Bundesgericht Tribunal fédéral Tribunale federale Tribunal federal {T 0/2} 5A_807/2015 Arręt du 7 mars 2016 IIe Cour de droit civil Composition MM. les Juges fédéraux von Werdt, Président, Herrmann et Bovey. Greffičre : Mme Mairot. Participants ŕ la procédure A.________, représenté par Me Agrippino Renda, avocat, recourant, contre B.________, intimée. Objet mesures protectrices de l'union conjugale, recours contre l'arręt de la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Genčve du 28 aoűt 2015. Faits : A. A.a. A.________, né en 1977, de nationalité italienne, et B.________, née en 1979, ressortissante suisse et italienne, se sont mariés en 2003 ŕ U.________ (GE), sans conclure de contrat de mariage. Deux enfants sont issus de cette union: C.________, né en 2005, et D.________, né en 2007. Les conjoints vivent séparés depuis le 28 janvier 2013, date ŕ laquelle l'épouse a quitté le domicile conjugal avec les enfants. A.b. Par jugement du 5 février 2015, le Tribunal de premičre instance du canton de Genčve, statuant sur mesures protectrices de l'union conjugale, a, notamment, autorisé les époux ŕ vivre séparés (ch. 1 du dispositif), attribué le domicile conjugal au mari (ch. 2), ordonné une garde alternée des enfants, du lundi matin au mercredi ŕ 18h00 auprčs de leur mčre et du mercredi ŕ 18h00 au vendredi matin auprčs de leur pčre, un week-end sur deux du vendredi soir au lundi, ainsi que durant la moitié des vacances scolaires (ch. 3), le domicile légal des enfants étant chez leur mčre (ch. 4), condamné le mari ŕ s'acquitter de la part de la prime d'assurance-maladie de l'épouse non prise en charge par l'employeur de celui-ci, les frais médicaux non remboursés, les primes d'assurance-vie, les frais extra-scolaires, les frais de "parascolaires", de cuisines scolaires et de transport (ch. 6), et dit que le pčre conservait, dčs le 1er février 2015, l'intégralité des allocations familiales (ch. 7). Les parties ont été déboutées de toutes autres conclusions (ch. 12). B. Par arręt du 28 aoűt 2015, la Cour de justice du canton de Genčve, statuant sur appel de chacune des parties, a confirmé les chiffres 3 et 6 du dispositif du jugement de premičre instance, étant précisé que les primes d'assurance-vie visées par le chiffre 6 ne comprennent pas celles relatives au contrat conclu par l'épouse. L'autorité cantonale a en outre annulé les chiffres 7 et 12 du dispositif de ce jugement et, statuant ŕ nouveau, a condamné le mari ŕ verser ŕ l'épouse la somme de 3'600 fr. ŕ titre d'arriérés d'allocations familiales pour la période de février 2013 ŕ janvier 2014, et, en tant que de besoin, la moitié des allocations familiales perçues dčs cette date, enfin, dit que lesdites allocations seront versées en mains de chaque partie pour moitié. C. Par acte du 9 octobre 2015, le mari exerce un recours en matičre civile au Tribunal fédéral contre l'arręt du 28 aoűt 2015. Il conclut, principalement, ŕ ce que soit ordonnée l'audition de E.________, et ŕ ce que l'intimée soit condamnée ŕ lui verser, dčs le 1er février 2013, des contributions d'entretien de 300 fr. par mois pour chacun des enfants, allocations familiales non comprises, et de 420 fr. par mois en sa faveur, ce dernier montant étant augmenté ŕ 570 fr. par mois dčs le 1er février 2014. Il demande en outre au Tribunal fédéral de dire que les contributions qu'il a versées ŕ l'intimée depuis la séparation du couple seront portées en déduction de toute somme due théoriquement ŕ celle-ci. Subsidiairement, il demande le renvoi de la cause ŕ l'autorité cantonale pour nouvelle décision dans le sens des considérants et, plus subsidiairement, requiert d'ętre acheminé ŕ prouver par toutes voies de droit les allégués de son écriture. Des observations sur le fond n'ont pas été requises. D. Par ordonnance du 8 décembre 2015, le Président de la cour de céans a accordé l'effet suspensif au recours pour les arriérés d'allocations et les allocations familiales dues ŕ l'épouse jusqu'ŕ la fin du mois de septembre 2015, mais l'a refusé pour les montants dus ŕ ce titre ŕ partir du 1er octobre 2015. Considérant en droit : 1. 1.1. Le présent recours a été interjeté en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) et dans la forme légale (art. 42 LTF), contre une décision finale (art. 90 LTF; ATF 134 III 426 consid. 2.2; 133 III 393 consid. 4) prise en matičre civile (art. 72 al. 1 LTF) par l'autorité supérieure du canton statuant en derničre instance et sur recours (art. 75 al. 1 et 2 LTF). Le litige porte sur une affaire pécuniaire dont la valeur litigieuse requise est atteinte (art. 51 al. 1 et 4, 74 al. 1 let. b LTF). Le recourant a en outre qualité pour recourir (art. 76 al. 1 let. a et b LTF). 1.2. Les conclusions du recourant tendant au versement, par l'intimée, de contributions ŕ son entretien et ŕ celui de ses enfants sont irrecevables, faute de toute motivation (art. 42 LTF). 1.3. Des mesures probatoires devant le Tribunal fédéral ne sont qu'exceptionnellement ordonnées dans une procédure de recours (ATF 136 II 101 consid. 2), dčs lors que le Tribunal fédéral conduit en principe son raisonnement juridique sur la base des faits établis par l'autorité précédente (cf. infra consid. 1.5). Le recourant requiert l'audition d'un témoin et, plus généralement, d'ętre acheminé ŕ prouver les allégués de son recours. Il ne sera pas donné suite ŕ ces requętes en l'absence d'élément dont on puisse inférer des circonstances exceptionnelles justifiant une mesure d'instruction devant la cour de céans, circonstances dont le recourant ne démontre par ailleurs nullement l'existence. Ses conclusions ŕ cet égard sont par conséquent irrecevables. 1.4. Comme la décision attaquée porte sur des mesures protectrices de l'union conjugale (art. 172 ŕ 179 CC), lesquelles sont considérées comme des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 133 III 393 consid. 5.1, 585 consid. 3.3), seule peut ętre dénoncée la violation de droits constitutionnels. Le Tribunal fédéral n'examine de tels griefs que s'ils ont été invoqués et motivés ("principe d'allégation", art. 106 al. 2 LTF), ŕ savoir expressément soulevés et exposés de maničre claire et détaillée (ATF 139 I 22 consid. 2.2; 137 III 580 consid. 1.3; 135 III 232 consid. 1.2; 134 I 83 consid. 3.2 et les arręts cités). Le recourant qui se plaint de la violation d'un droit fondamental ne peut donc se borner ŕ critiquer la décision attaquée comme il le ferait en instance d'appel, oů l'autorité de recours jouit d'une libre cognition; il ne peut, en particulier, se contenter d'opposer sa thčse ŕ celle de l'autorité cantonale, mais doit démontrer ses allégations par une argumentation précise (ATF 134 II 349 consid. 3; 133 II 396 consid. 3.2). Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 140 II 264 consid. 2.3; 139 II 404 consid. 10.1 et les arręts cités). 1.5. Le Tribunal fédéral statue sur la base des faits établis par l'autorité précédente (art. 105 al. 1 LTF). Dans l'hypothčse d'un recours soumis ŕ l'art. 98 LTF, une rectification ou un complčtement de l'état de fait n'entre en considération que si l'autorité précédente a violé des droits constitutionnels, les art. 95, 97 et 105 al. 2 LTF ne s'appliquant pas directement (ATF 133 III 393 consid. 7.1, 585 consid. 4.1). Toutefois, l'application de l'art. 9 Cst. aboutit pratiquement au męme résultat: le Tribunal fédéral ne corrige les constatations de fait que si elles sont arbitraires et ont une influence sur le résultat de la décision. Le Tribunal fédéral se montre réservé en matičre de constatation des faits et d'appréciation des preuves, vu le large pouvoir qu'il reconnaît dans ce domaine aux autorités cantonales (ATF 120 Ia 31 consid. 4b; 104 Ia 381 consid. 9 et les arręts cités). Il n'intervient, du chef de l'art. 9 Cst., que si le juge du fait n'a manifestement pas compris le sens et la portée d'un moyen de preuve, a omis sans motifs objectifs de tenir compte de preuves pertinentes ou a opéré, sur la base des éléments recueillis, des déductions insoutenables (ATF 140 III 264 consid. 2.3; 137 I 58 consid. 4.1.2; 137 III 226 consid. 4.2). Cette retenue est d'autant plus grande lorsque, comme ici, le juge n'examine la cause que d'une maničre sommaire et provisoire (ATF 130 III 321 consid. 3.3). 2. Le recourant soutient que l'autorité cantonale a violé son droit d'ętre entendu et arbitrairement apprécié les charges incompressibles de l'intimée en refusant de donner suite ŕ sa requęte d'audition de E.________, qui vivrait en ménage commun avec elle depuis le mois de février 2013 et partagerait ainsi assurément les frais fixes de celle-ci. 2.1. Lorsque le recourant soutient que les faits ont été constatés de façon manifestement inexacte, il doit rendre vraisemblable que la décision attaquée aurait été différente si les faits avaient été établis de maničre conforme au droit (art. 97 al. 1 in fine LTF; ATF 134 V 53 consid. 3.4); cette exigence vaut également lorsqu'il se plaint d'une violation de son droit d'ętre entendu en relation avec l'établissement des faits (ATF 137 II 122 consid. 3.7; arręts 1C_268/2015 du 9 février 2016 consid. 3.2; 5A_270/2012 du 24 septembre 2012 consid. 6; 5A_634/2010 du 7 janvier 2011 consid. 4.2; 9C_1001/2009 du 15 avril 2010 consid. 3.2; 8C_224/2009 du 27 juillet 2009 consid. 3.3.2). En l'espčce, le recourant n'expose pas clairement en quoi le fait de retenir, dans les charges de l'intimée, la totalité de ses frais incompressibles et non la moitié, serait susceptible d'influer sur le sort de la cause. La question peut toutefois rester indécise, le grief devant de toute maničre ętre rejeté pour le motif suivant. 2.2. Le droit d'ętre entendu, tel qu'il est garanti par l'art. 29 al. 2 Cst., comprend notamment le droit pour l'intéressé de produire des preuves pertinentes, d'obtenir qu'il soit donné suite ŕ ses offres de preuves pertinentes, de participer ŕ l'administration des preuves essentielles ou ŕ tout le moins de s'exprimer sur son résultat, lorsque cela est de nature ŕ influer sur la décision ŕ rendre (ATF 140 I 60 consid. 3.3, 285 consid. 6.3.1; 139 II 489 consid. 3.3). Le juge est cependant autorisé ŕ effectuer une appréciation anticipée des preuves déjŕ disponibles et, s'il peut admettre de façon exempte d'arbitraire qu'une preuve supplémentaire offerte par une partie serait impropre ŕ ébranler sa conviction, refuser d'administrer cette preuve (ATF 140 I 285 consid. 6.3; 138 III 374 consid. 4.3.2; 136 I 229 consid. 5.3; 134 I 140 consid. 5.3). Il n'en va pas différemment lorsque, comme ici (art. 55 al. 2, 272 et 296 al. 1 CPC), le procčs est soumis ŕ la maxime inquisitoire (ATF 130 III 734 consid. 2.2.3 et les arręts cités). Les mesures protectrices de l'union conjugale sont ordonnées ŕ la suite d'une procédure sommaire avec administration restreinte des moyens de preuve et limitation du degré de la preuve ŕ la simple vraisemblance. Il n'y a pas de violation du droit ŕ la preuve (art. 29 al. 2 Cst.) lorsque le juge parvient ŕ se former une conviction de la vraisemblance des faits en se fondant sur les preuves administrées (arręts 5A_882/2015 du 25 novembre 2015 consid. 6.1; 5A_265/2015 du 22 septembre 2015 consid. 2.2.2; 5A_661/2011 du 10 février 2012 consid. 2.3). 2.3. En l'occurrence, l'autorité cantonale a renoncé ŕ citer E.________ comme témoin pour les motifs suivants. Considérant que le premier juge avait ŕ juste titre nié toute communauté de vie stable entre lui et l'épouse en se référant aux inscriptions auprčs de l'Office cantonal de la population et aux dénégations de l'intéressée, les juges précédents ont en outre estimé qu'aucun élément ne rendait vraisemblable qu'il contribuât aux charges fixes de celle-ci, le fait qu'il entretiendrait une relation stable avec elle n'impliquant pas une telle conclusion. Il s'imposait également de renoncer ŕ citer ce témoin au regard des liens allégués entre lui et l'épouse. Il appert ainsi que l'autorité cantonale a procédé ŕ une appréciation anticipée des preuves pour refuser l'audition requise, procédé qui ne viole pas le droit d'ętre entendu (cf. supra consid. 2.2). Or, le recourant n'établit pas que cette appréciation serait insoutenable (cf. sur cette forme d'arbitraire: ATF 136 III 552 consid. 4.2 et les arręts cités). Il se borne ŕ soutenir, en substance, qu'il n'a cessé d'alléguer, depuis le début de la procédure, que l'intimée vivait en ménage commun avec son compagnon, que le domicile légal de ce dernier était fictif et qu'il partageait par conséquent les dépenses courantes de l'intimée. En outre, cette audition avait été sollicitée ŕ tous les stades de la procédure, tant en premičre instance qu'en appel. Le refus de l'autorité cantonale serait donc contraire ŕ la loi, le solde disponible des parties ayant des répercussions évidentes sur la contribution ŕ l'entretien des enfants et sur la perception des allocations familiales. L'autorité judiciaire aurait par ailleurs disposé de suffisamment de temps pour procéder ŕ l'audition requise. Selon le recourant, la cour cantonale aurait ainsi fait preuve d'arbitraire en refusant sans droit l'audition de ce témoin. Partant, elle aurait retenu de maničre insoutenable que les charges mensuelles incompressibles de l'intimée s'élevaient ŕ 3'690 fr. au lieu de 2'204 fr. seulement, alors męme que l'existence d'une "communauté de toit et de table" entre elle et son compagnon avait été continuellement alléguée et, de surcroît, démontrée par pičces. S'il paraît justifié, lorsque l'époux créancier vit en ménage commun, de prendre en considération, dans le cadre de mesures provisionnelles, non seulement un concubinage qualifié ou stable ("communauté de toit, de table et de lit"; ATF 138 III 97 consid. 2.3.3), mais aussi un soutien économique momentané par le nouveau partenaire ou, ŕ tout le moins, l'avantage économique découlant d'une (simple) communauté domestique ("communauté de toit et de table"), encore faut-il que les circonstances dans lesquelles vivent les intéressés, entraînant des économies pour chacun d'eux, soient établies (ATF 138 III 97 consid. 2.3.1-2.3.3 et les références; arręts 5A_593/2013 du 20 décembre 2013 consid. 3.3.2; 5A_833/2012 du 30 mai 2013 consid. 3.3.1). Par son argumentation, essentiellement appellatoire (art. 106 al. 2 LTF), le recourant ne démontre pas que l'appréciation des preuves ŕ laquelle s'est livrée l'autorité cantonale serait ŕ cet égard arbitraire (cf. supra consid. 1.5). En effet, il n'établit pas qu'il était insoutenable de retenir, ŕ l'instar du premier juge, en se référant aux inscriptions auprčs de l'Office cantonal de la population et indépendamment des allégués des parties, qu'il n'existait pas de communauté de vie stable entre les intéressés, ni que rien ne rendait vraisemblable une participation de E.________ aux charges fixes de l'intimée. Au demeurant, il ne suffit pas que les motifs de la décision attaquée soient insoutenables; encore faut-il qu'elle soit arbitraire dans son résultat (ATF 139 III 334 consid. 3.2.5; 138 I 305 consid. 4.4; 138 III 378 consid. 6.1; 137 I 1 consid. 2.6). Les griefs de violation du droit d'ętre entendu et d'arbitraire soulevés en relation avec l'appréciation des preuves et l'établissement des faits doivent donc ętre rejetés, en tant que recevables. 3. Dans un second moyen, le recourant reproche ŕ l'autorité cantonale d'avoir arbitrairement jugé que les allocations familiales devaient bénéficier pour moitié ŕ chacune des parties, vu la garde partagée, sans tenir compte du fait que, depuis la séparation des parties, il assume l'intégralité des frais liés aux enfants. 3.1. Le recourant n'a pas expressément pris de conclusions s'agissant du partage des allocations familiales entre les parties. En plus de requérir l'annulation de la décision attaquée, il a toutefois conclu ŕ ce qu'en toutes hypothčses, les contributions qu'il a versées en mains de l'intimée depuis la séparation soient portées en déduction de toute somme théoriquement due par lui. Il résulte en outre de son écriture qu'il fait grief ŕ l'autorité cantonale de l'avoir condamné au paiement rétroactif d'une somme de 3'600 fr. ŕ titre d'arriérés d'allocations familiales pour la période de février 2013 ŕ janvier 2014, ainsi qu'au versement de la moitié des allocations familiales perçues dčs février 2014. Malgré l'absence de conclusions formelles en ce sens, il y a donc lieu de considérer qu'il ressort de la motivation du recours qu'il requiert de pouvoir conserver l'intégralité des allocations familiales. Afin de parer ŕ tout formalisme excessif, il se justifie par conséquent d'examiner cette question. 3.2. En ce qui concerne le coűt d'entretien des enfants, l'arręt attaqué retient qu'aprčs déduction des allocations familiales de 300 fr. par mois, les charges mensuelles du fils aîné s'élčvent ŕ 490 fr. 40 et celles du fils cadet ŕ 290 fr. 40. Compte tenu de l'ensemble des circonstances, soit en particulier de la prise en charge un peu plus importante des enfants par leur mčre durant la période scolaire et du solde mensuel plus important dont disposait le pčre (soit environ 2'750 fr. par mois pour lui contre 2'325 fr. pour la mčre), l'autorité cantonale a confirmé le chiffre 6 du dispositif du jugement de premičre instance qui condamnait le pčre ŕ payer, dčs le 1er février 2015, la part des primes d'assurance-maladie (LAMal et LCA) non prises en charge par son employeur, les frais médicaux non remboursés, les frais extra-scolaires (école de football et camp d'été), les frais parascolaires (prise en charge ŕ midi et le soir deux fois par semaine), les frais des cuisines scolaires (deux fois par semaine), les frais de transport (abonnement TPG) ainsi que les primes d'assurance-vie, précisant toutefois que lesdites primes ne comprenaient pas celles relatives au contrat d'assurance-vie conclu par l'épouse. Par ailleurs, destinées ŕ l'entretien des enfants, les allocations familiales devaient revenir pour moitié ŕ chacune des parties, vu la garde partagée. Il y avait donc lieu de condamner le mari ŕ verser ŕ l'épouse la moitié des prestations perçues par lui ŕ ce titre de février 2013 ŕ janvier 2014 (soit: 7'200 fr. : 2 = 3'600 fr.). 3.3. Le recourant ne conteste pas que la garde partagée puisse conduire en soi ŕ un partage des allocations familiales. Il ne critique pas non plus et, par conséquent, ne démontre pas, que le raisonnement de l'autorité cantonale selon lequel, compte tenu des circonstances, certains frais fixes pouvaient ętre mis ŕ sa charge, chacun des parents assumant l'entretien courant des enfants lorsqu'ils en avaient la garde, aboutirait ŕ un partage arbitraire des ressources pour une période relativement longue. Par ailleurs, en tant qu'il prétend qu'il aurait assumé des frais supplémentaires par rapport ŕ ceux qui lui incombaient, il se fonde sur des faits qui ne résultent pas de l'arręt attaqué, sans toutefois démontrer d'arbitraire ŕ ce sujet (art. 106 al. 2 LTF); partant, ses allégations ne peuvent ętre prises en considération (art. 99 al. 1 LTF). De toute maničre, et pour le surplus, le recourant perd de vue que, dans la mesure oů il s'agirait d'imputer sur ce qu'il doit pour l'entretien des enfants les sommes déjŕ versées ŕ ce titre, seules pourraient ętre déduites les charges qui ont été prises en compte dans la détermination de dite obligation, ŕ l'exclusion des versements qui excčdent l'entretien défini dans ce cadre (cf. arręt 5A_810/2012 du 22 mars 2013 consid. 3.2). Dčs lors, il importe peu qu'il ait, comme il le prétend - sans du reste l'établir -, assumé certains frais devant ętre supportés par l'intimée. Pour autant qu'il soit suffisamment motivé (art. 106 al. 2 LTF; cf. supra consid. 1.4), le grief est ainsi infondé. 4. En conclusion, le recours se révčle mal fondé et ne peut dčs lors qu'ętre rejeté, dans la mesure oů il est recevable. Le recourant, qui succombe, supportera par conséquent les frais judiciaires (art. 66 al. 1 LTF). Il n'y a pas lieu d'allouer de dépens ŕ l'intimée, qui n'est pas représentée par un avocat (cf. ATF 133 III 439 consid. 4) et a conclu au rejet de l'effet suspensif - alors que celui-ci a été partiellement accordé - sans ętre invitée ŕ répondre sur le fond (art. 68 al. 1 et 2 LTF). Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce : 1. Le recours est rejeté dans la mesure oů il est recevable. 2. Les frais judiciaires, arrętés ŕ 2'500 fr., sont mis ŕ la charge du recourant. 3. Le présent arręt est communiqué aux parties et ŕ la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Genčve. Lausanne, le 7 mars 2016 Au nom de la IIe Cour de droit civil du Tribunal fédéral suisse Le Président : von Werdt La Greffičre : Mairot