Communiquée le 26 avril 2017
PREMIÈRE SECTION
Requête no 76826/12
RETI TELEVISIVE ITALIANE R.T.I. S.P.A.
contre l’Italie
introduite le 22 novembre 2012
OBJET DE L’AFFAIRE
La requête concerne la sanction pécuniaire infligée à la société requérante, qui exerce des activités dans le domaine de l’Audiovisuel, par l’AGCM (Autorità Garante della Concorrenza e del Mercato) pour avoir mis en place des pratiques anticoncurrentielles, sur le fondement de l’article 2 de la loi no 287 du 10 octobre 1990 sur la concurrence et les pratiques commerciales loyales. En particulier, la société requérante s’est vue infliger une sanction supplémentaire en raison du retard du paiement de la sanction principale, alors que le tribunal administratif avait annulé la sanction principale et la procédure était encore pendante devant le Conseil d’État.
QUESTIONS AUX PARTIES
1. Compte tenu des « critères Engel » (voir, notamment, Ezeh et Connors c. Royaume-Uni [GC], nos 39665/98 et 40086/98, §§ 82-83, CEDH 2003-X, et Jussila c. Finlande [GC], no 73053/01, §§ 30-31, CEDH 2006-XIV), l’ AGCM a-t-elle statué sur le bien-fondé d’ une « accusation en matière pénale » dirigée contre la société requérante au sens de l’ article 6 de la Convention, et, par conséquent, cette disposition est-elle applicable sous son volet pénal à la procédure devant l’ AGCM ayant abouti à la sanction pécuniaire (A. Menarini Diagnostics S.r.l. c. Italie, no 43509/08) ?
2. À supposer que l’article 6 de la Convention puisse s’appliquer, la requérante a-t-elle eu la possibilité de soumettre ses contestations à un «tribunal » répondant aux exigences de l’article 6 § 1 de la Convention, eu égard au fait que nonobstant le jugement favorable du tribunal administratif régional ayant annulé la sanction principale, la société requérante s’est vue imposer une majoration d’environ 700 000 euros pour le retard du paiement de la sanction principale ?
En particulier, l’application automatique de la majoration pendant la période nécessaire à la société requérante pour obtenir une décision judiciaire sur le fond de la sanction principale, a-t-elle entravé le droit d’accès de la société requérante à un tribunal, au sens de l’article 6 § 1 de la Convention ?
3. Compte tenu de la qualification juridique de sanction donnée par le Conseil d’État à la majoration imposée à la société requérante, cette sanction équivaut-elle à une « peine », au sens de l’article 7 de la Convention ? Dans l’affirmative, la requérante s’est-elle vue infliger une peine plus forte que celle qui était applicable au moment où l’infraction a été commise en violation de l’article 7 de la Convention ?
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