Bundesgericht Tribunal fédéral Tribunale federale Tribunal federal {T 0/2} 5A_56/2013 Arręt du 13 juin 2013 IIe Cour de droit civil Composition M. le Juge fédéral von Werdt, Président. Greffičre: Mme Achtari. Participants ŕ la procédure B.________ SA, représentée par Me François Bellanger, avocat, recourante, contre X.________ SA, représentée par Me Alexandre de Weck, avocat, intimée. Objet effet suspensif (mainlevée définitive de l'opposition), recours contre la décision de la Cour de justice du canton de Genčve, Chambre civile, du 18 décembre 2012. Faits: A. A.a. Le 31 mars 2011, ratifiant l'accord auquel les parties étaient parvenues, le Tribunal arbitral de la Chambre de commerce de Zurich, saisi du litige conformément ŕ une clause d'arbitrage prévue dans des contrats de garantie, a condamné B.________ SA et A.________ SA, conjointement et solidairement, ŕ payer ŕ X.________ SA (ci-aprčs: X.________) la somme de xxxx fr., selon un échéancier. A.b. Le 11 juillet 2012, X.________ a fait notifier ŕ B.________ par l'office des poursuites de Genčve un commandement de payer, poursuite n° xxxx, le montant de xxxx fr. avec intéręts ŕ 2,9% dčs le 12 avril 2012, le montant de xxxx fr. (représentant les intéręts ŕ 2,9% sur xxxx fr. du 31 mars 2011 au 11 avril 2012), ainsi que les frais de poursuites. La poursuivie a fait opposition. B. B.a. Statuant sur requęte de X.________, le Tribunal de premičre instance de Genčve a, par jugement du 29 novembre 2012, prononcé la mainlevée définitive de l'opposition. B.b. La poursuivie a interjeté un recours contre ce jugement auprčs de la Cour de justice du canton de Genčve, concluant au rejet de la requęte de mainlevée définitive de l'opposition. Elle a également requis la suspension du caractčre exécutoire de la décision attaquée, au sens de l'art. 325 al. 2 CPC, au motif qu'elle était exposée ŕ un préjudice irréparable, l'intimée pouvant requérir la continuation de la poursuite et ouvrir ainsi "un processus de faillite", sur la base d'une sentence qui sera ensuite déclarée non exécutoire par l'autorité cantonale. Elle a ajouté que la production de pičces nouvelles par l'intimée pour tenter de motiver le rejet de la requęte devra ętre déclarée irrecevable, conformément ŕ l'art. 326 al. 1 CPC, notamment la production éventuelle du Rčglement d'arbitrage de Zurich, lequel n'avait pas été produit et n'était pas un fait notoire. B.c. Par décision du 18 décembre 2012, l'autorité cantonale a rejeté la requęte de suspension au vu des faibles chances de succčs du recours, de l'art. 38 § 3 du rčglement d'arbitrage de la Chambre de commerce de Zurich applicable ŕ l'arbitrage du cas d'espčce et du caractčre déclaratoire de la déclaration de force exécutoire de l'art. 44 du Concordat sur l'arbitrage du 27 mars 1969. C. Par acte du 18 janvier 2013, la poursuivie a exercé un recours en matičre civile contre cette décision. Elle a conclu, principalement, ŕ sa réforme, en ce sens que la suspension immédiate de la force exécutoire du jugement rendu par le Tribunal de premičre instance de Genčve soit prononcée sur tous les points de son dispositif, et, subsidiairement, ŕ son annulation et au renvoi de la cause ŕ l'autorité cantonale pour qu'elle statue ŕ nouveau. En substance, elle a invoqué la violation de son droit d'ętre entendue (art. 29 al. 2 Cst.) et celle du droit ŕ un procčs équitable (art. 6 § 1 CEDH). D. Par arręt du 14 mars 2013, communiqué aux parties par plis recommandés du 19 mars 2013, la Cour de justice du canton de Genčve a statué sur le fond de la cause en admettant le recours de la poursuivie, au motif que la sentence arbitrale lui avait été notifiée de maničre irréguličre. E. Par courrier du 27 mai 2013, la recourante a requis du Tribunal fédéral de rayer la cause du rôle sans frais, la procédure étant devenue sans objet, faute pour la poursuivante d'avoir interjeté un recours auprčs de lui dans le délai. Elle a également requis la restitution de l'avance de frais de 10'000 fr. Invitée ŕ se déterminer sur la requęte tendant ŕ faire rayer la cause du rôle, l'intimée s'en est remise ŕ la justice. Considérant en droit: 1. Le Tribunal fédéral n'entre pas en matičre sur le recours et le déclare irrecevable lorsque l'intéręt au recours fait défaut au moment du dépôt de celui-ci; en revanche, si cet intéręt disparaît en cours de procédure, le litige est déclaré sans objet et la cause est rayée du rôle. Dans la premičre hypothčse, le Tribunal fédéral statue en procédure ordinaire (art. 57 ss LTF) ou simplifiée (art. 108 ss LTF); dans la seconde, le juge instructeur statue comme juge unique sur la radiation du rôle, sans qu'un jugement d'irrecevabilité soit rendu (art. 32 al. 2 LTF; ATF 136 III 497 consid. 2). L'art. 32 al. 2 LTF vise les cas dans lesquels la disparition de l'intéręt au recours est relativement claire, de sorte qu'il ne reste gučre matičre ŕ décision (cf. Message concernant la révision totale de l'organisation judiciaire fédérale du 28 février 2001, in FF 2001 p. 4089; arręts 5A_554/2012 du 14 décembre 2012 consid. 1; 5A_489/2011 du 29 aoűt 2011 consid. 2; 1B_271/2010 consid. 2.3). Tel est le cas en l'espčce au vu de l'objet du recours. 2. 2.1. Selon l'art. 76 al. 1 LTF, a qualité pour former un recours en matičre civile quiconque a pris part ŕ la procédure devant l'autorité précédente ou a été privé de la possibilité de le faire (let. a) et est particuličrement touché par la décision attaquée et a un intéręt digne de protection ŕ son annulation ou sa modification (let. b). Il incombe au recourant d'alléguer les faits qu'il considčre comme propres ŕ fonder sa qualité pour recourir au Tribunal fédéral selon l'art. 76 LTF, lorsqu'ils ne ressortent pas ŕ l'évidence de la décision attaquée ou du dossier de la cause (ATF 133 II 353 consid. 1; 138 III 537 consid. 1.2). L'intéręt digne de protection consiste en l'utilité pratique que l'admission du recours apporterait au recourant en lui évitant de subir un préjudice de nature économique, idéale, matérielle ou autre que la décision attaquée lui occasionnerait (ATF 138 III 537 consid. 1.2.2 et les références). L'intéręt ŕ recourir doit ętre actuel. Il ne doit pas avoir disparu en raison de faits nouveaux. Le Tribunal fédéral renonce exceptionnellement ŕ l'exigence d'un intéręt actuel si la situation qui a donné lieu aux griefs invoqués est susceptible de se répéter ŕ n'importe quel moment de maničre ŕ rendre pour ainsi dire impossible un contrôle judiciaire en temps opportun dans un cas concret (intéręt dit Ťvirtuelť; ATF 136 III 497 consid. 1.1 et les références; 129 I 113 consid. 1.7). L'intéręt ŕ recourir doit en outre ętre personnel, en ce sens qu'il n'est, sauf exceptions non réalisées en l'espčce, pas admis d'agir en justice pour faire valoir non pas son propre intéręt mais l'intéręt de tiers, voire męme l'intéręt général ( KATHRIN KLETT, in Basler Kommentar, Bundesgerichtsgesetz, 2 čme éd., 2011, n° 4 s. ad art. 76 LTF). 2.2. En l'espčce, la décision entreprise portait uniquement sur l'effet suspensif durant la procédure de recours cantonale. Dans la mesure oů la décision au fond a été rendue, la recourante n'a plus d'intéręt digne de protection ŕ recourir contre la décision incidente, de sorte que la cause, devenue sans objet, doit ętre rayée du rôle. 3. 3.1. 3.1.1. Aux termes de l'art. 72 PCF, applicable en vertu du renvoi de l'art. 71 LTF, lorsqu'un procčs devient sans objet, le Tribunal fédéral statue sur les frais du procčs par une décision sommairement motivée, en tenant compte de l'état de choses existant avant le fait qui met fin au litige. Le Tribunal fédéral doit commencer par déterminer l'issue probable du litige. S'il n'est pas en mesure de le faire sur le vu du dossier, il doit appliquer les principes généraux du droit de procédure, lesquels commandent de mettre les frais et dépens ŕ la charge de la partie qui a provoqué la procédure devenue sans objet ou chez qui résident les motifs pour lesquels elle a pris fin de la sorte (ATF 118 Ia 488 consid. 4a; arręt 1B_271/2010 du 20 novembre 2010 consid. 2.5). 3.1.2. Conformément ŕ l'art. 112 al. 1 LTF, les décisions qui peuvent faire l'objet d'un recours devant le Tribunal fédéral sont notifiées par écrit et elles doivent contenir "les motifs déterminants de fait et de droit" (let. b). Ce n'est que si ces conditions sont remplies que le Tribunal fédéral peut vérifier si le droit a été appliqué correctement dans le cas concret (ATF 135 II 245 consid. 8.2; arręt 5A_524/2010 du 9 février 2011 consid. 3.3). Si une décision attaquée ne satisfait pas ŕ ces exigences, le Tribunal fédéral peut soit la renvoyer ŕ l'autorité cantonale en invitant celle-ci ŕ la parfaire, soit l'annuler (art. 112 al. 3 LTF). 3.2. En l'espčce, l'autorité cantonale s'est bornée ŕ refuser la requęte d'effet suspensif "vu les faibles chances de succčs du recours", en renvoyant seulement ŕ l'art. 38 § 3 du rčglement d'arbitrage de la Chambre de commerce de Zurich et ŕ l'art. 44 CIA, mais sans préciser les motifs de sa subsomption, ce qui paraît insuffisant au regard de l'art. 112 al. 1 let. b LTF, violation que le Tribunal fédéral peut examiner d'office (cf. art. 106 al. 1 LTF). Néanmoins, au vu de la décision rendue au fond, un renvoi de la décision attaquée ŕ l'autorité cantonale en application de l'art. 112 al. 3 LTF ne se justifie plus. Au vu de ces circonstances, il y a lieu de renoncer ŕ percevoir des frais judiciaires (art. 66 al. 1 2 čme phr. LTF) et de compenser les dépens (art. 68 al. 1 LTF). Par ces motifs, le Président prononce: 1. La cause 5A_56/2013 est rayée du rôle. 2. Il n'est pas perçu de frais judiciaires. 3. Les dépens sont compensés. 4. Le présent arręt est communiqué aux parties et ŕ la Cour de justice du canton de Genčve, Chambre civile. Lausanne, le 13 juin 2013 Au nom de la IIe Cour de droit civil du Tribunal fédéral suisse Le Président: von Werdt La Greffičre: Achtari