COMMISSION EUROPÉENNE DES DROITS DE L'HOMME
PREMIÈRE CHAMBRE
Requête no 35311/97
Giacomo Bogliolo
contre
Italie
RAPPORT DE LA COMMISSION
(adopté le 10 mars 1998)
I.INTRODUCTION
1.Le présent rapport concerne la requête numéro 35311/97 introduite le 26 avril 1996 contre l'Italie et enregistrée le 11 mars 1997. Le requérant est un ressortissant italien né en 1941 et réside à Lavagna (Gênes).
Le gouvernement défendeur est représenté par son Agent, M. Umberto Leanza, Chef du service du Contentieux diplomatique au Ministère des Affaires étrangères.
2.Cette requête, qui porte sur la durée d'une procédure civile, a été communiquée le 18 avril 1997 au Gouvernement. A la suite d'un échange de mémoires, la requête a été déclarée recevable le 9 décembre 1997. Le texte de la décision sur la recevabilité est annexé au présent rapport.
3.Ayant constaté qu'il n'existe aucune base permettant d'obtenir un règlement amiable au sens de l'article 28 par. 1 b) de la Convention, la Commission (Première Chambre), après délibération, a adopté le 10 mars 1998 le présent rapport conformément à l'article 31 par. 1 de la Convention, en présence des membres suivants :
MM.M.P. PELLONPÄÄ, Président
N. BRATZA
E. BUSUTTIL
A. WEITZEL
C.L. ROZAKIS
MmeJ. LIDDY
MM.L. LOUCAIDES
B. CONFORTI
I. BÉKÉS
G. RESS
A. PERENI_
C. BÎRSAN
K. HERNDL
M. VILA AMIGÓ
MmeM. HION
M. R. NICOLINI
4.Dans ce rapport, la Commission a formulé son avis sur le point de savoir si les faits constatés révèlent, de la part de l'Italie, une violation de la Convention.
5.Le texte du présent rapport sera transmis au Comité des Ministres du Conseil de l'Europe conformément à l'article 31 par. 2 de la Convention.
II.ETABLISSEMENT DES FAITS
6.Le 12 octobre 1989 le requérant demanda au président du tribunal de Acqui Terme (Alexandrie) d'enjoindre à la mairie de Moconesi de lui payer une somme représentant les honoraires pour son activité d'architecte. Le président du tribunal fit droit à sa demande par décision du 3 novembre 1989, notifiée le 13 novembre 1989.
7.La mairie fit opposition le 28 novembre 1989. La mise en état de l'affaire commença le 9 février 1990. Des onze audiences prévues entre le 24 mai 1990 et le 24 février 1994, cinq furent relatives au dépôt au greffe de documents, une audience fut consacrée à l'audition de témoins, une audience fut remise à la demande des parties et deux à la demande de la mairie. L'audience fixée au 21 avril 1994 fut ajournée à trois reprises à la demande des parties, pour tenter de parvenir à un règlement amiable. L'audience prévue au 1er juin 1995 ne se tint pas car ce jour-là les avocats faisaient grève et l'audience fut remise au 2 novembre 1995. Le jour venu, l'audience fut renvoyée à la demande des parties au 7 mars 1996 et, par la suite, à la demande de la défenderesse au 20 juin 1996. Les parties présentèrent leurs conclusions le 19 septembre 1996 et l'audience de plaidoirie devant la chambre compétente se tint le 18 avril 1997.
8.Par jugement du même jour, dont le texte fut déposé au greffe le 5 mai 1997, le tribunal trancha l'affaire.
III.AVIS DE LA COMMISSION
9.Le requérant se plaint de la violation du principe du délai raisonnable prévu à l'article 6 par. 1 de la Convention.
10.Cette procédure tendait à faire décider d'une contestation sur des "droits et obligations de caractère civil" et se situe donc dans le champ d'application de l'article 6 par. 1 de la Convention.
11.La procédure litigieuse, qui a débuté le 3 novembre 1989 et s'est terminée le 5 mai 1997 en première instance, a duré un peu plus de sept ans et six mois.
12.Conformément à la jurisprudence de la Cour et de la Commission en la matière et sur la base des informations fournies par les deux parties, la Commission a relevé des retards imputables aux juridictions nationales l'amenant à considérer que la durée de la procédure litigieuse est excessive et ne répond pas à l'exigence du "délai raisonnable".
CONCLUSION
13.La Commission conclut, à l'unanimité, qu'il y a eu, en l'espèce, violation de l'article 6 par. 1 de la Convention.
M.F. BUQUICCHIO M.P. PELLONPÄÄ
Secrétaire Président
de la Première Chambre de la Première Chambre
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