ARCHIVES HISTORIQUES
DE LA COMMISSION
COLLECTION RELIEE DES
DOCUMENTS "COM"
COM (85) 792
Vol. 1985/0264
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concernant l'ouverture au public des archives historiques de la Communauté économique
européenne et de la Communauté européenne de l'énergie atomique (JO L 43 du 15.2.1983,
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(JO L 243 du 27.9.2003, p. 1), ce dossier est ouvert au public. Le cas échéant, les documents
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concerning the opening to the public of the historical archives of the European Economic
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amended by Regulation (EC, Euratom) No 1700/2003 of 22 September 2003 (OJ L 243,
27.9.2003, p. 1), this file is open to the public. Where necessary, classified documents in this
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In Übereinstimmung mit der Verordnung (EWG, Euratom) Nr. 354/83 des Rates vom 1.
Februar 1983 über die Freigabe der historischen Archive der Europäischen
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COMMISSION DES COMMUNAUTES EUROPEENNES
COPK85) 792 final
Bruxelles, le 14 janvier 1
C0MC85) 792 final
Document consultatif
sur
L'ACTION DE LA COMMUNAUTE DANS LE SECTEUR FORESTIER
I. Introduction
1. Dans le programme qu'elle a présenté au Parlement européen en mars 1985,,
ta Commission européenne s'est engagée à élaborer des propositions rela
tives à la forêt. Elle a donc décidé de procéder à de larges consulta
tions avant de formuler des propositions concrètes. La Commission con
sidère le présent document sur la forêt comme une base pour ces consulta
tions. Lorsque les parties intéressées auront eu l'occasion d'exprimer
leurs opinions sur les idées exposées dans le présent document, la Com
mission fera des propositions pour un programme d'action forestière de
la Communauté.
Afin de /faciliter ces consultations, la Commission publie, sous forme
de complément au présent document, un texte plus complet et plus détaillé
sur la forêt dans la Communauté. -Un programme d'action de la Communauté
serait évidemment, complémentaire aux politiques nationales. Ce programme
-d'action forestière pourrait comporter une série de mesures aboutissant à
l'accroissement de La superficie des forêts et à une meilleure utilisa
tion des forêts existantes. Même si la Commission ne propose pas d'éta
blir une politique forestière commune, nombre des mesures suggérées se
raient plus efficaces si elles étaient prises au niveau communautaire
plutôt qu'au niveau de chacun des Etats membres.
De plus, pour stimuler les discussions concernant la forêt dans la Commu
nauté, la Commission est convaincue que tes problèmes forestiers des pays
en dehors de l'Europe spécialement dans le monde en voie de développement,
devraient être également pris en considération.
II. Importance des forêts, dans La Communauté
2.. Les forêts satisfont à un besoin important de matière première pour
l'industrie, elles assurent une activité économique et un emploi dans
des régions souvent moins prospères et elles contribuent au maintien d'une
activité et d'un emploi dans des industries du bois partout dans
la Communauté. Elles jouent aussi un rôle vital dans le maintien de
l'équilibre écologique en contribuant à la qua l"i té. de l'environnement,
à la prévention de L-érosion et de ta désertification ainsi que dans Les
activités récréatives et de loisirs des citoyens de ta Communauté.
Les besoins des Etats membres en produits forestiers (bois de
sciage, panneaux, pâte, papier, etc..) dépassent Largement la quan
tité de bois que donnent Les forêts de La Communauté, ce qui a pour
conséquence que La Communauté est Le premier importateur mondial net
de produits du bois. Les importations nettes ont représenté en 1984
près de V7.000 MECU et cette situation ne sera pas modifiée par
L'adhésion de L'Espagne et du Portugal.
L'écart croissant entre la demande de La Communauté en bois et sa pro
pre production ne s'explique qu'en partie par L'insuffisance de La
superficie forestière, après tout 20 % des terres de La Communauté
sont couvertes d'arbres. Ce déficit est dû aussi à La sous-utiLisa-
tion d'une partie importante des forêts existantes dont certaines
sont totalement improductives. Une gestion correcte et de bonnes
techniques sylvicoles pourraient améliorer L'état sanitaire, L'appa
rence et Le rendement de ces forêts.
En même temps, un accroissement de L'offre de bois (étant entendu
q u ’une certaine demande ne peut être satisfaite que par des.importa
tions) coupLé avec une meilleure organisation favoriserait un déve
loppement des activités dans Les industries du bois de La Communauté.
En dépit de son déficit global, La Communauté exporte chaque année
quelque deux millions de tonnes de papier et de carton et elle est
exportateur net de meubles. La demande et Le savoir-faire industriel
existent donc dans La Communauté; cela devrait permettre une utilisa
tion plus grande de ressources renouveLabiés et La. création de revenus
et d'emplois supplémentaires.
Le rôle des forêts en matière d'environnement est important en rela
tion avec La conservation de La nature et Le main
tien d'un équilibre naturel incluant La protection des sols et La pré
vention du déficit en eau, ainsi que pour servir de cadre à des acti
vités récréatives.' Les objectifs écologiques ne sont pas en contra
diction avec L'objectif d'un développement plus important des forêts.
En offrant des activités de Loisirs à La population rurale et urbaine,
Les forêts répondent à des besoins sociaux et contribuent à fournir
des services et des activités de Loisirs qui reflètent de nouvelles
tendances de La demande des consommateurs.
Les trois fonctions principales des forêts de La Communauté mention
nées ci-dessus - fournir des matières premières, maintenir un équi
libre écologique et servir de base à des activités récréatives -
revêtent une grande importance. L'amélioration du rendement des
forêts de La Communauté en matières premières et sous „forme de sei—
vices peuvent et doivent aLler de pair.
- 3 -
6. La Commission européenne a fait dans le passé des propositions en '
matière de forêt et de bois. Plusieurs de ces initiatives (recher
che, structures agricoles, etc..) ont été mises en oeuvre. '·
Une proposition sur la protection des forêts contre les incendies
et contre les pipi es acides, trouve l'appui d'une large majorité
de délégations et les discussions continuent au Conseil. Deux
autres initiatives sont toujours devant' le Conseil et peu de pro
grès ont été réalisés à leur sujet. En 1979, la Commission a pro
posé une résolution sur une politique forestière de la Communauté
et la création d'un comité permanent forestier. Au milieu de
l'année 1983, elle a proposé des objectifs et des lignes d'action
pour une politique de la Communauté en matière de filière-bois.
Aucune décision n'a été prise par le Conseil concernant ces propo
sitions.
7. Pourquoi dès lors la Commission prendrait-elle de nouvelles initia
tives dans le secteur forestier? Un certain nombre de raisons l'y
poussent :
. la réduction des-excédents agricoles conduira à la recherche de
cultures a l ternatives, y compris la sylviculture.
. L e déficit commercial considérable de la Communauté dans le
domaine du bois et des produits dérivés du bois justifie un
accroissement de la production communautaire de bois, pour
autant que cet accroissement puisse être -obtenu économiquement.
. Le besoin de maintenir et de développer les activités économi
ques et l'emploi spécialement dans les zones rurales.
. ’Une action e.st nécessaire pour arrêter la destruction progressive
des forêts européennes par la pollution jcmosphérique et·par les
incendies. La superficie des forêts détruites chaque année par le
feu en Espagne et au Portugal est approximativement la même que [a
superficie correspondante de L'ensemble des dix autres Etats membres.
Ces problèmes soulèvent des questions importantes de solidarité
communautaire et elles appellent une action de la Communauté.
8. La pression exercée par l'opinion publique est une autre raison
importante pour la Communauté de prendre des initiatives en matière
forestière. Plusieurs résolutions demandant une action ont été
déposées sur le bureau du Parlement européen. Le Parlement a
approuvé en 1983 une résolution demandant une politique forestière
globale de la Communauté. Nombre de points soulevés par le Parle
ment sont traités par le présent mémorandum.
- 4 -
9. En fait, dans Le contexte de ses autres politiques, La Communauté a
déjà effectué des investissements tout à fait importants en matière
de forêts. t>e 1980 a 1984, quelque 470 milLions d'Ecus ont été enga
gés par Le FEOGA, Le Fonds européen de développement, le Fonds euro
péen de développement régional et par différents programmes de re
cherche. En o u u c , la Banque européenne d'investissement a accordé,
des prêts en faveur de projets forestiers en Irlande et au Portugal
de même que dans des pays en voie de développement.
Alors que ces mesures communautaires ont eu un impact important,
elles restent des actions isolées dans Le cadre de différentes poli
tiques. La Forêt et les industries du bois constituent toutefois
des secteurs de l'activité économique fonctionnant en interrelation
qui demandent pour eux mêmes une stratégie clairement définie si
L'on veut éviter l'inefficacité. Ainsi par exemple, le boisement
de terres marginales n'a de sens que si l'infrastructure pour ex
ploiter et utiliser Le bois peut être développée. Les différentes
fonctions des forêts de la Communauté plaident en faveur d'un pro
gramme d'action forestière clairement défini.
10. Les suggestions pour l'action de la Communauté, que La Commission
formule dans Le présent document se répartissent en trois groupes
- - extension de la superficie des forêts, meilleure utilisation des
zones boisées existantes et protection des forêts.
III. Extention de la superficie des forêts
11. Le fait que la Communauté ait un déficit commercial important en
ce qui concerne les produits des forêts tempérées a déjà été sou
ligné. Ce déficit subsistera même après l'accroissement de la pro
duction de bois prévu au cours de la décennie à venir grâce aux
forêts plantées depuis 1945. Nous disposons d'une marge de manoeu
vre importante permettant la plantation de forêts nouvelles pour
autant que cela puisse être fait d'une façon raisonnable du point
de vue de l'environnement.
L'extension de la superficie forestière fournirait des emplois et
- inciterait ainsi les gens à rester dans les régions de la Communauté
affectées par le déclin agricole. Un accroissement du volume du
bois provenant des forêts permettrait aussi le développement des
industries du bois. Dans certaines des régions déjà largement
boisées où le secteur forestier est bien organisé, un nombre
important d'emplois dépendent directement de la forêt (ainsi par
exemple, dans le Land allemand de Bade-Wurtemberg on estime que les
forêts fournissent un emploi à 250.000 personnes).
- 5 -
'12. Le Livre vert de la Commission sur Les "Perspectives de La politique
agricole commune" (C0M(85)333) dit clairement que l'extension de la
forêt peut avoir une importance essentielle pour le développement de
l'agriculture communautaire.
- Les terres libérées par l'agriculture du fait de la crise de sui
production pourraient être plantées d'arbres.
- L a sylviculture pourrait assurer un revenu correct sur les terres
les moins productives des exploitations agricoles - comme c'est déjà
le cas dans un grand nombre d'exploitations mixtes agro-sylvicoles.
Le développement de la forêt privée dans le.cadre des exploitations
agricoles devrait en conséquence être encouragé.
Certaines zones de terres agricoles marginales bénéficient de condi
tions de croissance idéales pour les arbres. Ces régions offrent des
possibilités de développement des cultures Ligneuses à courte rotation
en vue de 1a production de panneaux ou de produits biochimiques aussi
bien que pour la production traditionnelle de bois, le propriétaire
devant alors attendre 15 à 20 années le produit de son investissement.
13. Le principal problème à résoudre en ce qui concerne l 'extension-de la
superficie des forêts est celui des incitations. On pratique actuelle
ment dans la Communauté deux approches : les avantages fiscaux et les
programmes d'aides à la sylviculture.
14. Les mesures de nature,fiscale ont abouti dans certaines régions de la
Communauté à une extension considérable des forêts privées. Les mesu
rés prises par les Etats membres pour réduire la pression fiscale d'en
treprises ou d'individus investissant dans la forêt pourraient donc être
un élément important d'une politique én faveur de l'extension des forêts.
15. En vue des problèmes posés par les excédents de la production agricole
dans la Communauté, la Commission réfléchit déjà à des actions possibles
pour le développement de la sylviculture comme alternative à l'agriculture
Dans ce contexte, le coût du soutien à la production sylvicole doit être
vu en relation avec le coût du soutien à l'agriculture et avec Le
coût d'autres mesures destinées à retirer des terres de la production
agricole.
\
A long terme, l'objectif d'une action agro-forestière doit consister
dans le développement d'une activité économique équilibrée et qui ne
requiert pas de substantielles subventions (on n'envisage pas que soit
étendu à La sylviculture un régime de soutien des prix ou de protec- ·
tion extérieure plus large).
- 6 -
16.
IL existe déjà un certain nombre de programmes d'aides incitant les
agriculteurs à abandonner les cultures annuelles au profit de la syl
viculture. Le but de ces programmes est de fournir aux agriculteurs^
un revenu sylvicole régulier semblable au revenu agricole. Dans cer
tains cas, des aides peuvent être obtenues pour couvrir les coûts
d'investissement liés à la création de nouveaux bois. Une disposi
tion à écheLle limitée a été introduite, dans le reglement gisant
l'amélioration des structures agricoles (Règlement n 797/85), en vue
d'encourager les aariculteurs à convertir leurs terres en forets
par des aides à l'investissement, ou dans le cas-de zones défavorisées,
par des paiements annuels. Des mesures forestières applicables en
Italie et en France ont aussi bénéficié du soutien de la Communauté
(règlement n° 269/79) en vue de protéger les sols contre l'érosion
et de contrôler les inondations. Le développement de superficies
boisées, dans les exploitations a été soutenu par des mesures agri
coles spécifiques en Grèce et en Irlande et par des programmes de
développement intégré en France et en Ecosse.
Ces deux approches - selon peut-être des modalités différentes -
pourraient être appliquées de manière plus intensive dans la Commu-
nauté là-où les arbres sont appelés à remplacer la production d ex
cédents agricoles.
Le boisement dans les Etats membres est encouragé parades incitations
fiscales ou des subventions directes. Il pourrait L'être aussi à
travers une action de la Communauté. L'accent devrait être mis sur
le choix de l'instrument le mieux adapté selon des zones ou des
objectifs spécifiques.
La Communauté pourrait avoir un intérêt direct à financer de tels
programmes dans la mesure où ils aboutiraient à des économies bud
gétaires au titre du soutien agricole. Dans les régions ou l on
considère qu'il est important pour des raisons économiques ou ecolo
giqùes de favoriser certaines essences, Les aides pourraient varier
afin de constituer des encouragements modulés.
17. Le développement d'un programme d'action forestière de la Communauté
demandera des efforts supplémentaires en matière de recherche, de
statistiques(au niveau régional et national) et d'information.^ Un
effort considérable en matière.de recherche a déjà été effectué^
dans le cadre du programme "Bois, matière première renouvelable"
qui vient d'être prorogé pour cinq ans. D'autres programmes con
cernant l'énergie, l'agriculture et l'environnement ineluent aussi
des aspects forestiers. Ces travaux pourraient être complétés par
la poursuite de recherches relatives aux bois tropicaux et aux
utilisations alternatives du bois.
./.
-r’ 7 -
18. Un certain nombre de questions se posent en relation avec l'exten
sion de la'forêt.
- Comment organiser au mieux l'extension de la superficie fores
tière de la Communauté ?
- Dans quelles conditions la sylviculture peut-elle jouer- un rôle en
ta'nt que production alternative aux productions agricoles excéden
taires? Quel pourrait .être l'effet budgétaire de la conversion vers
la forêt de zones utilisées à des fins agricoles ?
- Comment la fiscalité ou les aides devraient-elles être combi
nées pour constituer des incitations efficaces au développement
de la forêt ?
- Comment les fonds communautaires existants -pourraient-iLs être
utilisés de façon plus cohérente dans ce domaine ?
IV. Mieux utiliser les forêts existantes
19. En dépit du niveau élevé des importations nettes de bois dans la
Communauté, seule une faible proportion de la production naturelle
de bois de la Communauté est utilisée de manière productive.
Des investissements supplémentaires relativement peu importants
permettraient un accroissement considérable de la production
effective.
20. La productivité des forêts dépend en partie de la taille des
exploitations et de la mesure dans laquelle les zones boisées
sont contiguës et facilement accessibles. Dans des régions où les
forêts sont essentiellement propriété de l'Etat, d'organismes
semi-publics ou de grandes sociétés, les parcelles sont souvent
vastes et 1'infrastructure facilite une gestion efficace.
Les forêts privées qui représentent soixante pour cent des forêts de
la Communauté posent souvent des problèmes liés à leur petite
taille et à la dispersion des parcelles. Dans la Communauté, la
.taille moyenne d'une propriété forestière privée est d'environ
huit h e c t a r e s mais les différences structurelles entre
Etats membres sont importantes. Au Royaume-Uni où des institutions
financières possèdent de vastes étendues de forêt, la taille moyenne
des propriétés privées est beaucoup plus, grande qu'en France,
en Allemagne ou en Italie où une proportion importante des forêts
se trouve dans des exploitations agricoles.
- 8 -
21. Les principa les'di ff i cultés liées à L’amélioration de la produc
tivité sont dues à La petite taille et à la dispersion des parcel
les de forêt,.au manque d ’infrastructures correctes et, fréquemment,
à l’absence de marché pour le bois. Dans une région donnée où ces ,
diffieultés.sont aiguës, il se peut que le prix du bois ne soit pas
suffisamment incitatif pour mobiliser la masse ligneuse disponible
du fait q u ’il ne compense pas les coûts élevés d ’exploitation,
fin même temps, il n ’y a aucune chance de voir s ’étab l ir des indus
tries du bois, même du type le plus primaire, là où la disponibilité
en matière première est faible. L ’absence de marché fait disparaî
tre toute raison d ’exploiter les ressources en bois.
22. Cette situation serait améliorée par La création d ’associations
forestières regroupant des propriétaires individuels. De telles
ascccîations fournissant des services pour la sylviculture et une
assistance à la commercialisation existent· dé j à dans certaines
régions de la Communauté et ont prouvé leur efficacité en Suède et
en Finlande. Elles pourraient intervenir dans l’élaboration de
P l a : s’ de jestion des forêts privées. La création de telles asso
ciations devrait être encouragée. Leur activité pourrait être com
plétée par celle d ’entreprises se spécialisant dans les travaux
forestiers et qui pourraient bénéficier d ’ aides dans le contexte
de programmes d ’assistance aux petites et moyennes entreprises,
dans la mesure où de telles aides n ’auraient pas d ’effet direct
sur les mécanismes de fixation des prix dans les industries du bois.
23. Dans certainés régions de la Communauté, l’absence dans les zones
forestières d ’un réseau routier adéquat est un handicap pour une
meilleure utilisation des ressources forestières existantes.
La Communauté apporte déjà son aide à la création de tels réseaux
dans Les régions méditerranéennes de la Communauté. Il pourrait
être nécessaire de fournir une aide similaire dans d ’autres pai—
ties de la Communauté.
24. Des débouchés convenablement localisés et raisonablement stables
sont importants pour obtenir une productivité plus élevée
des forêts. Cela requiert- en revanche que des accords puissent
être conclus pour assurer à la fois l’approvisionnement de l’in
dustrie par les propriétaires forestiers et l’utilisation des
produits forestiers par l’industrie. La création de grandes
installations industrielles comme des unités de production de
pâte à papier demande manifestement une garantie d ’approvision
nement à partir d ’une vaste zone forestière. De d Lus petites
installations comme les scieries et usines de panneaux
supposent aussi une offre continue de matières premières.
La Communauté devrait en conséquence encourager la pratique de
contrats d ’approvisionnement appropriés.
t- 9 -
25., En cherchant à améliorer le rendement des forêts, il est nécessaire
aussi de favoriser le développement des industries du bois. Au ni
veau communautaire, des mesures visant à améliorer la standardisa
tion des produits forestiers constitueraient un encouragement au
développement du commerce du bois. La Communauté dispose déjà
d'une directive relative au rapprochement des législations des
Etats membres concernant le classement' des bois bruts (1). Cette
directive devrait être mise en application là où. il convient afin
que soient éliminées les entraves techniques au commerce de produits
forestiers qui subsistent encore.
26. Ces propositions contribueraient à l'amélioration de l'efficacité
économique de la forêt. Il est aussi important de développer la
fonction des forêts existantes du point de vue de l'environnement
et des loisirs.
Un code de conduite écologique pourrait être élaboré pour la gestion
des superficies boisées avec comme objectifs La sauvegarde de la fer
tilité à long terme, des sols et du rôle de la forêt, dans le cycle
des eaux, la conservation de la flore et de la faune (_a
préservation des paysages et le maintien d'une certaine diversité
d'essences. La Communauté soutient déjà certaines de ces actions
mais il est important qu'un code de conduite complet soit d'appli
cation générale.
Dans certaines régions par exemple, il apparaît clairement que l.a popu
lation réagit parfois très vivement à la prolifération des forêts
de conffères et à la réduction des superficies de feuillus. Il est
possible de concevoir des régimes d'aide - qui ne comporteraient pas
une contribution financière importante - pour encourager les pro
priétaires à planter des feuillus. De tels programmes pourraient
être élaborés en partie dans Le cadre de la poli tri que agricole
commune.
Là création de réserves et de' parcs naturels boisés, courants dans
de nombreux pays, augmenterait la valeur des forêts européennes en
tant que ressource pour les loisirs. Des aides financières modes
tes contribuant à la création de l'infrastructure nécessaires pour
raient ouvrir de nombreuses régions boisées à des fonctions de
réserves naturelles et de zones de loisirs.
(1) Directive 68/89/EEC.
- 10 -
27. Un certain nombre de questions se posent en relation avec une
meilleure utilisation des forêts existantes.
- Comment surmonter les problèmes liés à la petite taille et à
la dispersion des parcelles forestières ?
- Que peut-on faire pour renforcer la capacité du marché pour
le bois et les autres produits de la forêt ?
- Comment concilier les objectifs d'amélioration du rendement
économique des forêts, de qualité de l'environnement, de
diversité des essences et d'utilisation des forêts comme,
espace de loisirs ?
V. Protection des forêts de la Communauté
28. Les forêts de la Communauté subissent de très importants dommages
résultant de la pollution atmosphérique, des incendies, des
attaques causées par les maladies et les insectes et
à certains moments, des catastrophes naturelles telles que les
tempêtes et la sécheresse.
Le dépérissement des forêts de l'Europe septentrionale a pris
des proportions considérables. Il est partieu 1 ièrément important
en Allemagne et dans l'est de la France. Quelque 50 % des forêts
allemandes et, selon des rapports récents, 40 % des forêts vos-
giennes (Lorraine + Alsace) sont endommagées. Le développement
économique futur de ces régions qui dépend de la forêt et du
tourisme est menacé.. L'état sanitaire de ces forêts s'est
détérioré à une vitesse alarmante. Alors que les causes des dom
mages et les mécanismes concernés ne sont pas encore complètement
élucidés, il est généralement admis que la pollution atmosphéri
que - notamment les émissions d'anhydride sulfureux et d'oxyde
d'azote - en est un facteur majeur.
29. La Commission,a déjà élaboré des propositions pour réduire les
émissions de polluants des automobiles, des grandes installations
de combustion et des installations domestiques~de chauffage cen
tral. Elle envisage de faire de nouvelles propositions^avant la fin
de l'année relatives aux limitations de vitesse, aux émissions
des véhiculesdiesel et des camions; et plus tard relatives aux émis
sions d'autres sources significatives ainsi qu'elle l'a déjà
annoncé (C0M(83)721). Elle considère que la mise en oeuvre de
ces propositions réduirait considérablement la pollution atmosphéri
que et les dommages qui en résultent probablement pour les forêts.
Une proposition de la Commission relative à l'établissement d'un
inventaire régulier des dommages subis par les forêts et d'un
réseau de placettes d'observation et de mesure n'a fait que peu de
progrès devant le Conseil.
- 11 -
30. Les incendies de forêt détruisent chaque année environ 120.000' hecta
res de forêt dans la Communauté des Dix · après l'élargissement ce
chiffre sera plus que doublé. En 1985, plus de 300.000 hectares
de forêt ont été détruits (soit une superficie supérieure à celte
du Luxembourg)'. Il, y a eu 50 victimes et un volume considérable
de matériel et d'équipement a été anéanti.
La Commission a proposé des mesures visant à réduire tes risques
d'incendies de forêt et à améliorer la capacité des Etats membres
dans la lutte contre le feu. Cette proposition devrait contri
buer à la création de stations de lutte contre le feu, favoriserait
l'amélioration de l'équipement et de la formation du personnel
spécialisé. La Commission considère la mise en oeuvre de cette
mesure qui se heurte actuellement à une certaine résistance au Con
seil, comme extrêmement importante. De plus, elle croit que le champ
d'action de la Communauté dans ce domaine devrait être élargi.
31. Les dommages biotiques causés par les insectes ou la maladie
posent aux forêts de la Communauté un autre défi et la Communauté
devrait .être préparée à intervenir rapidement. Le comité permanent
phytosanitaire qui- se réunit·régutièrement est consulté chaque fois
qu'est perçu un danger biotique potentiel. La Communauté a aussi
entrepris différents projets de recherche dans ce domaine.
De nouveaux systèmes de surveillance pourraient être développés
pour diminuer les risques d'introduction de nouvelles maladies et
de nouvelles recherches spécifiques concernant certaines maLadies
des arbres forestiers peuvent s'avérer nécessaires.
L'adoption d'un code de conduite en matière d'appauvrissement
génétique, facteur partiellement responsable de l'affaiblissement
de la résistance des forêts européennes, constituerait une mesure
importante.
32. Enfin, il y a le problème des conséquences de conditions climati
ques exceptionnel les,, notamment les chablis. Dans ce cas, la
Communauté a dans le passé limité les importations afin de réduire
la pression exercée sur le marché à la suite de l'accroissement
soudain de l'offre. Afin d'améliorer l'efficacité de telles mesu
res, une coopération plus poussée entre Etats membres devrait être
recherchée pour réduire les tensions du marché en de telles cir
constances.
33. Un certain nombre de questions se posent en relation avec la pro
tection des forêts de la Communauté.
- Comment protéger les forêts contre les dommages de la pollution ?
- Quelles mesures prendre pour réduire les pertes forestières
dues aux incendies ?
- Comment améliorer la surveillance des maladies et des dégâts
causés par les insectes ?
- 12 -
VI. · La Forêt dans les pays en voie de développement
34. La Communauté étant importateur de grandes quant i tés- de boi s, notam
ment de bois tropicaux en provenance des pays en voie de développe
ment, son action forestière ne peut être conduite isolément.
La Communauté a conclu des accords de coopération dans le cadre
de la Convention de Lomé.avec certains des pays fournisseurs
d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Ces accords ne
couvrent pas seulement des arangements commerciaux mais aussi une
coopération technique et financière pour protéger et développer
- les forêts en tant que facteur principal de l'amélioration de
l'environnement et de la lutte contre la désertification. La Commu
nauté est aussi une des parties contractantes de l'Accord intei
national sur les bois tropicaux.
La forêt tropicale fait actuellement l'objet d'une surexploita
tion qui a de graves conséquences sur le climat, sur la produc
tion agricole ainsi que sur l'offre de bois tropicaux.
Dans son programme d'action forestière la Communauté devrait
prendre en compte à ta fois ces accords internationaux et ses
étroites relations avec de nombreux pays en voie de développement.
35. Un certain nombre de questions peuvent être posées en relation
avec la promotion de la forêt dans les pays en voie de développement.
- Quelles initiatives la Communauté peut-elle prendre pour
mobiliser ses capacités techniques et scientifiques actuelles
afin de stopper le déclin de la forêt tropicale et d'assurer
la stabilité à long terme de l'offre en matière de bois
tropicaux ?
- Comment la Communauté peut-elle accroître et améliorer ses
efforts pour réduire et finalement éviter la désertification
dans les pays en voie de développement?
- 13 -
Cone lus ion
36. La Commission tient absolument à procéder à une consultation
aussi large que possible sur les questions soulevées et Les
idées exprimées dans le présent memorandum complété par le
document annexe plus détaillé.
Elle invite les autres institutions de la Communauté et d'autres
organisations à formuler leurs propres réflexions et commentaires.
Tenant compte des avis exprimés au cours du débat, la Commission
présentera ses propositions avant l'été de 1986.
La Commission souligne que le présent document n'a pas pour but
de préjuger les conclusions qui seront les siennes et qu'elle
tiendra pleinement compte des vues exprimées au cours de ces
consultat i ons. ,
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