COMMISSION EUROPEENNE DES DROITS DE L’HOMME
PREMIERE CHAMBRE
Requête no 27955/95
Vittorio Proietti Valeri
contre
Italie
RAPPORT DE LA COMMISSION
(adopté le 2 juillet 1996)
I.INTRODUCTION
1.Le présent rapport concerne la requête no 27955/95 introduite le 6 juillet 1993 contre l’Italie et enregistrée le 24 juillet 1995. Le requérant est un ressortissant italien né en 1927 et réside à Cannara (Pérouse).
Le Gouvernement défendeur est représenté par son Agent, M. Umberto Leanza, Chef du service du Contentieux diplomatique au Ministère des Affaires étrangères.
2.Cette requête, qui porte sur la durée d’une procédure civile, a été communiquée le 13 septembre 1995 au Gouvernement. A la suite d’un échange de mémoires, la requête a été déclarée recevable le 16 avril 1996. Le texte de la décision sur la recevabilité est annexé au présent rapport.
3.Ayant constaté qu’il n’existe aucune base permettant d’obtenir un règlement amiable au sens de l’article 28 par. 1 b) de la Convention, la Commission (Première Chambre), après délibération, a adopté le 2 juillet 1996 le présent rapport conformément à l’article 31 par. 1 de la Convention, en présence des membres suivants :
M.C.L. ROZAKIS, Président
MmeJ. LIDDY
MM. E. BUSUTTIL
A.S. GÖZÜBÜYÜK
A. WEITZEL
G.B. REFFI
B. CONFORTI
I. BÉKÉS
G. RESS
A. PERENI_
C. BÎRSAN
K. HERNDL
4.Dans ce rapport, la Commission a formulé son avis sur le point de savoir si les faits constatés révèlent, de la part de l’Italie, une violation de la Convention.
5.Le texte du présent rapport sera transmis au Comité des Ministres du Conseil de l’Europe conformément à l’article 31 par. 2 de la Convention.
II.ETABLISSEMENT DES FAITS
6.Le 16 juin 1981, Mme B. et M. N. assignèrent M. C. devant le tribunal de Pérouse afin d’obtenir la reconnaissance d’une servitude de passage.
7.La mise en état de l’affaire commença le 12 novembre 1981. Le 23 mars 1982, le juge de la mise en état autorisa la mise en cause du requérant et de M. T. Le 8 juillet 1982, M. C. assigna ces derniers devant le tribunal de Pérouse.
8.La procédure reprit le 2 novembre 1982 et se termina, vingt-cinq audiences plus tard, le 4 mai 1994, par la présentation des conclusions. La date de l’audience de plaidoirie devant la chambre compétente, initialement fixée au 12 février 1999, fut avancée au 2 juin 1995, puis renvoyée au 30 juin 1995.
9.Par ordonnance du 12 juillet 1995, le tribunal rouvrit l’instruction et fixa la reprise de la procédure au 2 octobre 1995. Une nouvelle audience de plaidoirie eut lieu le 22 décembre 1995.
10.D’après les observations du Gouvernement du 22 janvier 1996, à cette date la procédure était encore pendante.
III.AVIS DE LA COMMISSION
11.Le requérant se plaint de la violation du principe du délai raisonnable prévu à l’article 6 par. 1 de la Convention.
12.Cette procédure tend à faire décider d’une contestation sur des "droits et obligations de caractère civil" et se situe donc dans le champ d’application de l’article 6 par. 1 de la Convention.
13.La procédure litigieuse, qui a débuté le 8 juillet 1982 et était encore pendante au 22 janvier 1996, avait à cette date déjà duré plus de treize ans et six mois.
14.Conformément à la jurisprudence de la Cour et de la Commission en la matière et sur la base des informations fournies par les deux parties, la Commission a relevé des retards imputables aux juridictions nationales l’amenant à considérer que la durée de la procédure litigieuse est excessive et ne répond pas à l’exigence du "délai raisonnable".
CONCLUSION
15.La Commission conclut, à l’unanimité, qu’il y a eu, en l’espèce, violation de l’article 6 par. 1 de la Convention.
Le SecrétaireLe Président
de la Première Chambre de la Première Chambre
(M.F. BUQUICCHIO) (C.L. ROZAKIS)
Full & Egal Universal Law Academy