COMMISSION EUROPEENNE DES DROITS DE L'HOMME
PREMIERE CHAMBRE
Requête No 17345/90
C. et V. D.T.
contre
Italie
RAPPORT DE LA COMMISSION
(adopté le 17 mai 1994)
I. INTRODUCTION
1. Le présent rapport concerne la requête No 17345/90 introduite le
21 juillet 1990 contre l'Italie et enregistrée le 23 octobre 1990. Les
requérants sont des ressortissants italiens nés respectivement en 1954
et 1955 et résident à Pescare.
Le Gouvernement défendeur est représenté par son Agent,
M. Luigi Ferrari Bravo, Chef du service du Contentieux diplomatique au
ministère des Affaires étrangères.
2. Cette requête, qui porte sur la durée d'une procédure civile, a
été communiquée le 10 décembre 1990 au Gouvernement. A la suite d'un
échange de mémoires, la requête a été déclarée recevable le
8 mars 1994. Le texte de la décision sur la recevabilité est annexé
au présent rapport.
3. Ayant constaté qu'il n'existe aucune base permettant d'obtenir
un règlement amiable au sens de l'article 28 par. 1 (b) de la
Convention, la Commission (Première Chambre), après délibération, a
adopté le 17 mai 1994 le présent rapport conformément à l'article 31
par. 1 de la Convention, en présence des membres suivants :
MM. A. WEITZEL, Président
C.L. ROZAKIS
F. ERMACORA
A.S. GÖZÜBÜYÜK
Mme J. LIDDY
MM. M.P. PELLONPÄÄ
B. MARXER
G.B. REFFI
B. CONFORTI
N. BRATZA
E. KONSTANTINOV
4. Dans ce rapport, la Commission a formulé son avis sur le point
de savoir si les faits constatés révèlent, de la part de l'Italie, une
violation de la Convention.
5. Le texte du présent rapport sera transmis au Comité des Ministres
du Conseil de l'Europe conformément à l'article 31 par. 2 de la
Convention.
II. ETABLISSEMENT DES FAITS
6. Le 25 février 1978, les requérants entamèrent une action en
revendication devant le tribunal de Foggia réclamant leur droit de
propriété sur un immeuble.
7. En première instance, la mise en état de l'affaire commença le
20 avril 1978 et se termina, dix audiences plus tard, le
10 novembre 1980 par la présentation des conclusions. Par jugement du
23 mars 1981, le tribunal rejeta la demande des requérants.
8. Ces derniers interjetèrent appel le 18 juillet 1981. La cour
d'appel de Bari les débouta le 9 juin 1982.
9. A la suite d'un pourvoi introduit par les requérants, le
31 octobre 1984 la Cour de cassation cassa cet arrêt et renvoya
l'affaire devant une autre chambre de la même cour d'appel.
10. Le 20 janvier 1986, les requérants reprirent l'instance devant
la cour d'appel. Par arrêt du 22 juin 1990, dont la texte fut déposé
au greffe le 20 juillet 1990, celle-ci accueillit la demande des
requérants.
III. AVIS DE LA COMMISSION
11. Les requérants se plaignent de la violation du principe du délai
raisonnable prévu à l'article 6 par. 1 (art. 6-1) de la Convention.
12. Cette procédure tendait à faire décider d'une contestation sur
des "droits et obligations de caractère civil" et se situe donc dans
le champ d'application de l'article 6 par. 1 (art. 6-1) de la
Convention.
13. La procédure litigieuse, qui a débuté le 25 février 1978 et s'est
terminée le 20 juillet 1990, a duré environ douze ans et cinq mois.
14. Conformément à la jurisprudence de la Cour et de la Commission
en la matière et sur la base des informations fournies par les deux
parties, la Commission a relevé des retards imputables aux juridictions
nationales l'amenant à considérer que la durée de la procédure
litigieuse est excessive et ne répond pas à l'exigence du "délai
raisonnable".
CONCLUSION
15. La Commission conclut, à l'unanimité, qu'il y a eu, en l'espèce,
violation de l'article 6 par. 1 (art. 6-1) de la Convention.
Le Secrétaire Le Président
de la Première Chambre de la Première Chambre
(M.F. BUQUICCHIO) (A. WEITZEL)
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