Tribunale federale Tribunal federal {T 0/2} 6S.43/2005 /pai Arręt du 1er mars 2005 Cour de cassation pénale Composition MM. les Juges Schneider, Président, Wiprächtiger et Kolly. Greffičre: Mme Kistler. Parties X.________, recourant, représenté par Me Jean-Samuel Leuba, avocat, contre Ministčre public du canton de Vaud, rue de l'Université 24, case postale, 1014 Lausanne. Objet Fixation de la peine (art. 63 CP), pourvoi en nullité contre l'arręt du Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour de cassation pénale, du 11 octobre 2004. Faits: A. Par jugement du 4 décembre 2003, le Tribunal correctionnel de l'arrondissement de l'Est vaudois a condamné X.________, ressortissant albanais, né en 1976, pour blanchiment d'argent, infraction ŕ la loi fédérale sur le séjour et l'établissement des étrangers (LSEE) et infraction grave ŕ la loi fédérale sur les stupéfiants (LStup), ŕ onze ans de réclusion, sous déduction de 898 jours de détention préventive, et l'a expulsé du territoire suisse pour quinze ans. Par le męme jugement, le tribunal a aussi condamné A.________, ressortissant albanais, né en 1978, pour abus de la détresse, rupture de ban, blanchiment d'argent, infraction ŕ la LSEE et infraction grave ŕ la LStup, ŕ onze ans de réclusion, sous déduction de 898 jours de détention préventive, et a ordonné son expulsion ŕ vie du territoire suisse. Il ressort notamment ce qui suit de ce jugement: X.________ et A.________ ont participé ŕ un important trafic de stupéfiants dans la région de Vevey. Aprčs avoir mélangé de l'héroďne avec des produits de coupage et l'avoir répartie en sachet de 5 grammes, ils ont revendu la drogue directement ou par l'intermédiaire de jeunes albanais recrutés en Italie. Ils ont ainsi mis sur le marché au moins 4'260 grammes d'héroďne coupée. Ils ont également acquis 50 grammes de cocaďne et en ont vendu une quinzaine de grammes; le solde a été séquestré. A une reprise au moins, A.________ a profité de la situation financičre précaire et de l'état de manque d'une jeune femme toxicomane pour entretenir avec elle des relations sexuelles dans la cage d'escalier d'un immeuble, en échange de quoi il lui a remis 10 grammes d'héroďne. Il a également profité de la toxicomanie d'une seconde femme pour obtenir de celle-ci une fellation, en échange d'un rabais de 100 francs sur 5 grammes d'héroďne. En ce qui concerne les antécédents, A.________ a été condamné le 28 aoűt 1998 par le Tribunal correctionnel de Lausanne, pour infraction et contravention ŕ la LStup, ŕ huit mois d'emprisonnement et ŕ cinq ans d'expulsion du territoire suisse. Il a ainsi été renvoyé dans son pays en novembre 1998; il est revenu en Suisse un mois plus tard. Le Procureur général du canton de Genčve l'a condamné le 15 décembre 1998 pour vol, dommages ŕ la propriété, violation de domicile et rupture de ban, ŕ quatre mois d'emprisonnement et ŕ sept ans d'expulsion. Quant ŕ X.________, ses casiers judiciaires suisse et italien ne comportent aucune inscription. B. Par arręt du 11 mars 2004, la Cour de cassation pénale du Tribunal cantonal vaudois a rejeté les recours de X.________ et de A.________. Le 16 aoűt 2004, le Tribunal fédéral a rejeté le recours de droit public formé par X.________ dans la mesure oů il était recevable (6P.88/2004) et a admis son pourvoi relatif ŕ la quotité de la peine (6S.246/2004). Il a jugé que les autorités cantonales avaient violé le principe d'égalité de traitement entre coaccusés en prononçant la męme peine ŕ l'encontre des deux auteurs, alors que les antécédents de A.________ étaient plus défavorables et que celui-ci avait commis des infractions supplémentaires. Le męme jour, le Tribunal fédéral a partiellement admis le recours de droit public de A.________ sur une question d'appréciation des preuves en relation avec l'abus de détresse (6P.87/2004). Son pourvoi a été déclaré sans objet ŕ la suite de l'admission du recours de droit public (6S.245/2004). Le 11 octobre 2004, la Cour de cassation pénale du Tribunal cantonal vaudois a rendu son nouvel arręt dans les deux causes. Elle a acquitté A.________ pour l'un des deux cas constitutifs d'abus de détresse et a réduit la peine principale de quatre mois, la ramenant ŕ dix ans et huit mois de réclusion. Pour ce qui concerne X.________, elle a réduit la peine principale d'un an, la ramenant ŕ dix ans de réclusion. C. X.________ se pourvoit ŕ nouveau en nullité auprčs du Tribunal fédéral, concluant ŕ l'annulation de l'arręt du 11 octobre 2004 pour nouvelle violation du principe d'égalité de traitement et ŕ l'octroi de l'assistance judiciaire. Il n'a pas été ordonné d'échange d'écritures. A.________ n'a pas interjeté de recours auprčs du Tribunal fédéral. Le Tribunal fédéral considčre en droit: 1. Le recourant, dont la peine est maintenant inférieure de huit mois ŕ celle infligée ŕ son coaccusé, considčre cette différence insuffisante et incompatible avec l'art. 63 CP. Il estime que l'écart devrait ętre de l'ordre de plusieurs années. Le rôle des deux auteurs dans le trafic de stupéfiants et le blanchiment d'argent étant parfaitement comparable, l'élément principal ayant conduit le Tribunal fédéral ŕ retenir, dans son premier arręt, que le recourant devait bénéficier d'une peine moins lourde que son coaccusé était les infractions supplémentaires retenues ŕ la charge de ce dernier. Ces infractions ne pouvant pas ętre considérées comme négligeables étaient essentiellement les deux cas d'abus de détresse, des délits passibles d'une peine maximale de trois ans d'emprisonnement; en revanche, la rupture de ban ne revętait évidemment, au regard des autres infractions commises, qu'une importance mineure. A la suite de l'acquittement partiel intervenu aprčs le renvoi de la cause en instance cantonale, acquittement partiel ayant conduit l'autorité cantonale ŕ réduire la peine du coaccusé de quatre mois, seule la condamnation pour le second cas d'abus de détresse subsiste, celui commis en profitant de la toxicomanie d'une femme pour obtenir d'elle une fellation contre un rabais de cent francs sur le prix de la drogue. Pour le surplus, le coaccusé a des antécédents, mais a fait preuve d'une bonne attitude en début d'enquęte, alors que le recourant n'a pas d'antécédents, mais a eu un mauvais comportement lors de l'enquęte. Ces éléments peuvent, comme le Tribunal fédéral l'a déjŕ retenu dans son premier arręt, se contrebalancer dans une certaine mesure. En particulier, la récidive au sens technique (art. 67 CP) n'a pas la portée que le recourant lui pręte (cf. ATF 121 IV 49 consid. 2d/cc in fine p. 62). Lorsqu'elle a fixé les nouvelles peines, l'autorité cantonale a tenu compte de ce que la faute du recourant était moins grave que celle du coaccusé. En retenant que cela conduisait pour le recourant ŕ une peine inférieure de huit mois ŕ celle de son coaccusé, elle n'a pas abusé, au vu de la gravité des infractions en matičre de stupéfiants commises ensemble, du large pouvoir d'appréciation dont elle jouit en matičre de fixation de la peine. Le pourvoi doit ętre ainsi rejeté. 2. Le pourvoi était d'emblée dénué de chances de succčs; l'assistance judiciaire n'est donc pas accordée (art. 152 OJ). Le recourant qui succombe supporte les frais de la procédure (art. 278 PPF). Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce: 1. Le pourvoi est rejeté. 2. La requęte d'assistance judiciaire est rejetée. 3. Un émolument judiciaire de 800 francs est mis ŕ la charge du recourant. 4. Le présent arręt est communiqué en copie au mandataire du recourant, au Ministčre public du canton de Vaud et au Tribunal cantonal vaudois, Cour de cassation pénale. Lausanne, le 1er mars 2005 Au nom de la Cour de cassation pénale du Tribunal fédéral suisse Le président: La greffičre: