Résolution CM/ResDH(2010)90[1]
Exécution de l’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme
Destrehem contre France
(Requête no 56651/00, arrêt du 18 mai 2004, définitif le 18 août 2004)
Le Comité des Ministres, en vertu de l’article 46, paragraphe 2, de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, qui prévoit que le Comité surveille l’exécution des arrêts définitifs de la Cour européenne des droits de l’homme (ci-après nommées « la Convention » et « la Cour ») ;
Vu l’arrêt transmis par la Cour au Comité une fois définitif ;
Rappelant que la violation de la Convention constatée par la Cour dans cette affaire concerne une atteinte au droit au procès équitable dans le cadre d’une procédure pénale à l’encontre du requérant (violation de l’article 6, paragraphes 1 et 3d) (voir détails dans l’Annexe) ;
Ayant invité le gouvernement de l’Etat défendeur à l’informer des mesures qu’il a prises pour se conformer à l’arrêt de la Cour en vertu de l’obligation qui lui incombe au regard de l’article 46, paragraphe 1, de la Convention ;
Ayant examiné les informations transmises par le gouvernement conformément aux Règles du Comité pour l’application de l’article 46, paragraphe 2, de la Convention ;
S’étant assuré que, dans le délai imparti, l’Etat défendeur a versé à la partie requérante, la satisfaction équitable prévue dans l’arrêt (voir détails dans l’Annexe),
Rappelant que les constats de violation par la Cour exigent, outre le paiement de la satisfaction équitable octroyée par la Cour dans ses arrêts, l’adoption par l’Etat défendeur, si nécessaire :
- de mesures individuelles mettant fin aux violations et en effaçant les conséquences, si possible par restitutio in integrum ; et
- de mesures générales, permettant de prévenir des violations semblables ;
DECLARE, après avoir examiné les mesures prises par l’Etat défendeur (voir annexe) et vu sa décision prise lors de la 940e réunion des Délégués des Ministres (11 octobre 2005) pour l’affaire Destrehem, qu’il a rempli ses fonctions conformément à l’article 46, paragraphe 2, de la Convention dans la présente affaire et
DECIDE d’en clore l’examen.
Annexe à la Résolution CM/ResDH(2010)90
Informations sur les mesures prises afin de se conformer à l’arrêt dans l’affaire
Destrehem contre France
Résumé introductif de l’affaire
L’affaire concerne une atteinte au droit au procès équitable tel que garanti par l’article 6 de la Convention dans le cadre d’une procédure pénale diligentée en 1998-1999 à l’encontre du requérant pour voies de fait contre agents de la force publique et dégradation d’objets d’utilité publique. La cour d’appel a refusé de convoquer et d’entendre les témoins à décharge, conformément au pouvoir d’appréciation que lui confère l’article 513 du Code de procédure pénale, au motif que leur déposition avait déjà été recueillie en première instance et figurait au dossier.
A cet égard, la Cour européenne a relevé que, pour l’essentiel, la cour d’appel avait fondé la condamnation du requérant sur une nouvelle interprétation des témoignages dont elle n’avait pas entendu les auteurs, malgré les demandes en ce sens formulées par le requérant. Le requérant a ainsi été reconnu coupable sur la base de témoignages face auxquels ses droits de la défense se trouvaient sensiblement réduits, d’autant que la cour d’appel a elle-même qualifié sa sanction de « sévère » (violation de l’article 6§§1 et 3).
Au terme de la procédure litigieuse, le requérant a été condamné au paiement de diverses sommes et à 8 mois d’emprisonnement dont cinq avec sursis.
I.Paiement de la satisfaction équitable et mesures individuelles
a) Détails de la satisfaction équitable
Dommage matériel
Dommage moral
Frais & dépens
Total
-
5 000 EUR
9 797,95 EUR
14 797,95 EUR
Payé le 28/10/2004
b) Mesures individuelles
Le requérant a la possibilité de demander le réexamen de sa cause en application des articles 626-1 et suivants du code de procédure pénale. En conséquence, aucune autre mesure individuelle n’a été considérée nécessaire par le Comité des Ministres.
II.Mesures générales
Le gouvernement a confirmé que le présent arrêt avait bien été diffusé à toutes les juridictions qui pourraient connaître d’une affaire similaire.
III.Conclusions de l’Etat défendeur
Le gouvernement estime qu’il a exécuté l’arrêt de la Cour en cela qu’il a, d’une part pris les mesures individuelles nécessaires à la réparation, dans la mesure du possible, du préjudice subi par le requérant et d’autre part, que les mesures générales prises vont prévenir des violations semblables et que la France a par conséquent rempli ses obligations en vertu de l’article 46, paragraphe 1, de la Convention.
[1] Adoptée par le Comité des Ministres le 15 septembre 2010 lors de la 1092e réunion des Délégués des Ministres.
Full & Egal Universal Law Academy