COMMISSION EUROPEENNE DES DROITS DE L'HOMME
PREMIERE CHAMBRE
Requête N° 23624/94
L. M.
contre
Italie
RAPPORT DE LA COMMISSION
(adopté le 28 février 1995)
I. INTRODUCTION
1. Le présent rapport concerne la requête No 23624/94 introduite
le 3 mai 1993 contre l'Italie et enregistrée le 15 février 1994. Le
requérant est un ressortissant italien né en 1926 et réside à Giarre
(Catania).
Le Gouvernement défendeur est représenté par son Agent,
M. Umberto Leanza, Chef du service du Contentieux diplomatique au
Ministère des Affaires étrangères.
2. Cette requête, qui porte sur la durée d'une procédure civile,
a été communiquée le 13 avril 1994 au Gouvernement. A la suite d'un
échange de mémoires, la requête a été déclarée recevable le
7 décembre 1994. Le texte de la décision sur la recevabilité est
annexé au présent rapport.
3. Ayant constaté qu'il n'existe aucune base permettant d'obtenir
un règlement amiable au sens de l'article 28 par. 1 b) de la
Convention, la Commission (Première Chambre), après délibération, a
adopté le 28 février 1995 le présent rapport conformément à
l'article 31 par. 1 de la Convention, en présence des membres
suivants :
M. C.L. ROZAKIS, Président
Mme J. LIDDY
MM. A.S. GÖZÜBÜYÜK
A. WEITZEL
M.P. PELLONPÄÄ
B. CONFORTI
N. BRATZA
I. BÉKÉS
E. KONSTANTINOV
G. RESS
4. Dans ce rapport, la Commission a formulé son avis sur le point
de savoir si les faits constatés révèlent, de la part de l'Italie,
une violation de la Convention.
5. Le texte du présent rapport sera transmis au Comité des
Ministres du Conseil de l'Europe conformément à l'article 31 par. 2
de la Convention.
II. ETABLISSEMENT DES FAITS
6. Le 17 mars 1981, le requérant et sa femme assignèrent leurs
voisins, M. A. R. et M. S. R., devant le tribunal de Messina afin
d'obtenir le réintégration dans la possession d'une servitude de vue.
7. La mise en état de l'affaire commença le 4 mai 1981. Le
4 octobre 1982 l'instance fut interrompue en raison du décès du
conseil des défendeurs. Les requérants reprirent l'instance par une
demande déposée le 18 mars 1983. L'instruction redémarra le
5 octobre 1983. Par la suite, après neuf audiences d'instruction, le
6 avril 1987 le président du tribunal accueillit une demande
d'abstention précédemment présentée par le juge de la mise en état.
8. Après six autres audiences d'instruction, le 8 juin 1998 le
nouveau juge de la mise en état, à la demande des parties, ordonna la
comparution personnelle de celles-ci à l'audience du 18 juillet 1990
pour une tentative de règlement amiable du différend. Cette tentative
ayant échouée, la mise en état de l'affaire se poursuivit au cours de
six autres audience et se termina le 25 mars 1993 par la présentation
des conclusions. L'audience de plaidoirie devant la chambre
compétente fut fixée au 18 avril 1995.
III. AVIS DE LA COMMISSION
9. Le requérant se plaint de la violation du principe du délai
raisonnable prévu à l'article 6 par. 1 (art. 6-1) de la
Convention.
10. Cette procédure tend à faire décider d'une contestation sur des
"droits et obligations de caractère civil" et se situe donc dans le
champ d'application de l'article 6 par. 1 (art. 6-1) de la
Convention.
11. La procédure litigieuse, qui a débuté le 17 mars 1981 et est,
à ce jour, encore pendante, a déjà duré treize ans et un peu moins de
onze mois.
12. Conformément à la jurisprudence de la Cour et de la Commission
en la matière et sur la base des informations fournies par les deux
parties, la Commission a relevé des retards imputables aux
juridictions nationales l'amenant à considérer que la durée de la
procédure litigieuse est excessive et ne répond pas à l'exigence du
"délai raisonnable".
CONCLUSION
13. La Commission conclut, à l'unanimité, qu'il y a eu, en l'espèce,
violation de l'article 6 par. 1 (art. 6-1) de la Convention.
Le Secrétaire Le Président
de la Première Chambre de la Première Chambre
(M.F. BUQUICCHIO) (C.L. ROZAKIS)
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