PREMIÈRE SECTION
DECISION
SUR LA RECEVABILITÉ
Requête No 44327/98
présentée par ABATE et 155 requérants [1]
contre l’Italie
La Cour européenne des Droits de l’Homme (première section), siégeant le 14 mars 2002 en une chambre composée de
MM.C.L. Rozakis, président,
G. Bonello,
P. Lorenzen,
MmesN. Vajić,
S. Botoucharova,
E. Steiner, juges,
M.G. Raimondi, juge ad hoc,
et de M. E. Fribergh, greffier de section,
Vu les requêtes susmentionnées introduites devant la Commission européenne des Droits de l’Homme ou devant la Cour européenne des Droits de l’Homme puis enregistrées aux dates figurant en annexe,
Après en avoir délibéré, rend la décision suivante :
EN FAIT
A. Les circonstances
Les requérants se plaignent tous de la durée de procédures qui les concernaient.
B. Le droit interne pertinent
La partie relative au droit interne pertinent est décrite dans les décisions Brusco c. Italie (déc.), n° 69789/01, 6.9.2001, à paraître dans CEDH 2001 et Giacometti et autres c. Italie n° 34939/97, 8.11.2001, à paraître.
GRIEF
Invoquant l’article 6 § 1 de la Convention, les requérants se plaignent de la durée de procédures civiles.
EN DROIT
Etant donné la similitude que présentent les requêtes citées en annexe, la Cour estime opportun de prononcer leur jonction en application de l’article 43 du Règlement de la Cour.
Les requérants se plaignent de la durée de procédures civiles. Ils invoquent l’article 6 § 1 de la Convention qui, en ses parties pertinentes, est ainsi libellé :
« Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue (...) dans un délai raisonnable, par un tribunal (...), qui décidera (...) des contestations sur ses droits et obligations de caractère civil (...) »
Le Gouvernement estime que les requérants n’ont pas épuisé, conformément à l’article 35 § 1 de la Convention, les voies de recours internes étant donné l’entrée en vigueur de la loi n° 89 du 24 mars 2001, dite « loi Pinto ».
Certains requérants estiment que les observations du Gouvernement sont arrivées trop tard pour pouvoir être prises en considération. Certains soutiennent en outre que cette voie de recours est une faculté offerte et non une obligation - le § 6 de la loi disant « peuvent » et non « doivent » et ils contestent l’application rétroactive de la loi en se basant sur le principe « tempus regit actum ». Ils refusent par conséquent de saisir les cours d’appels.
La Cour observe tout d’abord qu’il lui appartient de décider si les observations du Gouvernement peuvent être considérées comme tardives. En l’espèce, elle note que le Gouvernement a soulevé cette exception le 9 mai 2001, soit dans le mois suivant l’entrée en vigueur de la nouvelle loi. Le Gouvernement ne pouvait soulever cette exception avant, par exemple lors de la présentation des observations sur la recevabilité, dans la mesure où la loi n’était pas encore entrée en vigueur. Partant, la Cour estime qu’il y a lieu de rejeter l’argument de certains requérants selon lequel ces observations seraient tardives.
La Cour rappelle ensuite que la règle de l’épuisement vise à ménager aux Etats contractants l’occasion de prévenir ou de redresser les violations alléguées contre eux avant que ces allégations ne lui soient soumises (voir, parmi beaucoup d’autres, l’arrêt Selmouni c. France [GC], n° 25803/94, § 74, CEDH 1999-V). Cette règle se fonde sur l’hypothèse, objet de l’article 13 de la Convention – et avec lequel elle présente d’étroites affinités – que l’ordre interne offre un recours effectif quant à la violation alléguée (ibidem). De la sorte, elle constitue un aspect important du principe voulant que le mécanisme de sauvegarde instauré par la Convention revête un caractère subsidiaire par rapport aux systèmes nationaux de garantie des Droits de l’Homme (arrêts Akdivar et autres c. Turquie du 16 septembre 1996, Recueil des arrêts et décisions 1996-IV, p. 1210, § 65, et Aksoy c. Turquie du 18 décembre 1996, Recueil 1996-VI, p. 2275, § 51).
Néanmoins, les dispositions de l’article 35 de la Convention ne prescrivent l’épuisement que des recours à la fois relatifs aux violations incriminées, disponibles et adéquats. Ils doivent exister à un degré suffisant de certitude non seulement en théorie mais aussi en pratique, sans quoi leur manquent l’effectivité et l’accessibilité voulues (voir, notamment, les arrêts Akdivar et autres précité, p. 1210, § 66, et Dalia c. France du 19 février 1998, Recueil 1998-I, pp. 87-88, § 38). De plus, selon les « principes de droit international généralement reconnus », certaines circonstances particulières peuvent dispenser les requérantes de l’obligation d’épuiser les recours internes qui s’offrent à elles (arrêt Selmouni précité, § 75). Cependant, la Cour souligne que le simple fait de nourrir des doutes quant aux perspectives de succès d’un recours donné qui n’est pas de toute évidence voué à l’échec ne constitue pas une raison valable pour justifier la non-utilisation de recours internes (arrêts Akdivar, précité, p. 1212, § 71, et Van Oosterwijck c. Belgique du 6 novembre 1980, série A n° 40, p. 18, § 37 ; voir aussi Koltsidas, Fountis, Androutsos et autres c. Grèce, requêtes nos 24962/94, 25370/94 et 26303/95 (jointes), décision de la Commission du 1er juillet 1996, Décisions et Rapports (DR) 86- B, pp. 83, 93).
En l’espèce, la Cour observe tout d’abord que les requérants peuvent se prévaloir de la norme transitoire contenue dans l’article 6 de la loi Pinto puisque le délai a été prorogé jusqu’au 18 avril 2002. Le recours à la cour d’appel leur est donc accessible.
Elle relève ensuite que la loi Pinto vise, entre autres, à rendre effectif au niveau interne le principe de la « durée raisonnable », inscrit dans la Constitution italienne après la réforme de l’article 111. Par ailleurs, comme la Cour l’a rappelé dans son arrêt Kudła c. Pologne (arrêt du 26 octobre 2000, § 152), le droit de chacun à voir sa cause entendue dans un délai raisonnable risque d’être moins effectif s’il n’existe aucune possibilité de saisir d’abord une autorité nationale des griefs tirés de la Convention. Il y a lieu de rappeler, en outre, que dans l’arrêt en question la Cour avait conclu à la violation de l’article 13 de la Convention à raison de l’absence, en droit polonais, d’un recours permettant au requérant d’obtenir la sanction de son droit à voir sa cause « entendue dans un délai raisonnable » (arrêt Kudła précité, §§ 132-160).
En ce qui concerne l’efficacité de ce remède, il convient de noter qu’aux termes de la loi en question, toute personne partie à une procédure judiciaire tombant sous le coup de l’article 6 § 1 de la Convention peut introduire un recours visant à faire constater la violation du principe du « délai raisonnable », et obtenir, le cas échéant, une satisfaction équitable couvrant les préjudices patrimoniaux et non patrimoniaux subis. De plus, comme il ressort du paragraphe 2 de l’article 2 de la loi Pinto, le juge national est appelé, dans l’évaluation du caractère raisonnable de la durée d’une procédure, à appliquer les principes dégagés par la jurisprudence de la Cour, à savoir la complexité de l’affaire, le comportement du requérant et celui des autorités compétentes (voir, parmi beaucoup d’autres, les arrêts Pélissier et Sassi c. France [GC], n° 25444/94, § 67, CEDH 1999-II, et Philis c. Grèce (n° 2) du 27 juin 1997, Recueil 1997-IV, p. 1083, § 35). Dans ces circonstances, la Cour considère que rien ne permet de penser que le recours introduit par la loi Pinto n’offre pas aux requérants la possibilité de faire redresser leur grief, ou qu’il ne présente aucune perspective raisonnable de succès (Brusco c. Italie (déc.), n° 69789/01, 6.9.2001, à paraître dans CEDH 2001).
Il est vrai que les présentes requêtes ont été introduites avant l’entrée en vigueur de la loi Pinto, et que par conséquent au moment où ils ont pour la première fois formulé leur grief à Strasbourg, les requérants ne disposaient, en droit italien, d’aucun recours efficace pour contester la durée de la procédure litigieuse.
A cet égard, la Cour rappelle que l’épuisement des voies de recours internes s’apprécie normalement à la date d’introduction de la requête devant elle. Cependant, cette règle ne va pas sans exceptions, qui peuvent être justifiées par les circonstances particulières de chaque cas d’espèce (voir l’arrêt Baumann c. France du 22 mai 2001, requête n° 33592/96, § 47, non publié).
La Cour considère qu’en l’espèce, de nombreux éléments justifient une exception au principe général selon lequel la condition de l’épuisement doit être appréciée au moment de l’introduction de la requête.
Elle observe notamment que la fréquence croissante de ses constats de non-respect, par l’Etat italien, de l’exigence du « délai raisonnable » l’avait amenée à conclure que l’accumulation de ces manquements était constitutive d’une pratique incompatible avec la Convention et à attirer l’attention du Gouvernement sur « le danger important » que la « lenteur excessive de la justice » représente pour l’état de droit (voir les arrêts Bottazzi c. Italie [GC], n° 34884/97, § 22, CEDH 1999-V, et Di Mauro c. Italie [GC], n° 34256/96, § 23, CEDH 1999-V). Par ailleurs, l’absence d’un recours efficace pour dénoncer la durée excessive des procédures avait obligé les justiciables à soumettre systématiquement à la Cour de Strasbourg des requêtes qui auraient pu être instruites d’abord et de manière plus appropriée au sein de l’ordre juridique italien. Cette situation risquait, à long terme, d’affecter le fonctionnement, tant au plan national qu’au plan international, du système de protection des droits de l’homme érigé par la Convention (voir, mutatis mutandis, l’arrêt Kudła précité, § 155).
Or, la voie de recours introduite par la loi Pinto s’inscrit dans la logique consistant à permettre aux organes de l’Etat défendeur de redresser les manquements à l’exigence du « délai raisonnable ». Cela ne vaut pas seulement pour les requêtes introduites après la date d’entrée en vigueur de la loi, mais aussi pour les requêtes qui, à la date en question, étaient déjà inscrites au rôle de la Cour.
A cet égard, une importance particulière doit être attachée au fait que la norme transitoire contenue dans l’article 6 de la loi Pinto se réfère explicitement aux requêtes déjà introduites à Strasbourg et vise donc à faire tomber dans le champ de compétence des juridictions nationales toute requête pendante devant la Cour et non encore déclarée recevable. Cette disposition transitoire offre aux justiciables italiens une réelle possibilité d’obtenir un redressement de leur grief au niveau interne, possibilité dont il leur appartient, en principe, de faire usage.
A la lumière de ce qui précède, la Cour estime que les requérants étaient tenus, aux termes de l’article 35 § 1 de la Convention, de saisir la cour d’appel d’une demande au sens des articles 3 et 6 de la loi Pinto. On ne saurait déceler, par ailleurs, aucune circonstance exceptionnelle de nature à les dispenser de l’obligation d’épuiser les voies de recours internes.
Il s’ensuit que les requêtes doivent être rejetées pour non-épuisement des voies de recours internes, en application de l’article 35 §§ 1 et 4 de la Convention.
Par ces motifs, la Cour, à l’unanimité,
Décide de joindre les requêtes dont la liste figure en annexe ;
Déclare les requêtes irrecevables.
Erik FriberghChristos Rozakis
GreffierPrésident
ANNEXE
LISTE DES REQUÊTES
44327/98
ABATE Angelarita et trente-cinq autres
intr. 03.11.95
enr. 13.11.98
Me Giovanni ROMANO
(Bénévent)
44336/98
DEGRASSI Fabio
intr. 31.10.97
enr. 13.11.98
(Chioggia-Venise)
44410/98
CURIO Adriana
intr. 12.05.97
enr. 13.11.98
Me Riccardo LOPARDI
(L’Aquila)
56063/00
DE ANGELIS Nicola
intr. 15.12.97
enr. 29.03.00
(Rome)
56065/00
CAMAIONI Amalio, DI FELICIANTONIO Bernardina
et CAMAIONI Luca
intr. 31.12.97
enr. 29.03.00
(Ascoli Piceno)
56067/00
PEROSINO Loriana
intr. 02.02.98
enr. 29.03.00
(Ascoli Piceno)
56068/00
PIUNTI Divino
intr. 07.02.98
enr. 29.03.00
(Ascoli Piceno)
56069/00
MICHELI GIGOTTI Giangaetano
intr. 24.01.98
enr. 29.03.00
Mes Flora PANEPUCCI et Alessandro MARCHETTI
(L’Aquila)
56070/00
PADOVANI Giulio
intr. 27.01.98
enr. 29.03.00
Mes Flora PANEPUCCI et Alessandro MARCHETTI
(L’Aquila)
56071/00
ROSSINI Sergio
intr. 09.04.98
enr. 29.03.00
Franco VENNI
(Pescara)
56073/00
ZUCCA Augusto
intr. 19.07.95
enr. 29.03.00
(Rome)
56074/00
PUTIGNANO Giuseppe
intr. 07.11.96
enr. 29.03.00
(Florence)
56075/00
GIANCAGLINI Giovanni S.n.c. G. e A.
intr. 06.02.97
enr. 29.03.00
Giancarlo SABATINI
(Scerni – Chieti)
56077/00
ALTERIO Ciro
intr. 09.01.98
enr. 29.03.00
(Maranello-Modena)
56082/00
BANOTTI Elvira
intr. 18.02.98
enr. 29.03.00
Me Elvira ADONE
(Rome)
56216/00
STEFANUTTI Diego
intr. 23 avril 1998
enr. 3 avril 2000
(Udine)
56296/00
CONDOMINIO DORA
intr. 07.02.98
enr. 05.04.00
(Foligno - Pérouse)
56297/00
IADICOLA Mario
intr. 09.02.98
enr. 05.04.00
Me Fabio TOMMASINI
(Rome)
56303/00
T.R.
intr. 28.03.98
enr. 05.04.00
Me Sandro BONELLI
(Pescia – Pistoia)
57142/00
RICCARDI Salvatore
intr. 04.05.1999
enr. 10.05.00
Me Salvatore FORGIONE
(Bénévent)
57143/00
MORICO Luisa
intr. 01.10.98
enr. 10.05.00
Me Salvatore FORGIONE
(Solopaca - Bénévent)
57144/00
LANDOLFI Caterina
intr. 02.10.98
enr. 10.05.00
Me Salvatore FORGIONE
(Solopaca - Bénévent)
57145/00
TRUGLIA Filomena et Teodoro
intr. 02.10.98
enr. 10.05.00
Me Salvatore FORGIONE
(Solopaca - Bénévent)
57146/00
DI PALMA Michelina
intr. 02.10.98
enr. 10.05.00
Me Salvatore FORGIONE
(Solopaca - Bénévent)
57147/00
DI PAOLA Anna Teresa
intr. 02.10.98
enr. 10.05.00
Me Salvatore FORGIONE
(Solopaca - Bénévent)
57148/00
DI PAOLA Anna Teresa
intr. 02.10.98
enr. 10.05.00
Me Salvatore FORGIONE
(Solopaca - Bénévent)
57149/00
ACETO Teresa
intr. 02.10.98
enr. 10.05.00
Me Salvatore FORGIONE
(Solopaca - Bénévent)
57150/00
ACETO Teresa
intr. 02.10.98
enr. 10.05.00
Me Salvatore FORGIONE
(Solopaca - Bénévent)
57151/00
A.C.
intr. 02.04.98
enr. 10.05.00
Me Pasquale MAGLIONE
(Moiano - Bénévent)
57152/00
M.R.
intr. 02.04.98
enr. 10.05.00
Me Pasquale MAGLIONE
(Moiano - Bénévent)
57153/00
S.C.
intr. 02.04.98
enr. 10.05.00
Me Pasquale MAGLIONE
(Moiano - Bénévent)
57154/00
A.B.
intr. 22.04.98
enr. 10.05.00
Me Pasquale MAGLIONE
(Moiano - Bénévent)
57155/00
An. C.
intr. 22.04.98
enr. 10.05.00
Me Pasquale MAGLIONE
(Moiano - Bénévent)
57156/00
GIAQUINTO Maria Antonia
intr. 03.09.98
enr. 10.05.00
Me Gaetano Del VECCHIO
(Bénévent)
57157/00
PALLADINO Nicola Antonio
intr. 17.04.98
enr. 10.05.00
Me Nicola VERNILLO
(Bénévent)
57158/00
CHIUMENTO Antonietta et DONATIELLO Giuseppa
intr. 29.04.98 ; 02.05.98
enr. 10.05.00
Me Nicola VERNILLO
(Bénévent)
57160/00
PARENTE Gennaro
intr. 06.05.98
enr. 10.05.00
Me Nicola VERNILLO
(Bénévent)
57161/00
MELILLO Francesco
intr. 28.03.98
enr. 10.05.00
Me Nicola VERNILLO
(Bénévent)
57162/00
SERVODIDIO Costanza
intr. 30.05.98
enr. 10.05.00
Me Nicola VERNILLO
(Bénévent)
57163/00
FALLARINO Giovannina
intr. 08.06.98
enr. 10.05.00
Me Nicola VERNILLO
(Bénévent)
57164/00
IACOVIELLO Rosina
intr. 05.06.98
enr. 10.05.00
Me Nicola VERNILLO
(Bénévent)
57165/00
DE LONGIS Marco
intr. 10.06.98
enr. 10.05.00
Me Nicola VERNILLO
(Bénévent)
57166/00
FRANCESCA Iolanda
intr. 14.09.98
enr. 10.05.00
Me Nicola VERNILLO
(Bénévent)
57167/00
DE NARDO Pietro
intr. 17.09.98
enr. 10.05.00
Me Nicola VERILLO
(Bénévent)
62143/00
COCCIOLO Teodora
intr. 13.10.98
enr. 25.10.00
Mes Carlo MONTICELLI et Daniela FAGGIANO
(Brindisi)
62146/00
SARACINO Manlio
intr. 20.11.96
enr. 25.10.00
(Venise)
62148/00
D’ANDREA Claudio
intr. 16.10.98
enr. 25.10.00
Mes Luciano et Mario Antonio ROSSI
(L’Aquila)
62149/00
NATALINI Pietro et NATALINI Luisa
intr. 27.09.93
enr. 25.10.00
Me Maurizio FEVERATI
(Bologne)
62150/00
ZANCO Grazia
intr. 30.07.98
enr. 25.10.00
Me Giuseppe DI PRIMA
(Pordenone)
62161/00
SAVOIA Giuseppe
intr. 16.04.98
enr. 25.10.00
Me Gianfranco NASUTI
(Savone)
62162/00
SALVAGNI Elena
intr. 24.04.98
enr. 25.10.00
Me Giuseppe LOMBONI
(Milan)
62163/00
DUE LUNE S.p.A.
intr. 05.12.97
enr. 25.10.00
(Monza - Milan)
62164/00
PARODO Paolo Giuseppe
intr. 15.10.98
enr. 25.10.00
Me Nicola SARDI
(Milan)
62165/00
IAQUINTA Pietro
intr. 20.02.98
enr. 25.10.00
Me Flavio SAMPIETRO
(Bari)
62252/00
ACQUAROLI Bernardino
intr. 02.03.98
enr : 26.10.2000
(Ascoli-Piceno)
62254/00
SILVESTRI Franco
intr. 19.03.98
enr : 26.10.2000
Me Stefano LATELLA
(Pescara)
62258/00
CIVISCA Cesare
intr. 10.01.98
enr : 26.10.2000
Mes Mario Antonio ROSSI et Francesco Saverio DE NARDIS
(L’Aquila)
62259/00
EUSANI Mauro
intr. 23.03.98
enr : 26.10.2000
Mes Luciano et Mario Antonio ROSSI
(L’Aquila)
62260/00
NANNI Maria Assunta
intr. 30.04.98
enr : 26.10.2000
Mes Luciano et Mario Antonio ROSSI
(L’Aquila)
62261/00
COLETTI Mauro
intr. 27.03.98
enr : 26.10.2000
Me Flora PANEPUCCI et Alessandro MARCHETTI
(L’Aquila)
62266/00
CIPRIANI Sergio
intr. 07.05.98
enr : 26.10.2000
Me Massimo CLEMENTI
(Rome)
62267/00
D’AMBROSI Italo
intr. 07.05.98
enr : 26.10.2000
Me Massimo CLEMENTI
(Rome)
62268/00
DE BLASIO Irene
intr. 24.03.98
enr : 26.10.2000
Me Anton Giulio LANA
(Rome)
62270/00
MITAROTONDA Miriam
intr. 29.04.98
enr : 26.10.2000
(Matera)
62271/00
BELLUCCI Settimo
intr. 07.05.98
enr : 26.10.2000
(Serravalle Pistoiese - Pistoia)
62346/00
PASELLA Mario
intr.02.02.1994
enr. 30.10.2000
(Moneglia - Gênes)
62348/00
GASTAUDO Romero
intr. 16.12.1997
enr. 30.10.2000
(Asti)
62359/00
GRILLI Emilio
intr. 31.03.1998
enr. 30.10.2000
Me Remo TESI
(Prato - Florence)
62456/00
RICCI Luciano
intr.10.06.1998
enr. 02.11.2000
Me Margherita Brusaferri
(Bergame)
62458/00
BRILLI Mario
intr. 12 juin 1998
enr. 2 novembre 2000
Me Giovanni ROMANO
(Bénévent)
62459/00
MOTTINO Antonio
intr. 12 juin 1998
enr. 2 novembre 2000
Me Giovanni ROMANO
(Bénévent)
62460/00
DI DIO Angelo
intr. 12 juin 1998
enr. 2 novembre 2000
Me Giovanni ROMANO
(Bénévent)
62461/00
RUOTOLO Giovanni
intr. 12 juin 1998
enr. 2 novembre 2000
Me Giovanni ROMANO
(Bénévent)
62462/00
COCCHIARA Angelo
intr. 12 juin 1998
enr. 2 novembre 2000
Me Giovanni ROMANO
(Bénévent)
62463/00
GUARRIELLO Dionisio et quatre autres
intr. entre les 12 juin et 31 août 1998
enr. 2 novembre 2000
Me Giovanni ROMANO
(Bénévent)
62464/00
ROMANO Gaetano
intr. 17 juillet 1998
enr. 2 novembre 2000
Me Giovanni ROMANO
(Bénévent)
62465/00
CAUDINO Antonia et huit autres
intr. 6 août 1998
enr. 2 novembre 2000
Me Giovanni ROMANO
(Bénévent)
62466/00
LEPORE Giuseppe
intr. 31 août 1998
enr. 2 novembre 2000
Me Giovanni ROMANO
(Bénévent)
62467/00
ORLACCHIO Antonio
intr. 31 août 1998
enr. 2 novembre 2000
Me Giovanni ROMANO
(Bénévent)
62468/00
ESPOSITO Maria et trois autres
intr. 18 septembre 1998
enr. 2 novembre 2000
Me Giovanni ROMANO
(Bénévent)
62469/00
MOLINARO Clelia et Rosa
intr. 2 octobre 1998
enr. 2 novembre 2000
Me Giovanni ROMANO
(Bénévent)
62470/00
BARBATI Ersilia et quatre autres
intr. 2 octobre 1998
enr. 2 novembre 2000
Me Giovanni ROMANO
(Bénévent)
62472/00
CAVALLO Enrico
intr. 22 juillet 1997
enr. 2 novembre 2000
Me Giovanni ROMANO
(Bénévent)
62473/00
GALLO Maddalena
intr. 2 octobre 1998
enr. 2 novembre 2000
Me Giovanni ROMANO
(Bénévent)
62475/00
D’ANTO’ Vincenzo et quatre autres
intr. 12 et 30 octobre 1998
enr. 2 novembre 2000
Me Giovanni ROMANO
(Bénévent)
62476/00
RICCA Enzo Michele et GAUDIANO Antonio
intr. 30 octobre 1998
enr. 2 novembre 2000
Me Giovanni ROMANO
(Bénévent)
62477/00
CANALE Flavio
intr. 30 octobre 1998
enr. 2 novembre 2000
Me Giovanni ROMANO
(Bénévent)
62481/00
ADDABBO Giuseppina et trois autres
intr. 14 octobre 1997
enr. 2 novembre 2000
Me Giovanni ROMANO
(Bénévent)
62484/00
ASFALDO Italo et trente-quatre autres
intr. 23 juillet 1999
enr. 2 novembre 2000
Me Giovanni ROMANO
(Bénévent)
62485/00
ZILLI Cleanto
intr. 19.01.98
enr. 2 novembre 2000
Me Franco TANDURA
(Feltre - Belluno)
64687/01
ATTUBATO Carlo
intr. 16.01.97
enr. 15.01.01
(Maidstone - Kent)
64688/01
CORRADO Francesco et COSENZA Filomena
intr. 09.02.98
enr. 15.01.01
Mes Giovanna CHIAPPETTA et Mario CATERINI
(Laino Borgo - Cosenza)
64689/01
VIGGIANO Salvatore
intr. 09.02.98
enr. 15.01.01
Mes Giovanna CHIAPPETTA et Mario CATERINI
(Laino Borgo - Cosenza)
64690/01
DE FRANCO Vincenzo
intr. 09.02.98
enr. 15.01.01
Mes Giovanna CHIAPPETTA et Mario CATERINI
(Laino Borgo - Cosenza)
64691/01
FAILLACE Luigi
intr. 09.02.98
enr. 15.01.01
Mes Giovanna CHIAPPETTA et Mario CATERINI
(Laino Borgo - Cosenza)
64692/01
ARMETANO Vincenzo
intr. 09.02.98
enr. 15.01.01
Mes Giovanna CHIAPPETTA et Mario CATERINI
(Laino Borgo - Cosenza)
64693/01
MITIDIERI Francesco
intr. 23.02.98
enr. 15.01.01
Mes Giovanna CHIAPPETTA et Mario CATERINI
(Laino Borgo - Cosenza)
64694/01
PUTIGNANO Giuseppe
intr. 03.02.98
enr. 15.01.01
(Florence)
64695/01
CASESI Antonino et GALLETTA Letterio
intr. 24.02.98
enr. 15.01.01
Me PELLITTERI Michele
(Agrigente)
64696/01
CIOFFI Dolcizia
intr. 19.02.98
enr. 15.01.01
Me Giovanni ROMANO
(Bénévent)
64697/01
CAVARRA Pasqualino et CAVARRA Emanuele
intr. 14.02.98
enr. 15.01.01
Me Emanuele CAVARRA
(Noto - Syracuse)
64700/01
GIAMBRONE Maria
intr. 10.03.98
enr. 15.01.01
Me Salvatore MANGIAPANE
(San Giovanni Gemini - Agrigente)
64701/01
MANETTA Isidoro Francesco
intr. 18.02.98
enr. 15.01.01
Me Salvatore MANGIAPANE
(San Giovanni Gemini - Agrigente)
64702/01
CILINO Franca
intr. 24.03.98
enr. 15.01.01
Me Salvatore MANGIAPANE
(San Giovanni Gemini - Agrigente)
64703/01
PROFICO Lucia
intr. 13.03.98
enr. 15.01.01
Me Paolo Tommaso RIZZO
(Lecce)
64704/01
GENITO Antonio
intr. 23.02.98
enr. 15.01.01
Me Giovanni ROMANO
(Bénévent)
64707/01
GOBBI Salvatore
intr. 21.10.97
enr. 15.01.01
(Naples)
64709/01
LENTINI Maria Vittoria
intr. 01.10.98
enr. 15.01.01
Me Ugo SGUEGLIA
(Rome)
64710/01
TEREZZA Margherita
intr. 16.06.99
enr. 15.01.01
(Latium)
64859/01
GRANDE Angela
intr. 09.06.98
enr. 18.01.01
Me Gaetano Del VECCHIO
(Bénévent)
64860/01
ESPOSITO Luigia
intr. 09.06.98
enr. 18.01.01
Me Gaetano Del VECCHIO
(Bénévent)
64861/01
MAURO Alessandro
intr. 29.09.98
enr. 18.01.01
Me Gaetano Del VECCHIO
(Bénévent)
64862/01
SALVATORE Maria
intr. 06.10.98
enr. 18.01.01
Me Gaetano Del VECCHIO
(Bénévent)
64863/01
PARRELLA Vincenzo
intr. 06.10.98
enr. 18.01.01
Me Gaetano Del VECCHIO
(Bénévent)
64865/01
RUOCCHIO Maria
intr. 06.10.98
enr. 18.01.01
Me Gaetano Del VECCHIO
(Bénévent)
64866/01
PLENZICH Maria Concetta
intr. 06.10.98
enr. 18.01.01
Me Gaetano Del VECCHIO
(Bénévent)
64867/01
IANNOTTA Maria Antonia
intr. 06.10.98
enr. 18.01.01
Me Gaetano Del VECCHIO
(Bénévent)
64868/01
FOSCHINI Michele
intr. 06.10.98
enr. 18.01.01
Me Gaetano Del VECCHIO
(Bénévent)
64869/01
FERRARA Fernanda
intr. 14.10.98
enr. 18.01.01
Me Gaetano Del VECCHIO
(Bénévent)
64870/01
VISCUSI Rosa
intr. 13.10.98
enr. 18.01.01
Me Gaetano Del VECCHIO
(Bénévent)
64871/01
DIGLIO Raffaele
intr. 13.10.98
enr. 18.01.01
Me Gaetano Del VECCHIO
(Bénévent)
64872/01
CASTELLINO Filomena
intr. 13.10.98
enr. 18.01.01
Me Gaetano Del VECCHIO
(Bénévent)
64873/01
DE CESARE Clementina
intr. 13.10.98
enr. 18.01.01
Me Gaetano Del VECCHIO
(Bénévent)
64874/01
NIFO SARRAPOCHIELLO Lorenzo
intr. 13.10.98
enr. 18.01.01
Me Gaetano Del VECCHIO
(Bénévent)
64875/01
PISCOPO Ciro Cosimo
intr. 13.10.98
enr. 18.01.01
Me Gaetano Del VECCHIO
(Bénévent)
64876/01
BRUNO Delia
intr. 13.10.98
enr. 18.01.01
Me Nicola VERNILLO
(Bénévent)
64877/01
PAGNANO Maria Gilda
intr. 19.10.98
enr. 18.01.01
Me Nicola VERNILLO
(Bénévent)
64878/01
MATERA Maria
intr. 19.10.98
enr. 18.01.01
Me Nicola VERNILLO
(Bénévent)
64879/01
REPOLE Sabato
intr. 29.10.98
enr. 18.01.01
Me Nicola VERNILLO
(Bénévent)
64880/01
PETRUCCIANI Sonia
intr. 18.10.98
enr. 18.01.01
Me Nicola VERNILLO
(Bénévent)
64881/01
DI MEZZA Maria Carmela
intr. 17.07.98
enr. 18.01.01
Me Salvatore FORGIONE
(Solopaca - Bénévent)
64882/01
FIORITO Vincenza
intr. 02.10.98
enr. 18.01.01
Me Salvatore FORGIONE
(Solopaca - Bénévent)
64883/01
TANCREDI Giovannina
intr. 02.10.98
enr. 18.01.01
Me Salvatore FORGIONE
(Solopaca - Bénévent)
64884/01
FALANGA Lucia
intr. 16.10.98
enr. 18.01.01
Mes Salvatore FORGIONE et Edoardo DI GIOIA
(Solopaca - Bénévent)
64885/01
CARAPELLA Patrizia
intr. 30.10.98
enr. 18.01.01
Mes Salvatore FORGIONE et Edoardo DI GIOIA
(Solopaca - Bénévent)
64898/01
DE NIGRIS Ciro
intr. 24.03.98
enr. 18.01.01
Me Pasquale MAGLIONE
(Moiano – Bénévent)
64900/01
COPPOLARO Luigi
intr. 14.10.98
enr. 18.01.01
Me Francesco FALLARINO
(Bénévent)
64901/01
DI MARIA Giuseppe
intr. 12.11.98
enr. 18.01.01
Me Vincenzo PISCITELLI
(Bénévent)
65074/01
DE MICHELE Giampaolo et Annamaria
intr. 21.11.1997
enr. 22.01.2001
Me Giovanni ROMANO
(Bénévent)
65080/01
LIVERANO et quatre autres
intr. 17.03.1998
enr. 22.01.2001
Me Cosimo DE SANCTIS
(Taranto)
65084/01
BELPERIO Vittorio
intr. 08.04.1998
enr. 22.01.2001
Me Gaetano DEL VECCHIO
(Bénévent)
65085/01
DIONIGI Maria Laura et quatre autres
intr. 16.04.1998
enr. 22.01.2001
Me Lucia VARLIERO
(Rimini)
65470/01
PACCA Enzo
intr. 03.11.95
enr. 31.01.01
Me Giovanni ROMANO
(Bénévent)
65472/01
PARRELLA Sabatina et CHIARIZIO Alfonso
intr. 03.11.95
enr. 31.01.01
Me Giovanni ROMANO
(Bénévent)
65473/01
SERINO Paola
intr. 03.11.95
enr. 31.01.01
Me Giovanni ROMANO
(Bénévent)
66233/01
D’ARGENZIO Colomba et autres
intr. 03.11.95
enr. 20.01.01
Me Giovanni ROMANO
(Bénévent)
66401/01
SERINO Luciano et SERINO Augusto
intr. 23.04.98
enr. 23.02.01
Me Giovanni ROMANO
(Bénévent)
66402/01
PISCOPO Giuseppe et DELL’OSTE Concetta
intr. 23.04.98
enr. 23.02.01
Me Giovanni ROMANO
(Bénévent)
66403/01
VACCARIELLO Francesca
intr. 31.01.98
enr. 23.02.01
Me Giovanni ROMANO
(Bénévent)
66404/01
INNOCENZI Paolina Caterina
intr. 03.02.98
enr. 23.02.01
Mes Alessandro MARCHETTI et Flora PANEPUCCI
(L’Aquila)
66405/01
L’AQUILA supermarket S.A.S.
intr. 15.03.98
enr. 23.02.01
Mes Alessandro MARCHETTI et Flora PANEPUCCI
(L’Aquila)
66407/01
LUPO Luigi, MANETTA Salvatore, GIRACELLO Maria,
MARTORANA Salvatore, SCAVETTO Carmela
intr. 09.06.98
enr. 23.02.01
Me Luigi LO SCRUDATO
(San Giovanni Gemini - Agrigente)
66408/01
TATANO Rosa
intr. 12.06.98
enr. 23.02.01
Me Luigi LO SCRUDATO
(San Giovanni Gemini - Agrigente)
66409/01
LO SCRUDATO Francesco
intr. 22.05.98
enr. 23.02.01
Me Salvatore MANGIAPANE
(San Giovanni Gemini - Agrigente)
66410/01
PANEPINTO Antonio
intr. 27.03.98
enr. 23.02.01
Me Salvatore MANGIAPANE
(San Giovanni Gemini - Agrigente)
[1] Voir la liste figurant en annexe.
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