COMMISSION EUROPEENNE DES DROITS DE L'HOMME
PREMIERE CHAMBRE
Requête N° 24040/94
T. M. et M.G. C.
contre
Italie
RAPPORT DE LA COMMISSION
(adopté le 11 avril 1995)
I. INTRODUCTION
1. Le présent rapport concerne la requête No 24040/94 introduite le
20 mai 1993 contre l'Italie et enregistrée le 2 mai 1994. Les
requérants sont des ressortissants italiens nés respectivement en 1944
et 1945 et résident à Burago di Molgora (Milan).
Le Gouvernement défendeur a été représenté, en qualité d'Agent,
d'abord par M. Luigi Ferrari Bravo, puis par M. Umberto Leanza,
successivement Chefs du service du Contentieux diplomatique au
Ministère des Affaires étrangères.
2. Cette requête, qui porte sur la durée d'une procédure civile, a
été communiquée le 17 mai 1994 au Gouvernement. A la suite d'un échange
de mémoires, la requête a été déclarée recevable le 17 janvier 1995.
Le texte de la décision sur la recevabilité est annexé au présent
rapport.
3. Ayant constaté qu'il n'existe aucune base permettant d'obtenir
un règlement amiable au sens de l'article 28 par. 1 b) de la
Convention, la Commission (Première Chambre), après délibération, a
adopté le 11 avril 1995 le présent rapport conformément à l'article 31
par. 1 de la Convention, en présence des membres suivants :
M. C.L. ROZAKIS, Président
Mme J. LIDDY
MM. E. BUSUTTIL
A.S. GÖZÜBÜYÜK
A. WEITZEL
M.P. PELLONPÄÄ
B. MARXER
B. CONFORTI
I. BÉKÉS
E. KONSTANTINOV
G. RESS
4. Dans ce rapport, la Commission a formulé son avis sur le point
de savoir si les faits constatés révèlent, de la part de l'Italie, une
violation de la Convention.
5. Le texte du présent rapport sera transmis au Comité des Ministres
du Conseil de l'Europe conformément à l'article 31 par. 2 de la
Convention.
II. ETABLISSEMENT DES FAITS
6. Le 6 avril 1984, les requérants assignèrent M. Z. devant le
tribunal de Monza afin de déterminer les limites de leur propriété et
obtenir la démolition de l'immeuble que M. Z. avait construit sur leur
terrain.
7. La mise en état de l'affaire commença le 24 mai 1984 et se
termina, douze audiences plus tard, le 18 décembre 1986 par la
présentation des conclusions. L'audience de plaidoirie devant la
chambre compétente se tint le 28 mai 1987.
8. Par un jugement du même jour, dont le texte fut déposé au greffe
le 9 septembre 1987, le tribunal fit droit aux demandes des requérants.
9. Le 14 janvier 1988, M. Z. interjeta appel de ce jugement devant
la cour d'appel de Milan.
10. La première audience se tint le 8 mars 1988. Les parties
présentèrent leurs conclusions, lors de la cinquième audience, le
13 novembre 1990. L'audience de plaidoirie se tint le 10 mars 1993.
11. Par un arrêt du même jour, dont le texte fut déposé au greffe le
18 juin 1993, la cour confirma le jugement de première instance.
III. AVIS DE LA COMMISSION
12. Les requérants se plaignent de la violation du principe du délai
raisonnable prévu à l'article 6 par. 1 (art. 6-1) de la Convention.
13. Cette procédure tendait à faire décider d'une contestation sur
des "droits et obligations de caractère civil" et se situe donc dans
le champ d'application de l'article 6 par. 1 (art. 6-1) de la
Convention.
14. La procédure litigieuse, qui a débuté le 6 avril 1984 et s'est
terminée en appel le 18 juin 1993, a duré un peu plus de neuf ans et
deux mois.
15. Conformément à la jurisprudence de la Cour et de la Commission
en la matière et sur la base des informations fournies par les deux
parties, la Commission a relevé des retards imputables aux juridictions
nationales l'amenant à considérer que la durée de la procédure
litigieuse est excessive et ne répond pas à l'exigence du "délai
raisonnable".
CONCLUSION
16. La Commission conclut, à l'unanimité, qu'il y a eu, en l'espèce,
violation de l'article 6 par. 1 (art. 6-1) de la Convention.
Le Secrétaire Le Président
de la Première Chambre de la Première Chambre
(M.F. BUQUICCHIO) (C.L. ROZAKIS)
Full & Egal Universal Law Academy