Publié le 19 avril 2021
DEUXIÈME SECTION
Requête no 45031/20
Hazal SELVİ YILDIRIM
contre la Turquie
introduite le 3 octobre 2020
communiquée le 31 mars 2021
OBJET DE L’AFFAIRE
La requête concerne la condamnation pénale de la requérante à un an, six mois et vingt-deux jours d’emprisonnement du chef de propagande en faveur d’une organisation terroriste en application de l’article 7 § 2 de la loi no 3713 pour avoir partagé sur ses comptes Twitter les publications suivantes :
- une photo des femmes en combat portant l’emblème du YPJ (la section féminine du YPG, qui est la branche armée du Parti de l’union démocratique syrien, considérée par les autorités turques, comme une branche du PKK, Parti des travailleurs du Kurdistan, organisation illégale armée)
- une photo d’une femme portant le drapeau du PKK.
La cour d’assises de Samsun, en condamnant la requérante, a considéré que ces deux partages légitimaient et encourageaient les méthodes de contrainte, de violence et de menace du PKK.
Invoquant l’article 10 de la Convention, la requérante allègue que la procédure pénale diligentée contre elle constitue une atteinte à son droit à la liberté d’expression.
Invoquant l’article 6 de la Convention, la requérante allègue que les juridictions nationales ont rejeté ses arguments tirés de sa liberté d’expression sans effectuer un examen effectif et sans exposer des motifs concrets, pertinents et suffisants.
QUESTIONS AUX PARTIES
Y a-t-il eu atteinte à la liberté d’expression de la requérante au sens de l’article 10 § 1 de la Convention, à raison de la procédure pénale diligentée à son encontre ?
Dans l’affirmative, cette atteinte était-elle prévue par la loi et nécessaire, au sens de l’article 10 § 2 (voir Faruk Temel c. Turquie, no 16853/05, §§ 53‑57, 1er février 2011, Belge c. Turquie, no 50171/09, §§ 31, 34 et 35, 6 décembre 2016 et Özer c. Turquie (no 3), no 69270/12, §§ 24-33, 11 février 2020) ?
En particulier, eu égard au contenu des publications litigieuses de la requérante, au contexte dans lequel ces publications s’inscrivaient, à leur capacité de nuire, et les circonstances de l’affaire, les juridictions nationales ont-elles effectué dans leur décisions un examen suffisant et une mise en balance adéquate entre les intérêts en jeu au regard des critères énoncés et mis en œuvre par elle dans les affaires relatives à la liberté d’expression (Gözel et Özer c. Turquie, nos 43453/04 et 31098/05, § 51, 6 juillet 2010 et Mart et autres c. Turquie, no 57031/10, § 32, 19 mars 2019) ?
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