Bundesverwaltungsgericht
Tribunal administratif fédéral
Tribunale amministrativo federale
Tribunal administrativ federal
Cour IV
D-8738/2010
{T 0/2}
Arrêt du 11 janvier 2011
Composition Gérald Bovier, juge unique,
avec l'approbation de Maurice Brodard, juge ;
Jean-Bernard Moret-Grosjean, greffier.
Parties A._______, Algérie,
recourant,
contre
Office fédéral des migrations (ODM),
Quellenweg 6, 3003 Berne-Wabern,
autorité inférieure.
Objet Asile et renvoi ; décision de l'ODM du 29 novembre 2010 /
(…).
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Vu
la demande d'asile de l'intéressé du 10 octobre 2010,
les procès-verbaux des auditions des 13 octobre et 3 novembre 2010,
le passeport, la carte d'identité, le permis de conduire, le certificat de
travail du (…), l'attestation de fonction du (…), la copie d'un acte de
naissance - valable uniquement pour l'étranger - certifiée conforme à
l'original le (…), l'extrait du casier judiciaire du (…) et les divers billets
d'avion et de train produits,
la décision de l'ODM du 29 novembre 2010,
le recours de l'intéressé du 21 décembre 2010, assorti d'une demande
d'assistance judiciaire partielle,
les photocopies d'une déclaration, d'un communiqué et d'une carte
d'adhérent du (…) jointes au recours,
et considérant
que sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 de la loi du
17 juin 2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF, RS 173.32), le
Tribunal administratif fédéral (le Tribunal) connaît des recours contre les
décisions au sens de l'art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur
la procédure administrative (PA, RS 172.021) prises par les autorités
mentionnées à l'art. 33 LTAF (art. 31 LTAF),
qu'il statue en particulier de manière définitive sur les recours formés
contre les décisions rendues par l'ODM en matière d'asile et de renvoi
de Suisse (art. 105 en relation avec l'art. 6a al. 1 de la loi sur l'asile du
26 juin 1998 [LAsi, RS 142.31], art. 33 let. d LTAF et art. 83 let. d ch. 1 de
la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110] ;
ATAF 2007/7 consid. 1.1 p. 57),
qu'il examine librement en la matière l'application du droit public fédéral,
la constatation des faits et l'opportunité, sans être lié par les
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arguments invoqués à l'appui du recours (art. 106 al. 1 LAsi et 62
al. 4 PA par renvoi des art. 6 LAsi et 37 LTAF) ni par la motivation
retenue par l'ODM (ATAF 2009/57 consid. 1.2 p. 798 ; cf. dans le même
sens Jurisprudence et informations de la Commission suisse de
recours en matière d'asile [JICRA] 2002 n° 1 consid. 1a p. 5, JICRA
1994 n° 29 consid. 3 p. 206s.) ; qu'il peut ainsi admettre un recours pour
un autre motif que ceux invoqués devant lui ou rejeter un recours en
adoptant une argumentation différente de celle de l'autorité intimée
(ATAF 2007/41 consid. 2 p. 529s.),
que l'intéressé a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA) et que son
recours est recevable (art. 108 al. 1 LAsi et 52 al. 1 PA),
qu'entendu sur ses motifs, l'intéressé a déclaré pour l'essentiel qu'il avait
quitté son pays parce qu'il ne supportait plus la situation dans laquelle il
se trouvait, après avoir été menacé et agressé à plusieurs reprises entre
(…) et (…), pour divers prétextes, par des inconnus ; que sa santé en
aurait été affectée (problèmes psychiques [anxiété, nervosité] et
physiques [douleurs vertébrales et rénales]),
que dans sa décision, l'ODM a retenu que les allégations de l'intéressé
ne satisfaisaient pas aux exigences de vraisemblance posées par
l'art. 7 LAsi, dans la mesure où elles comportaient de nombreuses
divergences et où elles étaient insuffisamment fondées ; qu'il a ainsi
rejeté sa requête, prononcé son renvoi et ordonné l'exécution de
cette mesure,
que dans son recours, l'intéressé a soutenu de manière succincte que
ses propos correspondaient à la réalité et qu'il encourait de sérieux
préjudices en cas de renvoi ; qu'il a produit pour étayer son
argumentation plusieurs documents du (…) sous forme de photocopies
(cf. supra) ; qu'il a conclu principalement à l'annulation de la décision
de l'ODM et à la reconnaissance de sa qualité de réfugié, et
subsidiairement à l'octroi d'une admission provisoire pour illicéité de
l'exécution de son renvoi,
que ses déclarations se limitent toutefois à de simples affirmations de
sa part, largement inconsistantes, qu'aucun élément concret ni moyen
de preuve fiable ne viennent étayer ; qu'en outre, elles ne satisfont pas
aux exigences de l'art. 7 LAsi en raison non seulement des
invraisemblances et des divergences qu'elle contiennent, mais aussi
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de l'absence de détails et de précisions qui les caractérise, ce qui
n'est manifestement pas le reflet d'un vécu effectif et réel ; que l'ODM
s'étant prononcé de manière suffisamment circonstanciée à ce
sujet, il convient de renvoyer simplement à la décision attaquée,
d'autant que le recours, sous cet angle, ne contient pas d'arguments
nouveaux susceptibles d'en remettre en cause le bien-fondé (art. 109
al. 3 i. f. LTF applicable en la matière par renvoi de l'art. 6 LAsi),
qu'au demeurant, le fait de quitter son pays d'origine ou de
provenance pour des raisons économiques, liées selon les
circonstances à l'absence de toute perspective d'avenir, n'est pas
pertinent en la matière ; que la définition du réfugié telle qu'exprimée
à l'art. 3 al. 1 LAsi est exhaustive ; qu'elle exclut en effet tous les autres
motifs susceptibles de conduire un étranger à abandonner son pays
d'origine ou de dernière résidence, comme par exemple les difficultés
consécutives à une crise socio-économique (pauvreté, conditions
d'existence précaires, difficultés à trouver un emploi et un logement,
revenus insuffisants) ou à la désorganisation, à la destruction des
infrastructures ou à des problèmes analogues auxquels, dans le pays
concerné, chacun peut être confronté (cf. notamment arrêts du Tribunal
administratif fédéral D-7427/2010 du 9 décembre 2010, D-5378/2006
consid. 8.3.6 [p. 27s.] du 30 novembre 2010, D-7672/2010 du
17 novembre 2010),
qu'enfin, les moyens de preuve joints au recours ne sont pas
déterminants, indépendamment de la forme sous laquelle ils ont été
déposés,
que si l'on peut admettre que l'intéressé soit affilié au (…) depuis (…),
selon la copie de sa carte d'adhérent, est en revanche remis en
question le fait qu'il ait rencontré des difficultés pour cette raison ; que
d'une part, il n'a pas évoqué son affiliation au cours des auditions ; que
d'autre part, ses propos sont totalement invraisemblables au vu
notamment des nombreuses divergences les émaillant,
que le recours, en tant qu'il porte sur la reconnaissance de la qualité de
réfugié et sur l'octroi de l'asile, doit être rejeté et le dispositif de la
décision de l'ODM confirmé sur ces points,
que lorsqu'il rejette une demande d'asile, l'ODM prononce en principe le
renvoi de Suisse et en ordonne l'exécution (art. 44 al. 1 LAsi) ;
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qu'aucune exception à la règle générale du renvoi n'étant en la cause
réalisée (art. 32 de l'ordonnance 1 sur l'asile du 11 août 1999 [OA 1,
RS 142.311]), le Tribunal est tenu, de par la loi, de confirmer cette
mesure (cf. dans ce sens JICRA 2001 n° 21 p. 168ss),
que l'exécution du renvoi est ordonnée si elle est possible, licite et
raisonnablement exigible ; qu'en cas contraire, l'ODM règle les
conditions de résidence conformément aux dispositions de la loi fédérale
du 16 décembre 2005 sur les étrangers (LEtr, RS 142.20) concernant
l'admission provisoire (art. 44 al. 2 LAsi),
que l'intéressé n'ayant pas établi l'existence de sérieux préjudices au
sens de l'art. 3 LAsi, il ne peut se prévaloir de l'art. 5 al. 1 LAsi (principe
de non-refoulement) ; qu'il n'a pas non plus établi, au vu notamment de
l'invraisemblance de son récit, qu'il risquait d'être soumis, en cas
d'exécution du renvoi, à un traitement prohibé par l'art. 3 de la
Convention du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de
l’homme et des libertés fondamentales (CEDH, RS 0.101) ou par
l'art. 3 de la Convention du 10 décembre 1984 contre la torture et autres
peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (Conv. torture,
RS 0.105), imputable à l'homme ; qu'une simple possibilité de mauvais
traitements ne suffit pas ; que la personne concernée doit rendre
hautement probable ("real risk") qu'elle serait visée directement
par des mesures incompatibles avec les dispositions
conventionnelles précitées (cf. en particulier dans ce sens JICRA 2005
n° 4 consid. 6.2. p. 40, JICRA 2004 n° 6 consid. 7a p. 40, JICRA 2003
n° 10 consid. 10a p. 65s., JICRA 2001 n° 17 consid. 4b p. 130s., JICRA
2001 n° 16 consid. 6a p. 121s., JICRA 1996 n° 18 consid. 14b/ee
p. 186s.) ; que tel n'est pas le cas en l'espèce ; que l'exécution du
renvoi est ainsi licite (art. 44 al. 2 LAsi et 83 al. 3 LEtr),
qu'elle est aussi raisonnablement exigible (art. 44 al. 2 LAsi et 83
al. 4 LEtr) ; que l'Algérie ne connaît pas une situation de guerre, de
guerre civile ou de violence généralisée sur l'ensemble de son
territoire qui permettrait d'emblée de présumer à propos de tous les
requérants en provenant l'existence d'une mise en danger concrète au
sens des dispositions précitées,
qu'il ne ressort pas non plus du dossier que l'intéressé pourrait être mis
sérieusement en danger pour des motifs qui lui seraient propres ; qu'il
est jeune, célibataire, au bénéfice d'une formation et d'expériences
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professionnelles appréciables, apte encore à travailler et dispose
toujours d'un réseau familial sur place, soit autant de facteurs qui
devraient lui permettre de se réinstaller sans rencontrer d'excessives
difficultés,
qu'il a certes allégué lors des auditions qu'il souffrait de problèmes de
santé, problèmes qu'il a d'ailleurs rappelés - sans toutefois s'y attarder -
dans son mémoire de recours ; qu'il ne les a cependant pas établis à
satisfaction jusqu'à ce jour ; qu'il n'a en effet déposé aucun certificat ou
rapport médical selon lequel il serait soigné en Suisse pour des
problèmes de santé d'une gravité telle qu'une mesure de substitution à
l'exécution de son renvoi s'imposerait ; qu'il n'a pas non plus démontré
qu'il ne pourrait pas obtenir dans son pays les soins et les médicaments
qui lui seraient nécessaires, pour autant qu'il soit actuellement suivi et
qu'un traitement doive être impérativement continué ; qu'au contraire, il y
a déjà bénéficié selon ses dires de traitements dont il a réussi à assumer
les frais ; qu'en définitive, il ne peut être retenu, en l'état actuel, qu'un
renvoi aurait pour conséquence de provoquer une dégradation très
rapide de son état de santé ou de mettre en danger sa vie,
que l'art. 83 al. 4 LEtr, qui correspond, sous une forme rédactionnelle
légèrement différente, à l'art. 14a al. 4 de la loi fédérale du
26 mars 1931 sur le séjour et l'établissement des étrangers (aLSEE de
1931, RS 1 113) qui a été abrogée au 1er janvier 2008 (art. 125 en
relation avec l'annexe ch. I LEtr), ne saurait d'ailleurs servir à faire
échec à une décision de renvoi au simple motif que l'infrastructure
hospitalière et le savoir-faire médical prévalant en Suisse
correspondent à un standard élevé non accessible dans le pays
d'origine ou le pays tiers de résidence (cf. dans ce sens JICRA 2003
n° 24 consid. 5b p. 157, JICRA 2003 n° 18 consid. 8c p. 119 et
jurisp. cit.),
que les autorités d'asile peuvent exiger lors de l'exécution du renvoi un
certain effort de la part de personnes dont l'âge et l'état de santé
doivent leur permettre, en cas de retour, de surmonter les difficultés
initiales pour se trouver un logement et un travail qui leur assure un
minimum vital (cf. notamment arrêts du Tribunal administratif fédéral D-
7427/2010 du 9 décembre 2010, D-5378/2006 consid. 13.3.5 du 30
novembre 2010),
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qu'enfin, à l'instar de ce qui a déjà été relevé sous l'angle de l'asile, les
motifs résultant de difficultés consécutives à une crise
socio-économique auxquelles, dans le pays concerné, chacun peut être
confronté, ne sont pas non plus, en tant que tels, déterminants sous
l'angle de l'exécution du renvoi (cf. notamment (ATAF 2009/52
consid. 10.1 p. 757 ; arrêts du Tribunal administratif fédéral D-
7427/2010 du 9 décembre 2010, D-5378/2006 consid. 13.3.6 du
30 novembre 2010),
que l'exécution du renvoi est également possible (art. 44 al. 2 LAsi et
83 al. 2 LEtr), l'intéressé disposant, entre autres, d'un passeport lui
permettant de retourner dans son pays ; qu'il lui incombe, le cas
échéant, dans le cadre de son obligation de collaborer, d'entreprendre
toute démarche pour obtenir les documents de voyage dont il aurait
encore besoin (art. 8 al. 4 LAsi),
que le recours, en tant qu’il porte sur l'exécution du renvoi, doit être
rejeté et le dispositif de la décision entreprise également confirmé sur
ce point,
qu'au vu de son caractère manifestement infondé, le recours peut être
rejeté par voie de procédure à juge unique avec l'approbation d'un
second juge (art. 111 let. e LAsi), sans échange d'écritures (art. 111a
al. 1 LAsi) et l'arrêt sommairement motivé (art. 111a al. 2 LAsi),
que, dans la mesure où les conclusions du recours étaient d'emblée
vouées à l'échec, la demande d'assistance judiciaire partielle est rejetée
(art. 65 al. 1 PA) et les frais de procédure sont mis à la charge de
l'intéressé (art. 63 al. 1, 4bis et 5 PA, art. 1, art. 2 et art. 3 let. b du
règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et
indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral [FITAF,
RS 173.320.2]),
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(dispositif page suivante)
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le Tribunal administratif fédéral prononce :
1.
Le recours est rejeté.
2.
La demande d'assistance judiciaire partielle est rejetée.
3.
Les frais de procédure, d’un montant de Fr. 600.--, sont mis à la charge
du recourant. Ils sont à verser sur le compte du Tribunal dans les 30 jours
dès l’expédition du présent arrêt.
4.
Le présent arrêt est adressé au recourant, à l’ODM et à l’autorité
cantonale compétente.
Le juge unique : Le greffier :
Gérald Bovier Jean-Bernard Moret-Grosjean
Expédition :