COMMISSION EUROPÉENNE DES DROITS DE L'HOMME
PREMIÈRE CHAMBRE
Requête no 38471/97
Angelo Meluso
contre
Italie
RAPPORT DE LA COMMISSION
(adopté le 27 octobre 1998)
I.INTRODUCTION
1.Le présent rapport concerne la requête numéro 38471/97 introduite le 1er juin 1993 contre l'Italie et enregistrée le 6 novembre 1997. Le requérant est un ressortissant italien né en 1933 et réside à Sant'Arsenio (Salerne).
Le gouvernement défendeur est représenté par son Agent, M. Umberto Leanza, Chef du service du Contentieux diplomatique au Ministère des Affaires étrangères.
2.Cette requête, qui porte sur la durée d'une procédure civile, a été communiquée le 9 décembre 1997 au Gouvernement. A la suite d'un échange de mémoires, la requête a été déclarée recevable le 8 juillet 1998. Le texte de la décision sur la recevabilité est annexé au présent rapport.
3.Ayant constaté qu'il n'existe aucune base permettant d'obtenir un règlement amiable au sens de l'article 28 par. 1 b) de la Convention, la Commission (Première Chambre), après délibération, a adopté le 27 octobre 1998 le présent rapport conformément à l'article 31 par. 1 de la Convention, en présence des membres suivants :
MM.M.P. PELLONPÄÄ, Président
E. BUSUTTIL
A. WEITZEL
C.L. ROZAKIS
MmeJ. LIDDY
MM.B. MARXER
B. CONFORTI
I. BÉKÉS
G. RESS
A. PERENI_
C. BÎRSAN
M. VILA AMIGÓ
MmeM. HION
M. R. NICOLINI
4.Dans ce rapport, la Commission a formulé son avis sur le point de savoir si les faits constatés révèlent, de la part de l'Italie, une violation de la Convention.
5.Le texte du présent rapport sera transmis au Comité des Ministres du Conseil de l'Europe conformément à l'article 31 par. 2 de la Convention.
II.ETABLISSEMENT DES FAITS
6.Le 30 mai 1991, le requérant assigna sept personnes devant le tribunal de Sala Consilina afin d'obtenir le partage d'un héritage et le constat de la nullité d'une donation.
7.La mise en état de l'affaire commença le 12 février 1992. Après une audience remise à la demande des parties, l'audience du 24 juin 1992 fut renvoyée au 26 mai 1993, pour permettre à une défenderesse de produire le contrat de donation et afin de notifier l'acte de citation à une autre défenderesse, qui avait entre-temps déménagé à l'étranger. L'audience fixée au 16 février 1994 fut ajournée d'office au 12 avril 1995. Les quatre audiences qui se tinrent entre le 3 mars 1996 et le 8 octobre 1997 furent renvoyées car les parties n'étaient pas en mesure de communiquer où se trouvait la défenderesse qui était partie sans laisser d'adresse.
8.Le 18 février 1998, l'audience ne se tint pas, car se jour-là les avocat faisaient grève, et la prochaine audience fut fixée au 15 juillet 1998. Le jour venu, l'audience fut remise au 10 février 1999 pour la même raison.
III.AVIS DE LA COMMISSION
9.Le requérant se plaint de la violation du principe du délai raisonnable prévu à l'article 6 par. 1 de la Convention.
10.Cette procédure tend à faire décider d'une contestation sur des "droits et obligations de caractère civil" et se situe donc dans le champ d'application de l'article 6 par. 1 de la Convention.
11.La procédure litigieuse, qui a débuté le 30 mai 1991 et qui est à ce jour encore pendante, a déjà duré plus de sept ans et quatre mois.
12.Conformément à la jurisprudence de la Cour et de la Commission en la matière et sur la base des informations fournies par les deux parties, la Commission a relevé des retards imputables aux juridictions nationales l'amenant à considérer que la durée de la procédure litigieuse est excessive et ne répond pas à l'exigence du "délai raisonnable".
CONCLUSION
13.La Commission conclut, à l'unanimité, qu'il y a eu, en l'espèce, violation de l'article 6 par. 1 de la Convention.
M.F. BUQUICCHIO M.P. PELLONPÄÄ
Secrétaire Président
de la Première Chambre de la Première Chambre
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