B u n d e s v e rw a l t u ng s g e r i ch t
T r i b u n a l ad m i n i s t r a t i f f éd é r a l
T r i b u n a l e am m in i s t r a t i vo f e d e r a l e
T r i b u n a l ad m i n i s t r a t i v fe d e r a l
Cour III
C-2498/2012
A r r ê t d u 11 a v r i l 2 0 1 4
Composition
Madeleine Hirsig-Vouilloz (présidente du collège),
David Weiss, Beat Weber, juges,
Audrey Bieler, greffière.
Parties
A._______, Espagne,
représentée par Maître Cristobal Orjales,
recourante,
contre
Office de l'assurance-invalidité pour les assurés
résidant à l'étranger (OAIE),
avenue Edmond-Vaucher 18, case postale 3100,
1211 Genève 2,
autorité inférieure
Objet
Assurance-invalidité (décision du 15 mars 2012).
C-2498/2012
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Faits :
A.
A._______, ressortissante espagnole, née le […] 1957, a travaillé en
Suisse de septembre 1977 à août 1994 en tant que coiffeuse, cotisant
ainsi à l'assurance-vieillesse, survivants et invalidité suisse (pces 4, 9, 14
et 15; cf. également l'extrait du compte individuel du 13 août 2012
[TAF pce 7]).
De retour en Espagne, l'assurée travaille du 1er avril 2000 au
18 septembre 2007 en tant que gérante d'un magasin grossiste pour les
salons de coiffure de manière indépendante. Le mari de l'assurée, lui-
même gérant d'un magasin de produits de beauté, reprend la gestion du
magasin de l'assurée dès cette date et une ou deux employées semblent
suppléer à l'absence de l'assurée qui cesse définitivement toute activité
professionnelle en raison de son état de santé dès le 8 juin 2009, après
avoir tenté sans succès une reprise du travail à taux réduit entre le
29 mai 2008 et le 8 juin 2009 (pces 4, 22 et 67; cf. également les
anamnèse professionnelles de l'expertise bi-disciplinaire des
Drs B._______ et C._______ et de l'expertise privée du 7 juin 2012 de la
Dresse D._______).
B.
Le 22 février 2010, A._______ dépose, par l'intermédiaire de l'Institut
national de sécurité sociale espagnol (INSS), une demande de
prestations d'invalidité auprès de l'Office de l'assurance-invalidité pour les
assurés résidant à l'étranger (OAIE). Elle déclare être en incapacité de
travail totale permanente dans son activité habituelle en raison de son
état de santé depuis le 8 juin 2009 (pce 3 et également pce 22 pp. 1 à 3).
Les pièces suivantes sont notamment versées en cause:
– des résultats radiologiques du 6 mars 2008, indiquant chez l'assurée
une rectification de la lordose cervicale, un renflement discal postéro-
central en C5-C6, une discopathie dégénérative en C5-C6 et C6-C7,
ainsi qu'une cervico-arthrose modérément sévère en C5-C6 et C6-C7
(pce 24);
– un certificat médical du Dr E._______ du 27 mai 2008, attestant d'une
incapacité de travail entière provisoire de l'assurée du 18 septembre
2007 au 27 mai 2008 pour cause de cervicalgies (pce 25);
– deux certificats médicaux des 8 juin 2009 et 12 février 2010 de la
Dresse F._______ constatant chez l'assurée une incapacité de travail
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entière du 8 juin 2009 au 12 février 2010 en raison d'une
coccygodynie et d'autres altérations non spécifiées du dos (pces 26 et
28);
– des résultats radiologiques de la colonne lombaire du 14 juillet 2009
montrant un kyste de Tarlov en S2, ainsi qu'un léger déplacement
antérieur du coccyx sur la partie distale du sacrum (pce 27);
– un rapport médical du 3 mars 2010 établi par la Dresse F._______,
dont il ressort que l'assurée souffre de varices du membre inférieur
droit, de cervicarthroses, de discopathie dégénérative en C5-C6 et
C6-C7, de polyarthrose, ainsi que d'un syndrome anxieux avec
insomnie de conciliation; le médecin décrit des douleurs au niveau du
sacrum en raison d'une coccygodynie lesquelles sont traitées par
anti-inflammatoires (pce 29);
– un formulaire E 213 établi le 11 mars 2010 par la Dresse G._______
suite à un examen personnel de l'assurée, dont il ressort que celle-ci
reste apte à travailler dans son activité de vendeuse de produits de
coiffure malgré le fait qu'elle souffre de polyarthrose, de
cervicarthrose modérée à sévère en C5-C6 et C6-C7, de
coccygodynie et de fibromyalgie avec trouble anxio-dépressif mixte; le
médecin évoque l'absence de limitations fonctionnelles objectives
justifiant une incapacité permanente de travail et l'absence de
symptomatologie anxio-dépressive ou psychotique et de détérioration
cognitive (pce 5);
– un rapport médical du 4 juin 2010 établi par le Dr H._______,
rhumatologue, qui indique que l'assurée, suivie depuis 2008, souffre
de cervicarthrose sévère, d'uncarthrose, de discopathie dégénérative
en C5-C6 et C6-C7, d'ostéophytose antérieure et postérieure, de
cervicobrachialgie bilatérale, de coxarthrose bilatérale, de
coccygodynie chronique récurrente, d'incurvation antérieure du
coccyx, de fibromyalgie selon les critères de diagnostics ACIR-90,
ainsi que d'un syndrome anxio-dépressif; le médecin décrit des
paresthésies et dysesthésies à prédominance nocturne dans les
quatre membres; le médecin estime que les pathologies de l'assurée
sont chroniques et définitives et déclare que l'intensité des
symptômes empêche l'assurée d'exécuter les tâches inhérentes à sa
profession habituelle, considérant que les symptômes se péjorent en
cas d'efforts et de surcharges lors de positions debout ou assises
prolongées (pce 30);
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– un questionnaire pour les assurés travaillant dans le ménage rempli le
13 septembre 2010 par l'assurée qui indique gérer un ménage de
trois adultes dans une maison individuelle de cinq pièces, mais d'avoir
besoin de l'aide de sa famille et de personnes extérieures pour de
nombreuses tâches ménagères (pce 22 pp. 13 à 15);
– un questionnaire à l'assuré du 13 septembre 2010, dont il ressort que
l'assurée, coiffeuse de formation, a été active comme gérante
indépendante d'un magasin vendant des appareils et produits pour la
coiffure entre le 1er avril 2000 et le 18 septembre 2007, date à laquelle
elle a cessé son activité en raison de son état de santé (pce 22 pp. 5
à 9);
– un questionnaire pour indépendants daté du même jour, par lequel
l'assurée indique avoir été active comme commerçante indépendante
dans la vente de produits de coiffure depuis le 1er avril 2000 à raison
de 48 heures par semaine pour un salaire mensuel de EUR 1'601.85;
l'assurée mentionne qu'en raison de son état de santé, elle ne peut
plus porter de poids et que, dès lors, son mari a repris de manière
provisoire son commerce dès le 18 septembre 2007 (pce 22 pp. 10 à
12); l'assurée produit ses déclarations fiscales pour les années 2007
à 2009 (pce 22 pp. 16 à 24);
– deux rapports psychiatriques des 24 janvier 2008 et 8 juillet 2010 de
la Dresse I._______, laquelle déclare suivre l'assurée depuis le mois
d'octobre 2007 pour un trouble anxio-dépressif mixte (CIE-10 F 41.2)
traité par antidépresseurs, puis par anxiolytiques; la psychiatre décrit
de l'insomnie, une symptomatologie à prédominance anxieuse, un
manque de concentration, ainsi qu'un état de tristesse et d'apathie
(pces 31 et 32).
C.
C.a Dans une prise de position du 8 octobre 2010, la Dresse J._______,
médecin interne à l'administration, au vu des pièces au dossier et
notamment du questionnaire pour les assurés travaillant dans le ménage,
déclare l'assurée totalement incapable de travailler dès le mois
d'octobre 2007 en raison des diagnostics rhumatologiques déjà évoqués,
du trouble anxio-dépressif mixte confirmé par un médecin psychiatre, des
plaintes de fatigabilité, ainsi qu'en raison de la présence de paresthésies
et dysesthésies décrites par le rhumatologue traitant (pce 34).
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C.b La Dresse J._______, invitée à préciser sa prise de position par
l'autorité inférieure, notamment à préciser pour quelles raisons elle
s'éloigne des conclusions du formulaire E 213, indique avoir retenu une
incapacité de travail totale sur la base du questionnaire pour ménagère
rempli par l'assurée, considérant que les points de fibromyalgie sont tous
douloureux et que la psychiatre fait état de troubles cognitifs (pces 35 à
37). Toutefois, la praticienne propose qu'une expertise psychiatrique soit
effectuée, afin d'évaluer notamment si l'assurée souffre d'une atteinte
fibromyalgique.
D.
D.a L'OAIE ordonne ainsi qu'une expertise bi-disciplinaire soit effectuée
en Suisse. Dans ce cadre, la Dresse C._______, expert rhumatologue et
en médecine interne, examine l'assurée le 5 octobre 2011 et livre un
rapport d'expertise de 28 pages, comprenant diverses anamnèses, la
description des plaintes de l'assurée, ainsi qu'un examen clinique complet
(pce 63). D'un point de vue purement rhumatologique, l'experte retient
que l'assurée souffre principalement d'une cervicarthrose significative
sans myélopathie ni radiculopathie (M 47.8) entraînant une incapacité de
travail de 50% en tant que coiffeuse. L'experte rhumatologue estime par
contre, qu'en tant que gérante de magasin de produits de coiffure, la
capacité de travail de l'assurée reste entière, l'alternance de mouvements
étant possible et son mari ou ses employées pouvant l'aider pour le port
du matériel. Sont cités comme n'ayant pas de répercussion sur la
capacité de travail de l'assurée, un trouble statique rachidien avec
discrète spondylarthrose (M 47.8), un excès pondéral (E 63.2), des
varices des membres inférieurs avec status après stripping de varices
multiples à droite (I 83.9) et une coxarthrose débutante (M 16.9).
D.b En collaboration avec le Dr B._______, co-expert psychiatre,
l'experte rhumatologue diagnostique chez l'assurée un syndrome
somatoforme douloureux persistant (F 45.4) en présence de 14/18 des
points de fibromyalgie, d'absence de corrélation entre les plaintes et les
constatations des experts et la présence de signes multiples
d'amplification. Ce trouble est toutefois considéré comme non invalidant
par les deux experts, le psychiatre ayant diagnostiqué uniquement un
trouble anxieux et dépressif mixte (F 41.2) de peu de sévérité, par ailleurs
sans troubles cognitifs ni perte de contacts sociaux, situation qui devrait
permettre à l'assurée de faire face à sa symptomatologie douloureuse et
qui n'entraîne pas d'incapacité de travail d'un point de vue purement
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psychiatrique (cf. les rapports d'expertise rhumatologique et psychiatrique
des 10 et 12 octobre 2011; pces 62 et 63).
E.
Dans une nouvelle prise de position du 22 novembre 2011, la
Dresse J._______, reprenant les conclusions des expertises effectuées,
propose de retenir une limitation de la capacité de travail de 50% de
l'assurée dans une activité de coiffeuse depuis 2007 (pce 66).
F.
Par courrier du 15 décembre 2011, l'assurée avance n'être plus en
mesure d'effectuer une quelconque activité au sein de son entreprise
compte tenu de son état de santé et indique que son mari a dû reprendre
intégralement la gestion du magasin (pce 67 pp. 1-3). Ainsi, l'assurée fait
parvenir à l'OAIE les pièces suivantes:
– un questionnaire à l'assuré du 18 novembre 2011, par lequel elle
précise que son activité indépendante consistait en de la vente, de
l'administration et de la gestion de stock (pce 67 pp. 4-8);
– un questionnaire pour les assurés travaillant dans le ménage rempli le
même jour, dont il ressort que l'assurée a besoin de l'aide de sa
famille et de tiers à raison de 15 heures par jour pour les tâches
ménagères, les courses, l'entretien du jardin, ainsi que pour conduire
plus d'une demi-heure seule (pce 67 pp. 9-12);
– un questionnaire pour indépendant du 18 novembre 2011
superposable à celui du 13 septembre 2010 (pce 67 pp. 13-15)
accompagné de la déclaration fiscale pour l'année 2010 de l'assurée
(pce 67 pp. 16-21); l'assurée précise que deux employées travaillent
actuellement dans son ancien magasin.
G.
Par projet de décision du 9 janvier 2012, l'OAIE propose le rejet de la
demande de prestations d'invalidité de l'assurée, estimant qu'une activité
lucrative est toujours exigible dans une mesure suffisante pour exclure le
droit à une rente d'invalidité (pce 69).
H.
Par opposition du 13 janvier 2012 (pce 72), complétée le 15 février 2012
(pce 76), l'assurée conclut à l'octroi d'une rente entière d'invalidité et,
subsidiairement, à ce qu'une contre-expertise soit effectuée. L'intéressée
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conteste la valeur probante des expertises des Drs B._______ et
C._______ notamment s'agissant de l'appréciation de sa capacité de
travail dans son activité habituelle de gérante de magasin qui est
insuffisamment motivée et basée sur des radiographies de la région
sacro-lombaire anciennes de deux ans. L'assurée indique que son travail
de gérante implique le maintien d'une position debout répétée pendant la
journée, la réalisation d'efforts physiques très fréquents et intenses par le
transport de matériel lourd.
La recourante produit encore les documents suivants:
– un rapport du 24 octobre 2011 du Dr E._______, médecin généraliste,
lequel pose les diagnostics suivants: cervicarthrose sévère avec
discopathie dégénérative C5-C6 et C6-C7, coxarthrose bilatérale,
coccygodynie chronique récurrente et fibromyalgie (pce 77 p. 4);
– un rapport du 15 novembre 2011 établi par la Dresse K._______
diagnostiquant chez l'assurée des cervicalgies mécaniques dans un
contexte fibromyalgique, soulignant la présence nouvelle de signes de
radiculopathies chroniques en C7 toutefois sans dysesthésies avec
uniquement une limitation dans les derniers degrés d'inclinaison des
cervicales C5-C6-C7 (pce 77 p. 5);
– un recours du 2 décembre 2011 adressé par l'assurée au Tribunal
supérieur de justice de Galice à l'encontre de la décision de la
sécurité sociale espagnole lui refusant le droit à une rente d'invalidité
espagnole (pce 77 pp. 6 à 14);
– un rapport du 1er février 2012 établi par le Dr H._______, lequel
reprenant les diagnostics déjà établis lors de son dernier rapport
médical, relève les douleurs intenses généralisées de l'assurée,
notamment au niveau des cervicales, du coccyx et des hanches,
empêchant la station debout et assise prolongée; le rhumatologue
traitant estime que l'assurée présente une pathologie chronique et
définitive entraînant une incapacité de travail permanente et totale
dans son activité habituelle (pce 77 pp. 1 à 3).
I.
Dans une prise de position du 12 mars 2012, la Dresse L._______,
médecin de l'OAIE, confirme les conclusions des experts tendant à la
reconnaissance d'une capacité de travail entière de l'assurée conservée
dans son activité habituelle de gérante de magasin de produits de
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coiffure. La praticienne estime contrairement à l'assurée que les deux
expertises ont toute valeur probante et que l'absence de limitations
fonctionnelles dans l'activité habituelle de l'assurée retenue par le
médecin de l'INSS et les experts suisses est justifiée (pce 80).
J.
Par décision du 15 mars 2012, l'OAIE rejette la demande de rente AI de
l'assurée au motif qu'il n'a pas été établi en procédure d'audition que les
expertises ne présentaient pas valeur probante au vu de la dernière prise
de position de son service médical du 12 mars 2012 (pce 81).
K.
Le 7 mai 2012, A._______, par l'intermédiaire de son représentant,
interjette recours auprès du Tribunal administratif fédéral (TAF pce 1).
Celle-ci réfute toute valeur probante aux expertises effectuées et relève
une appréciation erronée et insuffisante de sa capacité de travail dans
son activité habituelle de gérante de magasin grossiste de produits de
coiffure. Préalablement, elle requiert la comparution personnelle des
parties, ainsi que la comparution de tous les médecins et experts suisses
ayant pris part à la procédure, ainsi que de son rhumatologue traitant, le
Dr H._______, et d'une certaine M._______. Principalement, elle conclut
à l'octroi d'une rente entière d'invalidité dès le 23 septembre 2010 sur la
base d'un degré d'invalidité de 100% et subsidiairement au renvoi de la
cause auprès de l'autorité inférieure pour qu'elle procède à un
complément d'instruction. Dans le cadre du recours, sont déposées
plusieurs pièces déjà au dossier.
L.
Par complément au recours du 14 juin 2012, la recourante fait parvenir au
Tribunal une contre-expertise privée établie par la Dresse D._______,
spécialiste FMH en médecine interne et maladies rhumatismales, laquelle
estime que la capacité de travail de la recourante dans son activité
habituelle de gérante d'un magasin grossiste pour les produits de coiffure,
dans une activité de coiffeuse ou dans des activités de bureau n'excède
pas 50% en raison de ses limitations fonctionnelles empêchant toute
position prolongée, le port de charges ou les efforts avec les membres
supérieurs en hauteur. Sur la base de cette expertise, la recourante
modifie partiellement ses conclusions et requiert à titre principal l'octroi
d'une demi-rente d'invalidité dès le 23 septembre 2012, ainsi que le
témoignage de la Dresse D._______ (TAF pce 3; pce 86).
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M.
Invitée à prendre position par l'autorité inférieure sur le rapport d'expertise
de la Dresse D._______ et en particulier à préciser les limitations
fonctionnelles de l'assurée dans les tâches inhérentes à son activité
habituelle de gérante, à savoir dans le cadre d'activités de gestion
administrative, de gestion de l'approvisionnement d'un magasin de
grossiste de coiffure (commande, stockage, réception, rangement) et de
vendeuse (cf. la demande d'attribution urgente du 21 août 2012 de l'OAIE
à son service médical [TAF pce 7]), la Dresse L._______ relève de
légères améliorations de la mobilité du rachis, ainsi que la disparition des
troubles statiques et des troubles neurologiques lors de l'examen clinique
effectué par la Dresse D._______. Le médecin interne à l'administration
estime au final qu'il n'y a pas lieu de revenir sur les conclusions de
l'expertise bi-disciplinaire étant donné que la Dresse D._______ procède
uniquement à une évaluation différente d'une même situation, les
diagnostics principaux de cervicalgies sur cervicarthrose sévère avec
discopathie, de lombalgies sur possible arthrose facettaire et discopathie
L5-S1 étant retenus par les deux experts rhumatologues (cf. la prise de
position du 24 août 2012 [TAF pce 7]).
N.
Par réponse du 10 septembre 2012, l'OAIE, se référant à l'avis de son
service médical, conclut au rejet du recours et à la confirmation de la
décision entreprise. L'autorité inférieure estime que les rapports
d'expertise rhumatologique et psychiatrique effectués permettent de
retenir que l'assurée reste apte à exercer sa dernière activité
indépendante (TAF pce 7).
O.
Par décision incidente du 19 septembre 2012, le Tribunal invite la
recourante à déposer sa réplique et à verser une avance sur les frais de
procédure de Fr. 400.-- jusqu'au 19 octobre 2012. L'intéressée s'acquitte
du montant requis le 18 octobre 2012 (TAF pces 8 à 10).
P.
Par réplique du 19 octobre 2012, la recourante se réfère à ses
précédentes écritures et réfute les arguments du service médical de
l'OAIE (TAF pce 11).
Q.
Par duplique du 29 octobre 2012, l'OAIE maintient ses précédentes
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Page 10
conclusions, constatant que la recourante n'apporte pas d'éléments
nouveaux lui permettant de s'écarter de son préavis (TAF pce 13).
R.
Par ordonnance du 6 novembre 2012, le Tribunal transmet un double de
la duplique à la recourante pour information (TAF pce 14).
Les arguments des parties seront exposés plus avant dans la partie en
droit en tant que besoin.
Droit :
1.
1.1 Sous réserve des exceptions – non réalisées en l'espèce – prévues à
l'art. 32 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal administratif fédéral
(LTAF, RS 173.32), entrée en vigueur le 1er janvier 2007, le Tribunal, en
vertu de l'art. 31 LTAF en relation avec l'art. 33 let. d LTAF et
l'art. 69 al. 1 let. b de la loi fédérale du 19 juin 1959 sur l'assurance-
invalidité (LAI, RS 831.20), connaît des recours interjetés par les
personnes résidant à l'étranger contre les décisions concernant l'octroi de
rente d'invalidité prises par l'OAIE.
1.2 Selon l'art. 3 let. dbis PA, la procédure en matière d'assurances
sociales n'est pas régie par la PA dans la mesure où la loi fédérale du
6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances sociales
(LPGA, RS 830.1) est applicable. Conformément à l'art. 1 al. 1 LAI, les
dispositions de la LPGA s'appliquent à l'assurance-invalidité (art. 1a à
26bis et 28 à 70), à moins que la LAI ne déroge à la LPGA.
1.3 Selon l'art. 59 LPGA, quiconque est touché par la décision ou la
décision sur opposition et a un intérêt digne d'être protégé à ce qu'elle
soit annulée ou modifiée a qualité pour recourir. Ces conditions sont
remplies en l'espèce.
1.4 Déposé en temps utile dans les formes requises par la loi (TAF pce 1)
et la recourante s'étant acquitté de l'avance de frais dans le délai imparti
(TAF pces 8 à 10), il est entré en matière sur le fond (art. 60 LPGA et
52 PA).
2.
Le Tribunal administratif fédéral applique le droit d'office, sans être lié par
les motifs invoqués (cf. art. 62 al. 4 PA) ni par l'argumentation juridique
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Page 11
développée dans la décision entreprise (cf. PIERRE MOOR, Droit
administratif, vol. II, 3e éd., Berne 2011, ch. 2.2.6.5, p. 300 s.). La
procédure est régie par la maxime inquisitoire, ce qui signifie que le
Tribunal administratif fédéral définit les faits et apprécie les preuves
d'office et librement (cf. art. 12 PA). Les parties doivent toutefois
collaborer à l'établissement des faits (art. 13 PA) et motiver leur recours
(art. 52 PA). En conséquence, l'autorité saisie se limite en principe aux
griefs soulevés et n'examine les questions de droit non invoquées que
dans la mesure où les arguments des parties ou le dossier l'y incitent
(ATF 122 V 157 consid. 1a, ATF 121 V 204 consid. 6c; Jurisprudence des
autorités administratives de la Confédération [JAAC] 61.31 consid. 3.2.2;
ANDRÉ MOSER/MICHAEL BEUSCH/LORENZ KNEUBÜHLER, Prozessieren vor
dem Bundesverwaltungsgericht, 2ème éd., Bâle 2013, p. 25 n. 1.55,
ALFRED KÖLZ/ISABELLE HÄNER/ MARTIN BERTSCHI, Verwaltungsverfahren
und Verwaltungsrechtspflege des Bundes, 3e éd., Zurich 2013,
n°1132 ss).
3.
3.1 A._______, ressortissante espagnole, est citoyenne d'un Etat
membre de la Communauté européenne. Par conséquent est applicable,
en l'espèce, l'Accord sur la libre circulation des personnes du 21 juin
1999, entré en vigueur le 1er juin 2002, entre la Confédération suisse,
d'une part, et la Communauté européenne et ses Etats membres, d'autre
part (ALCP, RS 0.142.112.681), dont l'Annexe II règle la coordination des
systèmes de sécurité sociale par renvoi statique au droit européen.
L'art. 80a LAI rend expressément applicables dans la présente cause,
s'agissant d'un ressortissant de l'Union européenne, l'ALCP et les
règlements (CEE) n° 1408/71 du Conseil du 14 juin 1971 (RO 2004 121)
et (CEE) n° 574 /72 du Conseil du 21 mars 1972 relativement à
l'application du règlement (CEE) n° 1408/71 (RO 2005 3909). S'agissant
des nouveaux règlements de l'Union européenne [CEE] n° 883/2004 et
987/2009 [RS 0.831.109.268.1 et RS 0.831.109.268.11], on note que
ceux-ci ne sont pas applicables car étant entrés en vigueur pour la
relation avec la Suisse et les Etats de l'Union européenne le
1er avril 2012.
3.2 Conformément à l'art. 3 al. 1 du Règlement (CEE) n°1408/71, les
personnes qui résident sur le territoire de l'un des Etats membres et
auxquelles les dispositions du règlement sont applicables, sont soumises
aux obligations et sont admises au bénéfice de la législation de tout Etat
membre dans les mêmes conditions que les ressortissants de celui-ci,
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Page 12
sous réserve de dispositions particulières contenues dans ledit
règlement. Comme avant l'entrée en vigueur de l'ALCP, le degré
d'invalidité d'un assuré qui prétend à une rente de l'assurance-invalidité
suisse est déterminé exclusivement d'après le droit suisse (art. 40 par. 4
du Règlement 1408/71; ATF 130 V 257 consid. 2.4), étant précisé que la
documentation médicale et administrative fournie par les institutions de
sécurité sociale d'un autre Etat membre doit être prise en considération
(art. 40 du règlement [CEE] n° 574/72 en vigueur jusqu'au 31 mars 2012
[RO 2004 121, RO 2008 4219, RO 2009 4831]).
3.3 L'examen du droit à des prestations selon la LAI est régi par la teneur
de la LAI au moment de la décision entreprise eu égard au principe selon
lequel les règles applicables sont celles en vigueur au moment où les
faits juridiquement déterminants se sont produits (pro rata temporis;
ATF 136 V 24 consid. 4.3 et les références). Considérant la décision
entreprise du 15 mars 2012, les dispositions de la 6ème révision de la LAI
(premier volet) en vigueur depuis le 1er janvier 2012 (RO 2011 5659,
FF 2010 1647) sont applicables et les dispositions citées ci-après sont,
sauf précision contraire, celles en vigueur à compter du 1er janvier 2012.
Toutefois les dispositions de la 5ème révision de la LAI entrées en vigueur
le 1er janvier 2008 sont également applicables s'agissant du droit à la
rente jusqu'au 31 décembre 2011, ce qui motive qu'il y soit fait référence,
ce bien que les principes légaux et jurisprudentiels prévalant lors de
l'évaluation de l'invalidité n'aient pas subi de modification déterminante
dans le cas d'espèce avec l'introduction du nouveau droit.
4.
Selon les normes applicables, tout requérant, pour avoir droit à une rente
de l'assurance-invalidité suisse, doit remplir cumulativement les
conditions suivantes: être invalide au sens de la LPGA et de la LAI
(art. 8 LPGA; art. 4, 28, 29 al. 1 LAI) et compter au moins trois années de
cotisations (art. 36 al. 1 LAI, étant précisé que les cotisations versées à
une assurance sociale assimilée d'un Etat membre de l'Union
européenne (UE) ou de l'Association européenne de libre échange
(AELE) peuvent également être prises en considération, à condition
qu'une année au moins de cotisations puisse être comptabilisée en
Suisse [cf. art. 45 du règlement (CEE) n° 1408/71]). Or, en l'espèce, la
recourante a versé des cotisations à l'AVS/AI pendant plus de 3 ans
(cf. supra let. A) et remplit donc la condition de la durée minimale de
cotisations eu égard au moment de l'ouverture éventuelle du droit à la
rente. Il reste à examiner si elle est invalide au sens de la LAI.
C-2498/2012
Page 13
5.
5.1 L'invalidité au sens de la LPGA et de la LAI est l'incapacité de gain
totale ou partielle qui est présumée permanente ou de longue durée, qui
peut résulter d'une infirmité congénitale, d'une maladie ou d'un accident
(art. 8 LPGA et 4 al. 1 LAI).
Selon l'art. 7 LPGA, est réputée incapacité de gain toute diminution de
l'ensemble ou d'une partie des possibilités de gain de l'assuré sur un
marché du travail équilibré dans son domaine d'activité, si cette
diminution résulte d'une atteinte à sa santé physique, mentale ou
psychique et qu'elle persiste après les traitements et les mesures de
réadaptation exigibles. En cas d'incapacité de travail de longue durée,
l'activité qui peut être exigée de lui peut aussi relever d'une autre
profession ou d'un autre domaine d'activité (art. 6 LPGA). La notion
d'invalidité est de nature économique/juridique et non médicale (ATF 116
V 246 consid. 1b). Selon une jurisprudence constante, bien que l'invalidité
soit une notion juridique et économique les données fournies par les
médecins constituent néanmoins un élément utile pour apprécier les
conséquences de l'atteinte à la santé et pour déterminer quels travaux
peuvent être encore raisonnablement exigés de l'assuré (ATF 115 V 133
consid. 2, 114 V 310 consid. 3c, RCC 1991 p. 329 consid. 1c).
Aux termes de l'art. 28 al. 1 LAI l'assuré a droit à un quart de rente s'il est
invalide à 40% au moins, à une demi-rente s'il est invalide à 50% au
moins, à trois quarts de rente s'il est invalide à 60% au moins et à une
rente entière s'il est invalide à 70% au moins.
5.2 En particulier, le Tribunal fédéral a établi que les troubles
somatoformes douloureux persistants n'entraînent pas, en règle générale,
une limitation de longue durée de la capacité de travail pouvant conduire
à une invalidité au sens de la loi (cf. les ATF 131 V 49 et 130 V 352). Il
existe ainsi une présomption que ces troubles ou leurs effets peuvent être
surmontés par un effort de volonté raisonnablement exigible. Le Tribunal
fédéral a toutefois reconnu qu'il existe des facteurs déterminés qui, par
leur intensité et leur constance, rendent la personne incapable de fournir
cet effort de volonté, et il a décrit des critères permettant d'apprécier le
caractère invalidant de troubles somatoformes douloureux. A cet égard, il
faut retenir au premier plan, la présence d'une comorbidité psychiatrique
importante par sa gravité, son acuité et sa durée. Parmi les autres
critères déterminants, doivent être considérés comme pertinents 1) des
affections corporelles chroniques ou un processus maladif s'étendant sur
C-2498/2012
Page 14
plusieurs années sans rémission durable, 2) une perte d'intégration
sociale dans toutes les manifestations de la vie, 3) un état psychologique
cristallisé, sans évolution possible au plan thérapeutique, marquant
simultanément l'échec et la libération du processus de résolution du
conflit psychique (profit primaire tiré de la maladie), ou enfin 4) l'échec de
traitements ambulatoires ou stationnaires conformes aux règles de l'art et
de mesures de réhabilitation, cela en dépit de la motivation et des efforts
de la personne assurée pour surmonter les effets des troubles
somatoformes douloureux.
5.3 Le droit à la rente prend naissance au plus tôt à l'échéance d'une
période de six mois à compter de la date à laquelle l'assuré a fait valoir
son droit aux prestations conformément à l'art. 29 al. 1 LPGA, mais pas
avant le mois qui suit le 18e anniversaire de l'assuré (art. 29 al.1 LAI).
Concrètement, le Tribunal peut ainsi se limiter à examiner si la recourante
remplissait les conditions d'octroi d'une rente depuis le 22 août 2010
(six mois après le dépôt de la demande) jusqu'au 15 mars 2012, date de
la décision attaquée marquant la limite dans le temps du pouvoir
d'examen de l'autorité de recours (ATF 129 V 1 consid. 2.1 avec les
références).
Dans ce contexte, il convient de mentionner que, de jurisprudence
constante, les faits qui se sont produits postérieurement à une décision et
qui ont une influence sur l'état de santé de l'assuré doivent normalement
ouvrir une nouvelle procédure d'examen d'un éventuel droit aux
prestations (ATF 129 V 4 consid. 1.2, 127 V 467 consid. 1, 121 V 366
consid. 1b). Exceptionnellement, les autorités d'assurance-invalidité
peuvent – pour des raisons d'économie de procédure – aussi prendre en
considération les événements survenus après le prononcé d'une
décision, à condition qu'ils soient établis de manière suffisamment précise
et dans la mesure où ils servent à la constatation rétrospective de la
situation antérieure à la décision elle-même (ATF 130 V 138 consid. 2.1
et les références citées).
6.
6.1 Le taux d'invalidité ne se confond pas nécessairement avec le taux
d'incapacité fonctionnelle déterminé par le médecin; ce sont les
conséquences économiques objectives de l'incapacité fonctionnelle qu'il
importe d'évaluer (ATF 110 V 273 consid. 4). Ainsi le taux d'invalidité
d'une personne exerçant une activité lucrative est fixé d'après la
comparaison des revenus prévue par l'art. 16 LPGA: le revenu que
C-2498/2012
Page 15
l'assuré aurait pu obtenir s'il n'était pas invalide est comparé au moment
déterminant avec celui qu'il pourrait obtenir en exerçant l'activité qui peut
raisonnablement être exigée de lui sur un marché du travail équilibré
(méthode générale). En ce qui concerne la détermination du taux
d'invalidité des travailleurs indépendants, le Tribunal fédéral a établi que
dans les cas où il est particulièrement difficile de déterminer les revenus
avant et après l'invalidité, cette dernière doit être évaluée, dans l'activité
exercée, d'après l'incidence de la capacité de rendement amoindrie sur la
situation économique concrète (méthode extraordinaire; ATF 128 V 29
consid. 1; Pratique VSI 2/1998 p. 121; SVR 1996 IV n° 74 consid. 2b).
Sur la base de cette méthode extraordinaire, on constate d'abord
l'empêchement dû à l'atteinte à la santé et, ensuite, on examine les effets
de cet empêchement sur la capacité de gain (VSI 1998 p. 121; SVR 1996
IV n. 74 consid. 2b).
6.2 La différence fondamentale entre la procédure extraordinaire
d'évaluation et la méthode spécifique réside dans le fait que l'invalidité
n'est pas évaluée directement sur la base d'une comparaison des
activités; on commence par déterminer, au moyen de cette comparaison,
quel est l'empêchement provoqué par la maladie ou l'infirmité, après quoi
l'on apprécie séparément les effets de cet empêchement sur la capacité
de gain. Une certaine diminution de la capacité de rendement
fonctionnelle peut certes, dans le cas d'une personne active, entraîner
une perte de gain de la même importance, mais n'a pas nécessairement
cette conséquence. Si l'on voulait, dans le cas des personnes actives, se
fonder exclusivement sur le résultat de la comparaison des activités, on
violerait le principe légal selon lequel l'invalidité, pour cette catégorie
d'assurés, doit être déterminée d'après l'incapacité de gain (Arrêt du
Tribunal fédéral I 468/02 du 19 février 2003 consid. 2; ATF 128 V 29
consid. 1, 104 V 136 consid. 2; VSI 1998 p. 122 consid. 1a et p. 257
consid. 2b).
6.3 Selon, la circulaire sur l'invalidité et l'impotence dans l'assurance-
invalidité en vigueur depuis le 1er janvier 2014 [CIIAI], il convient dans ce
cas d'effectuer tout d'abord une comparaison des champs d’activités, puis
d’établir quelles sont les activités que l’assuré pourrait exercer avec et
sans atteinte à la santé, et dans quel laps de temps il pourrait les
accomplir. Il y a également toujours lieu d’examiner dans quelle mesure il
lui serait possible de réduire sa perte de gain, en substituant à certaines
des tâches qu’il accomplissait auparavant d’autres tâches, mieux
adaptées au handicap dont il souffre. Ensuite, il s’agira de pondérer les
C-2498/2012
Page 16
activités en appliquant à chaque activité le salaire que l'assuré percevait
ou aurait pu percevoir sans invalidité (ch. 3103 ss CIIAI).
6.4 Lors du calcul du degré d'invalidité de l'assurée, le devoir de réduire
le dommage qui incombe aux assurés peut éventuellement impliquer
qu'un assuré de condition indépendante réorganise son emploi du temps
en fonction de ses aptitudes résiduelles et qu'il confie à ses
collaborateurs les travaux pénibles de manière à ce que son handicap ait
le moins d'influence possible sur la marche de l'entreprise. Toutefois, la
jurisprudence précise que plus la taille de l'entreprise est petite, plus il
sera difficile de parvenir à un résultat significatif sur le plan de la capacité
de gain (MICHEL VALTERIO, Droit de l'assurance-vieillesse et survivants
(AVS) et de l'assurance-invalidité (AI), Zurich 2011, n° 2142 s. et les
références).
7.
7.1 L'art. 69 RAI prescrit que l'office de l'assurance-invalidité réunit les
pièces nécessaires, en particulier sur l'état de santé du requérant, son
activité, sa capacité de travail et son aptitude à être réadapté, ainsi que
sur l'indication de mesures déterminées de réadaptation; à cet effet
peuvent être exigés ou effectués des rapports ou des renseignements,
des expertises ou des enquêtes sur place, il peut être fait appel aux
spécialistes de l'aide publique ou privée aux invalides. Le juge des
assurances sociales doit examiner de manière objective tous les moyens
de preuve, quelle que soit leur provenance, puis décider si les documents
à disposition permettent de porter un jugement valable sur le droit
litigieux. Avant de conférer pleine valeur probante à un rapport médical, il
s'assurera que les points litigieux ont fait l'objet d'une étude
circonstanciée, que le rapport se fonde sur des examens complets, qu'il
prend également en considération les plaintes exprimées par la personne
examinée, qu'il a été établi en pleine connaissance de l'anamnèse, que la
description du contexte médical et l'appréciation de la situation médicale
sont claires et enfin que les conclusions de l'expert sont dûment motivées
(ATF 125 V 352 consid. 3a et les références).
7.2 Selon la jurisprudence, le juge des assurances ne s'écarte en principe
pas sans motifs impératifs des conclusions d'une expertise médicale, la
tâche de l'expert étant précisément de mettre ses connaissances
spéciales à la disposition de la justice afin de l'éclairer sur les aspects
médicaux d'un état de fait donné (ATF 125 V 352, consid. 3b/aa,
118 V 220 consid. 1b et réf. cit.). Concernant la valeur probante des
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Page 17
rapports établis par les médecins traitants, le Tribunal relève que le juge
peut et doit tenir compte du fait que, selon l'expérience, le médecin
traitant est enclin, en cas de doute, à prendre parti pour son patient en
raison de la relation de confiance qui l'unit à ce dernier (ATF 125 V 352
consid. 3a, 122 V 160 consid. 1c et les références). Cette réserve
s'applique également aux rapports médicaux que l'intéressé sollicite de
médecins non traitants spécialement mandatés pour étayer un dossier
médical. Toutefois le simple fait qu'un certificat médical est établi à la
demande d'une partie et est produit pendant la procédure ne justifie pas
en soi des doutes quant à sa valeur probante (ATF 125 V 353
consid. 3b/dd et les références citées).
7.3 Selon la jurisprudence, le juge qui estime que les faits ne sont pas
suffisamment élucidés a en principe le choix entre deux solutions: soit
renvoyer la cause à l'administration pour complément d'instruction, soit
procéder lui-même à une telle instruction complémentaire. Un renvoi à
l'administration, lorsqu'il a pour but d'établir l'état de fait, ne viole ni le
principe de simplicité et de rapidité de la procédure, ni le principe
inquisitoire. Il en va cependant autrement quand un renvoi constitue en
soi un déni de justice (par exemple, lorsque, en raison des circonstances,
seule une expertise judiciaire ou une autre mesure probatoire serait
propre à établir l'état de fait), ou si un renvoi apparaît en général
disproportionné dans le cas particulier. A l'inverse, le renvoi à
l'administration apparaît en général justifié si celle-ci a constaté les faits
de façon sommaire, dans l'idée que le tribunal les éclaircirait comme il
convient en cas de recours (arrêt du Tribunal fédéral 9C_162/2007 du
3 avril 2008 consid. 2.3. et réf. cit.).
8.
8.1 Dans la présente occurrence, il est établi que A._______ souffre d'un
point de vue psychique d'un trouble anxio-dépressif mixte (CIE-10 F 41.2;
cf. l'expertise du Dr B._______ du 12 octobre 2011 [pce 62], le formulaire
E 213 du 11 mars 2010 [pce 5] et les rapports de la Dresse I._______,
psychiatre traitant [pces 31 et 32]).
D'un point de vue purement rhumatologique, il est admis unanimement
par les médecins et experts consultés que la recourante présente une
cervicarthrose sévère en C5-C6-C7 avec discopathie dégénérative
entraînant des cervicalgies importantes sans myélopathie ni
radiculopathie (cf. l'expertise de la Dresse C._______ du 12 octobre 2011
[pce 63], les rapports médicaux du Dr H._______ [pces 30 et 77 pp. 1-3]
C-2498/2012
Page 18
et les pces 5, 24 et 29), ainsi qu'une coccygodynie chronique provoquée
par un déplacement antérieur du coccyx (pces 5, 27, 29 et 77 pp. 1-5) et
une coxarthrose bilatérale débutante (pces 30, 63 et 77).
Par ailleurs selon les médecins traitants de l'assurée et les experts
consultés par l'administration, la recourante présente des douleurs
diffuses intenses. L'experte rhumatologue relève 14/18 points douloureux
à la palpation, des signes multiples d'amplification, ainsi que l'absence de
corrélation entre les plaintes de l'intéressée et ses constatations. L'expert
psychiatre, en accord avec les conclusions de l'experte rhumatologue,
retient un trouble somatoforme douloureux considérant que la détresse
de l'assurée ne fait aucun doute (pces 5, 30, 62, 63 et 77).
8.2 S'agissant de la capacité de travail de la recourante, celle-ci après
avoir été reconnue par ses médecins traitants en incapacité temporaire
de travail du 18 septembre 2007 au 27 mai 2008, puis du 8 juin 2009 au
12 février 2010 pour ses troubles du rachis cervical et dorsal (pces 25, 26
et 28), est reconnue totalement incapable d'exercer son activité habituelle
de manière permanente par son rhumatologue, le Dr H._______, dès le
mois de juin 2010 (pces 30 et 77 pp. 1-3). D'un autre côté, le médecin
INSS exclut toutes limitations fonctionnelles objectives qui justifieraient
une incapacité de travail permanente et le service médical de l'OAIE,
déclare dans un premier temps la recourante en incapacité totale de
travail depuis le mois d'octobre 2007 considérant que sa
symptomatologie constitue une entrave majeure à la réalisation de toute
activité professionnelle principalement en raison des limitations décrites
et des troubles cognitifs évoqués (pces 34 et 37).
8.3 Au vu de ces avis contradictoires et de la suspicion de l'existence
d'une fibromyalgie, l'autorité inférieure mandate une expertise
rhumatologique et psychiatrique auprès des Drs B._______ et
C._______. Sur la base de leurs conclusions, le service médical de
l'OAIE (pces 66 et 80) retient que la recourante, bien que limitée à
hauteur de 50% dans une activité de coiffeuse, ne présente pas de
limitations fonctionnelles en tant que patronne de magasin. En effet, le
trouble somatoforme douloureux persistant retenu par les experts, n'est
pas considéré comme invalidant en raison de l'absence de comorbidité
psychiatrique suffisamment grave, de l'absence d'état psychique
cristallisé et en raison du maintien de l'intégration sociale de l'intéressée.
En outre, le Dr B._______ nie la présence d'une affection chronique
grave et nécessitant un traitement continu, préférant la qualification de
processus maladif de longue durée. Par ailleurs, l'expert psychiatre
C-2498/2012
Page 19
retient que le trouble anxio-dépressif mixte présenté par la recourante
n'est pas invalidant pour lui-même au vu de son peu de gravité (pces 62
et 63).
Dans la cadre de la décision entreprise (pce 81), l'autorité inférieure
conclut dès lors que la recourante ne présente pas d'invalidité
considérant que le travail de gérante de magasin de produits de coiffure
est encore exigible à temps plein de la part de l'intéressée, sans procéder
à un calcul de son degré d'invalidité.
8.4 De son côté, la recourante dès la procédure d'audition (pce 76;
TAF pces 1 et 3) remet en cause la valeur probante de l'expertise bi-
disciplinaire, mettant principalement en avant le fait que les conclusions
de l'expert rhumatologue concernant les limitations fonctionnelles et la
capacité de travail de A._______ sont insuffisamment motivées et
inconsistantes, notamment par rapport aux tâches inhérentes à l'activité
de gérante de la recourante dont l'experte n'a pas saisi la nature et
l'ampleur n'ayant pas recueilli de manière suffisamment sérieuse des
indications précises sur la nature de l'activité habituelle de l'intéressée.
Sur la base des rapports médicaux du Dr H._______, la recourante
avance être totalement incapable de reprendre son activité de gérante.
Par ailleurs, elle conteste que son état somatoforme ne soit pas invalidant
au vu de la présence d'une affection corporelle chronique et estime
remplir au final au moins trois des critères cités par la jurisprudence
s'agissant de la reconnaissance du caractère invalidant d'un trouble
somatoforme douloureux.
9.
9.1 Par la suite, lors de la procédure de recours, A._______ verse en
cause une expertise rhumatologique privée du 7 juin 2012 établie par la
Dresse D._______, qui, bien que mettant en doute le diagnostic de
trouble somatoforme douloureux, retient à peu de chose près les mêmes
diagnostics rhumatologiques que la Dresse C._______ mandatée par
l'administration, si l'on excepte le fait que l'experte privée ne retient pas
de coxarthrose bilatérale en l'absence de certains symptômes
douloureux. Par ailleurs, sur la base de nouvelles radiographies datant du
9 avril 2012, la Dresse D._______ relève nouvellement une cyphose en
C4-C5, une ostéophytose C2-C3, ainsi qu'une discopathie en L5-S1.
Contrairement à l'experte C._______, elle considère que les troubles du
rachis dorsal de la recourante ont une influence sur sa capacité de travail.
Ainsi, en raison des cervicalgies importantes et des lombalgies dont
C-2498/2012
Page 20
souffre la recourante, l'experte privée indique comme limitations
fonctionnelles: une intolérance aux positions debout, fléchies ou assises
prolongées, une intolérance aux positions fléchies prolongées de la
nuque et aux positions en extension cervicale, une intolérance aux efforts
avec les membres supérieurs en hauteur, ainsi qu'une intolérance aux
ports de charge.
9.2 Par ailleurs, la Dresse D._______, lors de l'anamnèse (p. 2 de
l'expertise privée) s'enquiert des activités professionnelles exercées par
la recourante avant et après l'atteinte à la santé. Il ressort qu'auparavant
le travail de l'intéressée consistait en une partie de gestion sur ordinateur
(commandes et comptabilité), une partie d'activité de magasinière
(réception des livraisons et rangement de la marchandise) et d'activité de
vendeuse. Suite à l'arrêt de travail de la recourante, les activités de
gestionnaire et de réception des marchandises ont été temporairement
reprises par son mari, celui-ci délégant la partie vente à une employée.
L'experte précise que la capacité de travail de l'assurée dans des
activités de coiffeuse, de vendeuse et de magasinière ne sont dès lors
plus possibles au vu des limitations fonctionnelles et que la capacité de
travail de la recourante dans une activité de gestion purement
administrative n'excède pas 50%.
10.
10.1 En l'occurrence, de l'avis du Tribunal, l'expertise bidisciplinaire
mandatée par l'administration n'est pas exempte de toute valeur probante
comme argué par la recourante. En effet, celle-ci comprend une
anamnèse, la description des plaintes de l'intéressée et un examen
clinique complet avec diagnostics, satisfaisant ainsi aux critères
jurisprudentiels développés sous consid. 7.1. Les critiques de la
recourante relatives au caractère non invalidant de son trouble
somatoforme douloureux ne tiennent pas à l'examen, car même si les
experts avaient admis l'existence d'une affection corporelle chronique
grave, la recourante n'a pas amené d'élément permettant de remettre en
cause les conclusions du Dr B._______ qui retient que l'intéressée ne
présente pas d'état cristallisé ni de comorbidité psychiatrique
suffisamment grave ou de perte d'intégration sociale. Toutefois, force est
également de constater que l'appréciation de la Dresse C._______ de la
capacité de travail de l'intéressée est insuffisante, car imprécise et
lacunaire. En effet, l'experte rhumatologue ne décrit pas précisément
quelles sont les limitations fonctionnelles de la recourante ni n'expose de
manière suffisante le raisonnement qui l'amène à retenir une incapacité
C-2498/2012
Page 21
de travail de 50% en tant que coiffeuse. Par ailleurs, la nature de l'activité
de gérante exercée par l'intéressée jusqu'à la survenance de son
incapacité de travail est insuffisamment détaillée – activité déterminante
en l'espèce -, considérant que selon la recourante elle se décompose en
plusieurs catégorie de tâches que l'on ne saurait apprécier de manière
indifférenciée (cf. supra consid. 8.4, ainsi que les pces 67 et 76 p. 5).
Ainsi, le Tribunal peine à comprendre quelles sont les limitations
fonctionnelles de l'assurée selon l'experte rhumatologique mandatée par
l'administration et pour quelles raisons une activité de coiffeuse n'est plus
possible qu'à mi-temps, alors qu'une activité de gérante - dont l'experte
ne décrit pas la nature exacte - est considérée comme exigible à temps
plein sans autre motivation.
10.2 En outre, on relève que des considérations relevant du calcul du
degré d'invalidité - qui n'ont pas lieu d'être lors de l'appréciation médicale
de la capacité de travail de l'assurée - motivent les conclusions de
l'experte, lorsqu'elle expose que "Pour les charges lors des livraisons de
matériel, Mme avait son mari et des collaboratrices, qui tiennent du reste
son magasin actuellement. Si le magasin va moins bien comme décrit
Mme c'est par l'absence de direction, le manque de contact avec la
clientèle qui en sont la cause" (p. 27 de l'expertise; pce 63). En effet, si
l'on peut effectivement - dans certains cas - exiger d'un assuré actif en
tant qu'indépendant qu'il aménage son lieu de travail ou modifie
l'organisation interne de son entreprise en fonction de son handicap afin
de pourvoir à son devoir de limiter les dommages découlant des atteintes
à son état de santé, on ne saurait le faire au stade de l'appréciation
médicale de la capacité de travail, mais lors du calcul du degré d'invalidité
en fonction de l'incapacité reconnue par les médecins. Par ailleurs, on ne
saurait exiger dans le cadre de l'exercice d'une activité professionnelle
que des membres de la famille suppléent aux limitations d'une assurée,
comme on peut le faire dans le cadre de la tenue du ménage
(MICHEL VALTERIO, Droit de l'assurance-vieillesse et survivants (AVS) et
de l'assurance-invalidité (AI), Zurich 2011, n° 2157 et les références).
10.3 Au vu du caractère incomplet de l'expertise de la Dresse C._______,
on ne saurait dès lors écarter l'expertise de la Dresse D._______
uniquement parce qu'elle a été mandatée à titre privé par la recourante.
En effet, selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, le simple fait qu'un
certificat médical est établi à la demande d'une partie et est produit
pendant la procédure ne justifie pas en soi des doutes quant à sa valeur
probante (ATF 125 V 353 consid. 3b/dd et les références citées;
cf. supra consid. 7.2). Ainsi, après examen de l'expertise privée versée en
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Page 22
cause au stade de la procédure de recours, le Tribunal se doit également
de lui reconnaître une certaine valeur probante. En effet, si elle ne saurait
porter préjudice à elle seule à l'appréciation des Drs B._______ et
C._______s'agissant de l'atteinte somatoforme qui nécessite une
approche bidisciplinaire, l'expertise privée remplit également les critères
jurisprudentiels s'agissant de son contenu et ne peut être ignorée
s'agissant de l'influence des atteintes somatiques de la recourante sur sa
capacité de travail. En effet, les atteintes cervicales principales retenues
par la Dresse D._______, sont reconnues par tous les médecins et
experts rhumatologues consultés; quant au trouble somatoforme
douloureux persistant dont se plaint la recourante - qu'il soit considéré
comme inexistant ou comme non invalidant (cf. supra consid. 5.2, 8.4 et
10.1) - il ressort qu'il ne porte pas atteinte à sa capacité de travail. Par
ailleurs, la reconnaissance d'un tel trouble n'exclut en soi pas que soit
reconnue une incapacité de travail d'un point de vue purement
somatique.
10.4 En l'espèce, les conclusions de la Dresse D._______ (p. 9 de
l'expertise privée) sur la capacité de travail de la recourante diffèrent
largement de celles de la Dresse C._______ et, au vu de la faiblesse de
la motivation des conclusions de cette dernière (cf. supra consid. 10.1 et
10.2), le Tribunal se doit de confronter les conclusions et la valeur
probante des deux expertises rhumatologiques, ce qu'a évité de faire le
service médical de l'OAIE dans sa prise de position du 24 août 2012
(TAF pce 7) en ne répondant pas aux questions pourtant précises posées
par l'autorité inférieure dans son courrier du 21 août 2012 (attribution
urgente; TAF pce 7). En effet, la Dresse L._______ ne prend pas
réellement position sur les conclusions de la Dresse D._______. En
particulier, elle n'explique pas pour quelles raisons elle décide de retenir
les conclusions de la Dresse C._______ plutôt que l'avis de l'experte
privée s'agissant de l'appréciation de la capacité de travail de l'assurée.
De plus, le médecin de l'OAIE ne répond pas clairement aux questions
posées par l'administration s'agissant de savoir si les activités précises
de la recourante dans son ancienne activité sont compatibles avec ses
limitations fonctionnelles, alors que ce point est essentiel.
10.5 Le Tribunal constate en l'occurrence que la Dresse D._______ livre
des conclusions bien plus détaillées que la Dresse C._______s'agissant
de l'établissement des limitations fonctionnelles globales de la recourante
résultant de ses troubles du rachis dorsal et cervical, ainsi que de leur
influence sur les différentes catégories d'activité qui constituaient son
métier de gérante de magasin grossiste. En effet, elle explique qu'une
C-2498/2012
Page 23
activité de coiffeuse, formation initiale de la recourante, n'est plus exigible
en raison de son incapacité à tenir une position debout prolongée et à
effectuer des efforts avec les membres supérieurs en hauteur, et que la
recourante, ne pouvant plus tenir aucune position prolongée, n'est plus
apte à effectuer la partie vente de son activité, et que, ne pouvant porter
des poids, elle ne peut non plus effectuer les activités de magasinière.
Finalement, elle retient que, en raison de la nécessité d'alterner
fréquemment les positions, l'activité de gestionnaire nécessitant un travail
sur ordinateur n'est exigible qu'à hauteur de 50% et précise qu'une
activité de bureau se heurterait aux mêmes limitations. A cet égard, les
conclusions de la Dresse D._______ sont plus convaincantes, car plus
précises, claires et cohérentes.
11.
11.1 Au vu de tout ce qui précède, à valeur probante égale, le Tribunal
tend dès lors à retenir le rapport d'expertise privée de la
Dresse D._______. Toutefois, on relève également qu'il n'apparaît pas
clairement pour quelles raisons une alternance des positions n'est pas
possible dans l'activité de vendeuse, alors même que cela reste possible
dans l'activité de gestion, la recourante pouvant certainement effectuer
certaines des tâches afférentes à l'activité de vendeuse en position
assise, par exemple lors de l'encaissement. Ces doutes résultent
principalement du fait que les deux expertes rhumatologues n'ont pas pu
se positionner clairement sur la capacité résiduelle de l'assurée dans les
différentes tâches associées à son activité de gérante de magasin
grossiste de produits de coiffure, étant insuffisamment informées sur les
tâches réelles afférentes à l'ancienne activité indépendante de la
recourante. L'OAIE aurait dû requérir des informations précises à ce sujet
auprès de la recourante, ce d'autant qu'une application de la méthode
extraordinaire d'évaluation de l'invalidité (à ce propos cf. supra consid. 6)
semble indiquée dans le cas de la recourante, étant donné que le revenu
après invalidité de celle-ci dans son activité habituelle de gérante de
magasin ne semble pas pouvoir être déterminé de manière fiable
(ATF 128 V 29 et 104 V 135 consid. 2b).
11.2 Ainsi, considérant que les deux expertes rhumatologues se sont
prononcées sur la base d'un dossier incomplet de manière
insuffisamment précise sur la capacité de travail de la recourante dans
son activité habituelle de gérante de magasin de produits de coiffure, il
sied de renvoyer la cause à l'autorité inférieure afin de compléter
l'instruction. En effet, bien que le renvoi de l'affaire doive rester
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Page 24
exceptionnel, il est dans le cas concret justifié, en raison de l'importance
des lacunes constatées, conformément à la jurisprudence du Tribunal
fédéral (cf. ATF 137 V 210 consid. 4.4.1.4), de renvoyer la cause à
l'OAIE, afin qu'elle requière la production des radiographies du
9 avril 2012 qui n'ont pas été produites, qu'elle actualise les rapports du
rhumatologue traitant, le Dr H._______.
L'OAIE devra en particulier investiguer pour déterminer clairement les
tâches liées à l'activité indépendante qu'effectuait la recourante avant la
survenance de son incapacité, soit avant le 19 septembre 2007, puis de
cette date au 8 juin 2009, date à laquelle l'assurée indique avoir cessé
complètement son activité habituelle; la recourante devra indiquer dans
quelle proportion elle effectuait ses différentes tâches. Les informations
requises devront le cas échéant permettre de réaliser une évaluation du
degré de l'invalidité de la recourante selon la méthode extraordinaire, à
savoir permettre une pondération des tâches de la recourante de
vendeuse/ magasinière/ gestionnaire avec et sans handicap
(cf. ch. 3103 ss CIIAI). Par ailleurs, il n'est pas non plus établi clairement
si la/les employée(s) du magasin mentionnée(s) à plusieurs reprises ont
été engagée(s) pour suppléer à l'absence de la recourante, ou si elle(s)
travaillai(en)t déjà pour celle-ci avant la survenance de son incapacité,
point qui devra également être éclairci (pces 67, 76 p. 5 et 86;
cf. également les lignes directrices de la société suisse de rhumatologie
[SSR] pour l'expertise médicale des maladies rhumatismales et des
séquelles rhumatismales d'accidents, in: Bulletin des médecins suisses,
2007; 88:17, p. 738).
11.3 L'OAIE devra ensuite soumettre le dossier de la cause ainsi
complété accompagné d'une série de questions précises aux
Dresses C._______ et D._______, afin qu'elles confrontent leurs opinions
et clarifient leurs diagnostics et conclusions. Celles-ci devront en outre
déterminer clairement les limitations fonctionnelles de la recourante et
explique en quoi celles-ci influencent sa capacité de travail dans les
différents champs d'activité composant son activité indépendante
habituelle de gérante de magasin grossiste de produits de coiffure
(vendeuse, magasinière, gestionnaire), ainsi que citer quelles activités de
substitution sont encore possibles et à quel taux. Après avoir resoumis le
cas à son service médical et, cas échéant, après avoir procédé à une
évaluation du degré d'invalidité de l'assurée selon la méthode appropriée,
l'OAIE prendra une nouvelle décision dans le cas d'espèce.
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Page 25
12.
12.1 La recourante, dans le cadre de son mémoire de recours, a
également requis que soient entendus oralement par le Tribunal de céans
les Drs B._______ et C._______, experts mandatés par l'administration,
les Dresses J._______ et L._______, médecins du service médical de
l'OAIE, ainsi que son rhumatologue traitant, le Dr H._______, la
Dresse D._______ et une personne du nom de M._______, dont on
ignore qui elle est et sur quel sujet elle devrait témoigner.
12.2 En l'espèce, au vu du renvoi de la cause à l'autorité inférieure pour
complément d'instruction, cette requête est devenue sans objet. Les
compléments d'expertises ne sauraient en effet être fournis oralement,
étant donné qu'il ne s'agit pas pour les expertes uniquement de clarifier
leurs propos, mais également de prendre position sur de nouvelles
pièces. Par ailleurs, le renvoi de la cause s'impose de toute manière
s'agissant des informations qu'il sied de recueillir auprès de la recourante
sur la nature de son ancienne activité indépendante, les éléments pour
procéder à l'évaluation du degré d'invalidité faisant défaut en l'état au
Tribunal pour procéder aux calculs selon la méthode générale ou
extraordinaire.
12.3 Par surabondance, il sied ici de relever que le droit d'être entendu ne
comporte pas le droit à une audition orale, ni d'obtenir l'audition de
témoins sauf disposition légale ou situation très particulière. En effet,
l'autorité peut mettre un terme à l'instruction lorsque les preuves
administrées lui ont permis de former sa conviction et que, procédant
d'une manière non arbitraire à une appréciation anticipée des preuves qui
lui sont encore proposées, elle a la certitude que ces dernières ne
pourraient l'amener à modifier son opinion (cf. ATF 130 II 425 consid. 2.1
et les réf. citées; PIERRE MOOR/ETIENNE POLTIER, Droit administratif,
vol. II, 3ème éd., Berne 2011, p. 319; THIERRY TANQUEREL, Droit
administratif, Zurich 2011, n°1537).
13.
13.1 Selon la jurisprudence, la partie qui a formé recours est réputée
avoir obtenu gain de cause lorsque l'affaire est renvoyée à
l'administration pour instruction complémentaire et nouvelle décision
(ATF 132 V 215 consid. 6.2). Ainsi, au vu de l'issue de la cause, il n'est
pas perçu de frais de procédure (cf. art. 63 PA et art. 3 ss du règlement
du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le
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Page 26
Tribunal administratif fédéral [FITAF, RS 173.320.2]). L'avance de frais
versée par la recourante, d'un montant de Fr. 400.--, lui sera restituée dès
l'entrée en force du présent arrêt.
13.2 Il reste à examiner la question des dépens, les art. 64 PA et 7 FITAF
permettant au Tribunal d'allouer à la partie ayant obtenu gain de cause
une indemnité pour les frais indispensables et relativement élevés qui lui
ont été occasionnés. Les honoraires du représentant sont fixés, selon
l'appréciation de l'autorité, en raison de l'importance et de la difficulté du
litige, ainsi que d'après le travail et le temps que le représentant a dû y
consacrer. En l'espèce, compte tenu du travail accompli par le
représentant de la recourante (TAF pces 1, 3 et 11) et de la complexité de
l'affaire, il se justifie de lui allouer une indemnité forfaitaire à titre de
dépens fixée à Fr. 2'800.-- (sans TVA) à la charge de l'OAIE.
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Page 27
Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce :
1.
Le recours est partiellement admis et la décision du 15 mars 2012
annulée en ce sens que la cause est renvoyée à l'autorité inférieure pour
complément d'instruction au sens des considérants et nouvelle décision.
2.
Il n'est pas perçu de frais de procédure. L'avance de frais de Fr. 400.--
déjà versée par la recourante lui sera restituée dès l'entrée en force du
présent arrêt par la caisse du Tribunal.
3.
Il est octroyé une indemnité de dépens de Fr. 2'800.-- à la recourante à
charge de l'autorité inférieure.
4.
Le présent arrêt est adressé :
– à la recourante (Acte judiciaire)
– à l'autorité inférieure (n° de réf. _._._._ ; Recommandé)
– à l'Office fédéral des assurances sociales (Recommandé)
La présidente du collège : La greffière :
Madeleine Hirsig-Vouilloz Audrey Bieler
Indication des voies de droit:
Pour autant que les conditions des articles 82 ss, 90 ss et 100 de la loi
fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF, RS 173.110) soient
remplies, la présente décision peut être attaquée devant le Tribunal
fédéral, Schweizerhofquai 6, 6004 Lucerne, par la voie du recours en
matière de droit public, dans les trente jours qui suivent la notification. Le
mémoire doit indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de
preuve, et être signé. La décision attaquée et les moyens de preuve
doivent être joints au mémoire, pour autant qu'ils soient en mains du
recourant (art. 42 LTF).
Expédition: