COMMISSION EUROPEENNE DES DROITS DE L’HOMME
PREMIERE CHAMBRE
Requête no 27983/95
Maria Rosaria et Gennaro Antonio Rizzo
et Angiola De Martino
contre
Italie
RAPPORT DE LA COMMISSION
(adopté le 2 juillet 1996)
I.INTRODUCTION
1.Le présent rapport concerne la requête n° 27983/95 introduite le 6 mars 1995 contre l’Italie et enregistrée le 24 juillet 1995. Les requérants sont des ressortissants italiens nés respectivement en 1958, 1959 et 1927 et résident à Naples.
Le Gouvernement défendeur est représenté par son Agent, M. Umberto Leanza, Chef du service du Contentieux diplomatique au Ministère des Affaires étrangères.
2.Cette requête, qui porte sur la durée d’une procédure civile, a été communiquée le 13 septembre 1995 au Gouvernement. A la suite d’un échange de mémoires, la requête a été déclarée recevable le 16 avril 1996. Le texte de la décision sur la recevabilité est annexé au présent rapport.
3.Ayant constaté qu’il n’existe aucune base permettant d’obtenir un règlement amiable au sens de l’article 28 par. 1 b) de la Convention, la Commission (Première Chambre), après délibération, a adopté le 2 juillet 1996 le présent rapport conformément à l’article 31 par. 1 de la Convention, en présence des membres suivants :
M.C.L. ROZAKIS, Président
MmeJ. LIDDY
MM. E. BUSUTTIL
A.S. GÖZÜBÜYÜK
A. WEITZEL
G.B. REFFI
B. CONFORTI
I. BÉKÉS
G. RESS
A. PERENI_
C. BÎRSAN
K. HERNDL
4.Dans ce rapport, la Commission a formulé son avis sur le point de savoir si les faits constatés révèlent, de la part de l’Italie, une violation de la Convention.
5.Le texte du présent rapport sera transmis au Comité des Ministres du Conseil de l’Europe conformément à l’article 31 par. 2 de la Convention.
II.ETABLISSEMENT DES FAITS
6.Le 11 octobre 1991, les requérants assignèrent quatre défendeurs et leurs compagnies d’assurance devant le tribunal de Santa Maria Capua Vetere (Caserte) afin d’obtenir réparation des dommages subis du fait du décès du frère des deux premiers requérants, et fils de la troisième requérante, lors d’un accident de voiture.
7.La mise en état de l’affaire commença le 6 février 1992. Quatre audiences plus tard, le 4 février 1994, le juge de la mise en état fit droit à une demande des parties relative à l’audition de témoins et remit l’affaire au 23 septembre 1994. Cette audience fut renvoyée d’office au 3 mars 1995 puis au 30 juin 1995 en raison de l’absence du juge de la mise en état. Cette dernière audience fut ajournée au 22 décembre 1995 en raison d’une grève des avocats.
8.Après l’audition de deux témoins, l’affaire fut renvoyée au 31 mai 1996.
III.AVIS DE LA COMMISSION
9.Les requérants se plaignent de la violation du principe du délai raisonnable prévu à l’article 6 par. 1 de la Convention.
10.Cette procédure tend à faire décider d’une contestation sur des "droits et obligations de caractère civil" et se situe donc dans le champ d’application de l’article 6 par. 1 de la Convention.
11.La procédure litigieuse, qui a débuté le 11 octobre 1991 et était encore pendante au 31 mai 1996, avait à cette date déjà duré plus de quatre ans et sept mois.
12.Conformément à la jurisprudence de la Cour et de la Commission en la matière et sur la base des informations fournies par les deux parties, la Commission a relevé des retards imputables aux juridictions nationales l’amenant à considérer que la durée de la procédure litigieuse est excessive et ne répond pas à l’exigence du "délai raisonnable".
CONCLUSION
13.La Commission conclut, à l’unanimité, qu’il y a eu, en l’espèce, violation de l’article 6 par. 1 de la Convention.
Le SecrétaireLe Président
de la Première Chambre de la Première Chambre
(M.F. BUQUICCHIO) (C.L. ROZAKIS)
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