PREMIÈRE SECTION
DÉCISION
Requête no 29827/10
Dante CARATTI et autres
contre l’Italie
La Cour européenne des droits de l’homme (première section), siégeant le 14 novembre 2019 en un comité composé de :
Aleš Pejchal, président,
Jovan Ilievski,
Raffaele Sabato, juges,
et de Liv Tigerstedt, greffière adjointe de section f.f.,
Vu la requête susmentionnée introduite le 18 mai 2010,
Vu la déclaration du gouvernement défendeur invitant la Cour à rayer la requête du rôle,
Après en avoir délibéré, rend la décision suivante :
FAITS ET PROCÉDURE
La liste des requérants se trouve dans le tableau joint en annexe.
Les requérants ont été représentés devant la Cour par Mes V. Paganetti Bianchi, C. Giotta Bianchi et A. Bianchi, avocats exerçant à Sondrio.
Les griefs que les requérants tiraient de l’article 6 § 1 de la Convention (ingérence du législateur par la loi no 296/2006 dans une procédure judiciaire) ont été communiqués au gouvernement italien (« le Gouvernement »).
EN DROIT
À l’issue de négociations en vue d’un règlement amiable qui se sont révélées infructueuses, le Gouvernement a avisé la Cour qu’il proposait de prononcer une déclaration unilatérale en vue de régler les questions soulevées par ces griefs. Il a en outre invité la Cour à rayer la requête du rôle conformément à l’article 37 de la Convention.
Le Gouvernement reconnaît que « les requérants ont subi la violation de l’article 6 § 1 de la Convention, selon les principes exprimés par la Cour EDH dans l’affaire Maggio et autres, suite à l’intervention rétroactive de la loi no 296/2006, sur les procédures en cours ». Il offre de verser aux requérants les sommes reproduites dans le tableau joint en annexe et il invite la Cour à rayer la requête du rôle conformément à l’article 37 § 1 c) de la Convention. Ces sommes seront versées dans un délai de trois mois à compter de la date de la notification de la décision de la Cour. Si elles n’étaient pas versées dans ce délai, le Gouvernement s’engage à les majorer, à compter de l’expiration du délai et jusqu’au règlement, d’un intérêt simple à un taux égal à celui de la facilité de prêt marginal de la Banque centrale européenne applicable pendant cette période, augmenté de trois points de pourcentage.
Le paiement vaudra règlement définitif de l’affaire.
Les termes de la déclaration unilatérale ont été transmis aux requérants plusieurs semaines avant la date de cette décision. La Cour a reçu une réponse des requérants indiquant qu’ils refusaient les termes de la déclaration.
La Cour rappelle que l’article 37 § 1 c) de la Convention lui permet de rayer une affaire du rôle si :
« (...) pour tout autre motif dont [elle] constate l’existence, il ne se justifie plus de poursuivre l’examen de la requête ».
Ainsi, en vertu de cette disposition, la Cour peut rayer des requêtes du rôle sur le fondement d’une déclaration unilatérale du gouvernement défendeur, même si les requérants souhaitent que l’examen de leur affaire se poursuive (voir, en particulier, Tahsin Acar c. Turquie (question préliminaire) [GC], no 26307/95, §§ 75‑77, CEDH 2003‑VI).
La jurisprudence de la Cour concernant l’application de la loi d’interprétation authentique no 296/2006 dans des procédures judiciaires est claire et abondante (voir, par exemple, Maggio et autres c. Italie, nos 46286/09 et 4 autres, 31 mai 2011, Stefanetti et autres c. Italie, nos 21838/10 et 7 autres, 15 avril 2014, Cataldo et autres c. Italie, nos 54425/08 et 5 autres, 24 juin 2014, Biraghi et autres c. Italie, nos 3429/09 et 21 autres, 24 juin 2014, et Stefanetti et autres c. Italie (satisfaction équitable), nos 21838/10 et 7 autres, 1er juin 2017).
Eu égard aux concessions que renferme la déclaration du Gouvernement, ainsi qu’au montant des indemnisations proposées (montant qui est conforme à ceux alloués dans des affaires similaires), la Cour estime qu’il ne se justifie plus de poursuivre l’examen de la requête (article 37 § 1 c)).
En outre, à la lumière des considérations qui précèdent, la Cour estime que le respect des droits de l’homme garantis par la Convention et ses Protocoles n’exige pas par ailleurs qu’elle poursuive l’examen de la requête (article 37 § 1 in fine).
Enfin, la Cour souligne que, dans le cas où le Gouvernement ne respecterait pas les termes de sa déclaration unilatérale, la requête pourrait être réinscrite au rôle en vertu de l’article 37 § 2 de la Convention (Josipović c. Serbie (déc.), nº 18369/07, 4 mars 2008).
Compte tenu de ce qui précède, il y a lieu de rayer cette requête du rôle.
Par ces motifs, la Cour, à l’unanimité,
Prend acte des termes de la déclaration du gouvernement défendeur et des modalités prévues pour assurer le respect des engagements ainsi pris ;
Décide de rayer la requête du rôle en vertu de l’article 37 § 1 c) de la Convention.
Fait en français puis communiqué par écrit le 5 décembre 2019.
Liv TigerstedtAleš Pejchal
Greffière adjointe f.f.Président
ANNEXE
Requête concernant des griefs tirés de l’article 6 de la Convention
No.
Numéro et date d’introduction de la requête
Nom du requérant et date
de naissance
Montant alloué pour dommage matériel par requérant
(en euros)
Montant alloué pour dommage moral
par requérant
(en euros)[1]
Montant alloué pour frais et dépens par requérant
(en euros) 1
Date de réception de la déclaration du Gouvernement
Date de réception de la lettre des requérants
29827/10
18/05/2010
(129 requérants)
Dante CARATTI
22/09/1929
10 069
5 000
100
29/08/2018
15/03/2019
Primo AMONINI
19/03/1938
4 500
4 000
100
Daniele ANGELINI
10/03/1934
10 150
5 000
100
Giancarlo ANSELMINI
26/01/1933
19 029
5 000
100
Eugenio Fabio APRILE
10/12/1944
6 797
5 000
100
Carlo BAGIOLO
03/10/1942
9 820
5 000
100
Battista BARRI
13/12/1938
9 194
5 000
100
Diego BENEDETTI
13/11/1947
944
2 500
100
Ermanno BERNARDARA
11/11/1940
7 524
5 000
100
Serafino BERTI
07/11/1940
14 366
5 000
100
Giovanni
BERTOLINI
04/12/1947
3 696
4 000
100
Maria BESSEGHINI
05/11/1939
427
2 500
100
Emilia Domenica BESSEGHINI
20/08/1947
2 965
2 500
100
Armando BETTEGA
22/11/1935
9 542
5 000
100
Giuseppe BETTIGA
20/12/1942
9 523
5 000
100
Antonio BIANCHINI
28/03/1944
1 337
2 500
100
Domenica BONETTI
10/08/1936
3 714
4 000
100
Carlo BONETTI
27/12/1947
6 996
5 000
100
Emilio BOSCACCI
19/10/1942
213
2 500
100
Gianluigi BOSCO
25/06/1941
5 440
5 000
100
Costantino BRAGA
05/03/1939
12 898
5 000
100
Bortolo CASPANI
09/06/1939
124
2 500
100
Enzo CERRI
31/07/1932
7 232
5 000
100
Franco CISLAGHI
09/02/1941
10 472
5 000
100
Anna Maria COLTURI
06/05/1944
4 490
4 000
100
Franco CRUDER
19/05/1941
3 073
4 000
100
Rinaldo D’ANGELO
14/09/1933
13 837
5 000
100
Osvaldo DE MAESTRI
09/08/1938
10 764
5 000
100
Renata DE STEFANI
03/03/1972
4 508
4 000
100
Franco DEI CAS
02/08/1930
8 878
5 000
100
Lino DONATI
09/07/1939
20 668
5 000
100
Celestino DONINI
03/06/1934
11 558
5 000
100
Giuseppina DONIZETTI
02/09/1938
5 147
5 000
100
Italo DUCA
18/07/1943
5 804
5 000
100
Giuseppe ESPOSITO
21/11/1941
0
0
100
Vincenzo FANTAZZINI
27/07/1944
7 396
5 000
100
Franco FASCENDINI
04/06/1945
7 730
5 000
100
Elisabetta FERRARI
22/10/1937
7 341
5 000
100
Maria FIORI
23/01/1934
1 744
2 500
100
Rosalina FIORINA
04/03/1937
239
2 500
100
Renato FORMOLO
05/01/1944
6 920
5 000
100
Giovanni FORNÈ
09/10/1939
10 514
5 000
100
Benito FRANZINI
10/09/1938
4 596
4 000
100
Camillo FRANZINI
05/02/1942
11 360
5 000
100
Isidoro FUMASONI
08/07/1942
5 173
5 000
100
Amelia Maria FUSTELLA
29/01/1944
12 116
5 000
100
Felice GALANTI
08/03/1942
10 230
5 000
100
Enzo GAVAZZI
20/07/1938
9 350
5 000
100
Franco GERNA
08/06/1938
6 780
5 000
100
Enrico GERNA
24/11/1936
8 684
5 000
100
Mario GHIRARDELLI
04/12/1929
8 144
5 000
100
Fernanda GIANERA
13/08/1940
10 018
5 000
100
Antonio GIANNOTTI
13/01/1941
4 657
4 000
100
Virgilio GIANONCELLI
05/08/1937
9 498
5 000
100
Clito GIOVANETTONI
01/05/1942
4 274
4 000
100
Romano GIUMELLI
11/09/1937
0
0
100
Ester GOTTI
20/08/1937
3 320
4 000
100
Enrico GUALZETTI
03/10/1937
362
2 500
100
Albino GUSMEROLI
30/07/1943
6 454
5 000
100
Giancarlo GUSMEROLI
30/06/1943
8 526
5 000
100
Ferdinando GUSMEROLI
30/12/1938
5 147
5 000
100
Celso GUSMEROLI
30/06/1940
8 028
5 000
100
Tarcisio Enrico LANDI
10/10/1933
14 278
5 000
100
Guglielmo LANFRANCHI
05/12/1938
10 663
5 000
100
Giuseppe LATINI
27/08/1937
14 558
5 000
100
Anna LEUSCIATTI
14/09/1923
6 677
5 000
100
Armando LUZZI
14/03/1943
11 601
5 000
100
Giuseppe MAFFEZZINI
06/07/1942
9 229
5 000
100
Teresa MAGRO
19/02/1941
1 103
2 500
100
Arturo MARCHESINI
28/09/1940
10 105
5 000
100
Mario MARTELLETTI
31/05/1940
9 840
5 000
100
Plinio MARTINENGO
30/05/1944
386
2 500
100
Ettore MASCARINI
24/03/1940
211
2 500
100
Pasquale Carmine MECCA
18/10/1941
7 470
5 000
100
Dino MENEGOLA
03/03/1940
9 301
5 000
100
Aristide MERAVIGLIA
21/12/1942
7 880
5 000
100
Nazzareno MOLTA
03/07/1939
8 999
5 000
100
Primo MORASCHINELLI
24/09/1938
6 803
5 000
100
Rino Emilio MOTACCHI
13/08/1935
12 440
5 000
100
Pietro MOTALLI
22/06/1932
16 180
5 000
100
Benito Romano MUNARI
08/08/1940
1 519
2 500
100
Luciano NANI
21/07/1933
6 114
5 000
100
Faustino NEGRINI
29/03/1941
345
2 500
100
Enrica NONINI
15/11/1948
1 486
2 500
100
Giulio ORSATTI
15/08/1948
5 856
5 000
100
Arturo ORSENIGO
11/11/1932
12 731
5 000
100
Giorgio PAINI
26/01/1946
7 373
5 000
100
Egidio PANTANI
06/05/1939
11 712
5 000
100
Ermanno Giuseppe PASQUINI
19/05/1943
7 249
5 000
100
Sergio PERETTI
24/03/1940
7 671
5 000
100
Ezio PERLINI
02/10/1942
9 673
5 000
100
Aldo PEZZINI
01/08/1936
1 195
2 500
100
Luigi PIERONI
07/11/1937
7 147
5 000
100
Margherita PINI
20/01/1946
7 987
5 000
100
Ada PINI
16/03/1940
6 565
5 000
100
Domenica PINI
14/10/1948
2 095
2 500
100
Riccardo POLA
18/06/1941
9 607
5 000
100
Adriano POLETTI
09/09/1936
292
2 500
100
Ferruccio PRESAZZI
20/08/1946
7 570
5 000
100
Giorgio QUETTI
14/08/1942
648
2 500
100
Anna RAGAZZI
10/11/1939
601
2 500
100
Benito RAINOLDI
28/10/1935
5 295
5 000
100
Lucia RASTELLI
07/11/1946
3 335
4 000
100
Dante RIZZI
14/04/1936
9 494
5 000
100
Livio RIZZI
05/12/1939
7 080
5 000
100
Giovanni RODONDI
08/05/1936
10 170
5 000
100
Italo ROSSATO
06/10/1943
8 235
5 000
100
Armando ROSSI
09/02/1947
5 743
5 000
100
Emilio SALA
28/03/1935
12 862
5 000
100
Giacomo SALA
12/06/1942
5 270
5 000
100
Giacomo Giovanni SALVI
31/08/1939
8 034
5 000
100
Giuseppe SANTABBONDIO
20/03/1936
14 186
5 000
100
Guglielmo SCANDELLA
20/09/1942
12 318
5 000
100
Pierino SCARAFONI
02/08/1935
8 420
5 000
100
Bruno SCHENATTI
22/10/1935
6 121
5 000
100
Walter SCORTAIOLI
23/11/1942
8 470
5 000
100
Antonio SONGINI
17/02/1937
12 884
5 000
100
Vincenzina SOSIO
19/07/1938
2 348
2 500
100
Diego SPADA
02/02/1944
2 027
2 500
100
Giovanni SPINI
16/12/1945
4 504
4 000
100
Giuseppino TACHELLI
01/06/1934
10 927
5 000
100
Gino TACHELLI
25/09/1942
3 403
4 000
100
Alfonso TAVASCI
01/03/1940
9 656
5 000
100
Nazzarena TRAMANZOLI
10/06/1946
4 591
4 000
100
Eugenio TRIVELLA
05/05/1937
8 304
5 000
100
Guido VALENA
23/12/1934
9 534
5 000
100
Vittorio VALSECCHI
24/07/1936
9 913
5 000
100
Armando Mario XERES
26/02/1938
14 823
5 000
100
Floriano ZANI
15/04/1947
5 088
5 000
100
[1]. Plus tout montant pouvant être dû à titre d’impôt.
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