COMMISSION EUROPEENNE DES DROITS DE L’HOMME
PREMIERE CHAMBRE
Requête no 30109/96
Milena Hay
contre
Italie
RAPPORT DE LA COMMISSION
(adopté le 21 janvier 1997)
I.INTRODUCTION
1.Le présent rapport concerne la requête no 30109/96 introduite le 30 novembre 1995 contre l’Italie et enregistrée le 6 février 1996. La requérante est une ressortissante italienne née en 1963 et réside à Avezzano (L’Aquila). Elle est représentée devant la Commission par Maître Alessandro Marchetti, avocat à L’Aquila.
Le Gouvernement défendeur est représenté par son Agent, M. Umberto Leanza, Chef du service du Contentieux diplomatique au Ministère des Affaires étrangères.
2.Cette requête, qui porte sur la durée d’une procédure civile, a été communiquée le 5 mars 1996 au Gouvernement. A la suite d’un échange de mémoires, la requête a été déclarée recevable le 22 octobre 1996. Le texte de la décision sur la recevabilité est annexé au présent rapport.
3.Ayant constaté qu’il n’existe aucune base permettant d’obtenir un règlement amiable au sens de l’article 28 par. 1 b) de la Convention, la Commission (Première Chambre), après délibération, a adopté le 21 janvier 1997 le présent rapport conformément à l’article 31 par. 1 de la Convention, en présence des membres suivants :
MmeJ. LIDDY, Présidente
MM.E. BUSUTTIL
A. WEITZEL
L. LOUCAIDES
B. MARXER
B. CONFORTI
N. BRATZA
I. BÉKÉS
G. RESS
A. PERENI_
C. BÎRSAN
K. HERNDL
M. VILA AMIGÓ
R. NICOLINI
4.Dans ce rapport, la Commission a formulé son avis sur le point de savoir si les faits constatés révèlent, de la part de l’Italie, une violation de la Convention.
5.Le texte du présent rapport sera transmis au Comité des Ministres du Conseil de l’Europe conformément à l’article 31 par. 2 de la Convention.
II.ETABLISSEMENT DES FAITS
6.Le 27 septembre 1993, la requérante et ses deux frères assignèrent M. F. devant le tribunal de Rome afin d’obtenir la restitution d’un immeuble que le défendeur occupait, d’après eux, abusivement ainsi que la réparation des dommages subis.
7.La mise en état de l’affaire commença le 1er décembre 1993. Le 19 mai 1994, le défendeur fut entendu. Le 7 novembre 1994, le juge de la mise en état fixa l’audience de présentation des conclusions au 27 avril 1995. L’audience de plaidoirie devant la chambre compétente fut fixée au 14 octobre 1998.
8.Le 15 juillet 1996, la requérante demanda que la date de l’audience de plaidoirie fût avancée. A une date non précisée, le président de chambre compétente avança la date de l’audience au 7 mai 1997. Le 25 octobre 1996, la requérante réitéra sa demande quant au changement de la date d’audience. Par ordonnance du 11 novembre 1996, le président de la chambre rejeta cette dernière demande.
III.AVIS DE LA COMMISSION
9.La requérante se plaint de la violation du principe du délai raisonnable prévu à l’article 6 par. 1 de la Convention.
10.Cette procédure tend à faire décider d’une contestation sur des "droits et obligations de caractère civil" et se situe donc dans le champ d’application de l’article 6 par. 1 de la Convention.
11.La procédure litigieuse, qui a débuté le 27 septembre 1993 et est à ce jour encore pendante, a déjà duré plus de trois ans et trois mois.
12.Conformément à la jurisprudence de la Cour et de la Commission en la matière et sur la base des informations fournies par les deux parties, la Commission a relevé des retards imputables aux juridictions nationales l’amenant à considérer que la durée de la procédure litigieuse est excessive et ne répond pas à l’exigence du "délai raisonnable".
CONCLUSION
13.La Commission conclut, par huit voix contre six, qu’il y a eu, en l’espèce, violation de l’article 6 par. 1 de la Convention.
M.F. BUQUICCHIO J. LIDDY
Secrétaire Présidente
de la Première Chambre de la Première Chambre
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