Bundesgericht Tribunal fédéral Tribunale federale Tribunal federal {T 0/2} 6B_552/2009 Arręt du 21 décembre 2009 Cour de droit pénal Composition MM. les Juges Favre, Président, Schneider et Mathys. Greffičre: Mme Paquier-Boinay. Parties X.________, représenté par Me Jean-Pierre Garbade, avocat, recourant, contre Office pénitentiaire du canton de Genčve, avenue Trembley 16, 1209 Genčve, intimé. Objet Prolongation du régime de sécurité renforcée; arbitraire, droit d'ętre entendu, recours contre l'arręt de la Chambre pénale de la Cour de justice du canton de Genčve, du 22 juin 2009. Faits: A. Par décision du 4 février 2009, la direction générale de l'office pénitentiaire genevois a prolongé pour une durée de six mois le placement en régime de sécurité renforcée de X.________, lequel purge actuellement une peine de 20 ans de réclusion. B. Statuant le 22 juin 2009 sur le recours formé par X.________, la Chambre pénale de la Cour de justice genevoise a confirmé cette décision. C. X.________ forme un recours en matičre pénale contre cet arręt. Il conclut, avec suite de frais et dépens, principalement ŕ l'annulation de l'arręt attaqué ainsi que de la décision de la direction de l'office pénitentiaire, ŕ ce que soit ordonnée sa libération immédiate du régime d'isolement cellulaire et constaté que l'autorité cantonale n'a pas respecté son droit ŕ l'examen du recours dans un délai raisonnable. Subsidiairement, il conclut ŕ ce que soit constaté le fait que l'office pénitentiaire a violé son droit d'ętre entendu. Le recourant sollicite en outre l'assistance judiciaire. Il a ultérieurement, par l'intermédiaire de son mandataire, informé la cour de céans qu'il avait été transféré au pénitencier cantonal de la Stampa, ŕ Lugano, et placé en régime ordinaire de détention. D. Invitée ŕ présenter des observations, la direction générale de l'office pénitentiaire a conclu ŕ ce que le recours soit déclaré irrecevable. Pour sa part, la cour cantonale, se référant aux considérants de son arręt, a déclaré n'avoir pas d'observations ŕ formuler. Sans y avoir été invité, le mandataire du recourant a produit une réplique, dans laquelle il avance certaines rectifications relatives ŕ des points de fait. Considérant en droit: 1. Conformément ŕ l'art. 78 al. 2 let. b LTF, le recours en matičre pénale est recevable contre les décisions sur l'exécution de peines et de mesures. Lorsque, comme en l'espčce, la décision attaquée a été rendue en application de rčgles cantonales régissant les modalités d'exécution des peines, seule peut ętre invoquée une violation du droit fédéral au sens de l'art. 95 let. a LTF. En conséquence, la recevabilité d'un tel recours est soumise aux rčgles accrues de motivation découlant de l'art. 106 al. 2 LTF, ce qui implique que le Tribunal fédéral ne peut examiner que les griefs invoqués et suffisamment motivés dans l'acte de recours. Par ailleurs, l'art. 81 al. 1 let. b LTF fait dépendre la qualité pour former un recours en matičre pénale notamment de l'existence d'un intéręt juridique ŕ l'annulation ou ŕ la modification de la décision attaquée. Cet intéręt doit en principe ętre encore actuel au moment oů le Tribunal fédéral statue, ŕ moins que la contestation puisse se reproduire en tout temps dans des circonstances identiques ou analogues, que sa nature ne permette pas de la soumettre ŕ une autorité judiciaire avant qu'elle ne perde son actualité et qu'en raison de leur portée de principe il existe un intéręt public suffisamment important ŕ la solution des questions litigieuses (voir ATF 135 I 79 consid. 1.1 p. 81 et l'arręt cité). Le recourant, dont la sanction disciplinaire a été levée, n'a plus d'intéręt actuel et pratique ŕ l'admission de son recours. Toutefois, dans le cas d'un détenu dont la sanction disciplinaire avait déjŕ été exécutée mais qui était encore incarcéré, le Tribunal fédéral a admis que le recours était recevable car on ne pouvait exclure qu'une nouvelle sanction disciplinaire soit prononcée contre lui et exécutée dans les męmes conditions. Comme par ailleurs ce type de mesure est en rčgle générale d'une durée relativement courte, le Tribunal ne pourrait jamais se prononcer ŕ ce propos si on s'en tenait strictement ŕ l'exigence de l'intéręt actuel (ATF 124 I 231 consid. 1b p. 233). La situation est cependant passablement différente en l'espčce. En effet, non seulement la mesure de placement en régime de sécurité renforcée infligée au recourant a été levée, mais celui-ci a en outre été transféré dans un autre pénitencier, au Tessin, oů il poursuit l'exécution de sa peine. Comme le concordat sur l'exécution des peines privatives de liberté et des mesures concernant les adultes et les jeunes adultes dans les cantons latins prévoit, ŕ son art. 19, que les détenus placés dans un établissement concordataire sont soumis aux prescriptions légales et réglementaires du canton oů l'établissement a son sičge, notamment en matičre disciplinaire, ce changement modifie considérablement la situation du recourant dans ce domaine. Il n'y a donc pas de raison de considérer a priori que le recourant soit exposé au risque de se voir infliger une nouvelle sanction disciplinaire dans des conditions analogues ŕ celles dans lesquelles la mesure attaquée par le présent recours a été prononcée. Il y a dčs lors lieu d'admettre que le recours n'est pas recevable faute d'un intéręt actuel du recourant ŕ l'annulation de l'arręt attaqué. 2. Au moment oů le recours a été formé, il n'était pas dénué d'un intéręt actuel, de sorte qu'il faut, pour déterminer le sort des frais de la cause, examiner la situation ŕ cette époque-lŕ. Le recourant émet divers griefs ŕ l'encontre de l'arręt attaqué. Compte tenu du caractčre passablement succinct de celui-ci, qui ne se prononce pas ou alors trčs bričvement sur certains points, notamment la question, pourtant soulevée devant l'autorité cantonale, de la violation du droit d'ętre entendu, on ne saurait considérer que les conclusions du recourant étaient d'emblée vouées ŕ l'échec. Toutefois, certains moyens, tel celui tiré de l'absence de base légale suffisante pour justifier la mesure contestée, apparaissent de prime abord dénués de chances de succčs, de sorte que l'assistance judiciaire sera partiellement accordée au recourant (art. 64 al. 1 LTF). Celui-ci peut ainsi prétendre ŕ des dépens réduits ŕ la charge du canton de Genčve (art. 68 al. 1 LTF). Il n'y a en revanche pas lieu de charger ce dernier de frais (art. 66 al. 4 LTF), alors que le recourant supportera des frais réduits ŕ raison du sort de la requęte d'assistance judiciaire et de sa situation financičre. Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce: 1. Le recours est irrecevable. 2. La requęte d'assistance judiciaire est partiellement admise. 3. Les frais judiciaires, arrętés ŕ 500 fr., sont mis ŕ la charge du recourant. 4. Le canton de Genčve versera au recourant une indemnité de 1500 fr. ŕ titre de dépens. 5. Le présent arręt est communiqué aux parties et ŕ la Chambre pénale de la Cour de justice du canton de Genčve. Lausanne, le 21 décembre 2009 Au nom de la Cour de droit pénal du Tribunal fédéral suisse Le Président: La Greffičre: Favre Paquier-Boinay