Note d’information sur la jurisprudence de la Cour No
Novembre 1996
Katikaridis et autres c. Grèce - 19385/92
Arrêt 15.11.1996
article 1 du Protocole n° 1
article 1 al. 1 du Protocole n° 1
Privation de propriété
Impossibilité d'obtenir une réparation complète pour l'expropriation de parties d'immeubles sis au bord d'une route, en raison de l'existence d'une présomption irréfragable selon laquelle la plus-value tirée de travaux d'aménagement routier constitue une indemnité suffisante: violation
[Ce sommaire est tiré du recueil officiel de la Cour (série A ou Recueil des arrêts et décisions) ; par conséquent, il peut présenter des différences de format et de structure par rapport aux sommaires de la Note d’information sur la jurisprudence de la Cour.]
I.EXCEPTION PRÉLIMINAIRE DU GOUVERNEMENT (NON-ÉPUISEMENT DES VOIES DE RECOURS INTERNES)
Première branche : article 1 du Protocole n° 1 non invoqué devant les juridictions internes - références explicites aux articles 6 § 1 de la Convention et 1 du Protocole n° 1 devant la formation plénière de la Cour de cassation.
Seconde branche : instance non reprise devant la quatrième chambre de la Cour de cassation - n'avait aucune chance d'aboutir après l'arrêt de la formation plénière du 6 juin 1991.
Conclusion : rejet (unanimité).
II.ARTICLE 6 § 1 DE LA CONVENTION
A.Période à prendre en considération
Point de départ : date de la prise d'effet de la déclaration grecque d'acceptation du droit de recours individuel.
Terme : prononcé de l'arrêt de la Cour de cassation siégeant en formation plénière.
Résultat : cinq ans, six mois et dix-sept jours.
B.Caractère raisonnable de la durée de la procédure
Instance devant la Cour de cassation s'étalant sur un peu plus de trois ans : durée s'expliquant par l'intervention successive de trois formations de jugement différentes.
Conclusion : non-violation (unanimité).
III.ARTICLE 1 DU PROTOCOLE N° 1
Requérants privés de leur propriété - expropriation poursuivant un but légitime d'utilité publique : l'amélioration d'une route nationale.
Présomption légale et consécration de son caractère irréfragable par la Cour de cassation - indemnité réduite d'un montant équivalant à la valeur d'une bande de quinze mètres - impossibilité pour les propriétaires de faire valoir qu'en réalité les travaux leur causaient un préjudice plus ou moins important.
Système d'une rigidité excessive - manifestement dépourvu de base raisonnable - rupture du juste équilibre devant régner entre la sauvegarde du droit au respect de biens et les exigences de l'intérêt général - charge spéciale et exorbitante que seule aurait pu rendre légitime la possibilité de toucher l'indemnité fixée par les juridictions internes.
Conclusion : violation (unanimité).
IV.ARTICLE 50 DE LA CONVENTION
A.Dommage matériel : question non en état.
Conclusion : question réservée (unanimité).
B.Frais et dépens : frais exposés devant les juridictions nationales puis les organes de la Convention - remboursement partiel.
Conclusion : État défendeur tenu de verser aux requérants une certaine somme (unanimité).
© Conseil de l’Europe/Cour européenne des droits de l’homme
Rédigé par le greffe, ce résumé ne lie pas la Cour.
Cliquez ici pour accéder aux Notes d'information sur la jurisprudence
Full & Egal Universal Law Academy