Bundesgericht Tribunal fédéral Tribunale federale Tribunal federal {T 0/2} 6B_1064/2014 Arręt du 30 septembre 2015 Cour de droit pénal Composition M. et Mmes les Juges fédéraux Denys, Président, Jacquemoud-Rossari et Jametti. Greffičre : Mme Kistler Vianin. Participants ŕ la procédure X.________, recourant, contre 1. Ministčre public central du canton de Vaud, 2. A.________, intimés. Objet Calomnie, menaces et dénonciation calomnieuse, recours contre le jugement de la Cour d'appel pénale du Tribunal cantonal du canton de Vaud du 18 aoűt 2014. Faits : A. Par jugement du 4 février 2014, le Tribunal de police de l'arrondissement de Lausanne a condamné X.________, pour calomnie, menaces, dénonciation calomnieuse et infraction ŕ la loi fédérale sur la concurrence déloyale, ŕ une peine pécuniaire ferme de 180 jours-amende, le montant du jour-amende étant fixé ŕ 40 francs. En outre, il a reconnu X.________ débiteur de A.________ de la somme de 3'000 fr. au titre de tort moral et de la somme de 12'500 fr. ŕ titre de juste indemnité fondée sur l'art. 433 CPP. B. Par jugement du 18 aoűt 2014, la Cour d'appel pénale du Tribunal cantonal vaudois a trčs partiellement admis l'appel formé par X.________ et a rejeté l'appel joint de A.________. Elle a ainsi libéré X.________ de l'accusation de diffamation et d'infraction ŕ la loi fédérale contre la concurrence déloyale et réduit en conséquence la peine pécuniaire ŕ 170 jours-amende, maintenant le montant du jour-amende ŕ 40 francs. Pour le surplus, elle a confirmé le jugement de premičre instance. En résumé, la cour cantonale a retenu les faits suivants: B.a. X.________ mčne depuis des années un combat acharné contre les fabricants de cigarettes, leur reprochant en particulier d'ętre ŕ l'origine d'une déforestation massive, de favoriser le travail des enfants et d'encourager la consommation de tabac auprčs des enfants en âge de scolarité. Dans ce combat, X.________ a cherché et cherche toujours ŕ donner un grand retentissement ŕ ses prises de position. Or, selon lui, il est la victime d'un type de conspiration émanant aussi bien de l'Etat (par le biais de la justice, ŕ savoir des Ť juges ť) que des rédactions : il ne lui serait ainsi pas possible de communiquer ses opinions par le canal de la presse traditionnelle. C'est dans ce contexte qu'il s'est adressé il y a plusieurs années au mouvement Ť Appel au peuple ť qui lui a, en particulier, permis de publier ses écrits sur les pages de ses différents sites Internet. B.b. Depuis décembre 2001, A.________ a fait l'objet d'attaques ininterrompues du mouvement Ť Appel au peuple ť. Dans ce contexte, il a déposé plusieurs plaintes et requis le blocage des sites Internet d'Appel au peuple. C'est ainsi que X.________ reproche ŕ A.________ d'ętre le complice des crimes perpétrés par les cigarettiers contre les élčves, au motif qu'il a tenté de faire fermer les sites Internet sur lesquels figurent les prises de position relatives au combat contre les cigarettiers. B.c. Dans le cadre de ce litige, X.________ a rédigé les courriers suivants : 1) Recours du 16 mai 2010 adressé ŕ la Chambre pénale du Tribunal cantonal de l'Etat de Fribourg : Ť Voilŕ démontré que les juges vaudois, ne pouvant se débarrasser de mes accusations gravissimes (...), et absolument irréfutables, ont fait appel ŕ A.________ et aux " juges " qui défendent sa cause dont B.________ pour se débarrasser de moi et de mes accusations (...). En cas de refus, B.________ et les juges fribourgeois feront l'objet d'une plainte pénale en vertu de l'art. 304 CPS, et les élčves fribourgeois en seront informés. Les voisins de B.________ aussi ť. 2) Courrier du 11 juillet 2010 adressé ŕ la Chambre pénale du Tribunal cantonal de l'Etat de Fribourg : Ť (...) les juges vaudois ont obtenu de A.________ qu'il porte plainte contre moi en rapport avec un sujet qui n'a rien ŕ voir avec les motifs de mes accusations gravissimes reconnues vraies. (...) A.________ est donc complice au premier degré des crimes reconnus commis par les juges vaudois contre les élčves et est coupable contre moi de l'infraction au sens de l'art. 304 CP. (...) Si ceux-ci se font complices de ce qui précčde ŕ leur tour, ils seront dénoncés auprčs de la population scolaire fribourgeoise ť. 3) Recours du 26 novembre 2010 adressé ŕ la Chambre pénale du Tribunal cantonal de l'Etat de Fribourg : Ť En voulant fermer tout le site pour supprimer les seules pages le concernant, A.________ veut sacrifier la vie de centaines de milliers d'enfants dont il s'en fout complčtement et empęcher la dénonciation d'autres crimes contre l'humanité. Il est donc tellement égocentrique qu'il est devenu ŕ la fois un monstre et un malade mental s'adonnant au byzantinisme. (...) Je donne jusqu'au 15 janvier 2011 ŕ A.________ et ŕ B.________ pour répondre par écrit complčtement et honnętement ŕ ces deux questions fondamentales (...). Passé ce délai et sans les deux réponses idoines, je les dénoncerai dans tout leur village respectif, auprčs des élčves et dans les médias comme deux pédo-criminels. Ce sera infiniment pire qu'avec l'Appel au peuple. L'accusation de pédo-criminalité, męme si celle-ci n'est pas sexuelle (en l'occurrence financičre et commerciale), est infiniment plus infamante que celle d'escroquerie. (...) Je ferai regretter ŕ ces deux individus le temps oů l'Appel au peuple les dénonçait dans tout leur village respectif pour des peccadilles. Conclusions. A.________, pour des motifs criminels, exige (ou aura exigé) la fermeture totale du site de l'Appel au peuple (...) ť. 4) Déterminations spontanées du 14 décembre 2010 adressées ŕ la Chambre pénale du Tribunal cantonal de l'Etat de Fribourg : Ť Voyant l'échec de leur tentative de faire reconnaître mes accusations gravissimes comme fausses, les " juges " vaudois ont obtenu de A.________ qu'il porte plainte contre moi en rapport avec un sujet qui n'a rien ŕ voir avec les motifs de mes accusations gravissimes reconnues vraies. (...) A.________ est donc complice au premier degré des crimes reconnus commis par les juges vaudois contre les élčves et est coupable contre moi de l'infraction au sens de l'art. 304 CP. (...) Si ceux-ci se font complices de ce qui précčde ŕ leur tour, ils seront dénoncés auprčs de la population scolaire fribourgeoise. En particulier des élčves du collčge [...] et du CO [...] ť. C. Contre le jugement cantonal, X.________ dépose un recours en matičre pénale devant le Tribunal fédéral. Pour l'essentiel, il conclut ŕ sa libération des accusations de calomnie, de menaces, de dénonciation calomnieuse et au versement, par A.________, d'une indemnité ŕ lui-męme et " aux victimes dont il prend la défense ". En outre, il sollicite l'assistance judiciaire. Considérant en droit : 1. Le recourant requiert un " procčs en appel devant le TF ", et non " une simple procédure par correspondance ". La tenue de débats devant le Tribunal fédéral revęt un caractčre exceptionnel et les parties n'ont en principe aucun droit ŕ ce qu'il y soit procédé (art. 57 ss LTF; arręt 2C_844/2009 du 22 novembre 2010 consid. 3.2.3, considérant non publié in ATF 137 II 40; JEAN-MAURICE FRÉSARD, Commentaire de la LTF, n° 9 ad art. 57 LTF, Berne 2014, p. 461 s.). En l'espčce, on ne se trouve pas dans une situation exceptionnelle qui exigerait la tenue de débats. Par conséquent, la conclusion prise par le recourant ŕ cet égard doit ętre rejetée. 2. Le recourant critique l'état de fait cantonal sur plusieurs points. 2.1. Le Tribunal fédéral est un juge du droit. Il ne peut revoir les faits établis par l'autorité précédente que si ceux-ci l'ont été de maničre manifestement inexacte (art. 97 al. 1 LTF), c'est-ŕ-dire arbitraire (cf. ATF 140 III 264 consid. 2.3 p. 266; 138 III 378 consid. 6.1 p. 379). On peut renvoyer, sur la notion d'arbitraire, aux principes maintes fois exposés par le Tribunal fédéral (cf. ATF 140 III 16 consid. 2.1 p. 18 s.). En bref, pour qu'il y ait arbitraire, il ne suffit pas que la décision attaquée apparaisse discutable ou męme critiquable, il faut qu'elle soit manifestement insoutenable et cela non seulement dans sa motivation, mais aussi dans son résultat. Le grief d'arbitraire doit ętre invoqué et motivé de maničre précise (art. 106 al. 2 LTF). Le recourant doit exposer, de maničre détaillée et pičces ŕ l'appui, que les faits retenus l'ont été d'une maničre absolument inadmissible, et non seulement discutable ou critiquable. Il ne saurait se borner ŕ plaider ŕ nouveau sa cause, contester les faits retenus ou rediscuter la maničre dont ils ont été établis comme s'il s'adressait ŕ une juridiction d'appel (ATF 133 IV 286). Le Tribunal fédéral n'entre pas en matičre sur les critiques de nature appellatoire (ATF 140 III 264 consid. 2.3 p. 266 et les références citées). 2.2. En l'espčce, le recourant reprend l'intégralité des faits figurant dans l'arręt attaqué (en petits caractčres), en faisant des remarques en marge. De la sorte, il se borne ŕ exposer sa version des faits, sans démontrer que les faits retenus par la cour cantonale seraient insoutenables. Au demeurant, ses critiques portent souvent sur des points de détails, qui ne sont pas déterminants pour l'issue du litige. Dans cette mesure, les griefs soulevés sont irrecevables. Le recourant conteste avoir eu des antécédents judiciaires. A l'appui de ce grief, il produit une copie d'un extrait de son casier judiciaire destiné aux particuliers, lequel ne fait aucune référence ŕ sa condamnation pour diffamation ŕ une peine pécuniaire avec sursis pendant deux ans par jugement du 7 mai 2008. Il méconnaît toutefois que les extraits du casier judiciaire destinés aux particuliers ne mentionnent pas toutes les données inscrites dans le casier judiciaire. En particulier, ils ne font plus mention des jugements qui prononcent une peine avec sursis lorsque le condamné a subi la mise ŕ l'épreuve avec succčs (art. 371 al. 3bis CP). La critique du recourant est donc infondée sur ce point. 3. En appel, le recourant a fait valoir plusieurs griefs d'ordre formel, qui auraient dű, selon lui, justifier l'annulation du jugement entrepris. Il les reprend dans son recours devant le Tribunal fédéral. 3.1. Le recourant se plaignait devant la cour cantonale que le premier juge n'avait pas assez clairement motivé le jugement attaqué et avait ainsi violé son droit d'ętre entendu. Il reprend cette critique devant le Tribunal fédéral. Il n'explique toutefois pas sur quels points le jugement cantonal serait insuffisamment motivé. Le grief soulevé est irrecevable (art. 106 al. 2 LTF). 3.2. En appel, le recourant faisait grief au premier juge de ne pas lui avoir désigné un défenseur d'office pour la procédure de premičre instance, violant ainsi son droit d'ętre entendu. La cour cantonale a rejeté le grief et refusé d'annuler le jugement de premičre instance au motif que l'établissement des faits et les questions juridiques, gučre complexes, ne présentaient aucune difficulté que le recourant ne pouvait surmonter seul. Au surplus, si vice il y avait, elle a admis que celui-ci était réparé par la désignation d'un défenseur d'office au recourant pour la procédure de deuxičme instance. Le raisonnement de la cour cantonale est pertinent. Le recourant ne le conteste du reste pas, se bornant ŕ attaquer les " juges ", en déclarant que ceux-ci " appartiennent ŕ une corporation qui produit des faux dans les titres en quantité industrielle (mettre simplement " faux dans les titres ŕ gogo " dans google) ". La critique du recourant est irrecevable (art. 106 al. 2 LTF). 3.3. Le recourant se plaignait dans son appel de la violation de l'art. 340 al. 2 CPP. La cour cantonale a considéré que l'acte d'accusation, qui contenait déjŕ les conclusions du Ministčre public, lui avait été notifié le 24 septembre 2013, de sorte qu'une lecture formelle des réquisitions ne s'imposait pas. Il n'y a pas lieu de revenir sur ce raisonnement, qui n'est pas critiquable. Les griefs du recourant consistant ŕ se plaindre qu'il n'est pas " pris en compte ni écouté " sont irrecevables. 3.4. En appel, le recourant se plaignait que le premier juge n'avait pas produit le jugement le concernant rendu le 7 mai 2008 par le Tribunal de police de l'arrondissement de Lausanne. La direction de la procédure de la juridiction d'appel a fait verser ce jugement au dossier, de sorte que tout vice éventuel est réparé. Le grief, selon lequel la cour cantonale n'aurait pas tenu compte d'éléments de fait contenus dans ce jugement, n'est pas pertinent au regard de la violation du droit d'ętre entendu. Une telle critique relčve de l'arbitraire dans l'établissement des faits, arbitraire qu'il appartient au recourant de démontrer. Le grief soulevé est irrecevable (art. 106 al. 2 LTF). 3.5. En appel, le recourant faisait grief au premier juge d'avoir violé son droit d'ętre entendu en ouvrant les débats en son absence. A juste titre, la cour cantonale a qualifié ce moyen de téméraire, dčs lors que l'audience avait débuté ŕ 9h10 et avait été suspendue ŕ 9h13 en raison du retard du recourant et cela jusqu'ŕ son arrivée. Le recourant constate que le juge et A.________ ont disposé de jours entiers pour définir ensemble leur stratégie commune. Ces critiques sont irrecevables. D'une part, comme le concčde le recourant, elles ne reposent sur aucune preuve; d'autre part, sur le plan formel, męme fondées, elles ne relčveraient pas de la violation du droit d'ętre entendu. 4. La cour cantonale a retenu que le recourant était pleinement responsable. Le recourant ne semble pas contester cette conclusion, se bornant ŕ attaquer la justice qui voudrait cacher la vérité. Insuffisamment motivé, le grief est irrecevable. 5. Le recourant conteste sa condamnation pour calomnie (art. 173 CP) et pour dénonciation calomnieuse (art. 303 CP). 5.1. Il ressort des constatations cantonales que, dans les différents courriers adressés ŕ l'autorité pénale fribourgeoise, le recourant a reproché ŕ A.________ : - d'avoir été recruté par les juges vaudois qui auraient souhaité se débarrasser d'accusations gravissimes liées au commerce du tabac, ce qui revient ŕ jeter sur A.________ le soupçon d'appartenir ŕ une forme de réseau corrompu du monde judiciaire; - de s'ętre rendu coupable, en portant plainte contre lui pour des infractions ŕ l'honneur, de dénonciation calomnieuse au sens de l'art. 304 CP; - de s'ętre rendu complice au premier degré de divers crimes contre les élčves; - d'ętre un Ť pédocriminel ť en matičre commerciale et financičre; - d'ętre devenu un monstre et un malade mental s'adonnant au byzantinisme. La cour cantonale a condamné le recourant pour dénonciation calomnieuse (art. 303 CP) pour avoir accusé A.________ de corruption, de dénonciation calomnieuse et de " pédocriminalité "; les autres accusations, qui ne constituaient pas des infractions, relevaient de la calomnie. Tant en matičre de calomnie (art. 174 CP) qu'en cas de dénonciation calomnieuse (art. 303 CP), l'auteur sait que ses allégations sont fausses. 5.2. Le recourant ne nie pas avoir écrit de telles accusations, mais conteste que celles-ci soient fausses. Savoir si une allégation est fausse et si le recourant le savait relčve de l'établissement des faits (ATF 123 IV 155 consid. 1a p. 156; 122 IV 156 consid. 2b p. 160). Or, la cour de céans est liée par les faits retenus par la cour cantonale, ŕ moins que ceux-ci aient été établis de maničre manifestement inexacte, ŕ savoir arbitraire, ce qu'il appartient au recourant de démontrer. Dans son argumentation, le recourant reproche ŕ A.________ d'avoir apporté son soutien ŕ la société C.________ qui serait coupable de crimes contre l'humanité, en exploitant le travail forcé des enfants pour la récolte et le séchage du tabac, en favorisant la déforestation et la désertification et en appelant les élčves ŕ consommer leurs produits; il explique en effet que, dans des procédures contre divers membres du mouvement Appel au peuple, A.________ a demandé le blocage ou la fermeture du site internet de ce mouvement, site contenant notamment des articles rédigés par le recourant pour dénoncer les pratiques des cigarettiers. Le fait de tenter de fermer le site du mouvement d'Appel au peuple n'implique pas que A.________ a commis des crimes contre les enfants ou les élčves, qu'il est corrompu par les juges vaudois et qu'il est un monstre ou un malade mental. Par ces considérations, le recourant n'établit pas que la cour cantonale serait tombée dans l'arbitraire en retenant que les accusations mentionnées ci-dessus ŕ l'encontre de A.________ sont fausses. Purement appellatoire, l'argumentation du recourant est irrecevable (art. 106 al. 2 LTF). 6. Dans la mesure oů le recourant a été libéré de l'accusation de diffamation, il n'a pas un intéręt juridique ŕ l'annulation de l'arręt attaqué sur ce point (cf. art. 81 al. 1 let. b LTF). Ses griefs sont irrecevables. 7. Le recourant conteste sa condamnation pour menaces (art. 180 CP). La cour cantonale a reconnu le recourant coupable de menaces pour avoir menacé A.________ de porter les différentes accusations figurant ci-dessus (consid. 5.1), ŕ la connaissance de la population scolaire fribourgeoise et de le dénoncer dans les médias comme étant un " pédocriminel ". Le recourant admet avoir menacé A.________ de faire connaître publiquement les accusations qu'il portait contre lui. Comme vu ci-dessus, la cour cantonale n'a pas versé dans l'arbitraire en retenant que ces accusations étaient fausses (consid. 5.2). Le recourant n'apporte pas d'autres éléments permettant d'admettre le caractčre arbitraire de la constatation de la cour cantonale. Ses griefs sont donc irrecevables (art. 106 al. 2 LTF). Sur le plan juridique, la qualification de menaces est correcte. Le fait de menacer quelqu'un d'un préjudice illicite, en l'espčce de le calomnier sur la place publique, tombe sous le coup de l'art. 180 CP. 8. Le recourant conteste sa condamnation pour dénonciation calomnieuse (art. 303 CP). La cour cantonale a retenu cette infraction ŕ l'encontre du recourant, car il avait dénoncé A.________ auprčs des autorités pénales fribourgeoises pour corruption, dénonciation calomnieuse ou encore " pédocriminalité ", alors qu'il savait parfaitement que le seul fait de chercher ŕ bloquer ou ŕ fermer un site internet ne rendait pas pour autant A.________ auteur de telles infractions. Comme vu au considérant 5.2, la cour cantonale a retenu - sans arbitraire - que le recourant avait porté ces accusations mensongčres ŕ l'encontre de A.________ auprčs des autorités judiciaires fribourgeoises. Un tel comportement réalise l'infraction de dénonciation calomnieuse. Les griefs soulevés sont infondés. 9. Dans la mesure oů le recourant a été libéré du chef d'accusation de violation de la loi fédérale contre la concurrence déloyale, il n'a pas d'intéręt juridique ŕ l'annulation de l'arręt attaqué sur ce point (art. 81 al. 1 let. b LTF). Ses griefs sont irrecevables. 10. Le recourant s'en prend ŕ la peine pécuniaire qui lui a été infligée. Il conteste le nombre et le montant des jours-amende. Il soutient également que la cour cantonale aurait dű le condamner ŕ un travail d'intéręt général. 10.1. Selon l'art. 47 CP, le juge fixe la peine d'aprčs la culpabilité de l'auteur. Il prend en considération les antécédents et la situation personnelle de ce dernier ainsi que l'effet de la peine sur son avenir (al. 1). La culpabilité est déterminée par la gravité de la lésion ou de la mise en danger du bien juridique concerné, par le caractčre répréhensible de l'acte, par les motivations et les buts de l'auteur et par la mesure dans laquelle celui-ci aurait pu éviter la mise en danger ou la lésion, compte tenu de sa situation personnelle et des circonstances extérieures (al. 2). Pour fixer la peine, le juge dispose d'un large pouvoir d'appréciation. Il y a toutefois violation du droit fédéral lorsque le juge sort du cadre légal, se fonde sur des critčres étrangers ŕ l'art. 47 CP, omet de prendre en considération des éléments d'appréciation prévus par cette disposition ou, enfin, si la peine qu'il prononce est exagérément sévčre ou clémente au point de constituer un abus du pouvoir d'appréciation (ATF 136 IV 55 consid. 5.6 p. 61; 134 IV 17 consid. 2.1; 129 IV 6 consid. 6.1 et les références citées). 10.2. La cour cantonale a retenu que la culpabilité du recourant était lourde. Elle a relevé qu'il avait porté de graves accusations, avec acharnement et en toute gratuité, ŕ l'encontre de A.________, tout en sachant que ces allégations étaient fausses. A charge, elle a tenu compte du concours d'infractions, du comportement du recourant aux débats ainsi que d'une absence totale de prise de conscience de la gravité de ses actes et de sa faute. De la sorte, la cour cantonale a motivé de maničre détaillée et complčte la peine. Le recourant n'invoque aucun élément, propre ŕ modifier la peine, qu'elle aurait omis ou pris en considération ŕ tort. Au vu de ces circonstances, une peine pécuniaire de 170 jours-amende est appropriée. Lorsque, comme en l'espčce, l'accusé refuse de fournir les informations nécessaires sur sa situation économique, le juge a la faculté de s'adresser aux autorités fédérale, cantonale ou communale qui détiennent les renseignements nécessaires (art. 34 al. 3 CP). La cour cantonale était donc en droit de se fonder sur les renseignements fournis par les autorités fiscales. Au vu de son revenu (ŕ savoir plus de 5'500 fr. par mois aprčs les déductions), un montant du jour-amende fixé ŕ 40 fr. n'est pas critiquable. Le recourant conteste les chiffres fournis par les autorités fiscales, sans pour autant démontrer en quoi ceux-ci seraient arbitraires. Son grief est donc irrecevable (art. 106 al. 2 LTF). La cour cantonale a refusé d'octroyer au recourant le sursis, considérant que le pronostic quant ŕ son comportement futur était clairement défavorable. Compte tenu de l'absence de prise de conscience de sa faute et de sa précédente condamnation (jugement du 7 mai 2008), le refus du sursis est justifié. Les considérations du recourant sur le danger que représente l'industrie du tabac et son combat contre cette industrie ne sont pas pertinentes s'agissant de la question du sursis. Le recourant sollicite le prononcé d'un travail d'intéręt général. Selon l'art. 37 CP, ŕ la place d'une peine privative de liberté de moins de six mois ou d'une peine pécuniaire de 180 jours-amende au plus, le juge peut ordonner, avec l'accord de l'auteur, un travail d'intéręt général de 720 heures au plus. Bien que le texte légal ne prévoie aucune cause d'exclusion tenant ŕ la personne de l'auteur, seule peut ętre condamnée ŕ fournir un travail d'intéręt général une personne apte au travail (ATF 134 IV 97 consid. 6.3.3.3 p. 109). En l'espčce, vu que le recourant est sans activité et bénéficie d'une rente AI partielle et de prestations d'invalidité, on peut douter de sa capacité ŕ fournir un travail d'intéręt général. En tout état de cause, le délinquant n'a pas le droit de choisir entre un travail d'intéręt général et une autre peine (cf. message du 21 septembre 1998 concernant la modification du code pénal suisse (dispositions générales, entrée en vigueur et application du code pénal) et du code pénal militaire ainsi qu'une loi fédérale régissant la condition pénale des mineurs, in: FF 1999 1787 p. 1831). En conséquence, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en prononçant une peine pécuniaire en lieu et place d'un travail d'intéręt général. 11. Le recourant énonce la violation de rčgles de logique. Dans la mesure oů il ne prend pas de conclusions en relation avec ces violations, il n'y a pas lieu d'entrer en matičre sur ces considérations. Par la suite, sur plusieurs pages, le recourant expose son combat contre la fabrication et le commerce international des cigarettiers, pratiqué notamment par C.________. Ces considérations sont toutefois sans rapport avec sa condamnation. Le recourant sait parfaitement que A.________ n'a joué et ne joue aucun rôle dans l'industrie du tabac. Le seul fait de chercher ŕ bloquer ou ŕ fermer un site internet du mouvement d'Appel au peuple ne justifie pas les attaques déshonorantes du recourant ŕ l'encontre de A.________. 12. Le recourant conteste l'indemnité de 3'000 fr. qu'il est condamné ŕ payer ŕ A.________ en réparation du tort moral. La cour cantonale a considéré que A.________, qui avait subi des attaques incessantes de la part du recourant et s'était vu accuser de faits graves et attentatoires ŕ l'honneur devant les juges de son canton, avait droit ŕ une indemnité pour tort moral de 3'000 francs. L'indemnité allouée par la cour cantonale est justifiée dans son principe et son montant. Le recourant invoque les prétendues " communautés de vue de A.________ et des juges vaudois et fribourgeois quant aux pouvoir, argent, multinationales, changements climatiques, exploitation du travail forcé d'enfants, empreinte écologique, etc. ". Par ces considérations, il n'indique toutefois pas en quoi l'indemnité de 3'000 fr. pour tort moral violerait le droit fédéral. Ses griefs sont irrecevables. 13. Le recourant conteste que les frais d'appel soient, par trois quarts mis ŕ sa charge, au motif qu'il aurait été condamné ŕ tort. Ce grief devient sans objet, dans la mesure oů les griefs relatifs aux condamnations pour calomnie, dénonciation calomnieuse et menaces ont été déclarés irrecevables ou rejetés. 14. Le recourant s'en prend ŕ l'indemnité d'office allouée ŕ son mandataire. Sa motivation concerne toutefois la question de la défense d'office, qui a déjŕ été examinée sous considérant 3.2. 15. Le recourant " exige " que A.________ soit contraint ŕ payer 445'500 fr. aux organisations et ONG venant en aide ŕ l'enfance malheureuse et 4'500 fr. ŕ lui-męme pour tort moral. Dans la mesure oů le jugement attaqué ne retient pas que A.________ a commis un quelconque acte illicite, il ne saurait ętre condamné ŕ verser une indemnité ŕ qui que ce soit. 16. Le recours doit ętre rejeté dans la mesure oů il est recevable. Comme ses conclusions étaient vouées ŕ l'échec, l'assistance judiciaire ne peut ętre accordée (art. 64 al. 1 LTF), étant précisé que le respect du délai de recours non prolongeable ainsi que l'exigence d'un examen des chances de succčs contraignent le recourant ŕ déposer un mémoire de recours motivé en bonne et due forme avant qu'il soit statué sur l'assistance judiciaire (cf. BERNARD CORBOZ, Commentaire de la LTF, 2čme éd., n° 38 ad art. 64 LTF). Le recourant devra donc supporter les frais (art. 66 al. 1 LTF), dont le montant sera toutefois fixé en tenant compte de sa situation financičre. Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce : 1. Le recours est rejeté dans la mesure oů il est recevable. 2. La demande d'assistance judiciaire est rejetée. 3. Les frais judiciaires, arrętés ŕ 1600 fr., sont mis ŕ la charge du recourant. 4. Le présent arręt est communiqué aux parties et ŕ la Cour d'appel pénale du Tribunal cantonal du canton de Vaud. Lausanne, le 30 septembre 2015 Au nom de la Cour de droit pénal du Tribunal fédéral suisse Le Président : Denys La Greffičre : Kistler Vianin