COMMISSION EUROPEENNE DES DROITS DE L’HOMME
PREMIERE CHAMBRE
Requête No 29137/95
Nicola Pettinelli
contre
Italie
RAPPORT DE LA COMMISSION
(adopté le 22 octobre 1996)
I.INTRODUCTION
1.Le présent rapport concerne la requête no 29137/95 introduite le 21 juillet 1994 contre l’Italie et enregistrée le 8 novembre 1995. Le requérant est un ressortissant italien né en 1923 et réside à Campo di Giove (L’Aquila). Il est représenté devant la Commission par Maître Luciano Rossi et M. Mario Antonio Rossi, respectivement avocat et avoué à L’Aquila.
Le Gouvernement défendeur est représenté par son Agent, M. Umberto Leanza, Chef du service du Contentieux diplomatique au Ministère des Affaires étrangères.
2.Cette requête, qui porte sur la durée d’une procédure civile, a été communiquée le 5 décembre 1995 au Gouvernement. A la suite d’un échange de mémoires, la requête a été déclarée recevable le 2 juillet 1996. Le texte de la décision sur la recevabilité est annexé au présent rapport.
3.Ayant constaté qu’il n’existe aucune base permettant d’obtenir un règlement amiable au sens de l’article 28 par. 1 b) de la Convention, la Commission (Première Chambre), après délibération, a adopté le 22 octobre 1996 le présent rapport conformément à l’article 31 par. 1 de la Convention, en présence des membres suivants :
MmeJ. LIDDY, Présidente
MM.M.P. PELLONPÄÄ
E. BUSUTTIL
A. WEITZEL
B. MARXER
B. CONFORTI
N. BRATZA
I. BÉKÉS
G. RESS
A. PERENI_
C. BÎRSAN
K. HERNDL
M. VILA AMIGÓ
4.Dans ce rapport, la Commission a formulé son avis sur le point de savoir si les faits constatés révèlent, de la part de l’Italie, une violation de la Convention.
5.Le texte du présent rapport sera transmis au Comité des Ministres du Conseil de l’Europe conformément à l’article 31 par. 2 de la Convention.
II.ETABLISSEMENT DES FAITS
6.Le 2 décembre 1986, le requérant assigna Mme S. devant le tribunal de Sulmona (L’Aquila) afin d’obtenir le constat que le requérant est seul propriétaire d’un immeuble construit sur un terrain en indivision et le partage de l’indivision.
7.La mise en état de l’affaire commença le 28 janvier 1987 et se termina, dix-huit audiences plus tard, le 13 mai 1992 par la présentation des conclusions. L’audience de plaidoirie devant la chambre compétente se tint le 21 octobre 1992. Par jugement du 29 octobre 1992, dont le texte fut déposé au greffe le 20 novembre 1992, le tribunal ordonna le partage judiciaire des biens et condamna Mme S. à verser une certaine somme au requérant.
8.Le 8 février 1993, Mme S. interjeta appel devant la cour d’appel de L’Aquila. L’instruction commença le 6 avril 1993 et se termina le 18 janvier 1994 par la présentation des conclusions. L’audience de plaidoirie se tint le 17 janvier 1995. Par arrêt du 21 février 1995, dont le texte fut déposé au greffe le 5 mai 1995, la cour infirma en partie le jugement de première instance quant à la somme devant être versée par Mme S. et confirma le reste du jugement.
III.AVIS DE LA COMMISSION
9.Le requérant se plaint de la violation du principe du délai raisonnable prévu à l’article 6 par. 1 de la Convention.
10.Cette procédure tendait à faire décider d’une contestation sur des "droits et obligations de caractère civil" et se situe donc dans le champ d’application de l’article 6 par. 1 de la Convention.
11.La procédure litigieuse, qui a débuté le 2 décembre 1986 et s’est terminée le 5 mai 1995, a duré un peu plus de huit ans et cinq mois.
12.Conformément à la jurisprudence de la Cour et de la Commission en la matière et sur la base des informations fournies par les deux parties, la Commission a relevé des retards imputables aux juridictions nationales l’amenant à considérer que la durée de la procédure litigieuse est excessive et ne répond pas à l’exigence du "délai raisonnable".
CONCLUSION
13.La Commission conclut, à l’unanimité, qu’il y a eu, en l’espèce, violation de l’article 6 par. 1 de la Convention.
M.F. BUQUICCHIO J. LIDDY
Secrétaire Présidente
de la Première Chambre de la Première Chambre
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