COMMISSION EUROPEENNE DES DROITS DE L'HOMME
PREMIERE CHAMBRE
Requête N° 24023/94
A. V.
contre
Italie
RAPPORT DE LA COMMISSION
(adopté le 11 avril 1995)
I. INTRODUCTION
1. Le présent rapport concerne la requête No 24023/94 introduite
le 28 juin 1993 contre l'Italie et enregistrée le 2 mai 1994. Le
requérant est un ressortissant italien né en 1960 et réside à
Torre del Greco (Naples). Il est représenté devant la Commission par
Maître Roberto Auciello, avocat à Torre del Greco (Naples).
Le Gouvernement défendeur a été représenté, en qualité d'Agent,
d'abord par M. Luigi Ferrari Bravo, puis par M. Umberto Leanza,
successivement Chefs du service du Contentieux diplomatique au
Ministère des Affaires étrangères.
2. Cette requête, qui porte sur la durée d'une procédure civile,
a été communiquée le 17 mai 1994 au Gouvernement. A la suite d'un
échange de mémoires, la requête a été déclarée recevable le
17 janvier 1995. Le texte de la décision sur la recevabilité est
annexé au présent rapport.
3. Ayant constaté qu'il n'existe aucune base permettant d'obtenir
un règlement amiable au sens de l'article 28 par. 1 b) de la
Convention, la Commission (Première Chambre), après délibération, a
adopté le 11 avril 1995 le présent rapport conformément à
l'article 31 par. 1 de la Convention, en présence des membres
suivants :
M. C.L. ROZAKIS, Président
Mme J. LIDDY
MM. E. BUSUTTIL
A.S. GÖZÜBÜYÜK
A. WEITZEL
M.P. PELLONPÄÄ
B. MARXER
B. CONFORTI
I. BÉKÉS
E. KONSTANTINOV
G. RESS
4. Dans ce rapport, la Commission a formulé son avis sur le point
de savoir si les faits constatés révèlent, de la part de l'Italie,
une violation de la Convention.
5. Le texte du présent rapport sera transmis au Comité des
Ministres du Conseil de l'Europe conformément à l'article 31 par. 2
de la Convention.
II. ETABLISSEMENT DES FAITS
6. Le 19 janvier 1983, le requérant assigna M. P. et la compagnie
d'assurance S. M. s.p.a. devant le tribunal de Naples afin d'obtenir
la réparation des dommages subis à la suite d'un accident de la
circulation.
7. La mise en état de l'affaire commença le 12 avril 1983 et se
termina, treize audiences plus tard, le 8 juin 1989 par la
présentation des conclusions. L'audience de plaidoirie devant la
chambre compétente fut fixée au 13 juin 1990.
8. Le 13 juin 1990, le procès fut interrompu car entre-temps la
société S. M. s.p.a. avait été mise en liquidation. Le requérant
ayant repris la procédure le 12 novembre 1990, le président fixa
l'audience de plaidoirie devant la chambre compétente au
3 juillet 1991.
9. Par une ordonnance du 10 juillet 1991, dont le texte fut déposé
au greffe le 3 octobre 1991, le tribunal de Naples ordonna un
complément d'instruction et fixa au 14 avril 1992 l'audience devant
le juge de la mise en état. Après deux audiences, le 14 juillet 1994
les parties présentèrent leurs conclusions et le juge de la mise en
état fixa l'audience de plaidoirie au 11 janvier 1995.
III. AVIS DE LA COMMISSION
10. Le requérant se plaint de la violation du principe du délai
raisonnable prévu à l'article 6 par. 1 (art. 6-1) de la
Convention.
11. Cette procédure tend à faire décider d'une contestation sur des
"droits et obligations de caractère civil" et se situe donc dans le
champ d'application de l'article 6 par. 1 (art. 6-1) de la
Convention.
12. La procédure litigieuse, qui a débuté le 19 janvier 1983 et
était encore pendante au 11 janvier 1995, avait déjà duré presque
douze ans.
13. Conformément à la jurisprudence de la Cour et de la Commission
en la matière et sur la base des informations fournies par les deux
parties, la Commission a été amenée, après avoir effectué une
évaluation globale de la procédure, à considérer que la durée de la
procédure litigieuse est excessive et ne répond pas à l'exigence du
"délai raisonnable".
CONCLUSION
14. La Commission conclut, à l'unanimité, qu'il y a eu, en l'espèce,
violation de l'article 6 par. 1 (art. 6-1) de la Convention.
Le Secrétaire Le Président
de la Première Chambre de la Première Chambre
(M.F. BUQUICCHIO) (C.L. ROZAKIS)
Full & Egal Universal Law Academy