Communiquée le 16 novembre 2020
Publié le 7 décembre 2020
DEUXIÈME SECTION
Requête no 23521/20
Edibe ŞAHİN
contre la Turquie
introduite le 20 Mai 2020
OBJET DE L’AFFAIRE
La requête concerne la sanction de privation de certaines activités de loisir de nature culturelle et sportive, infligée par l’administration pénitentiaire à la requérante, détenue dans une prison, au motif qu’elle avait fait une grève de faim pendant trois jours afin de protester contre les opérations militaires outre-frontières effectuées par les forces armées turques à l’époque des faits.
Invoquant les articles 9 et 10 de la Convention, la requérante se plaint de la sanction qui lui a été infligée pour un acte, qui, selon lui, correspondait à un exercice par lui de son droit à liberté d’expression d’une manière pacifique.
QUESTIONS AUX PARTIES
1. Y a-t-il eu atteinte à la liberté d’expression de la requérante, et spécialement à son droit de communiquer des informations ou des idées, au sens de l’article 10 § 1 de la Convention en raison de la sanction disciplinaire qui lui a été infligée pour avoir fait une grève de faim (Atilla c. Turquie (déc), no 18139/07 et 57 autres requêtes, 11 mai 2010) ?
2. Dans l’affirmative, cette atteinte était-elle prévue par la loi et nécessaire, au sens de l’article 10 § 2 ?
3. En particulier, les juridictions nationales ont-elles effectué, dans leurs décisions rendues en l’espèce, une mise en balance adéquate entre le droit du requérant à la liberté d’expression et d’autres intérêts en jeu conformément aux principes consacrés à l’article 10 de la Convention (Bédat c. Suisse ([GC], no 56925/08, § 48, 29 mars 2016, Gözel et Özer c. Turquie, nos 43453/04 et 31098/05, § 64, 6 juillet 2010, et Kula c. Turquie, no 20233/06, §§ 45 et 46, 19 juin 2018) ?
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