Urteilskopf
83 III 15
4. Arręt du 8 janvier 1957 dans la cause Légeret.
Regeste
Zustellung des Zahlungsbefehls (Art. 72 SchK G). Fehlen einer Zustellungsbescheinigung auf dem für den Schuldner bestimmten Exemplar. Folgen.
Sachverhalt ab Seite 15
BGE 83 III 15 S. 15
A.- Le 26 avril 1956, Henri Légeret requit l'Office des poursuites de Cossonay de notifier ŕ Numa Stöckli un commandement de payer pour 368 fr. 85 (poursuite no 14 134). Comme le débiteur se trouvait alors ŕ l'Hôpital de l'Isle, ŕ Berne, le commandement de payer lui fut envoyé par la poste, ŕ cette adresse. Le double destiné au créancier revint avec la mention: "... notifié aujourd'hui, le 28.4.1956, ŕ Herrn Numa Stöckli Inselspital". Le 11 mai, le notaire Delacuisine forma opposition au nom de Stöckli, en produisant le double du commandement de payer destiné au débiteur; cet exemplaire ne portait aucun procčs-verbal de notification. L'opposition fut admise par l'office.
B.- Le 15 octobre 1956, Légeret porta plainte contre cette mesure. L'autorité inférieure de surveillance considéra BGE 83 III 15 S. 16la plainte comme tardive et la déclara irrecevable. Sur recours de Légeret, la Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal vaudois annula d'office la poursuite no 14 134 dčs et y compris la notification du commandement de payer et invita l'Office des poursuites de Cossonay ŕ procéder ŕ une nouvelle notification. Elle considéra que, faute de procčs-verbal de notification sur le double destiné au débiteur, on ignorait ŕ quelle date et dans quelles formes cette opération avait été faite et que ce vice faussait toute la procédure subséquente.
C.- Le plaignant défčre la cause au Tribunal fédéral en concluant ŕ ce que celui-ci déclare que le commandement de payer no 14 134 a été valablement notifié et que la poursuite peut ętre continuée.
Erwägungen
Considérant en droit:
1. Aux termes de l'art. 72 al. 2 LP, celui qui procčde ŕ la notification d'un commandement de payer doit attester sur chaque exemplaire le jour oů elle a eu lieu et la personne ŕ laquelle l'acte a été remis. Lorsque cette derničre indication fait défaut, la notification n'en est pas moins valable, pourvu que l'on puisse établir qu'elle a été réguličre (RO 35 I 871, consid. 2). En outre, une notification contraire ŕ la loi n'entraîne point, en principe, l'annulation du commandement de payer si le débiteur a néanmoins reçu personnellement cet acte de poursuite (RO 54 III 250, 81 III 71).Il n'est pas prouvé, en l'occurrence, que la notification ait été réguličre. L'office des poursuites reconnaît luimęme, dans son rapport du 21 novembre 1956, que le commandement de payer n'a pas été notifié ŕ Stöckli, contrairement ŕ la mention qui figure sur l'exemplaire destiné au créancier. En outre, on n'a point établi que ce document ait été signifié ŕ une personne habile ŕ le recevoir au nom du débiteur.Cependant, le commandement de payer a, sans aucun doute, été délivré finalement ŕ Stöckli, puisque celui-ci l'a BGE 83 III 15 S. 17envoyé au notaire Delacuisine. Mais cette remise est insuffisante en l'espčce pour qu'on doive considérer cet acte de poursuite comme valable. Faute de procčs-verbal de notification, en effet, le débiteur ne pouvait ni juger si la signification avait été réguličre ni savoir quand elle avait eu lieu. Dans ces conditions, il lui était impossible de connaître le point de départ des délais courant dčs la notification du commandement de payer. Il ne pouvait notamment savoir s'il était encore recevable ŕ former opposition dans les dix jours selon l'art. 74 al. 1 LP ou s'il devait déclarer son opposition tardive au juge dans le délai de l'art. 77 al. 2 LP. Aussi la juridiction cantonale a-t-elle considéré avec raison qu'une procédure viciée par de telles irrégularités devait ętre annulée d'office.
2. Le recourant soutient en outre que l'ordre donné ŕ l'office des poursuites de notifier un nouveau commandement de payer au débiteur ne peut ętre exécuté, car le for de la poursuite aurait changé entre temps. Mais il est évident que cet ordre est subordonné ŕ la condition que l'Office des poursuites de Cossonay soit resté compétent. Si ce n'est pas le cas, la décision cantonale est sans objet sur ce point et le recourant devra faire notifier le commandement de payer par l'office du nouveau domicile du débiteur ou, ŕ défaut, par celui de son lieu de séjour (art. 46 al. 1 et 48 LP).
Dispositiv
Par ces motifs, la Chambre des poursuites et des faillitesRejette le recours.