COMMISSION EUROPÉENNE DES DROITS DE L'HOMME
PREMIÈRE CHAMBRE
Requête no 34263/96
M. C.
contre
Italie
RAPPORT DE LA COMMISSION
(adopté le 9 décembre 1997)
I.INTRODUCTION
1.Le présent rapport concerne la requête numéro 34263/96 introduite le 23 février 1996 contre l'Italie et enregistrée le 18 décembre 1996. Le requérant est un ressortissant italien né en 1946 et réside à Portoferraio (Livourne).
Le Gouvernement défendeur est représenté par son Agent, M. Umberto Leanza, Chef du service du Contentieux diplomatique au Ministère des Affaires étrangères.
2.Cette requête, qui porte sur la durée d'une procédure civile, a été communiquée le 21 janvier 1997 au Gouvernement. A la suite d'un échange de mémoires, la requête a été déclarée recevable le 16 septembre 1997. Le texte de la décision sur la recevabilité est annexé au présent rapport.
3.Ayant constaté qu'il n'existe aucune base permettant d'obtenir un règlement amiable au sens de l'article 28 par. 1 b) de la Convention, la Commission (Première Chambre), après délibération, a adopté le 9 décembre 1997 le présent rapport conformément à l'article 31 par. 1 de la Convention, en présence des membres suivants :
MmeJ. LIDDY, Présidente
MM.M.P. PELLONPÄÄ
E. BUSUTTIL
A. WEITZEL
C.L. ROZAKIS
L. LOUCAIDES
B. CONFORTI
N. BRATZA
I. BÉKÉS
G. RESS
A. PERENI_
C. BÎRSAN
K. HERNDL
M. VILA AMIGÓ
MmeM. HION
M. R. NICOLINI
4.Dans ce rapport, la Commission a formulé son avis sur le point de savoir si les faits constatés révèlent, de la part de l'Italie, une violation de la Convention.
5.Le texte du présent rapport sera transmis au Comité des Ministres du Conseil de l'Europe conformément à l'article 31 par. 2 de la Convention.
II.ETABLISSEMENT DES FAITS
6.Le 12 novembre 1988, M. S. C. assigna le requérant et Mme B. devant le tribunal de Lucques, afin d'obtenir la révocation d'une donation dont le requérant et Mme B. étaient les donataires.
7.La mise en état de l'affaire commença, après un renvoi d'office, le 20 janvier 1989. Des cinq audiences prévues entre le 28 avril 1989 et le 11 mai 1990, une fut renvoyée d'office et trois furent renvoyées à la demande de la défenderesse pour verser au dossier des documents ; le requérant et le demandeur s'opposèrent à la troisième demande de renvoi. Après cinq audiences, dont une fut renvoyée d'office et deux à la demande des parties, par ordonnance hors audience du 27 mars 1992, le juge de la mise en état admit l'audition du requérant, de la défenderesse et de témoins. Des sept audiences qui eurent lieu entre le 2 décembre 1992 et le 29 mars 1996, deux furent consacrées à l'audition de témoins et des parties, trois furent relatives au dépôt de documents et une fut renvoyée à la demande des parties. Le 11 avril 1997, après un renvoi car l'avocat du requérant avait renoncé à son mandat, les parties présentèrent leurs conclusions et le juge de la mise en état fixa l'audience de plaidoirie au 24 novembre 2000.
III.AVIS DE LA COMMISSION
8.Le requérant se plaint de la violation du principe du délai raisonnable prévu à l'article 6 par. 1 de la Convention.
9.Cette procédure tend à faire décider d'une contestation sur des "droits et obligations de caractère civil" et se situe donc dans le champ d'application de l'article 6 par. 1 de la Convention.
10.La procédure litigieuse, qui a débuté le 12 novembre 1988 et qui est à ce jour encore pendante, a déjà duré plus de neuf ans.
11.Conformément à la jurisprudence de la Cour et de la Commission en la matière et sur la base des informations fournies par les deux parties, la Commission a relevé des retards imputables aux juridictions nationales l'amenant à considérer que la durée de la procédure litigieuse est excessive et ne répond pas à l'exigence du "délai raisonnable".
CONCLUSION
12.La Commission conclut, à l'unanimité, qu'il y a eu, en l'espèce, violation de l'article 6 par. 1 de la Convention.
M.F. BUQUICCHIO J. LIDDY
Secrétaire Présidente
de la Première Chambre de la Première Chambre
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