Bundesgericht Tribunal fédéral Tribunale federale Tribunal federal 6B_1265/2017, 6B_1271/2017 Arręt du 26 mars 2018 Cour de droit pénal Composition M. et Mmes les Juges fédéraux Denys, Président, Jacquemoud-Rossari et Jametti. Greffier : M. Graa. Participants ŕ la procédure 6B_1265/2017 X.X.________, représenté par Me Manuel Bolivar, avocat, recourant, et 6B_1271/2017 Y.X.________, représentée par Me Jacques Barillon, avocat, recourante, contre 1. Ministčre public de la République et canton de Genčve, 2. A.A.________, 3. B.A.________, tous les deux représentés par Me Nicolas Capt, avocat, 4. C.________, représentée par Me Maurice Harari, avocat, intimés. Objet 6B_1265/2017 Arbitraire; abus de confiance; faux dans les titres, escroquerie par métier, 6B_1271/2017 Arbitraire, recours contre l'arręt de la Cour de justice de la République et canton de Genčve, Chambre pénale d'appel et de révision, du 12 septembre 2017 (P/4250/2012 AARP/297/2017). Faits : A. Par jugement du 11 mai 2016, le Tribunal correctionnel de la République et canton de Genčve a acquitté X.X.________ et Y.X.________ des faits figurant sous chiffres I 2 et 3 de l'acte d'accusation, les a condamnés, pour abus de confiance, escroquerie par métier et faux dans les titres, le premier nommé ŕ une peine privative de liberté de trois ans et demi, sous déduction de 651 jours de détention avant jugement et, la seconde nommée, ŕ une peine privative de liberté de trois ans, sous déduction de 87 jours de détention avant jugement, assortie d'un sursis partiel portant sur 18 mois avec un délai d'épreuve de quatre ans. Le tribunal a par ailleurs condamné X.X.________ et Y.X.________ ŕ payer, conjointement et solidairement, ŕ C.________, une somme de 2'200'000 USD, avec intéręts, ŕ titre de réparation du dommage matériel, les sommes de 114'154 TWD et de 1'200 USD ŕ titre d'indemnités de procédure et une somme de 78'309 fr. ŕ titre de participation aux frais d'avocat. Il a enfin condamné X.X.________ et Y.X.________ ŕ payer, conjointement et solidairement, ŕ A.A.________ et B.A.________ les sommes de 1'026'853 EUR 80, de 74'658 fr. 50 et de 8'600 GBP, avec intéręts, ŕ titre de réparation du dommage matériel - ceux-ci étant pour le surplus renvoyés ŕ agir par la voie civile pour le solde de leur préjudice -, ainsi que les sommes de 6'700 fr. ŕ titre d'indemnité de procédure et de 97'511 fr. ŕ titre de participation aux frais d'avocat. B. Par arręt du 12 septembre 2017, la Chambre pénale d'appel et de révision de la Cour de justice genevoise a rejeté l'appel formé par Y.X.________ contre ce jugement, a partiellement admis l'appel formé par X.X.________ ainsi que l'appel joint formé par le ministčre public. Elle a réformé le jugement en ce sens que Y.X.________ est condamnée, pour abus de confiance, également ŕ raison des faits décrits sous chiffre I 3 de l'acte d'accusation et qu'une réduction de peine d'un mois est accordée ŕ X.X.________ en raison de ses conditions de détention, de męme qu'une réduction d'un mois eu égard ŕ la violation du principe de célérité. Elle a confirmé le jugement pour le surplus. La cour cantonale a retenu les faits suivants. B.a. Y.X.________ est de nationalité suisse, âgée de 53 ans, mčre de deux enfants. Elle s'est mariée en troisičmes noces avec X.X.________. Son divorce avec le prénommé a été prononcé le 18 aoűt 2016. Elle expose ętre titulaire d'un diplôme d'ingénieur en traitement des signaux et avoir travaillé en Chine dans le domaine des transports ferroviaires durant environ quatre ans. Elle est arrivée en Suisse en 1990 pour y suivre une formation post-grade ŕ l'Ecole D.________, qu'elle a pu mener ŕ bien. Elle est rentrée en Chine en 1996 puis 2000, sans y travailler. Elle a ensuite collaboré avec E.________, son deuxičme époux dont elle s'est séparée en 2002, dans le cadre de l'exploitation d'un restaurant ŕ Genčve. Elle explique ne pas avoir eu d'autres activités professionnelles, mais avoir accompagné X.X.________ dans ses différents voyages. Elle a toujours été soutenue financičrement par sa famille. Y.X.________ n'a aucun antécédent judiciaire. X.X.________, âgé de 67 ans, est de nationalité française. Il est pčre de deux enfants nés d'une premičre union. Il a épousé en secondes noces Y.X.________ en 2004 et a adopté sa fille. Il est au bénéfice d'un brevet d'études. Aprčs avoir effectué son service militaire, il a travaillé comme gérant d'un magasin de décoration puis dans la vente immobiličre, en qualité de courtier indépendant. Il a aussi eu une activité en lien avec le financement de transferts de joueurs de football. Entre 2002 et 2005, il est parti en Chine et au Japon, oů il a travaillé avec le grand-pčre de Y.X.________ pour l'aménagement d'appartements, sans qu'il s'agisse d'une activité fixe, ayant en outre noué des contacts avec des sociétés actives dans le recyclage. Entre 2005 et 2007, il n'a pas eu d'activité professionnelle particuličre, puis a créé les sociétés F.________, ŕ l'activité desquelles il s'est consacré jusqu'en 2012. Durant toute cette période, son couple a d'abord vécu grâce ŕ des économies, puis par le soutien de la famille de Y.X.________. Selon lui, le train de vie du couple n'avait rien d'exceptionnel, puisque les charges s'élevaient ŕ environ 26'000 fr. par mois. En mai 2014, il a créé la société G.________, visant l'importation de structures de constructions immobiličres métalliques, activité qui n'a pas pu démarrer en raison de son interpellation le 15 septembre 2014. Selon l'extrait de son casier judiciaire français, X.X.________ a été condamné, en 1994, par le Tribunal de grande instance d'Annecy, pour abus de confiance. B.b. X.X.________ a conclu, le 19 septembre 2006, en son nom et celui de la société H.________ SA qu'il contrôlait, un contrat d'investissement avec C.________, ŕ teneur duquel cette derničre acceptait de verser la somme de 2,4 millions d'USD destinée ŕ payer les frais d'une ligne de crédit de 300 millions d'USD en faveur de X.X.________ ou de H.________ SA, le capital investi par C.________ devant lui ętre restitué assorti d'une commission de 600'000 USD. L'exécution de ce contrat a cependant rapidement été abandonnée, les parties ayant convenu ŕ la place d'investir les fonds de C.________ dans "un instrument bancaire au sens large, comportant des opérations sur obligations". X.X.________ ou Y.X.________ a fait verser par C.________ les sommes de 200'000 USD le 10 novembre 2006, créditée sur le compte ouvert au nom de Y.X.________ auprčs de la Banque I.________ et de 2 millions d'USD, le 11 décembre 2006, créditée sur le compte ouvert au nom de X.X.________ auprčs de la Banque I.________. Ce dernier a accepté que Y.X.________ s'approprie les 200'000 USD transférés sur son compte et en reverse 105'009 USD 72 ŕ J.________ le 17 novembre 2006. Le 28 décembre 2006, X.X.________ s'est approprié, avec l'accord de Y.X.________, la somme de 155'394 USD 34 qu'il a fait verser ŕ l'administration fiscale du canton de Vaud. La Banque I.________ ayant décidé de clore sa relation bancaire avec les époux X.________, X.X.________ a donné l'ordre de renvoyer, le 23 janvier 2007, 1'844'600 USD 25 sur le compte bancaire de C.________. X.X.________ a, avec l'accord de Y.X.________, fait reverser par la prénommée 1'850'000 USD, le 24 janvier 2007, sur le compte ouvert ŕ son nom auprčs de la Banque K.________ ŕ Francfort. X.X.________ et Y.X.________ se sont appropriés cette somme, que le prénommé a fait verser ŕ concurrence de 1'429'000 USD le 5 février 2007 sur le compte ouvert ŕ son nom et ŕ celui de son épouse auprčs de la Banque K.________. Les époux X.________ ont dépensé les actifs qu'ils s'étaient appropriés de maničre contraire ŕ l'affectation prévue, d'une part pour financer leur train de vie luxueux et, d'autre part, afin de les investir, pour leur propre compte, ŕ perte, dans un commerce de recyclage de pičces de moteurs, par le biais de la société F.________ SA, dont ils étaient les seuls actionnaires et qu'ils contrôlaient. B.c. De fin 2012 ŕ début 2013, Y.X.________ et X.X.________ ont gagné la confiance de A.A.________ et B.A.________. Ils les ont amenés ŕ investir dans une entreprise visant ŕ commercialiser le systčme T.________, permettant de réduire la consommation de carburant et l'émission de carbone, en leur faisant croire que cet investissement serait rentable, alors qu'ils n'avaient ni le droit - faute d'autorisations nécessaires - ni l'intention, ni les compétences pour procéder ŕ la commercialisation du systčme, en représentant faussement que X.X.________ était un homme d'affaires averti, que les projections financičres effectuées étaient réalistes, que le prénommé disposait de relations dans le domaine de l'automobile - ayant travaillé comme pilote pour la marque L.________ - ainsi que dans l'industrie de la pęche, qu'il avait ses entrées auprčs du Ministre français de l'écologie ainsi qu'auprčs de grandes associations françaises de transporteurs routiers, acquises notamment dans le cadre des activités des sociétés F.________, que X.X.________ s'emploierait ŕ développer le réseau de distribution du produit, que Y.X.________ était titulaire d'un diplôme de l'Ecole D.________ et disposait de compétences particuličres dans les domaines scientifiques utiles au projet T.________, qu'elle avait acquis la licence pour la distribution du produit en question pour tous les pays du continent européen, pour la somme de 6 millions d'USD et qu'elle s'occuperait des aspects techniques du projet. Y.X.________ et X.X.________ ont fait accroire aux époux A.________ que des commandes devaient avoir lieu chaque mois pour respecter les accords pris avec le fournisseur, ŕ défaut de quoi ces derniers seraient sujets ŕ des poursuites judiciaires en Chine et risquaient de subir un important préjudice financier. Il a été convenu que l'investissement des époux A.________ dans le cadre du projet T.________ consisterait dans le paiement des frais liés ŕ sa mise en oeuvre. B.d. Y.X.________ et X.X.________, chacun voulant ce que faisait l'autre, ont présenté ŕ A.A.________ des factures correspondant ŕ l'achat de matériel ou la fourniture de services, établies par eux au nom de sociétés qu'ils contrôlaient directement ou indirectement, donnant une apparence de véracité, en représentant faussement que le montant des factures correspondait au prix des biens et services facturés par les fournisseurs. Ils ont ainsi déterminé les époux A.________ ŕ leur verser, en espčces dans la majorité des cas, un montant correspondant ŕ celui figurant dans les factures présentées dans le but annoncé de payer les fournisseurs, alors qu'ils n'avaient pas l'intention d'utiliser l'argent versé ŕ cette fin, les montants facturés étant trčs largement supérieurs ŕ ceux dus aux fournisseurs. Ils se sont ainsi appropriés les fonds remis, qui ont été utilisés pour financer leur train de vie luxueux. Y.X.________ et X.X.________ ont agi ainsi dans 53 cas, pour des montants totaux de 1'635'295 EUR 04 et de 82'291 fr. 75. Cela correspond aux paiements effectués par les époux A.________ sur la base des factures émises ŕ l'intention des sociétés M.________ Ltd, M.________ Suisse et M.________ France, par N.________ Ltd entre le 12 février et le 20 mars 2013, par O.________ Ltd entre le 9 et le 16 septembre 2013 ainsi que le 21 avril 2014, par P.________ Ltd les 7 mars et 8 avril 2014 et par Q.________ Ltd entre le 23 avril 2013 et le 4 avril 2014 pour les autres, étant précisé que la derničre, de 67'837 EUR 50 a été payée sur le compte bancaire de P.________ Ltd conformément aux coordonnées mentionnées sur cette facture. B.e. Y.X.________ et X.X.________ ont présenté ŕ A.A.________ des factures correspondant ŕ des frais de représentation et autres frais, en indiquant faussement que ces factures correspondaient ŕ des frais qu'ils avaient encourus dans le cadre de leur activité pour les entreprises M.________, alors qu'ils n'ont déployé aucune activité pour ces sociétés, hormis les commandes passées par téléphone et l'assemblage de bocaux, et que les factures correspondaient en réalité ŕ des dépenses personnelles et privées. Ils ont de la sorte déterminé les époux A.________ ŕ leur verser, en espčces, un montant correspondant ŕ celui figurant sur les factures qui leur étaient présentées, se faisant rembourser indűment des dépenses personnelles et privées. Ils ont agi dans 36 cas, pour des montants totaux de 90'424 fr. 87, de 23'762 EUR 13 et de 8'600 GBP. Cela correspond aux paiements effectués par les époux A.________ pour le compte des sociétés M.________ sur la base des factures émises ŕ l'attention de ces sociétés, voire ŕ celle de Y.X.________ et X.X.________, par N.________ Ltd, Q.________ Ltd, O.________ Ltd et les les prénommés eux-męmes, mais aussi par des sociétés tierces entre le 4 février 2013 et le 7 avril 2014. B.f. Entre fin 2012 ou début 2013 et le mois de mai 2014, Y.X.________ et X.X.________ n'ont pas exercé d'activité lucrative autre que les faits précités et ont conjointement retiré de leurs agissements 172'716 fr. 62, 1'659'057 EUR 17 et 8'600 GBP, montants qui leur ont permis de subvenir ŕ l'intégralité de leurs besoins financiers ainsi que de financer leur train de vie luxueux. B.g. Au mois d'octobre 2013, Y.X.________ s'est faite remettre par A.A.________ des fonds qui devaient ętre versés au Pouvoir judiciaire ŕ titre de sűretés pour la libération de X.X.________. Elle a reçu 140'000 fr. afin de payer cette caution, soit 70'000 fr. le 8 octobre 2013 et 70'000 fr. le 18 octobre 2013. Elle a remis 120'000 fr. au conseil de X.X.________ pour couvrir en partie la caution et s'est appropriée le solde de 20'000 fr., conjointement avec X.X.________. C. X.X.________ forme un recours en matičre pénale au Tribunal fédéral contre l'arręt du 12 septembre 2017, en concluant, avec suite de frais et dépens, principalement ŕ sa réforme en ce sens qu'il est acquitté de tous les chefs de prévention retenus ŕ sa charge, qu'il ne doit payer aucune somme ŕ C.________, A.A.________ et B.A.________ et qu'une indemnité de 130'200 fr. lui est octroyée ŕ titre de l'art. 429 CPP. Subsidiairement, il conclut ŕ son annulation et au renvoi de la cause ŕ l'autorité cantonale pour nouvelle décision. Il sollicite par ailleurs le bénéfice de l'assistance judiciaire. Y.X.________ forme également un recours en matičre pénale au Tribunal fédéral contre l'arręt du 12 septembre 2017, en concluant, avec suite de frais et dépens, principalement ŕ sa réforme en ce sens qu'elle est acquittée de tous les chefs de prévention retenus ŕ sa charge, que le maintien des sűretés jusqu'ŕ ce qu'elle débute l'exécution de sa peine privative de liberté est annulé, qu'elle ne doit payer aucune somme ŕ C.________, A.A.________ et B.A.________, que la confiscation et la destruction de la montre figurant sous chiffre 1 de l'inventaire no 4260620140917 et des objets visés sous chiffres 1 ŕ 18 de l'inventaire du 2 avril 2015 est annulée, que l'affectation des valeurs saisies consécutivement ŕ la réalisation de son véhicule au paiement des frais de la procédure est annulée, et qu'une somme de 50'000 fr. lui est allouée ŕ titre d'indemnité pour tort moral. Subsidiairement, elle conclut ŕ son annulation et au renvoi de la cause ŕ l'autorité précédente pour nouvelle décision. Considérant en droit : 1. Les deux recours en matičre pénale adressés au Tribunal fédéral visent la męme décision cantonale. Ils ont trait ŕ un męme complexe de faits et posent des questions connexes sur le plan juridique. Il y a donc lieu de joindre les causes et de les traiter dans un seul arręt (art. 24 al. 2 PCF et 71 LTF). 2. Les recourants reprochent ŕ la cour cantonale d'avoir établi les faits et apprécié les preuves de maničre arbitraire concernant les événements dénoncés dans la plainte de l'intimée 4. Ils se plaignent en outre, ŕ cet égard, d'une violation du principe "in dubio pro reo". 2.1. Le Tribunal fédéral n'est pas une autorité d'appel, auprčs de laquelle les faits pourraient ętre rediscutés librement. Il est lié par les constatations de fait de la décision entreprise (art. 105 al. 1 LTF), ŕ moins qu'elles n'aient été établies en violation du droit ou de maničre manifestement inexacte au sens des art. 97 al. 1 et 105 al. 2 LTF, ŕ savoir, pour l'essentiel, de façon arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. Une décision n'est pas arbitraire du seul fait qu'elle apparaît discutable ou męme critiquable; il faut qu'elle soit manifestement insoutenable et cela non seulement dans sa motivation mais aussi dans son résultat (ATF 143 IV 241 consid. 2.3.1 p. 244). En matičre d'appréciation des preuves et d'établissement des faits, il n'y a arbitraire que lorsque l'autorité ne prend pas en compte, sans aucune raison sérieuse, un élément de preuve propre ŕ modifier la décision, lorsqu'elle se trompe manifestement sur son sens et sa portée, ou encore lorsque, en se fondant sur les éléments recueillis, elle en tire des conclusions insoutenables (ATF 140 III 264 consid. 2.3 p. 266 et les références citées). Le Tribunal fédéral n'entre ainsi pas en matičre sur les critiques de nature appellatoire (ATF 142 III 364 consid. 2.4 p. 368). La présomption d'innocence, garantie par les art. 10 CPP, 32 al. 1 Cst., 14 par. 2 Pacte ONU II et 6 par. 2 CEDH, ainsi que son corollaire, le principe "in dubio pro reo", concernent tant le fardeau de la preuve que l'appréciation des preuves (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 40 s.). Lorsque, comme en l'espčce, l'appréciation des preuves et la constatation des faits sont critiquées en référence au principe "in dubio pro reo", celui-ci n'a pas de portée plus large que l'interdiction de l'arbitraire (ATF 138 V 74 consid. 7 p. 82). 2.2. L'autorité précédente a exposé comment et dans quel but l'intimée 4 avait transféré des fonds aux recourants, ainsi que l'usage qui en avait été fait par ces derniers. Elle a par ailleurs indiqué dans le détail sur quels moyens de preuves elle avait fondé ses constatations ŕ cet égard, et en particulier pourquoi elle avait écarté la version des faits présentée par les recourants (cf. arręt attaqué p. 76 ss). 2.3. Le recourant 1 reproche ŕ la cour cantonale d'avoir retenu qu'aprčs que les parties eussent renoncé ŕ l'exécution du contrat du 19 septembre 2006, l'intimée 4 pouvait toujours espérer un retour sur investissement dans un délai de six ŕ sept mois, accompagné d'un bénéfice de 600'000 francs. L'autorité précédente n'a toutefois aucunement fait une telle constatation. Elle a retenu qu'il avait finalement été convenu d'investir les fonds de l'intimée 4 dans des obligations. Elle a ajouté que, selon le témoin R.________, un "retour sur investissement" aurait dű intervenir dans un délai d'un an, et que le prénommé n'avait pas été trčs précis ŕ cet égard. On voit mal en quoi la question de l'échéance du retour sur investissement rendrait arbitraire la constatation de la cour cantonale selon laquelle, d'une part, l'intimée 4 n'avait jamais eu l'intention de procéder ŕ des investissements ŕ long termes dans le domaine du recyclage et, d'autre part, les recourants n'avaient jamais investi les fonds dans des obligations mais avaient dilapidé le capital pour leurs dépenses personnelles. Le recourant 1 énumčre ensuite divers éléments ressortant de l'état de fait de la cour cantonale, en affirmant que ceux-ci auraient été retenus de maničre arbitraire. Son grief ne répond ŕ cet égard nullement aux exigences de motivation découlant des art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF. En outre, l'intéressé n'expose pas en quoi la correction des éventuels vices qu'il dénonce serait susceptible de modifier les constatations de l'autorité précédente relatives aux éléments constitutifs de l'infraction (cf. art. 97 al. 1 LTF). On ne voit pas, ainsi, en quoi la date de création de la société F.________ France ou l'identité exacte de l'auteur du courriel du 25 février 2008 seraient susceptibles d'influer sur le sort de la cause. Par ailleurs, le recourant 1 ne présente aucun élément propre ŕ faire apparaître comme arbitraire la constatation de la cour cantonale selon laquelle il avait, ainsi que son épouse, utilisé les fonds de l'intimée 4 en partie pour les dépenses du ménage. Enfin, contrairement ŕ ce qu'affirme le recourant 1, l'autorité précédente n'a nullement ignoré les liens ayant pu exister entre les sociétés F.________, R.________ et J.________, mais a considéré que ceux-ci ne permettaient pas de retenir que l'intimée 4 eűt investi ses fonds dans des projets similaires, conclusion dont le recourant 1 ne démontre nullement l'arbitraire. 2.4. Dans une section de son mémoire de recours intitulée "faits", la recourante 2 présente sa propre version des événements, en introduisant de nombreux éléments qui ne ressortent pas de l'arręt attaqué, sans toutefois démontrer en quoi la cour cantonale aurait arbitrairement omis de retenir ceux-ci (cf. art. 97 al. 1 LTF). Son argumentation est ainsi irrecevable ŕ cet égard. 2.5. La recourante 2 reproche ŕ la cour cantonale d'avoir pręté foi aux déclarations du témoin R.________ et d'avoir retenu, sur cette base, qu'aprčs l'abandon du contrat du 19 septembre 2006, il avait été convenu d'investir les fonds de l'intimée 4 dans des obligations ou dans un "instrument bancaire au sens large". Son argumentation est purement appellatoire et, partant, irrecevable, dčs lors qu'elle consiste ŕ pointer de prétendues contradictions ou invraisemblances dans le témoignage du prénommé, sans démontrer en quoi l'autorité précédente en aurait tiré des constatations insoutenables. La recourante 2 présente également une argumentation purement appellatoire et, partant, irrecevable, par laquelle elle oppose sa propre version des événements ŕ celle retenue par la cour cantonale, sans démontrer en quoi celle-ci serait tombée dans l'arbitraire. Il en va ainsi lorsqu'elle prétend qu'un investissement des fonds de l'intimée 4 aurait pu ętre prévu dans les sociétés F.________, sans que l'on perçoive en quoi il aurait été insoutenable, pour la cour cantonale, de retenir que tel n'avait pas été le cas en l'occurrence. Par ailleurs, la recourante 2 n'expose pas quelles constatations insoutenables auraient pu ętre tirées du témoignage de S.________. De męme, elle insinue que J.________ pourrait "avoir été lié ŕ de nombreuses opérations douteuses" et semblerait "avoir tenu un rôle central dans le cadre du déroulement des faits". Ce faisant, elle ne démontre aucunement en quoi la cour cantonale aurait versé dans l'arbitraire dans l'appréciation des preuves, mais prétend, par une démarche purement appellatoire, que toute la lumičre n'aurait pas été faite sur le rôle exact du prénommé. La recourante 2 ne développe par ailleurs aucun grief recevable concernant d'éventuelles lacunes dans l'état de fait ou une éventuelle violation de son droit d'ętre entendue en raison de l'absence d'audition de J.________. Au demeurant, la recourante 2 ne conteste pas les constatations de la cour cantonale concernant les liens et relations d'affaires qu'elle-męme et son époux ont entretenus avec le prénommé. La recourante 2 reproche encore ŕ la cour cantonale d'avoir retenu qu'aprčs avoir été crédités ŕ la Banque K.________, les fonds de l'intimée 4 avaient été trčs partiellement transférés vers les sociétés F.________ ainsi que, majoritairement, vers ses propres comptes personnels ou ceux du recourant 1. Elle oppose toutefois ŕ cette constatation une argumentation purement appellatoire et, partant irrecevable, par laquelle elle affirme que le train de vie de son couple était assuré par l'argent provenant de sa famille. Cette allégation ne contredit aucunement l'état de fait de la cour cantonale, laquelle n'a ignoré ni l'aide financičre dont avaient bénéficié les recourants, ni les capitaux ayant été injectés dans les sociétés F.________. On ne perçoit pas, sur la base des arguments de la recourante, comment auraient été utilisés les fonds de l'intimée 4 sinon pour des dépenses privées du couple. Enfin, le recourante 2 rediscute librement l'appréciation des preuves en prétendant que l'intimée 4 n'aurait pu ignorer quels investissements étaient prévus pour ses fonds, sans démontrer en quoi la cour cantonale aurait versé dans l'arbitraire en établissant les faits notamment sur la base de ses déclarations jugées crédibles ŕ cet égard. 2.6. Compte tenu de ce qui précčde, le grief doit ętre rejeté dans la mesure oů il est recevable. 3. Les recourants font grief ŕ la cour cantonale d'avoir établi les faits et apprécié les preuves de maničre arbitraire concernant les événements dénoncés dans la plainte des intimés 2 et 3. 3.1. La cour cantonale a exposé pourquoi elle avait privilégié la version des faits présentée par les intimés 2 et 3, ce qui l'avait en substance amenée ŕ constater que ces derniers avaient remis des fonds aux recourants afin de payer de nombreuses factures, présentées par ceux-ci, dont les montants ne correspondaient pas ŕ la valeur des biens ou services concernés (cf. arręt attaqué p. 82 ss). 3.2. Le recourant 1 reproche ŕ la cour cantonale d'avoir considéré que lui-męme et son épouse s'étaient rendus coupables de faux dans les titres ŕ propos des "factures destinées ŕ ętre incorporées dans la comptabilité de M.________ Suisse". Selon lui, rien ne permettrait de retenir que les factures en question devaient ętre incorporées dans la comptabilité de cette société ni qu'elles auraient eu pour but de fausser ladite comptabilité. Cette question peut ętre laissée ouverte, compte tenu de ce qui sera exposé ultérieurement (cf. consid. 5.2 infra). 3.3. Le recourant 1 reproche ŕ la cour cantonale d'avoir retenu qu'il avait eu l'intention de s'enrichir en payant les composantes surfacturées aux sociétés N.________ Ltd, Q.________ Ltd, P.________ Ltd ou O.________ Ltd, ou qu'il s'était d'une quelconque maničre enrichi en faisant payer aux intimés 2 et 3 les factures indument élevées adressées aux sociétés M.________. Cette argumentation procčde d'une lecture biaisée de l'arręt attaqué. En effet, on comprend de celui-ci que la cour cantonale a considéré qu'il n'était pas prouvé que la majeure partie des montants versés par les intimés 2 et 3 eűt été remise aux fournisseurs des sociétés M.________, ce qui paraissait d'autant moins vraisemblable qu'aucune quittance n'avait été obtenue ŕ cet égard et que les recourants avaient prétendu avoir payé les marchandises en liquide nonobstant l'importance des sommes concernées ou l'éloignement géographique. Il ressort ainsi de l'arręt attaqué que les recourants ont conservé ŕ tout le moins en partie les montants litigieux dans leur propre intéręt, contrairement ŕ leurs allégations sur ce point. Le recourant ne démontre pas en quoi la cour cantonale aurait versé dans l'arbitraire ŕ cet égard. 3.4. Le recourant 1 reproche ŕ la cour cantonale d'avoir retenu que les bocaux avaient été surfacturés aux intimés 2 et 3, puisqu'aucun élément n'avait été spécialement manufacturé par les sociétés N.________ Ltd, Q.________ Ltd, P.________ Ltd ou O.________ Ltd et compte tenu de la qualité du polymčre expertisé ou du fait que certains bocaux eussent été fabriqués dčs 2009. Il prétend que les prix facturés auraient correspondu ŕ ceux négociés avec les sociétés N.________ Ltd et O.________ Ltd avant que les intimés 2 et 3 n'eussent pris part au projet et que la recourante 2 aurait procédé ŕ des acquisitions de bocaux ŕ des "prix proches" de ceux facturés ŕ la société M.________ Suisse. Ce faisant, il ne démontre nullement en quoi il aurait été insoutenable, pour la cour cantonale, de retenir que les prix auxquels les éléments avaient été facturés aux sociétés M.________ étaient largement supérieurs ŕ la valeur réelle des marchandises et que les recourants le savaient compte tenu des recherches qu'ils avaient effectuées en la matičre, y compris en Asie. L'argumentation du recourant 1 est par ailleurs purement appellatoire et, partant, irrecevable, dans la mesure oů elle consiste ŕ affirmer qu'il aurait pu, ŕ l'instar des intimés 2 et 3, ignorer que les éléments provenant de sociétés chinoises étaient surfacturés, sans démontrer en quoi la cour cantonale aurait versé dans l'arbitraire en retenant qu'il était au contraire conscient, tout comme la recourante 2, du caractčre largement excessif des montants facturés aux sociétés M.________. 3.5. La recourante 2 reproche ŕ la cour cantonale d'avoir considéré que l'intimée 2 lui avait versé ŕ deux reprises 70'000 fr., les 8 et 18 octobre 2013, afin de payer la caution du recourant 1. Son argumentation est toutefois purement appellatoire et, partant, irrecevable, dčs lors qu'elle se limite ŕ affirmer qu'un doute subsisterait quant ŕ l'affectation prévue de ces sommes, sans aucunement démontrer en quoi il aurait été insoutenable, pour l'autorité précédente, de retenir la version des faits de l'intimée 2, corroborée par divers éléments du dossier, évoqués par la cour cantonale, que la recourante 2 ne conteste pas. 3.6. La recourante 2 fait grief ŕ la cour cantonale d'avoir retenu qu'elle avait, avec son époux, procédé ŕ des surfacturations relatives aux pičces acquises par les sociétés M.________. Elle se réfčre, ŕ cet égard, ŕ une pičce produite dans le cadre de la procédure d'appel et qui démontrerait, selon elle, l'inexistence de toute facturation s'agissant du prix des bocaux, puisque ce document prouverait qu'elle avait, en septembre 2012, procédé ŕ l'achat d'échantillons de bocaux T.________ "ŕ des prix largement supérieurs" ŕ ceux retenus par la cour cantonale. En outre, la recourante 2 explique les raisons pour lesquelles des bocaux fabriqués en 2009 lui auraient été livrés en 2014. Outre que l'on ignore totalement sur quelles marchandises porte la pičce dont la recourante 2 fait grand cas, on ne voit pas en quoi celle-ci ferait apparaître comme arbitraires les constatations de la cour cantonale. En effet, il ressort de l'arręt attaqué que les recourants ont falsifié des dizaines de factures afin de faire payer aux intimés 2 et 3 des montants sans commune mesure avec la valeur réelle des marchandises obtenues. Il en ressort également que les recourants avaient connaissance de cette valeur eu égard aux recherches effectuées en la matičre. Partant, ŕ supposer męme que la recourante 2 eűt acquis, en 2012, pour quelque 3'000 USD de marchandises supposément trop chčres, cela ne rendrait nullement insoutenable les constatations de l'autorité précédente concernant les mensonges des recourants, la conservation d'au moins une partie des sommes versées par les intimés 2 et 3 ou encore la facturation des marchandises aux sociétés M.________ ŕ des prix largement supérieurs ŕ leur prix d'achat. Par ailleurs, ŕ supposer, comme le prétend la recourante 2, que les bocaux datant de 2009 eussent été livrés en 2014 seulement, cela ne contredirait en rien la constatation de la cour cantonale selon laquelle aucune pičce n'avait été manufacturée spécialement pour les sociétés M.________, ce qui excluait le prix annoncé, cent fois supérieur ŕ celui du marché. Enfin, la recourante 2 reproche ŕ la cour cantonale de ne pas avoir suffisamment considéré le contrat conclu en février 2012 entre N.________ Ltd et O.________ Ltd et en particulier le prix des marchandises y figurant. A cet égard également, on ne voit pas en quoi ce document ferait apparaître les constatations de l'autorité précédente comme insoutenables, dčs lors qu'il n'est pas reproché aux recourants d'avoir dissimulé le prix des bocaux aux intimés 2 et 3 avant la premičre commande, mais bien d'avoir réclamé ŕ ceux-ci des sommes qui ne correspondaient aucunement aux marchandises obtenues. 3.7. La recourante 2 reproche en outre ŕ la cour cantonale d'avoir constaté qu'il existait des liens étroits entre elle-męme, le recourant 1 et les sociétés O.________ Ltd et P.________ Ltd. Outre que l'on voit mal en quoi la correction d'un éventuel vice serait, ŕ cet égard, susceptible d'influer sur le sort de la cause (cf. art. 97 al. 1 LTF) - l'autorité précédente n'ayant en définitive pas retenu que les recourants étaient organiquement liés ŕ ces sociétés -, la recourante 2 ne démontre nullement en quoi la cour cantonale aurait versé dans l'arbitraire sur ce point. Il n'apparaissait en effet nullement insoutenable de retenir l'existence des liens en question sur la base du poste occupé par le frčre de la recourante 2 au sein la société O.________ Ltd, du rôle qu'aurait joué ce frčre, aux dires des recourants, dans le projet T.________, de la facture adressée ŕ une société M.________ portant l'en-tęte de Q.________ Ltd mais les coordonnées bancaires de P.________ Ltd, du pręt accordé par cette société ŕ un étudiant de l'Ecole D.________ pour les cours prodigués ŕ la fille des recourants ou encore du fait que des représentants de O.________ Ltd avaient été hébergés au domicile des recourants, éléments que la recourante 2 ne remet pas en cause. Enfin, la recourante 2 livre une argumentation purement appellatoire et, partant, irrecevable, par laquelle elle rediscute intégralement l'appréciation portée par la cour cantonale sur le rôle des intimés 2 et 3, en particulier s'agissant de la confiance accordée aux recourants et des raisons qu'ils avaient de ne pas douter que les marchandises commandées fussent manufacturées spécialement pour leur projet, sans démontrer en quoi celle-ci aurait versé dans l'arbitraire ŕ cet égard. Au demeurant, on voit mal, s'il n'existait pas un lien de confiance particulier entre l'intimée 2 et les recourants, pourquoi celle-ci aurait, comme l'allčgue la recourante 2, accordé divers pręts ŕ cette derničre ainsi qu'ŕ son époux. 3.8. Au vu de ce qui précčde, le grief doit ętre rejeté dans la mesure oů il est recevable. 4. Le recourant 1 reproche ŕ la cour cantonale d'avoir violé l'art. 138 CP. 4.1. Commet un abus de confiance au sens de l'art. 138 ch. 1 al. 2 CP, celui qui, sans droit, aura employé ŕ son profit ou au profit d'un tiers des valeurs patrimoniales qui lui avaient été confiées. Sur le plan objectif, l'infraction suppose qu'une valeur ait été confiée, autrement dit que l'auteur ait acquis la possibilité d'en disposer, mais que, conformément ŕ un accord (exprčs ou tacite) ou un autre rapport juridique, il ne puisse en faire qu'un usage déterminé, en d'autres termes, qu'il l'ait reçue ŕ charge pour lui d'en disposer au gré d'un tiers, notamment de la conserver, de la gérer ou de la remettre (ATF 133 IV 21 consid. 6.2 p. 27). Le comportement délictueux consiste ŕ utiliser la valeur patrimoniale contrairement aux instructions reçues, en s'écartant de la destination fixée (ATF 129 IV 257 consid. 2.2.1 p. 259). L'alinéa 2 de l'art. 138 ch. 1 CP ne protčge pas la propriété, mais le droit de celui qui a confié la valeur ŕ ce que celle-ci soit utilisée dans le but qu'il a assigné et conformément aux instructions qu'il a données; est ainsi caractéristique de l'abus de confiance au sens de cette disposition le comportement par lequel l'auteur démontre clairement sa volonté de ne pas respecter les droits de celui qui lui fait confiance (ATF 129 IV 257 consid. 2.2.1 p. 259; 121 IV 23 consid. 1c p. 25). Du point de vue subjectif, l'auteur doit avoir agi intentionnellement et dans un dessein d'enrichissement illégitime. Celui qui dispose ŕ son profit ou au profit d'un tiers d'un bien qui lui a été confié et qu'il s'est engagé ŕ tenir en tout temps ŕ disposition de l'ayant droit s'enrichit illégitimement s'il n'a pas la volonté et la capacité de le restituer immédiatement en tout temps. Celui qui ne s'est engagé ŕ tenir le bien confié ŕ disposition de l'ayant droit qu'ŕ un moment déterminé ou ŕ l'échéance d'un délai déterminé ne s'enrichit illégitimement que s'il n'a pas la volonté et la capacité de le restituer ŕ ce moment précis (ATF 118 IV 27 consid. 3a p. 29 s.). Le dessein d'enrichissement illégitime fait en revanche défaut si, au moment de l'emploi illicite de la valeur patrimoniale, l'auteur en paie la contre-valeur, s'il avait ŕ tout moment ou, le cas échéant, ŕ la date convenue ŕ cet effet, la volonté et la possibilité de le faire ("Ersatzbereitschaft"; ATF 118 IV 32 consid. 2a p. 34) ou encore s'il était en droit de compenser (ATF 105 IV 29 consid. 3a p. 34 s.). 4.2. Le recourant 1 ne conteste pas qu'une somme de 2,2 millions d'USD lui ait été confiée, ainsi qu'ŕ la recourante 2, par l'intimée 4. Il conteste l'existence d'une quelconque instruction relative ŕ l'utilisation de ces fonds par cette derničre. A cet égard, son argumentation s'écarte de l'état de fait de la cour cantonale, qui lie le Tribunal fédéral (cf. art. 105 al. 1 LTF) et dont il n'a pas démontré l'arbitraire (cf. consid. 2 supra). L'autorité précédente a en effet retenu que les fonds concernés devaient ętre investis dans un "instrument bancaire au sens large", comportant des "opérations sur obligations". Ainsi, contrairement ŕ ce que prétend le recourant 1, męme s'il lui était possible dans une certaine mesure de disposer de l'argent de l'intimée 4, afin de procéder aux investissements précités, il ne lui était nullement loisible d'utiliser celui-ci comme bon lui semblait. Pour le reste, l'autorité précédente a retenu que les fonds de l'intimée 4 devaient lui ętre restitués "en tout cas ŕ moyen terme", soit ŕ un moment relativement indéterminé. Quoi qu'il en soit, il ressort de l'arręt attaqué qu'aprčs avoir reçu les fonds concernés, les recourants n'ont aucunement procédé ŕ des investissements de la nature de ceux qui avaient été prévus, mais les ont dilapidés, sans avoir par la suite eu la capacité ni la volonté de restituer ceux-ci, jusqu'ŕ ce que le capital eűt intégralement disparu en juin 2009. Compte tenu de ce qui précčde, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en considérant que les éléments constitutifs de l'abus de confiance étaient réalisés. Le grief doit ętre rejeté dans la mesure oů il est recevable. 5. Les recourants reprochent ŕ la cour cantonale d'avoir violé l'art. 251 CP. 5.1. Selon l'art. 251 CP, se rend coupable de faux dans les titres celui qui, dans le dessein de porter atteinte aux intéręts pécuniaires ou aux droits d'autrui, ou de se procurer ou de procurer ŕ un tiers un avantage illicite, aura créé un titre faux, falsifié un titre, abusé de la signature ou de la marque ŕ la main réelles d'autrui pour fabriquer un titre supposé, ou constaté ou fait constater faussement, dans un titre, un fait ayant une portée juridique, ou aura, pour tromper autrui, fait usage d'un tel titre. L'art. 251 ch. 1 CP vise non seulement un titre faux ou la falsification d'un titre (faux matériel), mais aussi un titre mensonger (faux intellectuel). Il y a faux matériel lorsque l'auteur réel du document ne correspond pas ŕ l'auteur apparent, alors que le faux intellectuel vise un titre qui émane de son auteur apparent, mais dont le contenu ne correspond pas ŕ la réalité (ATF 126 IV 65 consid. 2a p. 67). Un simple mensonge écrit ne constitue pas un faux intellectuel. La confiance que l'on peut avoir ŕ ne pas ętre trompé sur la personne de l'auteur est plus grande que celle que l'on peut avoir ŕ ce que l'auteur ne mente pas par écrit; pour cette raison, la jurisprudence exige, dans le cas du faux intellectuel, que le document ait une crédibilité accrue et que son destinataire puisse s'y fier raisonnablement. Une simple allégation, par nature sujette ŕ vérification ou discussion, ne suffit pas; il doit résulter des circonstances concrčtes ou de la loi que le document est digne de confiance, de telle sorte qu'une vérification par le destinataire n'est pas nécessaire et ne saurait ętre exigée (ATF 138 IV 130 consid. 2.1 p. 134; 132 IV 12 consid. 8.1 p. 14 s.; 129 IV 130 consid. 2.1 p. 133 s.; 126 IV 65 consid. 2a p. 67 s.). 5.2. La cour cantonale a indiqué que les recourants devaient ętre reconnus coupables de faux dans les titres pour les factures destinées ŕ ętre incorporées dans la comptabilité de M.________ Suisse (cf. arręt attaqué p. 88). Selon l'acte d'accusation du 23 décembre 2015, dans les sections consacrées ŕ l'infraction de faux dans les titres, deux factures comportent la société M.________ Suisse comme destinataire, l'une du 26 février 2014 portant l'en-tęte de Q.________ Ltd et l'autre du 7 mars 2014 portant l'en-tęte de P.________ Ltd. Si l'on peut ainsi déduire de l'arręt attaqué que l'infraction de faux dans les titres devrait concerner ces deux factures, on ignore s'il pourrait s'agir de faux matériels - soit établis faussement par les recourants au nom des deux sociétés précitées -, ou de faux intellectuels. A cet égard, l'autorité précédente n'a aucunement exposé en quoi ces factures - ŕ supposer qu'il s'agisse bien et uniquement de celles-ci - auraient revętu les caractéristiques de faux intellectuels dans les titres. La mention d'une insertion dans la comptabilité de M.________ Suisse laisse ŕ penser que la cour cantonale a considéré ces documents comme des pičces comptables, ce qui ne ressort cependant nullement de l'état de fait ou de la motivation de l'arręt attaqué, non plus d'ailleurs que de l'acte d'accusation. Compte tenu de ce qui précčde, la motivation de la cour cantonale ne permet pas de déterminer si les recourants ont réalisé les éléments constitutifs de l'infraction de faux dans les titres. L'arręt attaqué doit donc ętre annulé et la cause renvoyée ŕ l'autorité cantonale afin qu'elle complčte l'état de fait sur ce point et examine ŕ nouveau si une telle infraction a été commise par les recourants (cf. art. 112 al. 3 LTF). 6. Le recourant 1 reproche ŕ la cour cantonale d'avoir violé l'art. 146 CP. Il développe toutefois ŕ cet égard une argumentation identique ŕ celle portant sur l'établissement des faits, sans avoir démontré, sur ce point, que l'autorité précédente aurait versé dans l'arbitraire (cf. consid. 3.3 supra). Pour le reste, le recourant 1 ne présente aucune argumentation spécifique, fondée sur l'état de fait résultant de l'arręt attaqué, portant sur une éventuelle violation de l'art. 146 CP. De la sorte, il ne soulčve aucun grief recevable en la matičre. 7. Le recourant 1 soutient que les conclusions civiles prises par les intimés et qui ont été allouées ŕ ces derniers par la cour cantonale devraient ętre rejetées. Son argumentation suppose cependant un acquittement préalable des infractions pour lesquelles il a été condamné. Elle est ainsi sans objet s'agissant des infractions d'abus de confiance et d'escroquerie par métier, pour lesquelles sa condamnation est confirmée. Pour le reste, il n'apparaît pas - et le recourant 1 ne le prétend pas davantage - que des conclusions civiles auraient été allouées aux intimés 2 et 3 spécifiquement sur la base de l'infraction de faux dans les titres, concernant laquelle la cause doit ętre renvoyée ŕ l'autorité cantonale (cf. consid. 5.2 supra). Dans cette mesure, ŕ défaut de répondre aux exigences de motivation découlant de l'art. 42 al. 2 LTF, le grief est irrecevable. 8. Au vu de ce qui précčde, les recours doivent ętre partiellement admis (cf. consid. 5.2 supra). Les recourants, qui n'obtiennent que partiellement gain de cause, supporteront une partie des frais judiciaires (art. 66 al. 1 LTF). Ils peuvent prétendre ŕ des dépens réduits, ŕ la charge du canton de Genčve (art. 68 al. 1 LTF). La requęte d'assistance judiciaire présentée par le recourant 1 est sans objet dans la mesure oů ce dernier a droit ŕ des dépens; elle doit ętre rejetée pour le reste, dčs lors que le recours était dénué de chances de succčs s'agissant des aspects sur lesquels celui-ci a succombé (art. 64 al. 1 LTF). Les frais judiciaires mis ŕ la charge du recourant 1 seront cependant fixés en tenant compte de sa situation économique, laquelle n'apparaît pas favorable (art. 65 al. 2 LTF). Dčs lors que l'admission du recours porte sur une insuffisance de l'état de fait, il peut ętre procédé au renvoi sans ordonner préalablement un échange d'écritures (cf. ATF 133 IV 293 consid. 3.4.2 p. 296). Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce : 1. Les causes 6B_1265/2017 et 6B_1271/2017 sont jointes. 2. Les recours de X.X.________ et de Y.X.________ sont partiellement admis, l'arręt attaqué est annulé et la cause est renvoyée ŕ l'autorité cantonale pour nouvelle décision. Pour le surplus, les recours sont rejetés dans la mesure oů ils sont recevables. 3. La demande d'assistance judiciaire de X.X.________ est rejetée dans la mesure oů elle n'est pas sans objet. 4. Une partie des frais judiciaires, arrętée ŕ 800 fr., est mise ŕ la charge de X.X.________. 5. Une partie des frais judiciaires, arrętée ŕ 2'000 fr., est mise ŕ la charge de Y.X.________. 6. Le canton de Genčve versera ŕ X.X.________ une indemnité de 1'000 fr. ŕ titre de dépens réduits pour la procédure devant le Tribunal fédéral. 7. Le canton de Genčve versera ŕ Y.X.________ une indemnité de 1'000 fr. ŕ titre de dépens réduits pour la procédure devant le Tribunal fédéral. 8. Le présent arręt est communiqué aux parties et ŕ la Cour de justice de la République et canton de Genčve, Chambre pénale d'appel et de révision. Lausanne, le 26 mars 2018 Au nom de la Cour de droit pénal du Tribunal fédéral suisse Le Président : Denys Le Greffier : Graa