Cour III
C-2890/2006
{T 0/2}
A r r ê t d u 2 5 f é v r i e r 2 0 0 8
Francesco Parrino (président du collège), Elena Avenati-
Carpani, Franziska Schneider, juges,
Emilia Antonioni, greffière.
A._______, FR-68440 Steinbrunn-le-Haut,
recourant,
contre
Office de l'assurance-invalidité pour les assurés
résidant à l'étranger OAIE, avenue Edmond-
Vaucher 18, case postale 3100, 1211 Genève 2,
autorité inférieure.
Assurance-invalidité
(décision sur opposition du 27 juillet 2006)
B u n d e s v e r w a l t u n g s g e r i c h t
T r i b u n a l a d m i n i s t r a t i f f é d é r a l
T r i b u n a l e a m m i n i s t r a t i v o f e d e r a l e
T r i b u n a l a d m i n i s t r a t i v f e d e r a l
Composit ion
Parties
Objet
C-2890/2006
Faits :
A.
Le ressortissant français A._______, né le 12 janvier 1963, a travaillé
en Suisse, au bénéfice d'un permis de frontalier, en tant que menuisier
ébéniste de 1990 au 1er novembre 2002. Le 2 novembre 2002, il a été
victime d'un accident non-professionnel. Depuis lors, il n'a plus exercé
d'activité lucrative.
En date du 20 mai 2003 A._______ a présenté une demande de
prestation de l'assurance-invalidité suisse auprès de l'Office AI du
canton de Bâle-Campagne (Sozialversicherungsanstalt Basel-
Landschaft IV-Stelle).
B.
Le sinistre a été pris en charge par la Caisse nationale d'assurance en
cas d'accidents (Suva) qui, dans le cadre de l'instruction de la
demande de prestations, a versé aux actes les documents suivants :
• le rapport médical pluridisciplinaire du 7 juin 2004 de l'hôpital
cantonal Bruderholz de Bâle-Campagne qui énonce le diagnostic
somatique mentionné en précisant que la hernie discale
paramédiane comporte une compression radiculaire au niveau de la
4ème vertèbre lombaire droite. Le rapport conclut que l'assuré n'est
plus apte à déployer son activité de menuisier à 100%, néanmoins il
pourrait exécuter un travail à temps complet qui ne nécessite pas le
port de charges de 10 kg et qui lui permet de changer de position
régulièrement (pce 11);
• les rapports médicaux des 18 novembre 2003 et 1er décembre 2003
de la Rehaklinik Bellikon qui, suite à l'hospitalisation de l'assuré du
12 au 21 novembre 2003, exposent la pathologie somatique connue
de l'assuré et précisent qu'il souffre à ce moment-là d'une grave
depression nerveuse qui le rend inapte à une réhabilitation. Selon
les médecins de la clinique, du point de vue somatique, il n'y aurait
pas d'incapacité de travail. Il serait en revanche nécessaire
d'approfondir l'examen psychiatrique (pce 9 p. 4-14);
• l'expertise du 18 février 2003 du Dr Vaechenstedt, médecin de la
Suva, qui constate une atteinte douloureuse à la colonne vertébrale
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et par voie de conséquence, l'incapacité complète de l'assuré à
travailler en tant que menuisier (pce 9 p. 38);
• le rapport radiologique du 3 décembre 2002 du Dr Patrick Pressel
qui relève des troubles de la statique dans les deux plans et en
particulier un retrolisthésis de type dégénératif de la vertèbre L3,
une arthrose articulaire postérieure de la charnière lombo sacrée et
des discopathies dégénératives des vertèbres L1-L2, L3-L4, L4-L5
et L5-S1 (pce 9, 46).
Par décision du 5 août 2004, la Suva a supprimé le versement des
indemnités journalières versées à A._______ avec effet au 31 août
2004. La Suva a estimé qu'une éventuelle incapacité de travail
résiduelle n'était plus imputable à l'accident du 2 novembre 2002 mais
plutôt à des troubles psychiques à charge de l'assurance maladie.
C.
L'OAI de Bâle-Campagne a versé aux actes le dossier de la Suva et a
confié à l'Aerztliches Begutachtungsinstitut GmbH (ABI) le mandat de
réaliser une expertise pluridisciplinaire. Cet examen a été effectué le
25 janvier 2005 dont le rapport du 21 mars 2005 pose le diagnostic
suivant :
• lombalgie chronique sans symptôme radiculaire avec en particulier
une spondylolisthesis (glissement postérieur de la 5ème vertèbre
lombaire) et un soupçon de spondylolyse (perte de la substance
osseuse), une discopathie L3/4, L4/5 et L5/S1 avec une hernie
discale droite paramédiane et foraminale cliniquement sans
compression neurologique, un trouble dégénératif de l'articulation
lombo-sacrée;
• depression nerveuse avec périodes de récidive, actuellement en
phase légère;
• troubles de la personnalité de type narcissique;
• troubles somatoformes;
Le rapport ABI conclut que l'assuré présente une incapacité de travail
complète dans son ancien travail, mais il est apte à travailler à 80%
dans une activité adaptée. L'incapacité de travail de 20% s'impose
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pour des motifs psychiatriques. Ce rapport indique que le pronostic de
l'assuré n'est pas négatif (pce 29).
En se fondant sur les conclusions du rapport ABI, l'OAI de Bâle-
Campagne a procédé à une comparaison des revenus avant et après
invalidité et a considéré que l'assuré, incapable de travailler à 100% à
compter du 2 novembre 2002, pouvait exercer une activité de
substitution adaptée à 80% et subissait de ce fait une diminution de sa
capacité de gain de 41% (pce 37).
Par décision du 17 novembre 2005, l'OAIE a reconnu un degré
d'invalidité de 41% à A._______ et lui a alloué un quart de rente
d'invalidité à compter du 1er novembre 2003 (pce 38).
D.
A._______ a formé opposition contre la décision du 17 novembre 2005
concluant principalement à l'octroi d'une rente entière. A l'appui de sa
requête, il a produit les certificats du Dr Dangel du 10 décembre 2005
et de la Dresse Bouyssou Ruimy du 5 mars 2005 faisant état d'une
dépression grave.
L'OAIE a alors retenu l'intéressé incapable de travailler pour cause de
maladie psychiatrique et en se référant au rapport ABI, il a constaté
qu'une amélioration de l'état de santé psychique de l'assuré n'était
intervenue qu'à partir du 25 janvier 2005 date de l'examen auprès de
l'ABI. Avant cette date, il fallait considérer l'intéressé complètement
inapte au travail. Par décision sur opposition du 27 juillet 2006
annulant et remplaçant sa décision du 17 novembre 2005, l'OAIE a
donc admis partiellement l'opposition de l'assuré et lui a reconnu le
droit à une rente entière entre le 1er novembre 2003, soit une année
après l'accident, et le 30 avril 2005, ainsi qu'à un quart de rente dès
le 1er mai 2005 correspondant à une perte de gain de 41% (pce 47 et
50).
E.
Le 23 août 2006, A._______ a recouru contre la décision sur
opposition de l'OAIE auprès de la Commission fédérale de recours en
matière d'assurance-vieillesse, survivants et invalidité pour les
personnes résidant à l'étranger en faisant valoir que son état de santé
physique et psychique ne lui permettait pas de reprendre un travail. A
l'appui, il produit des radiographies du 26 juillet 2006 effectuées par le
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Dr Venzin.
L'administration a soumis ces documents au médecin de l'OAI de
Bâle-Campagne qui dans son rapport du 22 septembre 2006 a exposé
qu'il n'en ressortait pas d'élément nouveau. L'OAIE a, le 4 octobre
2006, proposé le rejet du recours.
Le 6 novembre 2006, l'assuré a produit quatre attestations médicales
relatives aux années 2005 et 2006 de la Dresse Bouyssou Ruimy ainsi
qu'un certificat médical du 4 novembre 2006 du Dr Dangel.
Dans sa réponse du 19 décembre 2006, après avoir à nouveau soumis
ces documents à l'OAI de Bâle-Campagne et à défaut de nouveaux
éléments, l'OAIE a confirmé ses conclusions et proposé le rejet du
recours.
Le 14 mai 2007, l'assuré a produit un nouveau certificat de la Dresse
Ritter qui réitère le diagnostic connu et constate une récidive des
blocages à la colonne vertébrale, elle préconise donc une série de
nouvelles thérapies orthopédiques.
F.
Par ordonnances respectivement des 23 janvier 2007 et 9 janvier
2008, le Tribunal administratif fédéral a communiqué aux parties avoir
repris la procédure avec effet au 1er janvier 2007 et les a informés de
la composition du collège. Aucune demande de récusation n'a été
présentée.
Droit :
1.
1.1 Les affaires pendantes devant les commissions fédérales de
recours ou d’arbitrage ou devant les services de recours des
départements au 1er janvier 2007 sont traitées par le Tribunal
administratif fédéral, dans la mesure où il est compétent. Le nouveau
droit de procédure s’applique (art. 53 al. 2 de la loi du 17 juin 2005 sur
le Tribunal administratif fédéral [LTAF, RS 173.32]).
1.2 Sous réserve des exceptions – non réalisées en l'espèce –
prévues à l’art. 32 LTAF, le Tribunal administratif fédéral, en vertu de
l’art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de
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l’art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure
administrative (PA, RS 172.021) prises par les autorités mentionnées
aux art. 33 et 34 LTAF. En particulier, les décisions rendues par l'OAIE
concernant l'assurance-invalidité peuvent être contestées devant le
Tribunal administratif fédéral conformément à l’art. 69 al. 1 let. b de la
loi fédérale du 19 juin 1959 sur l'assurance-invalidité (LAI, RS 831.20),
celui-ci étant dès lors compétent pour connaître de la présente cause.
1.3 La loi fédérale du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit
des assurances sociales (LPGA, RS 830.1) est entrée en vigueur le 1er
janvier 2003, entraînant la modification de nombreuses dispositions
légales dans le domaine de l'assurance-invalidité.
Selon l'art. 2 LPGA, les dispositions de la présente loi sont applicables
aux assurances sociales régies par la législation fédérale, si et dans la
mesure où les lois spéciales sur les assurances sociales le prévoient.
Or, l'art. 1 LAI mentionne que les dispositions de la LPGA s'appliquent
à l'assurance-invalidité (art. 1a à 26bis et 28 à 70 ), à moins que ladite
loi ne déroge expressément à la LPGA.
1.4 Le recourant est touché par la décision attaquée et a un intérêt
digne d'être protégé à ce qu'elle soit annulée ou modifiée (art. 59
LPGA et 48 al. 1 PA). Partant, il a qualité pour recourir.
1.5 Dans la mesure où le recours a été introduit dans le délai et la
forme prescrits (art. 60 LPGA et art. 52 PA), il est entré en matière sur
le fond du recours.
2.
2.1 Le recourant est citoyen d'un Etat membre de la Communauté
européenne. Par conséquent, est applicable en l'espèce l'Accord entre
la Confédération suisse, d'une part, et la Communauté européenne et
ses Etats membres, d'autre part, sur la libre circulation des personnes
du 21 juin 1999, entré en vigueur le 1er juin 2002, (ALCP, RS
0.142.112.681) - dont l'Annexe II règle la coordination des systèmes
de sécurité sociale (art. 80a LAI).
Conformément à l'art. 3 al. 1 du Règlement (CEE) N° 1408/71 du
Conseil du 14 juin 1971 (RS 0.831.109.268.1), les personnes, qui
résident sur le territoire de l'un des Etats membres et auxquelles les
dispositions dudit règlement sont applicables, sont soumises aux
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obligations et sont admises au bénéfice de la législation de tout Etat
membre dans les mêmes conditions que les ressortissants de celui-ci,
sous réserve de dispositions particulières contenues dans ledit
règlement.
Comme avant l'entrée en vigueur de l'ALCP, le degré d'invalidité d'un
assuré qui prétend une rente de l'assurance-invalidité suisse est
déterminé exclusivement d'après le droit suisse (art. 40 par. 4 du
règlement 1408/71).
2.2 S'agissant du droit applicable, il convient encore de préciser qu'à
partir du 1er janvier 2004 la présente procédure est régie par la teneur
de la LAI modifiée par la novelle du 21 mars 2003 (4ème révision), eu
égard au principe selon lequel les règles applicables sont celles en
vigueur au moment où les faits juridiquement déterminants se sont
produits (ATF 130 V 445 consid. 1.2).
3.
En dérogation à l'art. 24 LPGA, l'art. 48 al. 2 LAI prévoit que si l'assuré
présente sa demande plus de douze mois après la naissance du droit,
les prestations ne sont allouées que pour les douze mois précédant le
dépôt de la demande. Concrètement, l'autorité de céans peut se limiter
à examiner si le recourant avait droit à une rente le 20 mai 2002
(savoir 12 mois avant le dépôt de la demande) ou si le droit à une
rente était né entre cette date et le 27 juillet 2006, date de la décision
sur opposition attaquée marquant la limite dans le temps du pouvoir
d'examen de l'autorité de recours (ATF 130 V 445 consid. 1.2 et 1.2.1).
4.
4.1 Selon les normes en vigueur à la date de la décision attaquée,
tout requérant doit remplir cumulativement les conditions suivantes
pour avoir droit à une rente de l'assurance invalidité suisse:
• être invalide au sens de la LPGA/LAI et
• avoir versé des cotisations à l'AVS/AI durant une année au
moins (art. 36 al. 1 LAI).
4.2 Dans le cas d'espèce, le recourant a versé des cotisations à l'AVS/
AI pendant plus d'une année au total et remplit, partant, la condition
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de la durée minimale de cotisations. Il reste dès lors à examiner s'il est
invalide au sens de la LAI.
5.
5.1 Aux termes de l'art. 8 LPGA, est réputée invalidité l'incapacité de
gain totale ou partielle qui est présumée permanente ou de longue
durée. L'art. 4 LAI précise que l'invalidité peut résulter d'une infirmité
congénitale, d'une maladie ou d'un accident. L'al. 2 de cette
disposition mentionne que l'invalidité est réputée survenue dès qu'elle
est, par sa nature et sa gravité, propre à ouvrir droit aux prestations
entrant en considération.
5.2 L'assuré a droit à un quart de rente s'il est invalide à 40% au
moins, à une demi-rente s'il est invalide à 50%, à trois-quarts de rente
s'il est invalide à 60% et à une rente entière s'il est invalide à 70% au
moins (art. 28 al. 1 LAI). Suite à l'entrée en vigueur le 1er juin 2002 de
l'Accord bilatéral entre la Suisse et la Communauté européenne, la
restriction prévue à l'art. 28 al. 1ter LAI - selon laquelle les rentes
correspondant à un taux d'invalidité inférieur à 50% ne sont versées
qu'aux assurés qui ont leur domicile et leur résidence habituelle en
Suisse (art. 13 LPGA) - n'est plus applicable lorsque l'assuré est un
ressortissant de l'UE et y réside.
5.3 Conformément à l'art. 29 al. 1 LAI, le droit à une rente prend
naissance au plus tôt à la date dès laquelle l'assuré présente une
incapacité de gain durable de 40% au moins (let. a), ou l'assuré a
présenté, en moyenne, une incapacité de travail de 40% au moins
pendant une année sans interruption notable (let. b). D'après la
jurisprudence constante du Tribunal fédéral, la let. a s'applique si l'état
de santé de l'assuré est stabilisé et a acquis un caractère
essentiellement irréversible, la let. b si l'état de santé est labile, c.-à-d.
susceptible d'une amélioration ou d'une aggravation (ATF 121 V 264,
111 V 21 consid. 2b). Une incapacité de travail de 20% doit être prise
en compte pour le calcul de l'incapacité de travail moyenne selon la
let. b de l'art. 29, al. 1 LAI (VSI 1998 p. 126 consid. 3c).
5.4 Par incapacité de travail, on entend toute perte, totale ou partielle,
résultant d'une atteinte à la santé physique, mentale ou psychique, de
l'aptitude de l'assuré à accomplir dans sa profession ou son domaine
d'activité le travail qui peut raisonnablement être exigé de lui. En cas
d'incapacité de travail de longue durée, l'activité qui peut être exigée
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de lui peut aussi relever d'une autre profession ou d'un autre domaine
d'activité (art. 6 LPGA). L'incapacité de gain est définie à l'art. 7 LPGA
et consiste dans toute diminution de l'ensemble ou d'une partie des
possibilités de gain de l'assuré, sur un marché de travail équilibré, si
cette diminution résulte d'une atteinte à sa santé physique, mentale ou
psychique et qu'elle persiste après les traitements et les mesures de
réadaptation exigibles.
5.5 Il faut ajouter que la fixation rétroactive d'une rente, comme en
l'espèce, correspond matériellement à une révision aux termes de
l'art. 17 LPGA (qui reprend le contenu de l'art. 41 LAI en vigueur
jusqu'au 31 décembre 2002), dont les conditions doivent, par
conséquent, être remplies (ATF 125 V 417 consid. 2d, 369 consid. 2,
112 V 372 consid. 2b). Selon cette disposition, si le taux d’invalidité du
bénéficiaire de la rente subit une modification notable, la rente est,
d’office ou sur demande, révisée pour l’avenir, à savoir augmentée ou
réduite en conséquence, ou encore supprimée. En cas de décision
simultanée sur l'octroi d'une rente et son remplacement par une autre
rente ou même sa suppression, le changement est régi par l'art. 88a
du règlement du 17 janvier 1961 sur l'assurance-invalidité (RAI;
RS 831.201), lequel prévoit que, si la capacité de gain d'un assuré
s'améliore ou que son impotence s'atténue, il y a lieu de considérer
que ce changement supprime, le cas échéant, tout ou partie de son
droit aux prestations dès qu'on peut s'attendre à ce que l'amélioration
constatée se maintienne durant une assez longue période. Il en va de
même lorsqu'un tel changement déterminant a duré trois mois déjà,
sans interruption notable et sans qu'une complication prochaine soit à
craindre.
6.
6.1 En Suisse, le recourant a exercé une activité lucrative en tant que
menuisier de 1990 à 2002. Suite à un accident non-professionnel, il a
cessé toute activité lucrative.
6.2 La notion d'invalidité, dont il est question à l'art. 8 LPGA et à l'art.
4 LAI, est de nature juridique/économique et non pas médicale
(ATF 116 V 246 consid. 1b). En d'autres termes, l'assurance-invalidité
suisse couvre seulement les pertes économiques liées à une atteinte
à la santé physique mentale ou psychique – qui peut résulter d'une
infirmité congénitale, d'une maladie ou d'un accident – et non la
maladie en tant que telle. Selon l'art. 16 LPGA, applicable par le renvoi
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de l'art. 28 al. 2 LAI, pour évaluer le taux d'invalidité, le revenu que
l'assuré aurait pu obtenir s'il n'était pas invalide est comparé avec celui
qu'il pourrait obtenir en exerçant l'activité qui peut être
raisonnablement exigée de lui après les traitements et les mesures de
réadaptation, sur un marché de travail équilibré.
Selon une jurisprudence constante, les données fournies par le
médecin constituent néanmoins un élément utile pour apprécier les
conséquences de l'atteinte à la santé et pour déterminer quels travaux
on peut encore raisonnablement exiger de l'assuré (ATF 115 V 133
consid. 2, 114 V 310 consid. 3c, RCC 1991 p. 329 consid. 1c).
6.3 Le juge des assurances sociales doit examiner de manière
objective tous les moyens de preuve, quelle que soit leur provenance,
puis décider si les documents à disposition permettent de porter un
jugement valable sur le droit litigieux. Avant de conférer pleine valeur
probante à un rapport médical, il s'assurera que les points litigieux ont
fait l'objet d'une étude circonstanciée, que le rapport se fonde sur les
examens complets, qu'il prend également en considération les plaintes
exprimées par la personne examinée, qu'il a été établi en pleine
connaissance de l'anamnèse, que la description du contexte médical
et l'appréciation de la situation médicale sont claires et enfin que les
conclusions de l'expert sont dûment motivées (ATF 125 V 353
consid. 3a et les références).
6.4 La jurisprudence a posé des lignes directrices en ce qui concerne
la manière d'apprécier certains types d'expertise ou de rapports
médicaux. Ainsi, le juge ne s'écarte en principe pas sans motifs
impératifs des conclusions d'une expertise médicale judiciaire, la
tâche de l'expert étant précisément de mettre ses connaissances
spéciales à la disposition de la justice afin de l'éclairer sur les aspects
médicaux d'un état de fait donné (ATF 125 V 352 cons. 3b/aa;
118 V 220 consid. 1b et les références). Au sujet des rapports établis
par les médecins traitant, le juge peut et doit tenir compte du fait que
selon l'expérience, le médecin traitant est généralement enclin, en cas
de doute, à prendre parti pour son patient en raison de la relation de
confiance qui l'unit à ce dernier (ATF 125 V 353 consid. 3b/cc et les ré-
férences). Cette constatation s'applique de même aux médecins non
traitant consultés par un patient en vue d'obtenir un moyen de preuve
à l'appui de sa requête. Toutefois le simple fait qu'un certificat médical
est établi à la demande d'une partie et est produit pendant la
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procédure ne justifie pas en soi des doutes quant à sa valeur probante
(ATF 125 V 353 consid. 3b/dd et les références citées).
7.
7.1 En l'espèce, suite à un accident non-professionnel du 2 novembre
2002, le recourant souffre d'une atteinte chronique et dégénérative
des vertèbres lombaires qui l'empêche, de manière incontestée, de
déployer son activité de menuisier. Du point de vue orthopédique,
selon le rapport de l'hôpital cantonal Bruderholz, l'assuré est
considéré apte à exécuter, dès le 7 juin 2004, des activités légères
adaptées à condition qu'il ne doive pas porter de poids et qu'il ait
régulièrement la possibilité de changer de position. Néanmoins, après
son accident, à la pathologie somatique s'est ajoutée une pathologie
psychiatrique et précisément un épisode dépressif sévère sans
troubles psychotiques qui est relaté dans le certificat du 19 novembre
2003 de la Rehaklinik Bellikon. Cette atteinte psychiatrique a empêché
l'assuré de déployer quelconque activité professionnelle (pce 9 p. 4 et
12). Le rapport de la Suva du 3 août 2004 expose également
l'existence de cette pathologie psychiatrique. Dans son rapport
pluridisciplinaire du 21 mars 2005 l'ABI constate, du point de vue
psychiatrique, une amélioration de l'état de santé de l'assuré et
précisément la persistence d'un épisode dépressif léger récidivant
accompagné de troubles de la personnalité narcissique et d'un
syndrome douloureux somatoforme qui implique, pour l'assuré, une
invalidité de 20% pour les activités substitutives adaptées. Il s'ensuit
que l'assuré a été considéré par l'OAIE invalide à 100% jusqu'au
25 janvier 2005, date de l'examen auprès de l'ABI et dès lors, apte à
déployer des activités légères adaptées à 80%.
7.2 Or, l'autorité de céans n'a pas de raison de s'écarter de
l'appréciation de l'OAIE. En effet, les attestations établies par la
Dresse Bouyssou Ruimy, produites par l'assuré, relatant une
dépression sévère justifiant une incapacité complète de travail, ne
peuvent être prises en considération car elles sont trop succinctes
pour être probantes et convaincre l'autorité de céans de l'existence
d'une pathologie d'une telle gravité. D'ailleurs, elles ne font pas
mention du type d'analyses objectives fondant ce diagnostic. Parmi
ces attestations, celles établies à la suite du rapport ABI n'indiquent
pas les raisons pour lesquelles il faudrait remettre en question les
conclusions de ce rapport qui apparaît, à l'autorité de céans, clair et
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complet puisqu'il procède à une évaluation globale et précise de la
santé de l'assuré en tenant compte de toutes les pathologies
présentes. Le rapport ABI relève notamment que les symptômes
permettant de conclure à une dépression nerveuse sévère, telle que
diagnostiquée lors du séjour auprès de la Rehaklinik Bellikon au mois
de novembre 2003, ne sont plus présents. Des analyses sanguines
effectuées par l'ABI, il résulte également que l'assuré ne prend pas
régulièrement les antidépresseurs qui lui sont prescrits (doc 29 p. 8).
L'assuré a par ailleurs personnellement et précisément contesté le
contenu des attestations de la Dresse Bouyssou Ruimy en affirmant
aux médecins de l'ABI ne pas souffrir des troubles suicidaires. De
même les médecins de l'ABI constatent l'inexistence de troubles
anxieux, de vacuité et d'inutilité également mentionnés dans les
attestations de la Dresse Bouyssou Ruimy (pce 29 p. 17). Cette
dernière n'exclut finalement pas que l'assuré puisse exercer une
activité substitutive adaptée à temps partiel.
Pour le surplus, l'autorité de céans constate que le rapport médical du
25 mai 2007 de la Dresse Ritter produit par l'assuré, qui fait mention
que ce dernier se plaint d'une rechute de son état de santé somatique,
n'a pas été corroboré par de nouveaux examens.
8.
L'invalidité – dont il convient de rappeler qu'il s'agit d'une notion
économique et non pas médicale – est évaluée en comparant le
revenu que l'intéressé pourrait obtenir en exerçant une activité qu'on
peut raisonnablement attendre avec le revenu qu'il aurait eu s'il n'était
pas devenu invalide (art. 16 LPGA).
En l'espèce l'OAIE a établi correctement le salaire avant invalidité en
se fondant sur le questionnaire rempli par l'employeur le 3 juin 2003
(pce 2 et 37 p. 4). Selon ce questionnaire, en tant que menuisier et
compte tenu d'une indexation de 1,4% (Office fédéral de la statistique
[OFS], T1.1.93), l'assuré aurait gagné CHF 70'850.-- en 2005. Le
salaire après invalidité a été fixé sur la base des données statistiques
(ATF 126 V 75). Pour des activités substitutives légères, le salaire
annuel statistique était de CHF 58'262.-- en 2002 (OFS, Enquête
suisse sur la structure des salaires 2002, Tableau TA1, secteur privé,
niveau de qualification 4, hommes). Ce résultat tient compte d'une
indexation de 2,2% et d'une conversion de l'horaire hebdomadaire à
41,7 heures. Le salaire après invalidité doit en outre être réduit de
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10% pour tenir compte du fait que l'assuré ne peut exercer que des
activités légères, assises et à temps partiel, ce qui correspond à un
salaire de CHF 52'435.80. Pour une activité à 80% on obtient ainsi un
salaire après invalidité de CHF 41'949.--.
La perte de gain se monte donc à 41 % : [(70'850 - 41'949) x 100] :
70'850.-- = 40,79%.
9.
C'est donc à juste titre que l'Office intimé a mis A._______ au bénéfice
d'une rente entière à partir du 1er novembre 2003 soit une année après
le début de l'incapacité de travail, et d'un quart de rente dès le 1er mai
2005, soit trois mois après l'amélioration survenue en janvier 2005
(art. 88a RAI).
Par voie de conséquence, le recours du 23 août 2006 doit être rejeté
et la décision sur opposition de l'OAIE du 27 juillet 2006 confirmée.
Il n'est pas perçu de frais de procédure.
Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce :
1.
Le recours est rejeté.
2.
Il n'est pas perçu de frais de procédure.
3.
Le présent arrêt est adressé :
- au recourant (Recommandé avec avis de réception)
- à l'autorité inférieure (n° de réf. X_______)
- à l'Office fédéral des assurances sociales
L'indication des voies de droit se trouve à la page suivante.
Le président du collège : La greffière :
Francesco Parrino Emilia Antonioni
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C-2890/2006
Indication des voies de droit :
La présente décision peut être attaquée devant le Tribunal fédéral,
Schweizerhofquai 6, 6004 Lucerne, par la voie du recours en matière
de droit public, dans les trente jours qui suivent la notification (art. 82
ss, 90 ss et 100 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF,
RS 173.110]). Le mémoire doit indiquer les conclusions, les motifs et
les moyens de preuve, et être signé. La décision attaquée et les
moyens de preuve doivent être joints au mémoire, pour autant qu'ils
soient en mains du recourant (voir art. 42 LTF).
Expédition :
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