagogie, ŕ Genčve entre 2012 et 2013. V.________ a adressé par la poste aux conjoints une documentation comprenant une plaquette de présentation, un calendrier scolaire, les conditions générales de l'année scolaire 2012-2013 applicables lors de l'inscription d'un enfant au sein de la demanderesse et un bulletin d'inscription; tant les conditions générales que le bulletin d'inscription étaient rédigés en anglais. Les conditions générales précitées, dans leur version française, contiennent la clause suivante: " Résiliation Le départ d'un élčve doit ętre annoncé par lettre ŕ la direction, avant le 15 septembre pour la fin du premier trimestre scolaire 15 décembre pour la fin du deuxičme trimestre scolaire 15 mars pour la fin de l'année. Dčs le 15 avril, toute inscription ou réinscription d'un élčve pour la rentrée de septembre est définitive. Son annulation aprčs le 15 avril entraîne l'obligation de payer l'écolage du premier trimestre de l'année scolaire suivante. Dans tous les cas, le délai de résiliation doit ętre respecté. Męme si l'élčve n'assiste pas aux cours, les montants d'écolage du trimestre en cours et du trimestre suivant sont dus dans leur intégralité ". Il ressort des męmes conditions générales que l'année scolaire comporte dix mois et est divisée en trois trimestres, le premier comprenant les mois de septembre ŕ décembre, le deuxičme les mois de janvier ŕ mars et le troisičme les mois d'avril ŕ juin-juillet. L'écolage est payable en trois versements, soit 5'550 fr. ŕ verser au 15 aoűt, 4'160 fr. ŕ verser au 15 décembre et 4'160 fr. ŕ verser au 15 mars. Les conjoints ont visité l'école de la demanderesse au début mai 2013 en compagnie de V.________. A cette occasion, la question de l'éloignement géographique entre le lieu de l'école et le domicile des défendeurs a été abordée; ces derniers ont estimé qu'il était possible d'effectuer les trajets tous les jours entre... et..., évoquant męme l'éventualité de déménager dans cette derničre ville. V.________ et les défendeurs n'ont pas évoqué le contenu des conditions générales de la demanderesse; la prénommée n'a ainsi pas attiré l'attention des défendeurs sur le fait qu'aprčs l'inscription de leur fils, la renonciation ŕ sa scolarisation au sein de la demanderesse entraînerait des frais, étant donné que la date butoir du 15 avril indiquée dans les conditions générales était déjŕ passée. A.b. Le 8 mai 2013, les conjoints ont inscrit leur fils auprčs de l'école exploitée par la demanderesse pour l'année scolaire 2013-2014 aux cours " primaire premier cycle 1+2+3 "; ils ont signé tous deux le bulletin d'inscription en langue anglaise, indiqué que leur fils prendrait le repas de midi ŕ l'école et opté pour le paiement par trimestre. Par leurs signatures sur le formulaire d'inscription, les défendeurs ont confirmé avoir lu et accepté les conditions générales 2012-2013 de la demanderesse. Par courriel du 20 juin 2013, les conjoints ont résilié l'inscription de leur fils ŕ l'école exploitée par la demanderesse, aux motifs qu'ils avaient trouvé une autre école pratiquant la pédagogie Z.________ ŕ..., soit plus prčs de leur domicile, et que les activités extrascolaires proposées dans la région de... manquaient. Par courriel du 23 juin 2013 rédigé en anglais, le directeur administratif de la demanderesse W.________ leur a répondu que les factures de l'année scolaire avaient déjŕ été envoyées et que s'ils maintenaient leur décision de désinscrire leur fils, il demanderait au service comptable d'établir une nouvelle facture prenant en compte seulement le montant restant dű en application des conditions générales qui leur avaient été remises. Par un nouveau courriel du 27 juin 2013, W.________ a pris note de la décision des conjoints de renoncer ŕ l'inscription de leur fils ŕ l'école Z.________ de... et leur a fait savoir qu'ils étaient débiteurs de la demanderesse, conformément aux conditions générales, de la somme de 5'720 fr. correspondant ŕ l'écolage du premier trimestre selon les tarifs pour l'année scolaire 2013-2014. Le 28 juin 2013, la demanderesse a adressé aux défendeurs une facture d'un montant de 5'720 fr. ŕ payer dans un délai échéant le 15 aoűt 2013, montant ramené ensuite ŕ 5'550 fr. B. Aprčs avoir fait notifier une poursuite ŕ chacun des conjoints, que ces derniers ont frappée d'une opposition, la demanderesse a ouvert action ŕ leur encontre le 20 janvier 2014 devant le Juge de paix du district de la Riviera-Pays-d'Enhaut. Elle a conclu au paiement de la somme de 5'550 fr. plus intéręts ŕ 5% l'an dčs le 15 aoűt 2013, les oppositions aux poursuites étant levées définitivement. Les défendeurs ont conclu au rejet de la demande. Par décision finale du 9 décembre 2014, le Juge de paix a condamné les défendeurs ŕ payer ŕ la demanderesse la somme de 5'550 fr. avec intéręts ŕ 5% l'an dčs le 12 octobre 2013 et levé définitivement les oppositions aux poursuites ŕ due concurrence. Saisie d'un recours limité au droit, la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal vaudois l'a rejeté par arręt du 3 juillet 2015, la décision attaquée étant confirmée. C. Les défendeurs exercent un recours en matičre civile et un recours constitutionnel subsidiaire contre l'arręt cantonal. Dans les deux recours, ils requičrent l'admission du recours, l'annulation de la décision de premičre instance et, ce faisant, que les conclusions de la demande soient entičrement rejetées; ŕ titre subsidiaire, ils sollicitent le renvoi de la cause ŕ la cour cantonale pour nouvelle décision dans le sens des considérants. L'intimée n'a pas été invitée ŕ déposer une réponse. Considérant en droit : 1. S'agissant d'une affaire pécuniaire qui ne porte ni sur le droit du travail ni sur le droit du bail ŕ loyer, le recours en matičre civile n'est recevable que si la valeur litigieuse - déterminée selon le capital réclamé dans les derničres conclusions prises devant l'autorité précédente (art. 51 al. 1 let. a et al. 3 LTF) - s'élčve au moins ŕ 30'000 fr. (art. 74 al. 1 let. b LTF). Les recourants ne disconviennent pas que la valeur litigieuse, qui est de 5'550 fr., n'atteint pas le seuil fixé ŕ l'art. 74 al. 1 let. b LTF. Ils soutiennent que le recours en matičre civile est néanmoins recevable, en raison de l'exception formulée ŕ l'art. 74 al. 2 let. a LTF, la contestation soulevant une question juridique de principe. 1.1. La contestation soulčve une question juridique de principe au sens de la norme susmentionnée s'il est nécessaire, pour résoudre le cas d'espčce, de trancher une question juridique qui donne lieu ŕ une incertitude caractérisée, laquelle appelle de maničre pressante un éclaircissement de la part du Tribunal fédéral, en tant qu'autorité judiciaire supręme chargée de dégager une interprétation uniforme du droit fédéral (arręt 4A_24/2015 du 28 septembre 2015 consid. 1.2, non publié in ATF 141 III 418; ATF 135 III 397 consid. 1.2 p. 399). Il incombe au recourant qui se prévaut de cette disposition d'expliquer de maničre précise en quoi la contestation soulčverait une question juridique de principe (art. 42 al. 2, 2čme phrase, LTF; ATF 139 III 209 consid. 1.2 p. 210; 133 III 439 consid. 2.2.2.1). La notion de question juridique de principe doit ętre interprétée de maničre restrictive (ATF 135 III 397 consid. 1.2 p. 399; 134 III 115 consid. 1.2 p. 117). 1.2. Les recourants soutiennent que l'examen de la compatibilité d'une clause pénale avec un contrat d'enseignement soulčve une question juridique de principe, qui donne lieu ŕ des controverses au niveau cantonal, singuličrement dans le canton de Vaud. 1.2.1. Les parties ne remettent pas en cause qu'elles ont conclu un contrat d'enseignement (Unterrichtsvertrag), que le Tribunal fédéral qualifie de contrat mixte auquel les rčgles du mandat sont en principe applicables, et en particulier l'art. 404 CO qui a trait au pouvoir pour chaque partie de résilier unilatéralement le mandat (arręts 4A_141/2011 du 6 juillet 2011 consid. 2.2; 4A_237/2008 du 29 juillet 2008 consid. 3.2; AMSTUTZ/MORIN, in Basler Kommentar, Obligationenrecht, vol. I, 6e éd. 2015, n° 372 ad Einl. vor Art. 184 ss CO). L'art. 404 al. 2 CO prévoit que la partie qui révoque ou répudie le contrat en temps inopportun doit indemniser l'autre du dommage qu'elle lui cause. Pour que cette disposition soit applicable, il faut en particulier que le mandataire n'ait fourni ŕ son cocontractant aucun motif sérieux de résilier. La résiliation intervient sans motif sérieux si l'on ne discerne pas de circonstances qui soient de nature, d'un point de vue objectif, ŕ rendre insupportable la continuation du contrat, en particulier ŕ rompre le rapport de confiance avec le cocontractant (cf. ATF 134 II 297 consid. 5.2 p. 306; arręt 4A_36/2013 du 4 juin 2013 consid. 2.5). Il a déjŕ été jugé qu'un contrat d'enseignement est résilié en temps inopportun au sens de l'art. 404 al. 2 CO si la résiliation a lieu au milieu d'un semestre (arręt 4A_141/2011déjŕ cité, consid. 2.4). En l'espčce, les recourants se sont départis du contrat d'enseignement non au milieu d'un semestre, mais aprčs le terme butoir fixé par les conditions générales de la demanderesse pour l'inscription d'un élčve ŕ une nouvelle année scolaire. Il n'est pas remis en cause que les défendeurs ont eu connaissance desdites conditions générales, qui leur ont été remises dans leur version anglaise, ainsi qu'ils l'avaient souhaité. Ces derniers ont résilié le contrat en cause aux motifs qu'ils avaient trouvé une école pratiquant la męme pédagogie se trouvant plus prčs de leur domicile et que la région de... manquait d'activités parascolaires. Ces motifs ne sauraient ętre considérés comme sérieux. Avant d'inscrire leur enfant auprčs de l'intimée, les recourants avaient déclaré ŕ la responsable pédagogique qu'il était possible d'effectuer tous les jours les trajets entre leur domicile et l'école, évoquant męme l'éventualité de déménager. S'ils ont changé d'avis aprčs coup, ce n'est que par pure convenance personnelle, aprčs s'ętre peut-ętre rendu compte de l'importance du trafic dans l'arc lémanique. Quant ŕ la prétendue faible offre d'activités parascolaires dans la région de..., elle ne repose sur aucun élément établi résultant du dossier. Il appert ainsi que le contrat d'enseignement a été résilié en temps inopportun dans le sens de l'art. 404 al. 2 CO. 1.2.2. Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, il est admissible de prévoir une clause pénale pour le cas oů un mandat est résilié en temps inopportun tel que l'entend l'art. 404 al. 2 CO (cf. ATF 110 II 380 consid. 3a p. 383; 109 II 462 consid. 4 p. 467 ss; arręt 4A_141/2011 déjŕ cité, consid. 2.4). Il appert ainsi que le problčme de droit évoqué fait l'objet d'une jurisprudence fermement établie. Quoi qu'en pensent les recourants, il importe peu que des décisions cantonales aient pu s'écarter de celle-ci. Il suit de lŕ que le présent recours ne pose en rien une question juridique de principe au sens de l'art. 74 al. 2 let. a LTF, en sorte que le recours en matičre civile doit ętre déclaré irrecevable, ŕ défaut d'atteindre la valeur litigieuse exigée par l'art. 74 al. 1 let. b LTF. 2. Dirigé contre un arręt final (art. 90 LTF applicable par renvoi de l'art. 117 LTF) rendu par une autorité cantonale de derničre instance (art. 75 LTF par renvoi de l'art. 114 LTF), le recours constitutionnel a été déposé en temps utile (art. 117 et 100 al. 1 LTF) par une partie ŕ la procédure cantonale disposant d'un intéręt juridique ŕ l'annulation ou ŕ la modification de cette décision (art. 115 LTF). Il est donc en principe recevable. Le recours constitutionnel subsidiaire peut ętre formé pour violation des droits constitutionnels (art. 116 LTF). Le Tribunal fédéral n'examine toutefois la violation des droits fondamentaux que si ce grief a été invoqué et motivé par la partie recourante conformément ŕ l'art. 106 al. 2 LTF, applicable par renvoi de l'art. 117 LTF, c'est-ŕ-dire selon le principe d'allégation (cf. ATF 133 II 249 consid. 1.4.2 p. 254). En application de ce principe, la partie recourante ne peut, singuličrement dans un recours pour arbitraire fondé sur l'art. 9 Cst., se contenter de critiquer l'arręt attaqué comme elle le ferait dans une procédure de recours en matičre civile oů l'autorité de recours peut revoir librement l'application du droit matériel. Elle doit au contraire préciser en quoi cet arręt serait arbitraire (cf. ATF 134 I 263 consid. 3.1 p. 265 s.; 133 II 396 consid. 3.1 p. 399 s. et la jurisprudence citée). Le Tribunal fédéral statue sur la base des faits établis par l'autorité précédente (art. 118 al. 1 LTF). Il peut néanmoins rectifier ou compléter les constatations de l'autorité précédente si les faits ont été établis en violation d'un droit constitutionnel (art. 118 al. 2 LTF en relation avec l'art. 116 LTF), ce que la partie recourante doit démontrer d'une maničre circonstanciée et précise, conformément aux exigences de motivation posées ŕ l'art. 106 al. 2 LTF (applicable par renvoi de l'art. 117 LTF; cf. ATF 133 III 439 consid. 3.2. p. 444 s.). 2.1. 2.1.1. Les recourants affirment que la cour cantonale a appliqué arbitrairement les art. 404 CO et 20 CO en considérant, implicitement, que la clause de résiliation des conditions générales de l'intimée est une peine conventionnelle, laquelle serait compatible avec la résiliation en tout temps du mandat instaurée par l'art. 404 al. 1 CO. A les en croire, cette clause serait illicite, du moment qu'elle constitue une restriction au droit de libre résiliation du mandat. 2.1.2. Comme on l'a vu au considérant 1.2.2 ci-dessus, la jurisprudence reconnaît aux parties contractantes la faculté de prévoir que celui qui résilie le mandat en temps inopportun - hypothčse réalisée en l'espčce - devra s'acquitter envers l'autre d'une peine conventionnelle. Cette considération vide le grief de toute sa consistance. 2.2. 2.2.1. Pour les recourants, l'autorité cantonale aurait fait une application indéfendable des art. 1 CO et 18 CO en n'admettant pas que la clause de résiliation contenue dans les conditions générales de la demanderesse est une clause insolite aboutissant ŕ un résultat choquant. Selon eux, puisqu'ils ne pouvaient retirer sans frais l'inscription de leur enfant aprčs avoir signé l'inscription postérieurement au 15 avril 2013, l'intimée aurait dű spécialement attirer leur attention sur le caractčre définitif d'une telle inscription. 2.2.2. La cour cantonale a jugé que la clause litigieuse n'est pas une clause insolite, car elle ne modifie pas de maničre essentielle la nature de l'affaire et ne sort pas du cadre légal du contrat d'enseignement. De plus, les recourants, tous deux juristes de formation, ne peuvent ętre considérés comme des personnes inexpérimentées. 2.2.3. Selon la jurisprudence, sont soustraites de l'adhésion censée donnée globalement ŕ des conditions générales toutes les clauses insolites sur lesquelles l'attention de la partie la plus faible ou la moins expérimentée en affaires n'a pas été spécialement attirée. Le caractčre insolite d'une clause se détermine d'aprčs la perception de celui qui l'accepte au moment de la conclusion du contrat. La rčgle dite de l'insolite ne trouve application que si, hormis la condition subjective du défaut d'expérience du domaine concerné, la clause a objectivement un contenu qui déroge ŕ la nature de l'affaire. C'est le cas si la clause conduit ŕ un changement essentiel du caractčre du contrat ou si elle s'écarte de maničre importante du cadre légal du type de contrat concerné. Plus une clause porte préjudice ŕ la position juridique du partenaire contractuel, plus elle doit ętre qualifiée d'insolite (ATF 138 III 411 consid. 3.1 p. 412 s.; 135 III 1 consid. 2.1 p. 7, 225 consid. 1.3 p. 227 s.). Il n'est en tout cas pas arbitraire d'admettre, avec l'autorité cantonale, que les recourants, qui ont chacun de leur côté achevé des études juridiques, ne peuvent ętre assimilés, par rapport aux associés de la société en nom collectif intimée exploitant une école, ŕ la partie la plus faible du rapport contractuel. En outre, ŕ teneur de l'art. 404 al. 2 CO, la résiliation du mandat qui intervient en temps inopportun fonde expressément le droit de l'autre partie ŕ ętre indemnisée. La clause incriminée des conditions générales, qui ne fait que reprendre le principe découlant du systčme légal, ne peut ainsi constituer une clause insolite, étant rappelé qu'il est présumé que nul n'est censé ignorer la loi (cf. arręt 4A_189/2009 du 13 juillet 2009 consid. 3.2.2). 2.3. 2.3.1. Les recourants prétendent enfin que la cour cantonale a violé leur droit d'ętre entendus ancré ŕ l'art. 29 al. 2 Cst. en laissant ouverte la qualification de la clause de résiliation des conditions générales. Ils lui reprochent de ne s'ętre pas prononcée sur leurs arguments. 2.3.2. La Chambre des recours civile a jugé qu'il n'était pas nécessaire de déterminer si cette clause constituait la fixation forfaitaire d'un dommage ou une peine conventionnelle dčs lors qu'elle n'apparaissait nullement excessive. 2.3.3. Le droit d'ętre entendu consacré ŕ l'art. 29 al. 2 Cst. implique notamment l'obligation pour le juge de motiver sa décision, afin que le justiciable puisse la comprendre, la contester utilement s'il y a lieu et que l'autorité de recours puisse exercer son contrôle. Il suffit cependant, selon la jurisprudence, que le juge mentionne, au moins bričvement, les motifs qui l'ont guidé et sur lesquels il a fondé sa décision; il n'est toutefois pas tenu d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqués par les parties. Il n'y a violation du droit d'ętre entendu que si l'autorité ne satisfait pas ŕ son devoir minimum d'examiner et de traiter les problčmes pertinents (ATF 134 I 83 consid. 4.1; 133 III 439 consid. 3.3). In casu, on discerne clairement les motifs qui ont guidé l'opinion des juges cantonaux. L'art. 163 al. 3 CO prévoit la réduction judiciaire des peines conventionnelles excessives. Il est admis qu'une réduction du dommage fixé forfaitairement dans une clause contractuelle est également possible, par application analogique de l'art. 163 al. CO, quand le montant du dommage effectif est sensiblement inférieur au montant forfaitaire (MOOSER, in Commentaire romand, Code des obligations, vol. I, 2e éd. 2012, n° 4 ad art. 160 CO et la note de bas de page 18; EHRAT/WIDMER, in Basler Kommentar, op. cit., n° 12 ad art. 160 CO). Puisque tant la quotité de la clause pénale que l'indemnité fixant forfaitairement le préjudice peuvent ętre réduites par le juge s'il les estime excessives, la cour cantonale pouvait laisser la qualification indécise. Le droit ŕ une décision motivée a été respecté. On peut ajouter que les recourants ont eux-męmes prétendu dans leur mémoire de recours (cf. p. 5 let. B) que la clause incriminée avait été qualifiée, de maničre implicite, de clause pénale. 3. Il suit de lŕ que le recours constitutionnel subsidiaire doit ętre rejeté. Les frais doivent ętre mis solidairement ŕ la charge des recourants qui succombent (art. 66 al. 1 et 5 LTF). Il n'y a pas lieu d'allouer des dépens ŕ l'intimée, qui n'a pas été invitée ŕ procéder. Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce : 1. Le recours en matičre civile est irrecevable. 2. Le recours constitutionnel subsidiaire est rejeté. 3. Les frais judiciaires, arrętés ŕ 1'000 fr., sont mis solidairement ŕ la charge des recourants. 4. Il n'est pas alloué de dépens. 5. Le présent arręt est communiqué aux parties et au Tribunal cantonal du canton de Vaud, Chambre des recours civile. Lausanne, le 19 avril 2016 Au nom de la Ire Cour de droit civil du Tribunal fédéral suisse La Présidente : Kiss Le Greffier : Ramelet