Bundesgericht Tribunal fédéral Tribunale federale Tribunal federal {T 0/2} 6B_917/2013 Arręt du 6 novembre 2013 Cour de droit pénal Composition MM. les Juges fédéraux Mathys, Président, Schneider et Denys. Greffičre: Mme Cherpillod. Participants ŕ la procédure X.________, représenté par Me Christophe Piguet, avocat, recourant, contre Ministčre public de la Confédération, Taubenstrasse 16, 3003 Berne, intimé. Objet Indemnité pour détention illicite, recours contre la décision du Tribunal pénal fédéral, Cour des plaintes, du 14 aoűt 2013. Faits: A. Par jugement du 28 juin 2012, la Cour des affaires pénales du Tribunal pénal fédéral (ci-aprčs: la Cour des affaires pénales du TPF) a condamné X.________ ŕ une peine privative de liberté de 78 mois - sous déduction de 837 jours de détention provisoire et pour des motifs de sűreté - pour plusieurs infractions, dont la participation ŕ une organisation criminelle (art. 260 ter CP). Par décision du męme jour, la Cour des affaires pénales du TPF a maintenu le prénommé en détention pour des motifs de sűreté afin de garantir l'exécution de la peine prononcée, en application de l'art. 231 al. 1 let. a CPP. Le 22 octobre 2012, X.________ s'est plaint du fait que la détention pour des motifs de sűreté serait devenue illicite dčs le 29 septembre 2012, soit ŕ l'échéance d'un délai de trois mois ŕ compter de son prononcé. Considérant que le prénommé demandait sa mise en liberté immédiate, la Cour des affaires pénales du TPF a rejeté cette requęte et maintenu l'intéressé en détention pour des motifs de sűreté, par décision du 30 octobre 2012. X.________ a contesté cette décision auprčs de la Cour des plaintes du TPF, qui a déclaré son recours irrecevable par décision du 11 décembre 2012. Par arręt 1B_755/2012 du 17 janvier 2013 (en partie publié in ATF 139 IV 94), le Tribunal fédéral a partiellement admis le recours de X.________. En bref, il a considéré qu'ŕ l'échéance du délai de trois mois, soit le 29 septembre 2012, il incombait ŕ la Cour des affaires pénales du TPF de réexaminer d'office la détention pour des motifs de sűreté et de la prolonger le cas échéant. Comme cette autorité n'y avait procédé que le 30 octobre 2012, la détention ne reposait sur aucun titre valable entre le 29 septembre et le 30 octobre 2012 (consid. 2.3.2). Le Tribunal fédéral a constaté l'irrégularité, mis les frais de justice ŕ la charge de l'Etat et octroyé de pleins dépens (3'000 fr.). Il a mentionné que, le cas échéant, X.________ pouvait introduire une procédure d'indemnisation prévue ŕ l'art. 431 CPP (consid. 2.4). B. X.________ a déposé une demande d'indemnisation devant la Cour des affaires pénales du TPF, réclamant l'allocation de 8'000 francs. Par décision du 24 avril 2013, cette autorité lui a accordé 300 francs. C. Saisie d'un recours de X.________ contre cette décision, la Cour des plaintes du TPF l'a rejeté par décision du 14 aoűt 2013. D. X.________ forme un recours en matičre pénale au Tribunal fédéral contre cette décision, concluant, sous suite de dépens, ŕ sa réforme en ce sens qu'il lui est octroyé une indemnité qui n'est pas inférieure ŕ 6'200 fr., soit une indemnité journaličre de 200 fr. ŕ titre de tort moral pour la détention subie entre le 29 septembre et le 30 octobre 2012. Subsidiairement, il conclut ŕ l'annulation. Il sollicite par ailleurs l'assistance judiciaire. Considérant en droit: 1. Aux termes de l'art. 79 LTF, le recours est irrecevable contre les décisions de la Cour des plaintes du TPF, sauf si elles portent sur des mesures de contrainte. La jurisprudence ne fait d'exception ŕ cette rčgle que si et dans la mesure oů la décision attaquée prononce une confiscation (cf. ATF 133 IV 278 consid. 1.2 p. 282). La décision attaquée rendue par la Cour des plaintes du TPF s'inscrit dans le cadre d'une procédure d'indemnisation. L'indemnisation n'est pas assimilable ŕ une mesure de contrainte (cf. arręt 6B_119/2013 du 11 avril 2013 consid. 1). Que la procédure d'indemnisation repose en l'occurrence sur une mesure de contrainte illicite n'y change rien, l'enjeu de la procédure s'en tenant ŕ l'indemnisation, sa quotité en l'occurrence. Le recourant ne saurait non plus trouver argument du passage de l'ATF 139 IV 94 consid. 2.4 p. 97 précité, oů le Tribunal fédéral signale qu'il ne lui incombe pas de statuer en premičre instance sur l'indemnisation. On ne saurait en déduire un affranchissement des exigences de l'art. 79 LTF pour la voie du recours en matičre pénale. Rien n'impose en l'espčce de déroger ŕ la rčgle de l'art. 79 LTF, qui vise précisément ŕ décharger le Tribunal fédéral. Le législateur a clairement voulu limiter les possibilités de recours ŕ l'autorité supręme de la Confédération (cf. arręt 6B_119/2013 du 11 avril 2013 consid. 1). Il s'ensuit que le recours est irrecevable, faute d'ętre dirigé contre une mesure de contrainte. A noter au demeurant que si l'indemnisation de 300 fr. octroyée est modeste, le recourant n'apporte aucun argument déterminant pour la contrer. Par l'ATF 139 IV 94 précité, il a déjŕ obtenu le constat du caractčre illicite de la mesure de contrainte et l'allocation de pleins dépens, conformément ŕ ce que prévoit la jurisprudence (ATF 139 IV 179 consid. 2.7 p. 186; 137 IV 118 consid. 2.2 p. 121 s.). L'obtention, en sus, d'une indemnisation implique la démonstration par le recourant de son dommage ou du tort moral subi, conformément aux art. 41 ss CO (cf. WEHRENBERG/BERNHARD, in Basler Kommentar, Schweizerische Strafprozessordnung, 2011, n° 9 ad art. 431 CPP). Contrairement ŕ ce que suppose le recourant, l'absence de titre de détention valable ne saurait nécessairement impliquer une indemnisation de 200 fr. par jour, laquelle, outre qu'elle dépend des circonstances concrčtes, concerne la situation différente du prévenu libéré ou qui a subi une période de détention provisoire plus longue que la peine infligée (cf. arręt 6B_53/2013 du 8 juillet 2013 consid. 3 non publié in ATF 139 IV 243). Il incombait en l'espčce au recourant d'établir quel tort moral découlait directement de l'absence de titre de détention pour la période du 29 septembre au 30 octobre 2012. C'est de maničre non pertinente qu'il invoque le contexte de sa détention de quelque deux ans et demi ou l'absence de motivation du jugement de condamnation dans le délai de l'art. 84 al. 4 CPP. C'est aussi en vain qu'il laisse entendre que le montant alloué n'aurait rien de dissuasif pour l'autorité. L'indemnisation n'a pas pour rôle de sanctionner l'autorité. Le constat du caractčre illicite dans l'arręt publié in ATF 139 IV 94 suffit d'ailleurs ŕ considérer que l'autorité veillera dorénavant ŕ éviter la répétition de situations similaires. En définitive, le recourant n'apporte aucun élément pour justifier le tort moral qu'il invoque, lequel doit uniquement et immédiatement résulter de l'absence de titre de détention pour une période de trente et un jours. 2. Le recours est irrecevable. Comme les conclusions étaient vouées ŕ l'échec, l'assistance judiciaire ne peut ętre accordée (art. 64 al. 1 LTF). Le recourant devra donc supporter les frais (art. 66 al. 1 LTF), dont le montant sera toutefois fixé en tenant compte de sa situation financičre. Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce: 1. Le recours est irrecevable. 2. La demande d'assistance judiciaire est rejetée. 3. Les frais judiciaires, arrętés ŕ 800 fr., sont mis ŕ la charge du recourant. 4. Le présent arręt est communiqué aux parties et au Tribunal pénal fédéral, Cour des plaintes. Lausanne, le 6 novembre 2013 Au nom de la Cour de droit pénal du Tribunal fédéral suisse Le Président: Mathys La Greffičre: Cherpillod