COMMISSION EUROPEENNE DES DROITS DE L’HOMME
PREMIERE CHAMBRE
Requête No 29040/95
Gina Faieta
contre
Italie
RAPPORT DE LA COMMISSION
(adopté le 9 juillet 1997)
I.INTRODUCTION
1.Le présent rapport concerne la requête numéro 29040/95 introduite le 22 février 1995 contre l’Italie et enregistrée le 2 novembre 1995. La requérante est une ressortissante italienne née en 1944 et réside à Montesilvano (Pescara). Elle est représentée devant la Commission par Maître Francesco Silvestri, avocat à L’Aquila.
Le Gouvernement défendeur est représenté par son Agent, M. Umberto Leanza, Chef du service du Contentieux diplomatique au Ministère des Affaires étrangères.
2.Cette requête, qui porte sur la durée d’une procédure civile, a été communiquée le 10 septembre 1996 au Gouvernement. A la suite d’un échange de mémoires, la requête a été déclarée recevable le 15 avril 1997 dans la mesure où elle porte sur la durée d’une procédure civile. Le texte de la décision sur la recevabilité est annexé au présent rapport.
3.Ayant constaté qu’il n’existe aucune base permettant d’obtenir un règlement amiable au sens de l’article 28 par. 1 b) de la Convention, la Commission (Première Chambre), après délibération, a adopté le 9 juillet 1997 le présent rapport conformément à l’article 31 par. 1 de la Convention, en présence des membres suivants :
MmeJ. LIDDY, Présidente
MM.M.P. PELLONPÄÄ
E. BUSUTTIL
A. WEITZEL
C.L. ROZAKIS
L. LOUCAIDES
B. MARXER
B. CONFORTI
N. BRATZA
I. BÉKÉS
G. RESS
A. PERENI_
C. BÎRSAN
K. HERNDL
M. VILA AMIGÓ
MmeM. HION
M. R. NICOLINI
4.Dans ce rapport, la Commission a formulé son avis sur le point de savoir si les faits constatés révèlent, de la part de l’Italie, une violation de la Convention.
5.Le texte du présent rapport sera transmis au Comité des Ministres du Conseil de l’Europe conformément à l’article 31 par. 2 de la Convention.
II.ETABLISSEMENT DES FAITS
6.Le 28 janvier 1991, la requérante fut assignée par M. C., son mari, devant le tribunal de Pescara afin d’obtenir leur séparation de corps.
7.Le 29 janvier 1991, le président du tribunal fixa la tentative de conciliation des parties au 11 mars 1991. Après l’échec de cette tentative, l’instruction se termina, environ neuf audiences plus tard dont une consacrée à l’audition des filles des parties et une à l’audition de témoins, le 14 décembre 1994 par la présentation des conclusions. L’audience de plaidoirie devant la chambre compétente fut fixée au 22 mars 1995. Par jugement du 20 avril 1995, dont le texte fut déposé au greffe le 6 mai 1995, le tribunal fit droit à la demande de M. C. et lui confia la garde de leur deuxième fille, encore mineure.
8.Le 25 juillet 1995, la requérante interjeta appel devant la cour d’appel de L’Aquila. La première audience fut fixée au 23 janvier 1996. Par arrêt du 19 mars 1996, dont le texte fut déposé au greffe le 4 juin 1996, la cour rejeta l’appel.
III.AVIS DE LA COMMISSION
9.La requérante se plaint de la violation du principe du délai raisonnable prévu à l’article 6 par. 1 de la Convention.
10.Cette procédure tendait à faire décider d’une contestation sur des "droits et obligations de caractère civil" et se situe donc dans le champ d’application de l’article 6 par. 1 de la Convention.
11.La procédure litigieuse, qui a débuté le 28 janvier 1991 et s’est terminée le 4 juin 1996, a duré un peu plus de cinq ans et quatre mois.
12.La Commission rappelle que selon la jurisprudence constante des organes de la Convention "une diligence spéciale s’impose en matière d’état et de capacité des personnes" (cf. Cour eur. D.H., arrêt Maciariello c. Italie du 27 février 1992, série A no 230, p. 10, par. 18).
Conformément à la jurisprudence de la Cour et de la Commission en la matière et sur la base des informations fournies par les deux parties, la Commission a été amenée, après avoir effectué une évaluation globale de la procédure, à considérer que la durée de la procédure litigieuse est excessive et ne répond pas à l’exigence du "délai raisonnable".
CONCLUSION
13.La Commission conclut, à l’unanimité, qu’il y a eu, en l’espèce, violation de l’article 6 par. 1 de la Convention.
M.F. BUQUICCHIO J. LIDDY
Secrétaire Présidente
de la Première Chambre de la Première Chambre
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