Le Comité des Ministres, en vertu de l'article 32 (art. 32) de
la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés
fondamentales (ci-après dénommée «la Convention»),
Vu le rapport de la Commission européenne des Droits de
l'Homme établi conformément à l'article 31 (art. 31) de la
Convention au sujet des requêtes introduites les 18 février
et 26 juillet 1988 par Mme A.L. et Mme M.V. C. contre l'Italie
(Requêtes nos 13795/88 et 14208/88);
Attendu que la Commission a transmis ledit rapport au Comité
des Ministres le 21 décembre 1993 et que le délai de trois mois
prévu à l'article 32, paragraphe 1 (art. 32-1), de la Convention
s'est écoulé sans que les affaires aient été déférées à la Cour
européenne des Droits de l'Homme en application de l'article 48
(art. 48) de la Convention;
Attendu que dans leurs requêtes, telles que déclarées
recevables par la Commission le 5 mai 1993, les requérantes se sont
plaintes de la durée excessive d'une procédure pénale dans laquelle
elles s'étaient constituées partie civile;
Attendu que, dans son rapport adopté le 13 octobre 1993, la
Commission a exprimé l'avis, à l'unanimité, qu'il y avait eu
violation de l'article 6, paragraphe 1 (art. 6-1), de la
Convention;
Attendu que, lors de la 512e réunion des Délégués des
Ministres, tenue le 3 mai 1994, le Comité des Ministres, faisant
sien l'avis exprimé par la Commission, a dit, ayant procédé au vote
conformément aux dispositions de l'article 32, paragraphe 1
(art. 32-1), de la Convention, qu'il y avait eu dans cette affaire
violation de l'article 6, paragraphe 1 (art. 6-1), de la
Convention;
Attendu que le Comité des Ministres a examiné les propositions
faites par la Commission, lors de la transmission de son rapport,
au sujet d'une satisfaction équitable à accorder aux requérantes,
propositions complétées par lettre du Président de la Commission en
date du 11 mars 1994;
Attendu que, lors de cette même réunion des Délégués, le
Comité des Ministres a dit, conformément à l'article 32,
paragraphe 2 (art. 32-2), de la Convention, que le Gouvernement de
l'Italie devait verser à chacune des requérantes comme satisfaction
équitable, dans les trois mois, 3 000 000 de lires italiennes au
titre du préjudice moral et 1 500 000 lires italiennes au titre des
frais et dépens, soit la somme totale de 9 000 000 de lires
italiennes;
Attendu que le Comité des Ministres a invité le Gouvernement
de l'Italie à l'informer des mesures prises à la suite de ses
décisions du 3 mai 1994, eu égard à l'obligation qu'a l'Italie de
s'y conformer selon l'article 32, paragraphe 4 (art. 32-4), de la
Convention;
Attendu que le Gouvernement de l'Italie a rappelé que des
mesures avaient déjà été adoptées afin d'empêcher la répétition de
la violation constatée dans la présente affaire, avec notamment
l'entrée en vigueur le 24 octobre 1989 du nouveau Code de procédure
pénale (voir entre autres la Résolution DH (92) 54 dans l'affaire
Frau contre l'Italie et la Résolution DH (94) 15 dans l'affaire
Sanfilippo contre l'Italie); et avec l'entrée en vigueur
le 30 avril et le 1er mai 1995 de deux lois visant à restructurer
les juridictions civiles et à accélérer les procédures civiles
(voir la Résolution DH (95) 82 dans l'affaire Zanghì contre
l'Italie);
Attendu que le Comité des Ministres s'est assuré que le
Gouvernement de l'Italie avait versé aux requérantes le 4 et
le 25 novembre 1994 la somme totale de 9 000 000 de lires
italiennes comme satisfaction équitable,
Déclare, après avoir pris note des mesures prises par le
Gouvernement de l'Italie, qu'il a rempli ses fonctions en vertu de
l'article 32 (art. 32) de la Convention dans la présente affaire;
Autorise la publication du rapport adopté par la Commission
dans cette affaire.
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